Bordeaux : Comment les e-cigarettes à usage unique dosées en nicotine envahissent les établissements d’enseignement supérieur

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Par Damien Renoulet – gironde@sudouest.fr Publié le 28/01/2022 à 20:18 Mis à jour le 29/01/2022 à 17:37

Les cigarettes électroniques aromatisées, colorées, jetables aux faux airs de bonbon sont le phénomène du moment. Interdits à la vente aux mineurs, ils font pourtant un carton auprès des collégiens et lycéens

Des packagings ultra colorés, des saveurs très douces comme la banane mate, les fruits rouges, l’ananas coco ou encore la guimauve. Débarquée des Etats-Unis, la « Puffbar » ou cigarette électronique, s’est propagée, depuis l’automne, comme une traînée de poudre en France. Notamment grâce aux influenceurs qui lui ont fait une promotion infernale sur Tik-Tok : vous savez, le réseau social préféré des jeunes. Même la marque à bas prix Gifi en vend désormais. « Le produit est positionné devant les cartons avec…

Des packagings ultra colorés, des saveurs très douces comme la banane mate, les fruits rouges, l’ananas coco ou encore la guimauve. Débarquée des Etats-Unis, la « Puffbar » ou cigarette électronique, s’est propagée, depuis l’automne, comme une traînée de poudre en France. Notamment grâce aux influenceurs qui lui ont fait une promotion infernale sur Tik-Tok : vous savez, le réseau social préféré des jeunes. Même la marque à bas prix Gifi en vend désormais. « Le produit est positionné devant des caisses avec une pancarte ‘Vente interdite aux mineurs' », raconte le groupe « Sud Ouest ».

« On se fait livrer et on paie en cash »

« On se fait livrer et on paie en cash »

Pour 8 à 12 euros, ces vapes de dernière génération – avec un taux de 0 à 1,7% de nicotine – contiennent 300 à 600 bouffées d’arômes de fruits. C’est simple, beau, pas cher. Et cela touche (principalement) les adolescents et les pré-adolescents. Bastien, 15 ans, devant son collège : « J’économise beaucoup d’argent par rapport aux cigarettes. Ceci pourrez vous intéresser : Possibilité de prise en charge : Gestion des urgences dentaires les dimanches et jours fériés : lancement d’un prélèvement dans la Drôme, l’Isère, la Loire et le Rhône. Et puis, quand je rentre, je ne sens pas l’odeur du cendrier. Problème, comme toutes les cigarettes électroniques, celles jetables sont interdites aux mineurs. Enfin, sur le papier, car la réalité est bien différente. Pour preuve, 34% des élèves de troisième ont déjà essayé une e-cigarette, selon une étude publiée début janvier par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

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Pour obtenir ces fameuses « bouffées », ce n’est pas sorcier : les stocks de ces marques circulent sous le manteau, par le biais des réseaux sociaux (Snapchat et Instagram). « Nous trouvons tout. Nous envoyons juste un message. Le lendemain, on a une livraison et on paie cash », explique Romain, 15 ans. L’achat se fait aussi dans des buralistes qui n’exigent aucune pièce d’identité (« Sud Ouest » a fait le test plusieurs fois avec un élève de troisième, rives gauche et droite). Elle confirme parfaitement une enquête du Comité national contre le tabagisme (CNCT) selon laquelle les fumeurs ne vérifient pas leur carte d’identité dans un cas sur cinq.

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Pas (encore) d’alerte dans les établissements

Pas (encore) d’alerte dans les établissements

« On sait mettre des règles complètement débiles sur les cigarettes électroniques et fermer les yeux sur certaines autres », raconte le gérant d’un magasin de vapotage à Bordeaux. Il poursuit, les mots tachés d’interrogations : « Que fait la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ? » Car si des contrôles étaient effectués, 85 à 90% des tabacs et e-commerces fermeraient. J’en vois un autre : « Les pouvoirs publics sont plus dans l’observation que dans l’action. Contactée, la DGCCRF n’a pas répondu.

Les adultes sont-ils alertés ? Comme le rapporte « Le Parisien » (édition du 13 janvier), dans le 19e arrondissement de Paris, un proviseur s’est inquiété de ce nouvel engouement dans un mail : « Plusieurs élèves se procurent ces cigarettes et les introduisent au collège. Ils sont disponibles partout », conseille cet e-mail. A Bordeaux, en revanche, pour l’instant aucun message de ce type n’a été envoyé. « Ce phénomène n’est pas flagrant », explique le proviseur du collège de Cassignol.

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« Nous ne sommes pas stupides. On mange nos choux entre amis dans les parcs, quand nos parents sont sortis, mais jamais dans la cour de récréation ni dans les toilettes », raconte Alice, 14 ans. Une question, la FCPE et le rectorat n’ont pas répondu.

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Un mauvais geste pour la planète

Un mauvais geste pour la planète

Plastique, pile au lithium, réservoir de e-liquide… D’un point de vue environnemental, ces « bouffées » sont déplorables. Et puis, si ce produit est jeté, encore faut-il ne pas s’en débarrasser au mauvais endroit. Sur Instagram, les jeunes conseillent sans détour de le jeter dans la poubelle « jaune ».  » Carton rouge. Evidemment, le discret pictogramme avec la canne à pêche imprimé sur l’emballage ne suffit pas.

Sur cette question, les marques jouent-elles le jeu au-delà de leur marketing assuré auprès des mineurs ? Liquideo indique par exemple à « Sud Ouest » avoir mis en place « un programme de recyclage pour inciter les consommateurs à rapporter leurs Wpuff usagées en magasin ou à nous les envoyer directement afin que nous puissions les recycler ». De nombreux commerces partenaires – une quinzaine à Bordeaux dont le tabac – disposent déjà de cette boite de recyclage. »

Engagés, certains commerces de la capitale girondine assument qu’ils ne les vendent pas pour une raison écologique. « Même si beaucoup de jeunes me le demandent », assure le gérant de Taklope Store. « C’est hyper polluant et ça donne une mauvaise image du vapotage auprès du grand public. « Gageons que ce phénomène » va se casser la gueule dans un an. »

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