Budget de la Sécurité sociale : le Sénat vote une année de stage dans le désert médical pour les médecins

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Publié le : 10/11/2022 – 02:46 Modifié le : 10/11/2022 – 02:44

Paris (AFP) – Le Sénat a validé mercredi l’extension de la formation des médecins généralistes dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécu, instaurant la quatrième année d’apprentissage avec priorité dans les filières sous-dotées en praticiens.

Ces stages doivent se faire « entièrement en ambulatoire » encadrés par des praticiens puisque les sénateurs ont rejeté une proposition du gouvernement d’ouvrir la voie aux stages même en milieu hospitalier, un geste réclamé par les étudiants.

Le Sénat, à majorité de droite, a donc préféré adopter strictement le projet de loi déposé par le groupe Les Républicains en octobre.

Le ministre de la Santé François Braun a expliqué que « la médecine générale (était) la seule qui n’avait que trois ans de formation et aucune année de consolidation ». Il a également garanti que 14 000 praticiens de la supervision seraient disponibles.

« C’est contre-productif au regard de l’objectif implicite de pallier durablement le manque de médecins », a critiqué la sénatrice écologiste Raymonde Poncet Monge, arguant que le « turn-over » serait trop élevé et nuirait à la qualité des soins. .

Concernant la possibilité de faire des stages dans les hôpitaux, le communiste Pierre Ouzoulias avait dénoncé « une nouvelle catégorie d’auxiliaires de l’hôpital public qui est en faillite ».

La gauche a également regretté le « manque de concertation » avec les syndicats étudiants, qui s’opposent à ce signalement de stages dans des domaines qu’ils n’ont pas choisis.

L’Intersyndicale nationale des stagiaires (Isni), irritée par cette mesure, a appelé à manifester le 17 novembre pour le retrait de cette proposition de quatrième année.

À Lire  Santé mentale : 10 conseils pour trouver l'équilibre naturellement

Le ministre s’est défendu en précisant qu' »il n’y a (n’avait) pas d’obligation d’exercer dans des territoires sous densité » mais « une incitation plus forte pour les étudiants à découvrir des territoires ».

Auparavant, certains sénateurs avaient peiné à imposer des conditions d’installation plus coercitives pour lutter contre les déserts médicaux, sans succès.

Les débats ont été vifs entre ceux qui dénonçaient une « coercition » contre-productive et ceux qui dénonçaient l’urgence des « sept millions de Français » vivant dans des déserts médicaux.

Cependant, comme à l’Assemblée nationale, cette mesure a été rejetée par le gouvernement et la majorité des sénateurs.