Animaux inadaptés, sérologies… Nos conseils pour éviter le retour du sida dans votre garde-robe

Written By Sara Rosso

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Le Covid-19, et désormais monkeypox, est depuis des mois au premier rang des zoonoses, ces maladies qui peuvent se transmettre de l’animal à l’homme. Cependant, il ne faut pas oublier ceux qui ont marqué l’histoire et continuent de traîner. La rage en fait partie, et comme chaque année à ces dates, le Ministère de l’Agriculture renouvelle sa campagne d’information « Attention à la rage ».

En France, la rage a été éradiquée en 2001, grâce à une campagne de vaccination à grande échelle qui a débuté à la fin des années 1980 pour les animaux de compagnie mais surtout pour les renards. Pour ces derniers, les vaccins étaient dissimulés dans un appât qui a été dispersé dans la nature par hélicoptère. Mais aujourd’hui, alors que nous célébrons le bicentenaire de la naissance de Pasteur, la menace vient d’au-delà de nos frontières.

Ne pas s’approcher d’un animal errant

Ne pas s’approcher d’un animal errant

« La colère tue encore une personne toutes les dix minutes », prévient Arnaud Chatry, chef du service en charge des contrôles sanitaires à l’importation du ministère de l’Agriculture. Ce n’est pas un danger abstrait. Lire aussi : Bague : Eve-Marie Gérard élève des chiens Pomsky et des chats Maine Coon. » La contamination se fait le plus souvent en mordant, léchant une plaie ou en grattant un chien ou un chat enragé encore en phase d’incubation. Ainsi, l’une des recommandations de la campagne « Attention à la rage » est donc, lors d’un séjour dans des pays où la rage circule encore, de ne pas caresser ou tenter d’approcher un animal errant.

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Vérifier les exigences sanitaires pour ses propres animaux

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« Nous souhaitons également sensibiliser les personnes qui partent à l’étranger avec leur chien ou leur chat. Bien sûr, il faut tenir compte des exigences sanitaires du pays de destination, mais parfois les exigences pour rentrer en France sont encore plus strictes », prévient Arnaud Chatry.

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Ainsi, pour revenir d’un pays où la rage est endémique, les douanes françaises peuvent exiger une sérologie pour mesurer les anticorps antirabiques afin d’assurer la protection vaccinale. Tout cela est prévu avec un vétérinaire, les démarches peuvent prendre entre un et quatre mois.

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Ne pas ramener un animal abandonné

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Une autre attitude à risque est de s’apitoyer sur le sort d’un chien ou d’un chat errant lors d’un voyage, et de vouloir le ramener. Les cas de rage déclarés en France ces dernières années proviennent tous d’animaux importés, souvent illégalement. Mais ce n’est pas toujours le cas. Nathalie Pihier, vétérinaire et directrice adjointe de la DDPP 78, se souvient ce novembre 2013 : « Une jeune femme avait trouvé un chaton abandonné sur une plage au Maroc. Or, il avait consulté un vétérinaire sur place, qui n’avait pas tenu compte des obligations sanitaires ; il était donc revenu presque légalement dans le Val-d’Oise avec l’animal. Mais la semaine suivante, le chaton s’enfuit ; il est accueilli par un voisin, où il meurt subitement au bout de quelques jours. Au moment de l’enterrer, un ami vétérinaire exerçant au Maroc, connaisseur de la rage, conseilla par réflexe à cette personne d’envoyer le corps du chaton à l’Institut Pasteur. Réflexion qui a sauvé la vie de plusieurs personnes : le chaton était furieux.

Une course contre la montre avait commencé ! « Il fallait faire une véritable enquête de quartier, qui nous mobilisait jour et nuit, pour pouvoir suivre le parcours du chaton et retrouver toutes les personnes ou animaux qui auraient pu le trouver », raconte Nathalie Pihier. En effet, il existe un traitement (un sérum antirabique) pour les personnes exposées au virus, mais dès que les symptômes se déclarent, la mort est inéluctable. Au total, une quinzaine de personnes ont dû recevoir une sérothérapie. « Nous ne sommes pas allés loin des cas de rage humaine en France ! Et malheureusement, comme l’exige la procédure sanitaire, il a fallu euthanasier les chiens et les chats « cas contacts » qui n’étaient pas à jour de la vaccination antirabique », déplore Nathalie.

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L’exception ukrainienne

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Beaucoup de moyens humains et économiques déployés, beaucoup d’inquiétude, des propriétaires dévastés par l’euthanasie inéluctable de leur animal… tout cela par un chaton rentré incompatiblement en France. « Si vous souhaitez offrir la porte de votre maison à un malheureux animal, il est plus prudent et plus simple de contacter les refuges et associations français, qui en ont bien besoin », insiste Nathalie Pihier.

Toutefois, une exception a été faite pour les animaux rapatriés d’Ukraine : les protocoles de surveillance sanitaire en cas d’importation de chiens ou de chats sont alignés sur les protocoles intra-européens. Une abrogation bienvenue, compte tenu d’un contexte exceptionnel et de l’urgence sanitaire.

Découvrez ici les recommandations du ministère et la liste des pays à risque.

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