A l’Assemblée, le nouveau texte sur l’assurance-chômage a été poussé à gauche

Written By Sara Rosso

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Le projet de loi court, qui permettrait à l’exécutif de durcir les règles d’indemnisation « quand ça va bien » et de les assouplir « quand ça va mal », a été vivement critiqué, tant à gauche qu’à droite.

Un petit texte, mais qui conduira la France vers le « plein emploi ». Le ministre du Travail Olivier Dussopt propose donc le petit projet de loi sur « les mesures d’urgence liées au fonctionnement du marché du travail dans la perspective du plein emploi », qui a été examiné lundi soir à l’Assemblée nationale et qui durera. jusqu’à mercredi, la nouvelle session ordinaire commence. Car imaginez que cet ancien député socialiste veuille « plus que le droit à la paresse, être ministre du droit à l’emploi ». Tant pis pour ceux qui, selon lui, « ont voulu défendre le droit à la paresse, le droit à une société sans travail ».

De quoi s’agit-il ? Tout d’abord, et c’est la première urgence qui justifie l’existence de ce projet de loi, prolonger à partir du 1er novembre les règles d’indemnisation du chômage en vigueur depuis l’an dernier. « Sans cette loi, l’indemnisation des chômeurs cessera » dans un mois, a menacé le député de la Renaissance Eric Alauzet (Doubs), ancien membre du groupe Europe Ecologie-les Verts, de 2012 à 2017. En réalité, rien n’aurait empêché le gouvernement de solliciter les syndicats et les employeurs avant l’été pour qu’ils choisissent de reconduire – ou non – les règles actuelles. Mais le dirigeant affirme, sans études à l’appui pour le prouver, que cette réforme, qui a durci les règles d’indemnisation des travailleurs précaires dans la lutte contre les contrats à court terme, est bonne.

Surtout, le premier article du texte lui donne le pouvoir de fixer de nouvelles règles pour les quatorze mois à venir. Et de décider qu’à l’avenir, « quand ça va bien, on resserre les règles, et quand ça va mal, on les assouplit », comme le résumait cet été Emmanuel Macron. Bref, « vous nous proposez de vous donner un chèque en blanc pour réformer l’assurance-chômage comme vous le souhaitez », fustige la chef de file adjointe de La France insoumise Karen Erodi (Tarn), à la tribune, tandis que le socialiste Jérôme Guedj (Essonne) dénonce « une arme d’honneur au dialogue social », un « dogmatisme libéral absolument banal ». Et d’expliquer : « Notre système d’assurance-chômage a la vertu de fonctionner dans un dialogue fécond. vertus du dialogue social, tout en nous parlant « au Conseil national pour la reconstruction. Vous avez la possibilité de respecter les partis de la vie active, au contraire vous vous [les] aliénerez, y compris la CFDT » – la centrale dirigée par Laurent Berger, qui était déjà opposé à la précédente réforme, a en fait condamné le projet du nouveau gouvernement.

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Toujours chez LR, tout en s’attaquant à « l’idéologie du droit à la paresse », Stéphane Viry (Vosges) critique un projet de loi « finalement vidé de toute proposition de réforme sur les questions d’accès à l’emploi ou sur le développement de l’assurance-chômage ». « Nous ne savons pas à ce stade où vous voulez nous mener », déplore-t-il, et critique l’évasion des syndicats et des organisations patronales. En fait, le gouvernement reste encore flou sur la manière dont il compte appliquer cette « contracyclicité » (comme vous le souhaitez), et Olivier Dussopt s’est limité à assurer qu’il ne s’agirait pas de toucher au montant de l’indemnisation, mais plutôt à la seuils permettant d’ouvrir des droits ou à la durée d’indemnisation.

«A vous écouter, il faudrait cesser de rembourser la grippe pendant l’été»

Et on n’en sait pas beaucoup plus sur ce que veut dire le « quand ça va bien » de Macron. Pour défendre en tribune une proposition de rejet avancée par LFI (et rejetée par l’assemblée), le député Hadrien Clouet (Haute-Garonne) pose la question : « Qu’est-ce qu’une économie qui va bien ? Aucun de nous ne donne la même réponse. A voir aussi : Savoir comment résilier son assurance maladie. Et de souligner que des différences professionnelles ou générationnelles peuvent se cacher derrière les statistiques nationales : « En novembre, nous étions employés dans le BTP, nous avons licencié dans l’hôtellerie. En 2020, le chômage des jeunes a augmenté, celui des seniors a baissé. » Bref, résume-t-il, « à vous écouter, il faudrait arrêter de rembourser la grippe l’été puisqu’il y aurait moins de risque de s’infecter ! »

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Le texte est également critiqué par l’écologiste Sandrine Rousseau, qui, sous les huées, note qu’au moment où les chômeurs sont pointés du doigt comme « abuseurs » du système, une étude de la Dares (le service des statistiques du ministère du Travail) souligne qu’ils sont au moins un quart à… ne pas réclamer leur indemnisation.

Mais c’est peut-être finalement la députée renaissance de Paris Astrid Panosyan-Bouvet qui a le mieux critiqué, implicitement et inconsciemment, toute la faiblesse du projet de loi qu’elle était venue défendre à la tribune. « Tout cela n’empêche pas de rappeler que des efforts importants restent à faire sur la formation professionnelle et sur les barrières non monétaires [à la recherche d’emploi], comme la garde d’enfants, les transports, les discriminations à l’emploi. Tous ces sujets doivent être pris en compte dans la prochaine grande loi travail. En effet, ces sujets méritent un « effort significatif ». Qui veut encore attendre.

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Mis à jour le 20 janvier 2022 | Créé le 29/06/2020 L’assurance…