12 ans après l’incendie de Saint-Bauzille-de-Montmel, comment la nature a-t-elle repris ses droits ?

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Le feu géant de la semaine dernière sur le plateau d’Aumelas a couvert 1 000 hectares, aujourd’hui c’est un paysage lunaire. Il faudra des années pour retrouver les vertes collines. Mais combien de temps cela prendra-t-il ? Le dernier incendie de cette ampleur dans le département de l’Hérault remonte au 31 août 2010, au nord de Montpellier dans les communes de Saint-Bauzille-de-Montmel, Teyran, Assas, Guzargues.

Nous sommes allés à Saint-Bauzille-de-Montmel rencontrer le maire et les habitants pour savoir combien de temps il a fallu à la végétation pour reprendre ses droits et comprendre ce que nous a appris ce tragique incendie.

« Nous pensions que tout le village allait brûler. »

« On pensait que tout le village allait brûler » Christian n’a rien oublié de cette terrible nuit à Saint-Bauzille-de-Montmel, pas plus qu’Henry, qui a sauvé sa maison dans les glaces extrêmes en aidant lui-même les pompiers : « Je me souviens surtout du bruit , les craquements, c’était impressionnant, et la chaleur aussi ».

Pour Laura, c’est la couleur du ciel » et puis la cendre qui tombait sur nos maisons et les colonnes de pompiers qui arrivaient en renfort. On a vu nos souvenirs partir en fumée, les endroits où on est allés avec nos parents ou nos grands-parents « .

Les habitants n’ont rien oublié

La maire du village, Françoise Matheron a été adjointe au maire de Saint-Bauzille-de-Montmel en 2010. Elle détenait également des images particulièrement impressionnantes « des feux rouges qui pénétraient dans les rues du village, de la fumée qui nous empêchait de respirer et des aiguilles de pin flamboyantes qui explosent partout »

Au total, 3 000 hectares de végétation avaient été détruits, dont 1 000 hectares sur la seule commune de Saint-Bauzille-de-Montmel qui en compte 2 200, soit près de la moitié de la superficie du village qui a brûlé cette nuit-là. Des dizaines d’habitants ont été évacués.

Les essences les plus susceptibles de brûler ont pris le dessus

Les essences les plus susceptibles de brûler ont pris le dessus

Grâce aux légères pluies printanières, le paysage prend une couleur verte l’année suivante. « Mais il a fallu trois à cinq ans pour retrouver le plaisir de se promener dans la garrigue. On commence à avoir un peu de repousse, les animaux sont revenus », explique Françoise Matheron.

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« Il a fallu trois à cinq ans pour retrouver la joie d’y aller. Lire aussi : Les dentistes à Château-Gontier, ont une base de 17 235 patients. »

Aujourd’hui, le paysage est totalement cicatrisé, mais ce n’est plus tout à fait la même végétation « C’est une végétation beaucoup plus basse. Il n’y a plus de grands pins d’Alep comme autrefois ou des chênes dans les glands. Ce sont des chênes kermès qui repoussent et deviennent de moins en moins de pins, au détriment d’autres espèces qui ont quasiment disparu, à savoir les arbousiers. La végétation qui reprend est celle qui a le plus de chances de brûler.

Les riverains constatent également que ce n’est plus tout à fait le même. « Il faut 25 ou 30 ans pour qu’il repousse vraiment », dit Henry. « Les couleurs sont revenues grâce aux petits pins qui ont repoussé, mais il faudra du temps pour qu’ils deviennent de grands arbres ». Pour Laura, il faut s’armer de patience : « Ce n’est pas comme dans nos mémoires que le temps fera son oeuvre. »

Les habitants n’ont pas tout à fait retrouvé les paysages d’avant

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Obligation de débroussailler 100 mètres autour des maisons

Obligation de débroussailler 100 mètres autour des maisons

Cet incendie a donc touché tout un village, et du côté de la municipalité nous avons voulu en tirer les leçons très vite. « Nous avons étendu l’obligation légale de débroussaillage de 50 à 100 mètres autour des habitations. Les 50 premiers mètres sont à la charge des propriétaires, et la commune paie les 50 suivants. Aujourd’hui, 5% de notre surface est urbanisée, la le reste c’est de la végétation qui peut brûler à tout moment. Nous avons aussi développé le pastoralisme pour débroussailler, et développé les boutures vertes pour arrêter plus facilement les incendies ».

« C’est un privilège de vivre dans une pinède, mais cela implique des devoirs. »

Toutes ces mesures ont été assez bien acceptées par les habitants, mais il faut constamment les sensibiliser « C’est un grand privilège de vivre parmi les pins, mais cela implique de grands devoirs, c’est une question de solidarité, c’est de protéger tout le monde. obligations légales, qui ne sont pas respectées par certains sont des risques d’incendie pour d’autres. »

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Et la maire de Saint-Bauzille-de-Montmel n’hésite pas à le dire : si un autre incendie devait se déclarer dans son village, elle serait favorable à l’envoi de pompiers pour sauver les maisons dont les propriétaires ont respecté les obligations de déblaiement. .

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Quels conseils à donner aux maires du plateau d’Aumelas ?

Quels conseils à donner aux maires du plateau d'Aumelas ?

Aujourd’hui, la maire de Saint-Bauzille-de-Montmel est aussi la conseillère régionale chargée du risque incendie, c’est-à-dire si le sujet lui tient à cœur. Elle n’hésitera pas à mettre son expérience à la disposition des maires des communes du Plateau d’Aumelas, récemment touchées par un gigantesque incendie. Et peut d’ores et déjà leur donner quelques conseils pour faciliter le retour de la végétation.

« Nettoyez autant que possible et laissez la nature tranquille. »

« Je dirais qu’il faut nettoyer ce que l’on peut. Tout ce qui est un gros arbre brûlé, il faut le nettoyer, les enlever assez vite. Après ça, il faut surtout laisser la nature tranquille. Les insectes viennent un beaucoup reviennent vite. Ce sont eux qui reviennent le plus vite, puis ce sont les oiseaux, puis les lièvres, les sangliers. Alors surtout laissez la nature tranquille et elle se rétablira doucement, ainsi que la biodiversité. Au printemps ça va déjà Nettoyez, et vous verrez, après la pluie, vous aurez déjà de l’herbe verte. Bon, c’est sûr, c’est pas les beaux arbres d’avant, mais c’est déjà pour le moral, c’est déjà mieux.

« Nettoyez et soyez patients » Françoise Matheron

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