2-Roues : Comment va le marché ? Rencontre avec P. Saby…

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Le courtier Solly Azar et AAA Data ont publié début juillet leur tout premier baromètre sur la vente et l’utilisation de motos et de vélos. Il nous donne de précieuses informations sur les performances de ce marché caractérisé par une actualité forte : stationnement devenant payant, contrôle technique obligatoire, baisse du marché automobile… Nous avons pu échanger sur ces sujets avec Philippe Saby, PDG de Solly Azar.

Pourquoi avoir lancé cet observatoire ?

Nous avons souhaité développer cet observatoire car, contrairement à l’industrie automobile, malgré quelques données sur les ventes de motos neuves, le marché des deux roues manquait largement d’indicateurs. Nous nous sommes donc tournés vers AAAData, qui dispose de tous les terrains d’enregistrement, alors que de notre côté, en tant que courtier moto depuis quarante ans, nous avions parfaitement le droit de partager les données collectées avec les acteurs du secteur et les passionnés de deux-roues. Nous avons ainsi créé un observatoire qui nous permet de publier nos conclusions sur ce marché des véhicules neufs et d’occasion (« VN/UV »). Nous rencontrons chaque trimestre des passionnés pour publier les résultats. Les prochaines seront communiquées en octobre, à la fin du troisième trimestre.

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Quels sont les principaux enseignements de ce premier observatoire ?

L’un des enseignements tirés de ce premier observatoire est que le marché des deux roues se porte bien mieux que celui des quatre roues. Nous avons constaté une petite baisse des ventes au premier semestre, par rapport à 2021, mais les chiffres tiennent bien par rapport à la dernière année de référence, qui est 2019. La particularité du marché des deux-roues est qu’il apporte regroupant de nombreux segments différents, du gros vélo urbain, aux beaux vélos de route, en passant par le test drive, etc. Ceci pourrez vous intéresser : 10 conseils pour vendre votre voiture | 10 conseils pour…. C’est cette diversité d’applications qui en fait un marché très intéressant. D’un point de vue assurantiel, nous veillons à ce que les propositions d’assurances s’adaptent également à cette diversité, grâce à notre connaissance approfondie de tous les profils.

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Constate-t-on certains points communs avec le secteur auto, comme le passage à l’électrique ?

Le passage à la motorisation électrique est moins une réalité que dans les voitures. Ce n’est en réalité une réalité que pour les cyclomoteurs ou les scooters urbains, véhicules utilisés pour les déplacements domicile-travail. L’électricité n’inclut pas aujourd’hui les usages d’agrément ou de loisir, où le bruit du moteur, l’odeur d’essence et d’huile sont irremplaçables. Nous verrons si cela change plus tard.

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Et au niveau des tarifs d’assurance, la tendance est-elle à la hausse comme en auto ?

En réalité, cela dépend beaucoup des segments. Un cavalier passionné qui roule avec beaucoup de soin gagne des primes année après année et peut avoir une prime stable. Ce qui inquiète un peu tout le monde, comme dans les voitures, c’est l’augmentation du coût des pièces de rechange due à l’inflation. D’autre part, la véritable définition de l’inflation est une hausse soutenue des prix. Pourtant, on voit par exemple que le litre de diesel est passé sous la barre des deux euros. Aussi, la facture du garage va-t-elle continuer à augmenter ou non ? D’un point de vue assurantiel, il faut rappeler que lorsque l’essence est chère, le trafic diminue, ce qui réduit la fréquence des sinistres. Au fil du temps, cela peut donc également contribuer à réduire les primes. En tout cas, dans ce contexte d’inflation encore très importante, nous nous battrons en courtier pour qu’il n’y ait pas de hausse des prix.

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La montée en gamme du parc moto a-t-elle aussi, comme en auto, des conséquences sur les primes d’assurance ?

Oui, nous observons cette tendance sur les motos neuves, mais étrangement, nous avons un parc vieillissant de deux-roues. C’est l’impact direct des exercices 2020 et 2021, synonymes de report d’achats et de livraisons en baisse. Actuellement, trois motos d’occasion sont vendues pour une neuve.

Autre sujet d’actualité très pressant pour les motards : le contrôle technique qui doit devenir réalité le 1er octobre. Est-ce une bonne chose côté assureur ?

C’est avant tout une question de logistique. Les inspecteurs ne sont tout simplement pas prêts, ou plus précisément, les ateliers qui font les contrôles techniques des véhicules ne sont pas prêts à faire les contrôles techniques des motos. Les conditions d’application ne semblent pas être en place pour le 1er octobre, mais nous avons le sentiment que l’arrivée de cette moto CT est inévitable. S’il est vrai que les motocyclistes prennent beaucoup plus soin de leur véhicule que les automobilistes, ce nouvel engagement pourrait s’avérer positif si la flotte continue de vieillir. En fin de compte, une flotte plus sûre peut entraîner une baisse des réclamations. On peut aussi espérer que le coût du contrôle technique sera moins élevé que pour la voiture.

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Est-ce vrai que les motards sont plus fidèles à leur assureur ? Comment l’expliquer ?

C’est vrai pour les cyclistes passionnés, oui, qui paient souvent leurs primes d’assurance tout au long de l’année. Ce sont aussi les profils qui représentent le moins de risques pour les assureurs, car ils prennent soin du véhicule et sont très conscients de leur comportement sur les routes. A l’inverse, les assurés cyclomoteurs (scooters) peuvent avoir tendance à se comporter davantage comme des automobilistes, avec une concurrence régulière entre le contrat d’assurance pour payer moins cher. Il ne faut pas oublier que très souvent ce sont les parents qui paient pour leurs enfants, mineurs ou non, et qu’ils ont donc tendance à rechercher des prix plus compétitifs.

Le marché de l’assurance moto est-il autant investi que les autres par l’assurance en ligne ?

La numérisation est en marche. De notre côté, par exemple, nous sommes déjà « full online », avec un processus de souscription en ligne, signature électronique, paiement à distance, etc. Cette transition est bien accueillie, le motard est aussi technophile !

Cette digitalisation fait-elle également bouger les formules et garanties ?

Solly Azar a été créé en 1977 et nous nous sommes lancés assez rapidement dans la moto, avec la volonté de créer des garanties sur mesure. Par exemple, nous sommes à l’origine de la housse moto d’hiver. Notre assuré précise qu’il laissera la moto au garage du 1er novembre au 1er mars : durant cette période il est couvert contre le vol et l’incendie, mais pas sur les garanties roulantes. À partir du 1er mars, les garanties reviendront automatiquement. Cette période pendant laquelle il ne roule pas est bien entendu intégrée au prix, et fait baisser sa contribution. C’est une assurance utilitaire qui n’a pas besoin d’examinateur, tout est basé sur la confiance entre l’assuré et l’assureur et nous le faisons ainsi depuis trente ans. Nous essayons donc toujours de trouver la meilleure garantie au meilleur prix, et nous naviguons entre une diversité de cylindrées et de domaines d’utilisation passionnants. À chaque fois, il y a une très belle tarification qui doit être établie et qui est vraiment stimulante du côté des souscripteurs.

Les premiers résultats de l’observatoire Solly Azar – AAA Data

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