Avec les « puffs », cigarettes électroniques jetables, l’industrie du tabac cherche à séduire les enfants

Written By Sara Rosso

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Récemment, pousser la porte d’un bureau de tabac signifiait tomber sur des paquets de cigarettes alignés sur des étagères derrière le comptoir, barrés d’un avertissement : « Fumer tue ». Désormais, il existe aussi des boîtes colorées et fines, rose malabar ou vert pomme, qui affichent des saveurs sucrées : « raisin glacé », « mangue », « litchi », « cola brillant », ou « sangsue ».

Voici les puffs, de l’anglais « puffs », des cigarettes électroniques en tête-à-tête qui se vendent comme des petits pains à une très jeune clientèle. Disponibles au prix de 8,90€, ils peuvent contenir ou non de la nicotine. Leur emballage est alors barré d’un avertissement : « La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs est déconseillée.

« Même les élèves de sixième vapotent »

« Même les élèves de sixième vapotent »

Pas de quoi décourager les curieux, note Sachat, buraliste en région parisienne. « J’en vends beaucoup aux jeunes parce que ça leur coûte moins cher que le tabac. Sur le même sujet : A Saint-Affrique, les jardins de distribution offrent une belle opportunité de partage autour du potager. Cette clientèle âgée de « 20 à 30 ans », pense-t-il, a une préférence « pour les goûts sucrés ». La vente étant interdite aux moins de 18 ans, il doit multiplier les chèques : « En cas de doute, je demande les papiers. »

Cependant, certains préadolescents peuvent facilement avoir des bouffées. « Dans les toilettes du collège, même les élèves de sixième le vaporisent », raconte un lycéen parisien. Personne ne remarque rien parce que ça sent bonbon ou chocolat, mais pas tabac. »

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Tout marketing « Barbapapa », selon les mots du professeur Laurent Karila, toxicomane, est bel et bien orienté vers les plus jeunes. Ces nouveaux produits « à la vapeur » jouent sur le brouillage des époques, avec « le but évident d’aboutir au tabac, à terme ». La bouffée « constitue ainsi un détournement de l’usage des cigarettes électroniques, qui sont utilisées comme détoxifiants invalidants pour les personnes qui veulent arrêter de fumer », poursuit le toxicomane.

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Un piège efficace

C’est un piège efficace, selon le médecin, à un âge critique en termes de santé publique. « La nicotine est l’agent causal de l’addiction. Plus un cerveau immature est exposé tôt, plus le risque d’addiction est grand. » Même des bouffées sans nicotine ne seraient pas sans conséquences, prévient Laurent Karila : « Elles permettent de développer des gestes liés au tabac : avaler et cracher de la fumée, se familiariser avec l’objet et pousser la porte des bureaux de tabac, tout cela sensibilise au tabac, tout comme les bières sans alcool sont habituées aux boissons non buvables. »

C’est pourquoi le médecin attend des pouvoirs publics qu’ils sensibilisent les jeunes et leurs parents aux dangers de ces bouffées, et surtout qu’ils augmentent leur prix, meilleur moyen de limiter leur consommation.

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