Assemblée générale 2022 : votera-t-elle pour ou contre le climat ?

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Assemblées générales 2022 : voteront-ils pour ou contre la météo ?Admin2022-05-20T12:12:57+02:00

De fin avril à début juin, les principaux acteurs économiques et financiers réuniront leurs actionnaires pour les informer et présenter leur stratégie. Cette saison d’assemblées générales est la première depuis la publication par l’Agence internationale de l’énergie et le GIEC de rapports montrant l’urgence d’arrêter de développer de nouveaux projets d’énergies fossiles pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

Les prochaines AG sont donc l’occasion pour les banques, les assureurs et les investisseurs de renforcer leurs politiques climatiques, d’aligner enfin leurs paroles et leurs actes, en prenant de nouveaux engagements et en usant de leur pouvoir d’actionnaire pour pousser les entreprises à aller plus loin face à la météo. urgence. Car s’ils restent très minoritaires, les investisseurs se font de plus en plus entendre sur les questions climatiques : présentation de résolutions climat, consultation des actionnaires via le « Say On Climate », rébellion contre les conseils d’administration, dont l’action climatique, elle s’estimait trop timide, etc.

Les acteurs financiers seront-ils à la hauteur cette année ? Décryptage des thèmes et moments clés !

Reclaim Finance sera présent aux assemblées générales des principaux acteurs de la place financière de Paris pour les interroger sur leur stratégie climat. Ils sont tous membres de coalitions d’acteurs financiers pour atteindre la neutralité carbone et ont déjà ou devraient annoncer leurs objectifs de décarbonation. Mais la quasi-totalité d’entre eux continuent d’apporter un soutien inconditionnel aux entreprises qui, contrairement aux recommandations scientifiques, continuent de développer de nouveaux projets d’énergies fossiles.

Cette année, et sans aligner totalement les politiques de 1,5°C lors de ses assemblées générales, les acteurs financiers doivent reconnaître publiquement la nécessité de mettre fin à l’expansion du pétrole et du gaz et s’engager à avancer vers cet objectif avant la COP27.

En tant qu’investisseurs engagés pour le climat, et compte tenu de la tenue des assemblées générales de TotalEnergies le 25 mai 2022 et du reste des grandes majors pétrolières et gazières et des producteurs d’électricité européens, ils doivent également utiliser leur statut d’actionnaires en :

→ Bloquer les faux plans climat en votant contre le Say on Climate non tenu et insuffisant pour atteindre nos objectifs climatiques ;

→ Soutenir les résolutions d’actionnaires visant à renforcer les plans climat des entreprises ;

→ S’opposer au renouvellement des membres des conseils d’administration des entreprises qui persistent dans le développement de nouveaux projets fossiles.

21 avril : Assemblée générale d’Engie

L’assemblée générale aura pour thème le climat et s’annonce comme un test de la « complication actionnariale ».

En effet, si Engie envisage de « sortir » du charbon, sa stratégie est insuffisante et problématique.

La compagnie énergétique se contente de vendre la plupart de ses actifs charbonniers au lieu de les fermer.

De plus, il prédit une utilisation croissante du gaz, qui s’enfonce dans les combustibles fossiles au lieu d’entrer réellement en transition.

De ce fait, l’entreprise n’est pas alignée sur une trajectoire 1,5°C.

Les investisseurs soucieux du climat devraient profiter de l’assemblée générale d’Engie pour voter contre l’échec du « Say on Climate » proposé par l’entreprise et l’interroger sur ses inquiétantes options de transition.

Notre porte-parole : Guillaume Pottier, responsable engagement actionnarial, +33750890549

28 avril : Assemblée Générale AXA

Bien qu’AXA ait été le pionnier de la sortie du charbon, il continue d’assurer l’avenir du pétrole et du gaz. En octobre 2021, l’assureur a annoncé une nouvelle politique visant à restreindre sa couverture d’assurance et ses investissements dans le pétrole et le gaz. Malheureusement, sa politique n’en est qu’à mi-chemin : AXA pourrait continuer à assurer les nouveaux projets pétroliers jusqu’en 2024 et même au-delà dans certains cas, et n’a pas annoncé la fin de la couverture d’assurance pour les nouveaux projets pétroliers.

En tant qu’investisseur, AXA reste actionnaire de sociétés pétrolières et gazières telles que TotalEnergies et Shell. En 2021, elle avait approuvé ses plans climat pour saluer la mesure, affirmant qu’il serait « crucial que Total et le reste de l’industrie pétrolière et gazière continuent d’augmenter son ambition [climatique]. que le niveau d’ambition de ces plans n’est pas assez, AXA IM doit en tirer les conséquences en s’y opposant.

Notre porte-parole : Lucie Pinson, Directrice de Reclaim Finance, +336.79.54.37.15

17 mai : Assemblée Générale de BNP Paribas

Entre 2016 et 2021, la BNP a octroyé plus de 142 milliards de dollars aux énergies fossiles et a remporté le titre de 5e financeur mondial de l’expansion des énergies fossiles. En 2021, BNP Paribas s’est engagé à rejoindre les rangs des banques engagées à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et à réduire les émissions de 50% d’ici 2030. Malheureusement, les mesures prises pour le groupe n’atteindront pas cet objectif tant la banque peut encore accompagner les entreprises développer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, même dans des secteurs controversés tels que le forage dans l’Arctique, le gaz naturel offshore et la liquéfaction.

En tant qu’investisseur, BNP Paribas continue d’être un bras armé de l’expansion pétrolière et gazière en investissant massivement dans des sociétés telles que TotalEnergies et Shell. BNP Paribas AM avait également soutenu les plans pseudo-climat des deux plus grandes compagnies pétrolières et gazières européennes en 2021. Cette année, elle devra apporter des preuves tangibles de l’efficacité de sa démarche d’engagement, en s’opposant au « Say on Climate » défaillant présenté par les entreprises pétrolières et gazières européennes et en soutenant toutes les résolutions climatiques d’actionnaires soumises à ces entreprises.

Notre porte-parole : Louis-Maxence Delaporte, chargé de mission financement zéro fossile, 06.48.64.39.75

18 mai : Assemblée Générale d’Amundi

En pleine croissance, la filiale du Crédit Agricole est devenue le premier investisseur en France et en Europe.

En janvier, nous avions révélé qu’Amundi avait encore 4,8 milliards de dollars investis dans le charbon, dont une part importante via des fonds passifs non réglementés en raison de sa politique d’exclusion du charbon. De plus, Amundi investit 19 milliards de dollars dans 12 grands développeurs d’hydrocarbures, ce qui nuit à sa capacité à s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris. Amundi est même le premier actionnaire de TotalEnergies, actuellement impliqué dans le développement de mégaprojets dans l’Arctique russe et en Afrique de l’Est.

Jusqu’à présent, Amundi s’est défendu en invoquant une politique d’engagement fort envers les entreprises dont il est actionnaire, mais sa politique de vote l’an dernier a montré des incohérences. Amundi a par exemple voté en faveur de l’échec du plan climat lors de l’AGA de TotalEnergies en 2021.

Ses votes aux assemblées générales 2022 permettront d’évaluer les progrès d’Amundi dans ce domaine : Amundi votera-t-elle contre le plan climat de TotalEnergies cette année ? Soutenir les résolutions des actionnaires adressées à la major française ?

Notre porte-parole : Lara Cuvelier, responsable des campagnes d’investissement durable, 06.68.45.18.93

18 mai : Assemblée générale de SCOR

Le quatrième réassureur mondial n’a pas encore adopté de restrictions sur le secteur pétrolier et gazier malgré ses engagements climatiques. En effet, SCOR est l’un des membres fondateurs de l’Alliance des Assureurs engagée à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Si SCOR s’est récemment engagé à ne pas sécuriser le projet EACOP porté par TotalEnergies en Afrique de l’Est, il doit désormais étendre cet engagement à tout nouveau projet de production d’énergie fossile.

Par le passé, SCOR a su montrer l’exemple. Il est notamment le premier réassureur international à s’engager dans le secteur du charbon. Le PDG confirmera si Laurent Rousseau, le nouveau PDG de SCOR, est vraiment prêt à « accélérer la course au zéro émission nette, renforçant ainsi la mission à long terme de SCOR de protéger les personnes et les entreprises du monde entier ». comme promis.

Notre porte-parole : Ariel Le Bourdonnec, responsable de campagne assurance, 06.99.39.92.85

17 mai : Assemblée Générale de la Société Générale

Entre 2016 et 2021, la Société Générale a octroyé plus de 87 milliards de dollars aux énergies fossiles.

Comme d’autres banques françaises, la Société Générale s’est engagée en 2021 à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et à réduire les émissions de 50% d’ici 2030.

Malheureusement, sa nouvelle politique lui permet toujours de soutenir les entreprises développant de nouveaux projets pétroliers et gaziers comme ExxonMobil et Chevron, les deuxième et troisième plus grands développeurs de schiste. Société Générale est également fortement impliquée dans deux mégaterminaux d’exportation de gaz de schiste vers l’Amérique du Nord (Rio Grande LNG et Driftwood LNG).

Si la banque veut donner du crédit à ses engagements climatiques, elle doit s’engager à exclure tout soutien à tout nouveau projet pétrolier et gazier et aux entreprises qui les développent.

Notre porte-parole : Louis-Maxence Delaporte, chargé de mission financement zéro fossile, 06.48.64.39.75

24 mai : Assemblée Générale du Crédit Agricole

Entre 2016 et 2021, la banque a alloué 75 milliards de dollars aux énergies fossiles. C’est également l’une des 10 premières banques au monde qui finance la plupart des sociétés pétrolières et gazières arctiques et offshore. Le Crédit Agricole est même le premier banquier de TotalEnergies et se classe parmi Gazprom, Saudi Aramco et Petrobras, les principaux développeurs de nouveaux projets pétroliers et gaziers.

Malheureusement, la nouvelle politique du groupe visant à réduire le soutien aux énergies fossiles ne freine pas l’expansion du pétrole et du gaz.

Si le groupe veut mériter son nom de « banque verte » et d’investisseur « responsable », il doit annoncer la fin de ses services financiers aux entreprises qui développent encore de nouveaux champs pétroliers et gaziers.

Notre porte-parole : Louis-Maxence Delaporte, chargé de mission financement zéro fossile, 06.48.64.39.75

25 mai : Assemblée Générale de GeneralEnergies

La direction de l’entreprise propose à nouveau un vote consultatif sur son plan « climat ». TotalEnergies étant l’un des plus grands développeurs d’hydrocarbures au monde et n’ayant pas prévu de réduire significativement ses émissions, il n’a pas de plan de transition crédible et aura consommé l’intégralité de son budget carbone d’ici 2035 au plus tard.

A noter qu’aucun des deux accords d’actionnaires sur le climat initialement présentés ne sera voté. Les premiers se sont retirés car, sous la pression, TotalEnergies a pris de nouveaux engagements (partiels). Le second a été rejeté unilatéralement par TotalEnergies.

Les investisseurs ne doivent pas être dupes comme en 2021 et s’opposer à cet exercice qui relève plus de la communication verte que de la planification d’une transition crédible.

Notre porte-parole : Lucie Pinson, Directrice de Reclaim Finance, +336.79.54.37.15

28 avril : Assemblée générale de RWE

Après avoir longtemps été le plus gros émetteur de CO2 d’Europe, RWE a cédé sa place en 2021 à son concurrent polonais PGE, mais très peu : l’entreprise polonaise n’émet que 1,6 % de CO2 de plus que l’énergéticien allemand. Non content d’être l’une des plus grandes entreprises d’énergie au charbon en Europe, RWE exploite également des mines de charbon en Allemagne et en Hongrie.

RWE ne prévoit de sortir du charbon qu’en 2038 au sein de l’UE/OCDE et, en attendant, entend développer ses activités gazières, au détriment d’une véritable transition énergétique en faveur des énergies renouvelables.

Les investisseurs soucieux du climat devraient profiter de la tenue de l’AGA de RWE pour sanctionner son absence de transition en s’opposant à la proposition de nommer un nouvel administrateur, d’une part, ainsi qu’en s’opposant à la révocation des membres du conseil d’administration (comme recommandé par l’Association allemande des actionnaires critiques).

Notre porte-parole : Claire Maraval, responsable de la transition énergétique européenne, Reclaim Finance, + 33 6 85 45 80 27

18 mai : Assemblée générale de l’UNIPER

Fortum / Uniper est l’un des principaux producteurs d’électricité à partir de combustibles fossiles en Europe et peine à proposer un plan d’élimination progressive du charbon adapté à l’urgence climatique. L’énergéticien table sur une sortie du charbon en 2038 au sein de l’UE/OCDE, une date qui ne concerne pas toutes ses centrales, et qui est de plus en plus dépendante du gaz, au détriment des énergies renouvelables. Elle est également toujours active en Russie à travers ses 12 centrales à gaz ou à cycle combiné. UNIPER est fortement dépendant du gaz russe, en augmentation depuis le début de la guerre.

Pourtant, Fortum/Uniper trouve sa place dans les portefeuilles de multiples acteurs financiers, que ce soit BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole. Ces investisseurs devraient profiter de l’implication d’UNIPER GM pour sanctionner l’entreprise en s’opposant à la nomination des membres de son conseil de surveillance afin d’exprimer sa désapprobation du plan incomplet de sortie du charbon et de la stratégie de transition vers le gaz proposée par UNIPER. .

Notre porte-parole : Claire Maraval, responsable de la transition énergétique européenne, Reclaim Finance, + 33 6 85 45 80 27

11 mai : Assemblée Générale ENI

L’assemblée générale sera placée sous le signe du climat puisque le principal producteur italien de pétrole et de gaz consultera ses actionnaires sur son plan de transition énergétique.

C’est l’occasion de prouver l’engagement des investisseurs envers les actionnaires.

En effet, malgré les nouvelles annonces, le plan climat d’ENI n’est pas encore en ligne avec l’objectif des 1,5°C : l’entreprise prévoit de nouveaux projets pétroliers et gaziers et dépassera son budget carbone d’ici 2038 !

Les investisseurs qui se disent engagés pour le climat doivent sanctionner la démarche expansionniste d’ENI en s’opposant au renouvellement de son conseil d’administration.

Notre porte-parole : Guillaume Pottier, responsable engagement actionnarial, +33750890549

11 mai : Assemblée Générale d’Equinor

Alors qu’Equinor fait partie des compagnies pétrolières et gazières perçues comme « en transition », une étude approfondie du plan climat d’Equinor révèle qu’il est loin d’être aligné sur l’objectif de 1,5°. projets et dépasse son budget carbone d’ici 2037 au plus tard !

Lors de l’assemblée générale, le plus grand norvégien prendra le pouls de ses investisseurs sur ce plan climat à travers un vote consultatif. Il est important que les investisseurs votent contre ce « Dit sur le climat » car il ne répond pas à l’urgence climatique.

Dans le même temps, il est important que les investisseurs soutiennent la résolution sur le climat axée sur les actionnaires à l’ordre du jour de l’AGA.

Notre porte-parole : Guillaume Pottier, responsable engagement actionnarial, +33750890549

12 mai : Assemblée Générale BP

Cette année, BP consultera pour la première fois ses actionnaires sur son plan de transition énergétique.

C’est l’occasion de prouver l’engagement des investisseurs envers les actionnaires. De fait, le plan climat de BP est loin d’être aligné sur l’objectif des 1,5°C : l’entreprise prévoit de nouveaux projets pétroliers et gaziers et dépassera son budget carbone d’ici 2033 au plus tard !

Les investisseurs qui se disent engagés pour le climat devraient profiter de la célébration du GM de BP pour voter contre l’échec du « Say on Climate » proposé par la major, mais aussi pour l’interroger sur ses troublantes options de transition. BP est également la cible d’une résolution climatique présentée par des actionnaires. Les investisseurs doivent soutenir cette résolution.

Enfin, la stratégie d’expansion fossile de BP doit être sanctionnée par des votes contre le renouvellement des administrateurs dont les mandats expirent.

Notre porte-parole : Guillaume Pottier, responsable engagement actionnarial, +33750890549

24 mai : Assemblée générale de Shell

Pour la deuxième année consécutive, Shell consultera ses actionnaires sur son plan de transition énergétique et rendra compte de la mise en œuvre de ce plan. C’est l’occasion de prouver l’engagement des investisseurs envers les actionnaires.

De fait, le plan climat de Shell est loin d’être aligné sur l’objectif des 1,5°C : l’entreprise prévoit de nouveaux projets pétroliers et gaziers et dépassera son budget carbone d’ici 2034 au plus tard ! Les investisseurs qui se disent engagés pour le climat devraient profiter de l’assemblée générale de Shell pour voter contre l’échec du « Say on Climate » proposé par la major, mais aussi pour soutenir la résolution climat de l’initiative actionnariale qui a été présentée.

Enfin, les investisseurs doivent sanctionner les projets expansionnistes de l’entreprise en votant contre le renouvellement des administrateurs dont les mandats arrivent à expiration.

Notre porte-parole : Guillaume Pottier, responsable engagement actionnarial, +33750890549

Lire le rapport sur le financement bancaire des énergies fossiles

Lire l’analyse des plans « climat » des six grandes compagnies pétrolières et gazières

Découvrez l’outil d’analyse et de comparaison des politiques pétrolières et gazières

À Lire  La suppression de la redevance s'accompagnerait d'un risque de "censure" par le Conseil constitutionnel, note l'administration