Cahors. A Saint-Cirice, les habitants vivent bien sans lumière

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Les quartiers ruraux de Cahors, appréciés pour leurs paysages et leur qualité de vie, se sont urbanisés au cours des dernières décennies. Avant, quelques « lampes de toilette » éclairaient le coeur des villages et le retour du troupeau de moutons au crépuscule. Aujourd’hui, certains néo-ruraux semblent avoir du mal à surmonter leur peur innée du noir et un lampadaire fait partie de leurs exigences. L’éclairage public est donc une installation réconfortante et est devenu la norme même dans les coins les plus reculés de nos campagnes. Ces veilleuses perturberaient l’équilibre de la faune. Le zoologiste et chercheur suédois Johan Eklöf vient de publier l’appel « Osez la nuit » contre la pollution lumineuse. Surtout, il décrypte l’effet néfaste que cette pollution lumineuse a sur les êtres vivants, au point d’accélérer un peu plus l’extinction de certaines espèces ou au point d’en dévier d’autres.

Pour les défenseurs du ciel étoilé, la crise de l’énergie est l’occasion de sensibiliser à la menace encore méconnue de la pollution lumineuse sur la biodiversité. Si nous éteignons la lumière pour économiser de l’énergie, nous pouvons soutenir la biodiversité. Depuis le début du mois, la commune de Cahors a mis en place un « plan équilibre énergie simplicité ». Certains détours cadurziens (Saint-Cirice/Les Ramonets, Saint-Henri et Larosière) tentent d’éteindre l’éclairage public entre minuit et 5h du matin. Cela représente plus de 150 points lumineux éteints. Au gré des réunions, les riverains s’expriment : « On n’a pas besoin de lumière pour dormir ! ironiquement chrétienne. « C’est une très bonne idée d’éteindre l’éclairage public la nuit dans notre village, insistent Jérôme et Nathalie, et cela nous permet aussi de profiter de notre magnifique ciel lotois, ce qui est un vrai plus. » Et de préciser Francis : « Ça pourrait être optimisé même après 5h du matin ». Gérard raconte « Chez moi, j’ai refusé l’éclairage municipal. Quand ça brûle toute la nuit, c’est du gâchis ! Il vaudrait mieux l’éteindre de 22h00 à 6h00, comme en Bretagne ! ». Même si l’on peut encore voir la lune et les étoiles dans cet espace périurbain, est-il encore raisonnable d’éclairer la campagne ? Une commune française sur trois de plus de 100 habitants éteint les lumières en pleine nuit. Mais est-ce suffisant ? « Le véritable défi pour la faune est qu’elle se déroule en fin de nuit, lorsque l’activité animale est la plus importante au crépuscule et à l’aube », explique Johan Eklöf. Et si on gardait la nuit un moment ?