Au centre de jour de la Traversière, à la recherche de « places rares » pour un hébergement d’urgence

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Le visage de l’Abbé Pierre prend forme lorsqu’Abdallah, un SDF, peint. Rue Traversière dans le 12e arrondissement de Paris, l’accueil de jour d’Emmaüs fusionne avec un espace d’exposition. « Ici je peux me reposer », s’amuse celui qui fêtera bientôt ses 50 ans.

Abdallah est arrivé à Paris il y a un an « pour l’art de cette ville musée », que l’Algérie ne pouvait lui offrir. Mais, pensant trouver un Eldorado, il a trouvé la rue. Alors ici un café chaud et des pinceaux lui offrent un peu de repos. Il y a un mois, il a entamé les démarches auprès de Najet, l’assistante sociale de la structure, pour obtenir un hébergement d’urgence. En attente d’une réponse « la peinture le maintiendra en place ».

L’accueil de jour de la Traversière, géré par Emmaüs Solidarité, ouvre ses portes « sans condition », du mardi au samedi, de 9h à 18h. Les sans-abri peuvent trouver quelque chose pour recharger leur téléphone, obtenir un soutien social ou simplement un sentiment de sécurité. 90% des personnes accueillies, souvent de manière régulière, sont des hommes. Sur place, il y a de plus en plus de monde dans la rue : 30% de fréquentation en plus à l’accueil de la Traversière depuis août.

Ainsi, l’annonce d’une nouvelle baisse du nombre de places en hébergement d’urgence a suscité l’inquiétude et le mécontentement de nombreuses associations. Après avoir supprimé 7 000 places en 2022, la loi de financement (PLF) prévoyait d’en supprimer autant d’ici 2023. Face à la bronca, le député du ministre de la Ville et du Logement Olivier Klein a finalement renoncé à ses suppressions et annoncé vendredi 28 octobre « 40 millions d’euros dans le budget 2023 pour l’hébergement d’urgence », soit « une stabilisation du nombre de places ».

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Des attributions de plus en plus excentrées

Dans un petit bureau à l’écart de l’espace commun, Najet s’organise pour accompagner les sans-abri dans leurs démarches administratives. Voir l’article : 5 façons de réduire le sucre dans notre alimentation. Ses missions incluent les demandes d’hébergement d’urgence, qui sont systématiquement faites par l’intermédiaire du Service d’Accueil d’Orientation Intégrale (SIAO).

Et si ces moments consistent souvent à avertir les candidats de « procédures difficiles, avec de longs délais », s’amuse aujourd’hui Najet. Elle vient d’informer Amed* qu’il pourra bientôt vivre en chambre individuelle, à Étampes, dans la deuxième couronne de la banlieue parisienne. Ici, des nouvelles comme celle-ci n’arrivent qu’une fois par mois, souligne-t-elle, notant que « les quelques endroits que nous trouvons s’éloignent de plus en plus ».

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Un an d’attente

Si Najet a réussi à trouver un refuge d’urgence pour Amed*, qui l’attend depuis un an, c’est parce qu’il reçoit une aide médicale. Le nombre d’appels du trentenaire au 115 – une trentaine d’entre eux sont restés sans résultat – a également joué en sa faveur. Actuellement ils sont environ 35, suivis à l’accueil de jour, attendant des nouvelles du SIAO.

Parmi eux : Zakaria. Au milieu de ceux qui s’endorment, il discute avec Moustafa, le gérant de la structure, qui a de ses nouvelles. Comme Amed*, Zakaria a fait sa première demande de logement il y a un an. Il attend depuis. « Parce qu’il y a plus que cela », dit-il. Grâce à la garde d’enfants et à l’aide de Najet « au moins il ne traîne pas dans la rue ». Ces quelques heures au refuge toucheront bientôt à leur fin, l’heure de la fermeture du centre de jour approche. Mais le jeune Guinéen qui a quitté son pays d’origine faute de perspectives d’avenir reste patient. Sans espoir, dit-il, « tout est perdu ».

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La trêve hivernale commence début novembre. Les locataires précaires ne peuvent alors pas être expulsés. Pour ceux qui sont déjà dehors, Najet espère que « l’hiver ne sera pas trop froid ».

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