Arrivé seul de Guinée à 14 ans, Thierno décroche l’or aux Meilleurs Apprentis de France

Written By Sara Rosso

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A 18 ans, le Guinéen Thierno Diallo vient de décrocher l’or au concours de l’un des meilleurs apprentis de France. Un exploit pour ce migrant, venu seul en Europe à l’âge de 14 ans.

Par Nicolas Pipelier

Publié le 26 juil. 22 à 12:46

Thierno se tient devant son chef-d’œuvre. Panneau en gris, bordé d’interrupteurs, de lumières et d’un panneau électrique. Le tout décoré d’un point bleu, blanc, rouge. Le badge décerné par le concours de l’un des Meilleurs Apprentis de France, dans la catégorie électricien, pour les boutons artisanaux.

La cérémonie finale, qui s’est déroulée à Lons-le-Saunier du 23 au 26 juin, lui a décerné l’or. Du métal que le jeune homme de 18 ans, originaire de Mamou en Guinée, est allé chercher dans le Jura, en avion, avec son patron Sylvain Bernard, électricien, plombier, chauffagiste à Bellevigny (Vendée).

« Je me suis senti très heureux et soulagé. Je ne voulais pas décevoir mes collègues qui ont tant investi en moi », raconte Thierno Mamadou Diallo.

« Pas besoin de lui expliquer dix fois »

« Pas besoin de lui expliquer dix fois »

Des talents bruts qui ont été peaufinés par leurs employeurs au fil des compétitions. A commencer par les Herbiers, où il a décroché l’or du Département en avril 2022. Voir l’article : Is ʻOumuamua still debated among top scientists?. Avant il a fait l’exploit à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en mai 2022, lors de l’épreuve régionale.

« Le câblage, on l’a répété trois fois », s’amuse Sébastien Rousseau, son maître de stage aux côtés de Jean-Pierre Bétus, pas mal fier de son apprenti. « Il est volontaire et très intelligent. Pas besoin de lui expliquer dix fois. Pour les clients, il respecte. Preuve qu’il a été bien élevé. »

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C’était une longue route pour arriver ici. Elle a parcouru les pistes du désert du Sahel, les territoires des Touaregs, les repaires des terroristes, Bamako, l’Algérie et Nador au Maroc. Un aller simple pour échapper à la pauvreté.

C’est alors que mon oncle m’a dit que nous partions pour l’Europe. Je ne savais pas.

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« On est resté 24 heures sans boire »

« On est resté 24 heures sans boire »

Un matin d’août, à l’aube, 57 personnes sont montées à bord d’un canot pneumatique à moteur. « Hommes, femmes, enfants, enfants, il y avait toutes les nationalités. Le jeune de 14 ans va perdre son oncle qui a été pris au filet par la police marocaine.

Au large des côtes espagnoles, la Croix-Rouge espagnole a secouru l’esquif presque submergé. « Nous sommes restés 24 heures sans boire. Prions Dieu. Après quatre jours de détention et un séjour au centre pour mineurs de Séville, le gouvernement espagnol a payé un billet de train pour les candidats exilés.

Je ne parlais ni espagnol ni aucune autre langue. Je n’ai eu que quelques cours élémentaires en français.

C’est ainsi qu’il atterrit à Bilbao, avant d’entrer à pied dans Hendaye, puis Bayonne et de sauter dans un bus pour Bordeaux.

«Avec trois hommes, nous avons dormi à la gare. Ils avaient de la famille en Allemagne et en France. Ils se sont associés pour m’acheter un billet à 50 € pour Nantes. Dans la capitale ligérienne, « j’ai pris un train en pensant aller à Paris, mais je me suis retrouvé à La Roche-sur-Yon. »

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Craignant qu’un adolescent erre sans but, les contrôleurs l’ont remis à la police. Il a été repris par le Conseil Départemental de Vendée. « J’ai été placée dans une famille d’accueil à Challans. Là, j’ai tout appris : le français, la lecture, l’écriture. »

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Brevet, mention bien

Brevet, mention bien

Après le départ à la retraite d’Evelyne, « la mère de famille », Thierno a posé son sac à dos à la maison des jeunes des Landes-Génusson.

Au collège Jules-Ferry de Montaigu, le jeune a survolé les quatrième et troisième. Deux ans après avoir lutté avec la langue de Molière, le collégien décroche son Brevet, avec mention.

Je voulais faire médecine, mais le département a dit que je devais faire un apprentissage à tout prix.

Des études moins chères pour le public et en adéquation avec les besoins de l’économie locale. « Ils ont contacté Sylvain et Eric (Sarl Barnard Eric & Sylvain) qui m’ont trouvé en électricité », en septembre 2020.

Depuis, l’apprenti, qui vit dans son propre appartement à Bellevigny, est fier de ses patrons, de ses parents et de son oncle.

Entre deux versements au pays pour payer la scolarité de son petit frère et de sa petite sœur, Thierno prépare son Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP). Sa façon d’accumuler des connaissances et d’honorer son prénom.

« C’est un nom que mon grand-père avait et qui est donné à des gens qui ont beaucoup de connaissances. Je veux en valoir la peine. »