Agriculture : la banque de semences Icarda renaît au Maroc

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Ahmed Amri fait visiter la toute nouvelle banque de gènes du Centre international de recherche agricole en zones arides (Icarda). Les portes lourdes assurent la protection, ainsi que la température. Un panneau affiche – 18°C. Aujourd’hui directeur honoraire de la division des ressources génétiques, ce généticien a travaillé pendant quinze ans dans des banques de gènes ou des banques de semences.

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« Ici, au sous-sol, se trouve la collection de base, les échantillons originaux des différentes variétés de plantes. Les graines peuvent y être stockées pendant cent ans », explique-t-il. La chambre du rez-de-chaussée maintient les autres échantillons entre 0 et 4°C. Cette « collecte active » est ouverte à tous, chercheurs ou agriculteurs, qui peuvent prélever une graine et la semer gratuitement.

Des variétés de zones arides de 129 pays

Cette banque de gènes d’une capacité de 120 000 échantillons a été inaugurée mercredi 18 mai à Rabat, la capitale marocaine. Elle vient en complément d’une autre banque de l’organisation située au Liban. Voir l’article : Harmony Cryptocurrency (IMWE): mises à jour de l’écosystème. A l’intérieur des chambres froides, des dizaines de milliers d’échantillons de semences de toutes sortes de plantes cultivées sont alignés et identifiés par des QR Codes. Il existe des variétés plus ou moins anciennes, qui proviennent des zones arides de 129 pays, notamment du Croissant Fertile, berceau de l’agriculture.

« Ici, nous conservons les ressources phytogénétiques. Nous faisons cela pour permettre aux générations futures de garder la possibilité d’utiliser cet immense matériel génétique pour faire face aux futurs défis de l’agriculture, comme les maladies ou l’augmentation des températures », explique Athanasios Tsivelikas, directeur de la banque de gènes de Rabat.

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Le Maroc, victime d’une sécheresse historique

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Cette banque pourrait devenir un atout important pour le Maroc, qui vient de subir une sécheresse historique. « Le changement climatique a déjà un impact sur la disponibilité de l’eau et les calendriers de production. Pourtant, certaines variétés conservées dans ces banques de semences ont fait leurs preuves dans le temps en termes de résistance à la sécheresse, voire de rendement », commente Zakaria Kadiri, ingénieur agronome et sociologue.

Icarda, créée en 1977, n’avait pas prévu de créer cette infrastructure au Maroc ou au Liban. La banque de l’organisation était initialement située à Alep, en Syrie, à côté d’un de ses centres de recherche… jusqu’à ce que la guerre fasse irruption dans le quotidien des chercheurs. « En juin 2012, j’ai quitté l’endroit avec les autres étrangers. Nos collègues syriens ont continué à travailler sur place, jusqu’à ce que cela devienne impossible en 2014 », explique le chercheur marocain Ahmed Amri.

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La création de nouvelles variétés

La création de nouvelles variétés

Des doubles des échantillons soigneusement collectés au fil des ans avaient, heureusement, été envoyés à d’autres banques de gènes. La majorité de ces doublons avaient également été placés dans le coffre à graines de renommée mondiale à Svalbard, en Norvège. « 98 % de nos ressources pourraient être économisées », assure Ahmed Amri. Le travail s’est poursuivi temporairement en Tunisie, avant que des banques de semences au Liban puis au Maroc ne soient créées.

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Dans le centre de recherche de Marchouch, à 70 km de Rabat, les chercheurs d’Icarda croisent précisément des variétés de blé, d’orge ou encore de fèves. « Nous prenons les caractéristiques intéressantes de deux variétés pour en créer une nouvelle qui réponde aux besoins des agriculteurs », explique Abdelaziz Rached, technicien au centre.

Le défi consiste à faire parvenir la nouvelle variété aux agriculteurs. « Le processus est malheureusement assez lent », déplore Abdelaziz Rached. Les agriculteurs continuent de subir, par exemple, les effets de la maladie à mesure que de nouvelles variétés résistantes apparaissent. Il est essentiel de mettre en place des stratégies nationales afin que celles-ci soient largement diffusées. »

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