Avec l’inflation, manger sainement devient de plus en plus difficile

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Avec la hausse des prix, bien manger est un luxe que certains ne peuvent plus s’offrir. La hausse des prix alimentaires mais aussi du coût de la vie en général fait craindre une dégradation de la qualité nutritionnelle de nos repas.

« On fait déjà ce qu’on peut pour remplir l’assiette, avant de voir si c’est juste » : alors que l’on fait face à une inflation qui pèse surtout sur les plus petits portefeuilles, certains Français peinent à suivre un régime alimentaire sain, entre légumes inabordables et junk back. aliments

Au-dessus de son chariot « à moitié moins plein qu’avant », Catherine Garnier, 39 ans, soupire : « J’ai pris moins de légumes et de viande, plus de pâtes et de pommes de terre ». Quittez aussi les quelques produits bio qu’elle s’autorise parfois.

Une nouveauté dans son panier cependant : un paquet de pizzas surgelées, « mais avant on les faisait à la maison« , explique cette mère de trois enfants en région parisienne, « mais maintenant les ingrédients sont trop chers, c’est plus intéressant de les acheter prêt. -fait ».

« Ce n’est pas forcément la meilleure nourriture, mais on fait déjà ce qu’on peut pour remplir l’assiette », confie cet employé de la mairie qui considère pourtant « avoir un salaire décent ».

Il existe un risque que la qualité de l’alimentation française se dégrade du fait de l’inflation, notamment sur les produits alimentaires (+12% sur un an en octobre, selon l’INSEE).

Précarité

Nicole Darmon, directrice de recherche à l’Inrae (Institut national de la recherche, de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement), s’inquiète notamment de la réduction de la consommation de fruits et légumes, indispensable à une alimentation équilibrée mais « devenant chère à distance » ( +33,9). % en octobre sur un an pour les légumes frais). Voir l’article : Horloge scientifique Alimentation saine et mode de vie actif, volume 10, numéro 2, juin 2022.

À Lire  4 façons de prendre soin de sa peau pendant l'été

L’experte en nutrition explique que cette catégorie d’aliments a longtemps été le véritable indicateur du « statut socio-économique » des consommateurs – celui qui passe souvent au second plan chez les moins nantis -, « et non la viande comme on pourrait le penser. « . Mais ce risque « augmente » avec l’inflation.

« Quand on est sous de fortes contraintes budgétaires, on s’oriente plutôt vers des sources de calories peu coûteuses comme les féculents raffinés – pâtes, riz, pain blanc – et les produits gras et sucrés », raconte-t-elle à l’AFP, au risque de ne pas tout fournir. les « nutriments protecteurs » – fibres, vitamines, minéraux acides gras essentiels – dont le corps a besoin.

« On sait que la malbouffe est clairement un signe de précarité, avant même les crises sanitaire et économique, mais l’inflation s’attaque à ce problème », pointe également Karine Jacquemart, directrice de l’association Foodwatch France.

Les Français précaires mangent déjà « beaucoup trop d’aliments ultra-transformés, qui contiennent souvent moins de nutriments et de fibres, mais beaucoup trop de sucres cachés », déplore-t-elle.

Le directeur de Foodwatch France, qui appelle à plus de transparence sur les prix et la composition, prévient également : « Avec la hausse des prix de certains ingrédients, il y a un risque que les industriels soient tentés de les substituer plus qu’avant des substituts moins chers ».

Sur le même sujet :
Elle s’appelle Jolien Lewyllie. Elle est la nutritionniste des Red Devils depuis…

« Cheapflation »

Remplacer « certains produits de base » et « l’inflation » s’appelle « cheapflation », explique à l’AFP John Plassard, expert en macroéconomie à Mirabaud.

À Lire  La puissance de l'orgonite pyramide pour purifier votre environnement

Cela signifie, par exemple, mettre moins de crème – « l’ingrédient le plus cher » – dans la crème glacée, substituer des arômes de chocolat au chocolat ou encore réduire le taux de fromage dans le parmesan, « en substituant du bois à ajouter, ce qui est tout à fait autorisé mais vous avez aucun goût », explique M. Plassard.

Cette pratique assez nouvelle, qui vient des Etats-Unis, touche aussi l’Europe et « risque une nouvelle hausse de l’inflation », dit-il, car « c’est quelque chose qui permet aux grandes marques de garder une longueur d’avance ».

Mais « le risque numéro un » pour le consommateur est « la dégradation de son alimentation », car il fait face à des produits « nettement moins digestes et souvent beaucoup plus gras », prévient-il. « L’inflation n’est pas qu’un chiffre, elle a des conséquences sur les salaires mais aussi sur la qualité de la nourriture. »

A long terme, l’inflation risque aussi de renforcer « les inégalités sociales de santé liées à l’alimentation », selon Nicole Darmon, exposant les plus pauvres à « une moins bonne protection contre les maladies cardiovasculaires et le cancer ».

Pour « rééquilibrer l’alimentation sans déstabiliser le budget », l’experte en nutrition recommande « de réduire les quantités de viande pour introduire plus de fruits et légumes » ou d’utiliser « des produits intermédiaires intéressants », comme les laitages ou les œufs. Et il appelle à une solution à l’échelle de l’État, comme la création de la « sécurité alimentaire sociale ».

Les habitudes alimentaires des Sénégalais au menu d'un meeting à Dakar
Voir l’article :
Organisé par le Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES) et…