Aux urgences du Mans, tenir malgré la désertification médicale

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Alors que les quatre services d’urgence autour de la capitale sarthoise sont sous grande tension, l’habituel équilibre fragile a été bouleversé par la rentrée scolaire après le Covid, avec notamment des chiffres de fréquentation en hausse.

« Je vais vous mettre au lit, monsieur », répéta une infirmière, avec le ton ferme mais bienveillant d’une aide-soignante. Derrière le rideau, un vieil homme sera transféré de la civière sur laquelle il est allongé sur un lit, qui est porté par un certain nombre de personnels de santé. Ou un support plus confortable. Au centre hospitalier du Mans, dans la « salle de transport » des urgences, destinée aux patients en attente de résultats ou se rendant à l’hôpital dans les étages, on attend parfois plus longtemps que prévu. Encore plus peut-être ces dernières semaines, où l’activité du service explose, mais le nombre de places à l’hôpital ne change pas. « Cette nuit-là, plusieurs personnes ont dû dormir là… ce n’est pas idéal pour l’intimité et la surveillance », a admis l’urgentiste Clara Gobert, qui fait placer une dizaine de patients, allongés ou assis à leur suite, aux quatre coins de la pièce, ce Lundi. , 8 novembre.

Il y a quelques jours, le service a battu son record de fréquentation, avec 229 pièces en vingt-quatre heures, contre une moyenne de 166 avant la crise du Covid-19. Après un été tendu dans ces services qui souffrent d’une grave pénurie de médecins, la rentrée a été normale, malgré la période calme sur le front du Covid. « La reprise a été moins bonne que l’été et ce n’est pas normal, résume le médecin urgentiste Jöel Pannetier, directeur médical des projets territoriaux du groupe hospitalier de territoire sarthois. L’activité ne fait que croître. »

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Pour le médecin, il y a un effet « post-Covid », avec ces malades chroniques qui se retrouvent aux urgences après un retard de traitement, mais l’explication est ailleurs : les quatre urgences tournent dans le rouge. A Bailleul, nous fermons désormais presque toutes les nuits, à La Ferté-Bernard, parfois la nuit et parfois jusqu’à vingt-quatre heures, ainsi qu’à Saint-Calais et Château-du Loir. Inconnue dans ce territoire sarthois où les difficultés ne sont pas nouvelles, avec la désertion médicale qui va de l’hôpital aux médecins de famille – 60 000 habitants n’ont pas de médecin – aux spécialistes.

Mais quelques départs d’urgentistes ici et là dans ces départements, qui comptent une quarantaine de postes vacants sur 80, contre 30 avant la crise, et un marché médical de l’intérim toujours plus tendu, ont suffi à bouleverser l’équilibre vulnérable tenu jusqu’à présent. Une tension qui touche de nombreux territoires du pays, à entendre les représentants des médecins urgentistes, avec des fermetures qui se multiplient depuis la rentrée dans ces services, la promesse est pourtant d’être ouvert « vingt-quatre heures par an » . Jour ». Regardez un peu plus loin, en Mayenne, dans le centre hospitalier de Laval, pour voir les cas d’urgence se refermer de manière inédite plusieurs soirs par semaine depuis la rentrée.

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