Actualités Urgences – APM / Société Française de Médecine en…

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Informations professionnelles

MÉDECINS LIBÉRAUX: PLUS DE 2.000 MANIFESTANTS À PARIS

(Par Vincent GRANIER et Julie RICHARD) Lire aussi : Urgence :: Matignon prescrit les premiers secours.

PARIS, 5 janv. 2023 (APMnews) – Plus de 2.000 médecins libéraux ont manifesté jeudi dans les rues de Paris entre le Panthéon et le ministère de la Santé, à l’appel du collectif « Médecins de demain » et de trois syndicats représentatifs, APMnews constaté sur place et selon les chiffres de la préfecture de police de Paris.

Manifestation des médecins libéraux, à Paris le 5 janvier 2023 La manifestation s’inscrit dans le mouvement de grève des médecins libéraux, lancé fin décembre 2022 (voir message du 22/12/2022 à 17h28) et prolongé au début janvier par le collectif, le Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des médecins de France (FMF) et l’Union de l’Union française pour la médecine libre (UFMLS).

Jeudi soir, la préfecture de police a annoncé avoir dénombré 2 300 manifestants.

Le cortège de blouses blanches est parti de la place du Panthéon, dans le 6e arrondissement de Paris, vers 14 heures, au son de sifflets et d’une petite fanfare, au milieu de pancartes indiquant « pas de médecine sans médecins », « non au PLFSS », « soignons les médecins » ou « médecins du Sud de la France ».

« Médecins, pas suiveurs » ou « 1ère, 2e, 3e génération, nous sommes tous des médecins de demain », scandaient les manifestants, pour la plupart dans la trentaine ou la quarantaine, accompagnés d’une poignée de syndicalistes âgés.

Venant d’Ile-de-France, de Grenoble, de Cambrai (Nord), de Dijon, de Dole (Jura), de Lille, de Besançon, de Vesoul, non syndiqués pour la plupart, ils invoquaient d’autres raisons de leur présence, comme la nécessité d’une revalorisation, des consultations complexes ou la surcharge de tâches administratives.

La plupart des médecins présents ont indiqué qu’ils étaient des médecins généralistes situés en secteur 1, la plupart exerçant en cabinet de groupe.

« Il faut nous libérer du temps de travail médical »

Si la revalorisation du prix de la consultation (C, 23 euros) à 50 euros est brandie comme une banderole par « Médecins pour demain », plusieurs dizaines de médecins interrogés sur place par APMnews ont assuré que cette réclamation n’est pas leur priorité.

Plusieurs médecins ont exprimé leur incompréhension face à la délégation de tâches « simples » à d’autres professions de santé (pharmaciens, infirmiers praticiens), craignant que leur pratique ne soit réduite à des consultations longues et complexes qui ne sont pas valorisées.

« En 14 ans de pratique », le Dr Gaëlle Berion Bouvet « n’a jamais fait grève ». Pourtant, depuis le 26 décembre et jusqu’au 28 février, ce médecin généraliste de Daix, près de Dijon, a fermé son cabinet. Parmi les raisons de sa présence, « une remise en cause des concertations », mais pas seulement.

À Lire  Bronchiolite : "L'hôpital n'arrive plus à absorber le flux de patients", regrette un chirurgien pédiatre

« Si on veut une meilleure qualité et une meilleure accessibilité des soins, cela passe par de meilleures conditions de travail pour les médecins », explique-t-elle. « Nous avons besoin de libérer suffisamment de temps médical pour traiter les pathologies complexes de nos patients. Nous n’avons pas les moyens d’embaucher du personnel pour nous soutenir, nous aider avec l’administration. »

Un manifestant brandit une pancarte Photo : Julie Richard/APMnews

« Nous sommes une profession libérale, pas un service public, nous devons être rémunérés pour une profession libérale », estime pour sa part Gonzague Gobillot, médecin généraliste, médecin à Lambersart, en périphérie de Lille, qui estime qu’une revalorisation de la la concertation est « indispensable pour un meilleur retour sur coûts ».

Même discours pour le Dr Marie-Pierre Delchet, médecin généraliste au centre de santé Le-Mayet-de-Montagne (Allier), perruque verte sur la tête, lunettes colorées sur le nez et une pancarte à la main qui dit : « Le gouvernement, est sourd, la Cnam est aveugle, c’est extravagant ».

« Nous voulons nous affranchir de la tutelle de l’État », a-t-elle insisté : « Notre tarif de consultation n’a pas augmenté depuis 50 ans. En plus, des primes nous sont versées. Nous ne voulons pas de ces primes devenues plus attractives d’un d’un point de vue économique que des incitations. recevoir une rémunération conforme à nos études pour avoir une médecine plus indépendante ».

Dr. Pierre-Henri Mailhés, médecin généraliste en cabinet libéral à Dole (Jura), a également dénoncé les « forfaits imposés aux médecins », notamment les remboursements sur objectifs de santé publique (ROSP).

« Le gouvernement veut désormais conditionner le versement du ROSP à l’intégration d’une Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS), ce qui n’a aucun sens. Ce n’est pas parce qu’un médecin intègre un dispositif d’exercices coordonnés qu’il travaille plus ou qu’il fonctionne mieux », s’est-il indigné.

Seulement « un étudiant sur 10 qui finit son cursus de médecine généraliste s’installe en cabinet »

Dr. Patricia Rolet est également médecin généraliste à Dole. « Jusqu’en 2021, nous étions quatre médecins en exercice au sein du cabinet. Nous avions une secrétaire qui faisait toute l’administration, et cela fonctionnait bien », a-t-elle contextualisé. « En 2021, un collègue a pris sa retraite sans remplacement et la secrétaire a suivi. Nous avons décidé de ne pas la remplacer car nous n’avions pas le budget pour le faire.

« Depuis, je m’occupe de toute la paperasserie de mes rendez-vous. Le lundi, quand j’ouvre les créneaux du matin, j’ai en moyenne 60 appels dans la journée. Et c’est sans compter le reste de la semaine pour organiser le créneau horaire des après-midi destiné aux urgences », a-t-elle fulminé (voir message du 16/12/2022 à 17h05).

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées le 5 janvier 2023 place du Panthéon à Paris. Photo : Julie Richard/APMnews

De nombreux praticiens ont également déploré le manque d’attractivité de la profession médicale libérale.

« Aujourd’hui on a des médecins qui partent et qui ne sont pas remplacés », a dénoncé le Dr Michel Benezech, médecin qui exerce à Villette-lès-Dole, dans le Jura. Les jeunes ne veulent plus s’installer dans un cabinet et qui plus est dans des zones qui sont de vrais déserts médicaux ».

À Lire  Maisons : toit, grande ville pour se protéger des fortes chaleurs

Un constat confirmé par Gaëlle Berion Bouvet : « Actuellement, les jeunes médecins s’installent lentement ou pas du tout. Nous avons un étudiant sur 10 qui termine sa formation de médecine générale. Tout cela parce que la spécialité ne leur semble pas attractive non plus d’un point de vue lucratif. vue ou en termes de restrictions administratives.

La délégation reçue par un conseiller ministériel

Collectif et syndicats entendent peser sur les négociations contractuelles ouvertes depuis le 9 novembre 2022 entre les six syndicats représentatifs des médecins libéraux, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) (voir transmission du 11/09/2022 à 19:16).

Le ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun, interrogé sur France 2 jeudi matin, s’est dit ouvert à une augmentation du prix de la consultation chez les médecins libéraux, mais pas à 50 euros (voir dépêche du 05/01/2023 à 11:24).

Une délégation de médecins a été reçue pendant près de deux heures par Romain Bégué, consultant carrière, qualité et ressources pour le système de santé – premier recours pour François Braun. Le ministre a également passé plusieurs dizaines de minutes avec les représentants des médecins, ont indiqué ces derniers à APMnews.

Interrogé par APMnews après cet entretien, le président de l’UFMLS, Dr. Jérôme Marty, l’absence d’annonce du ministère, notant que le président de la République, Emmanuel Macron, a réservé – soyez les premiers aux acteurs de santé à qui il présente ses vœux vendredi matin au centre hospitalier de Sud Ile-de- France, à Corbeil-Essonnes (voir dépêche du 05/01/2023 à 08:46).

« Il y a peu d’espoir, le mouvement va se poursuivre. Aborder la question des revalorisations à l’issue des négociations est une erreur tactique majeure », a relevé le Dr. Marty, qui a également pointé l’insuffisance de l’objectif de dépenses 2023 de l’assurance maladie (Ondam) pour la médecine urbaine.

Médecins généralistes membres du collectif « Médecins de demain ». Photo : Julie Richard/APMnews

Les négociations conventionnelles devraient reprendre à partir du lundi 9 janvier dans des réunions bilatérales hebdomadaires entre l’assurance maladie et les syndicats, avec une réunion multilatérale prévue le 20 février (voir dépêche du 16/12/2022 à 17h05).

Le syndicat des médecins généralistes MG France et la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), qui avaient soutenu la mobilisation en novembre 2022, ont pris leurs distances avec la coordination et ne soutiennent pas la grève.

Née en septembre 2022 sur les réseaux sociaux, Doctors for Tomorrow, qui revendique plus de 15 000 membres sur sa page Facebook, est une initiative du mouvement de grève. Il avait été martelé par différents syndicats de biologistes, médecins généralistes et urgentistes libéraux (voir message du 18/11/2022 à 11h50).

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Vaccin Sanofi 2022 (Rappel Covid) : sans ARN messager, efficacité, progrès
A voir aussi :
Pour la rentrée 2022, le ministère de la Santé mise sur quatre…