CES de Las Vegas : quelles répercussions pour les start-up…

Written By Sara Rosso

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Chaque année, start-up et multinationales convergent à Las Vegas à l’occasion du CES, le salon international de l’innovation technologique qui a ouvert ses portes ce jeudi. Pour quel bénéfice ? Deux entreprises grenobloises dressent leur bilan.

Un robot agricole autonome, une micro batterie pour implant médical, une alarme à intelligence artificielle… Dès ce jeudi 5 janvier, une trentaine de jeunes entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes présentent leurs innovations au Salon de l’Electronique Grand Public (CES) , le salon de l’électronique grand public à Las Vegas. L’espoir : se démarquer parmi plus de 3000 exposants et bénéficier d’un « gros coup de pouce » comme, si l’on en croit les témoignages d’anciens participants, seul le salon semble pouvoir offrir.

La réputation de ce grand salon technologique, où se bousculent Samsung, BMW ou Sony, n’est plus à faire. C’est ce qui a poussé Benoit Van Landeghem à s’y rendre dès la création de sa start-up en 2019. L’ancien ingénieur de STMicroelectronics envisage alors de tester des prototypes d’écouteurs libérant l’oreille (voir ci-dessous). sous). « Ça m’a permis d’exposer mon produit au monde entier, et de vérifier qu’il y avait du potentiel », résume-t-il. Le voyage américain permet à l’entreprise grenobloise de décrocher son premier client, une multinationale française.

Benoit Van Landeghem porte l’un des modèles d’écouteurs « oreilles et mains libres » développés par sa start-up, le 4 janvier 2023 à Grenoble.

© FTV

Pour conclure les négociations, « ça fait du bien de se dire qu’on s’est vus à Las Vegas ! », s’amuse pour sa part Christophe Sibieude. En 2011, il a participé à la création de Short Edition, qui a ensuite conçu des distributeurs automatiques de nouvelles installés aux arrêts de tramway, dans les gares et les aéroports. Une activité déjà bien implantée en France et aux Etats-Unis lors de son passage à Las Vegas en 2018. Elle a alors bénéficié d’un prix au salon, et d’une couverture médiatique internationale.

« On a fait le buzz, avoue-t-il. On a eu beaucoup de retombées presse aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays. Ça nous a beaucoup aidé commercialement. » La maison d’édition réalise désormais 40% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis et a exporté dans de nombreux pays : l’Europe, mais aussi l’Australie, l’Inde, Taïwan…

Paradoxalement, les deux Isérois s’accordent sur un constat. En passant par le CES, ils ont déroulé un tapis rouge de ce côté-ci de l’Atlantique. « Dans la délégation française, il y a plein de gens qu’on peut rencontrer, avec qui on établit un contact ou au contraire, on conclut des discussions qui étaient en cours et qu’on poursuit dans un cadre extrêmement chic », souligne Christophe Sibieude.

Le CES ouvre des portes habituellement fermées. […] La dernière fois que nous y sommes allés, Laurent Wauquiez est venu nous voir et a découvert nos produits, s’est intéressé à ce que nous faisions. C’est quelqu’un que je n’aurais pas pu rencontrer en d’autres circonstances. Nous devions nous rendre à Las Vegas pour rencontrer le président de la région !

Benoit Van Landeghem, Président d’Activmotion

Entre le voyage et les frais de représentation, la participation a cependant un coût : 10 000 euros pour l’un, 20 000 euros pour l’autre. Un investissement non négligeable pour les jeunes entreprises qui risquent de se noyer dans un espace d’exposition de 20 hectares. Sans oublier celui de trop en dévoiler devant le monde entier car, comme le rappelle Benoit Van Landeghem : « Toutes les bonnes idées sont prêtes à être copiées ! »

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