C’est élevé pour le CBD !

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Publié le 17 décembre 2021 à 06:02 Mis à jour le 17 décembre 2021 à 09:14

Charlotte avait déjà entendu parler du CBD par son fils, actif dans le monde du skateboard, une discipline largement sponsorisée par les marques qui commercialisent ce composé de chanvre. « Le stress induit par le premier confinement m’a poussé à prendre un risque et à tester ce produit naturel d’abord sous forme d’huile, puis sous forme d’arôme cigarette électronique, avec une action beaucoup plus rapide, explique cette brune élancée aux yeux délavés. Relaxante et que je le recommande volontiers à mon entourage.Comme ce dirigeant de groupe média, des dizaines de milliers de Français s’intéressent aux potentielles vertus de ce composé de chanvre non psychotrope que la Californie a d’abord popularisé à partir de 2014.

Le cannabidiol bénéficie même depuis 2019 de la garantie de l’OMS, qui a décidé qu’il n’entraînait pas de dépendance et ne méritait pas d’être soumis à des contrôles. Rien à voir avec le THC (ou tétrahydrocannabinol), cet autre dérivé du chanvre classé comme stupéfiant dans un grand nombre de pays, dont la France. En quelques années seulement, le marché du CBD axé sur le bien-être a atteint 1 milliard de dollars dans le monde. Par ailleurs, Les Echos Etudes ont publié cet automne un panorama très complet des perspectives du marché du CBD et du cannabis médical en France.

Apaiser les maux du quotidien

Apaiser les maux du quotidien

Les jeunes consommateurs apprécient son côté relaxant sans les inconvénients du THC. « C’est cool de boire en soirée », s’exclame Claire, une trentenaire en communication qui adore les fêtes. A l’heure de la mode des médecines douces, petits et grands y voient un complément, voire une alternative aux traitements lourds non sans effets secondaires pour soigner les maux du quotidien comme l’insomnie, le stress, les problèmes digestifs, les règles douloureuses, les douleurs liées au sport, encore plus pathologies graves du système nerveux central, telles que la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques.

Sujette aux crises d’angoisse, Claire a toujours un sachet de bonbons au CBD dans son sac au cas où. « C’est plus discret que les huiles essentielles », ajoute ce millenial qui s’est laissé convaincre par un influenceur qui prétendait bien gérer ses propres problèmes d’anxiété avec une jeune marque française de CBD. Lire aussi : Pawell, complément alimentaire pour un soulagement durable et naturel de votre animal.

En l’absence de réglementation bien établie et d’une bonne connaissance des médecins et pharmaciens, le bouche à oreille fonctionne très bien. Sur les conseils d’un proche, Candice s’est progressivement mise à prendre des gouttes de CBD pour soulager les maux de dos liés à une hernie discale, qui duraient depuis trente ans. « Cet ami m’a apporté une solution qui m’apporte beaucoup de confort sans provoquer d’effets indésirables », explique l’allergique de 50 ans.

« J’ai tendance à en parler autour de moi », poursuit cet expert de l’événementiel, qui apprécie cette alternative à l’arsenal de drogues, dont certaines lui donnaient l’impression d’être ivre, l’empêchant de conduire. , tout en vivant en banlieue. « Je ne veux pas être un danger pour moi et les autres », explique-t-elle. « Le CBD me permet d’être indépendant » sans devenir accro.

© Clara Dupré pour « Les Echos Week-End »

Anesthésiste à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, Dr. Valeria Martinez reconnaît que de plus en plus de patients lui parlent de CBD. « Si les traitements habituels ne marchent pas, je leur dis pourquoi pas, mais en commençant par les huiles que vous prenez par la bouche au lieu de fumer pour voir si ça marche en augmentant progressivement les dosages. »

Si sa consommation ne semble pas créer de dépendance, elle peut s’accompagner d’effets secondaires plus ou moins prononcés, comme des nausées. Paul, qui avait essayé le chewing-gum et Marie, les infusions au CBD, histoire de voir, étaient vexés et certainement pas tentés de recommencer, même si les problèmes gastriques étaient passagers.

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Un million de consommateurs en France

Un million de consommateurs en France

Même les animaux de compagnie valent leur argent ici. A Vannes, Solange en donne régulièrement au chiot qu’elle vient d’adopter pour lutter contre le mal des transports, sur les conseils du gérant d’un magasin spécialisé dans lequel elle est tombée par hasard car il venait d’ouvrir au rez-de-chaussée de l’immeuble de sa mère. « Il était stressé car il n’avait pas l’habitude de conduire », explique ce buraliste installé dans l’une des charmantes maisons à colombages de la commune du Morbihan. De toute évidence, le Yorkshire terrier réagit bien, car « ses symptômes se sont beaucoup améliorés », explique son propriétaire.

Parmi ces différentes clientèles, la France représentera l’an prochain un marché d’environ 1 million de consommateurs, selon le rapport parlementaire rédigé par la députée LREM Caroline Janvier. Face à cet engouement, l’offre ne cesse de s’étoffer tant en termes de produits que de canaux de distribution. « Ce qui rend le CBD si unique, explique Ludovic Rachou, jeune start-up du secteur et président de l’Uivec, le syndicat professionnel des industriels nouvellement formé pour la valorisation des extraits de chanvre, c’est qu’on peut le mettre dans des produits et compléments alimentaires, suppléments, cosmétiques et même produits pour animaux. »

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Une créativité sans limite

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Huiles sublinguales, infusions, fleurs, patchs, crèmes, microperles, recharges de vaporisateur, bonbons, biscuits, pastels ou encore barbe à papa : la créativité des entrepreneurs ne connaît pas de limites. Il suffisait de visiter la cinquantaine de stands du premier salon CBD organisé à Paris en octobre dernier, Porte de la Villette, par Patrick Bedué, pour s’en convaincre. Côté prix, on en trouve à tous les prix, des infusions à une vingtaine d’euros la boîte de 50 sachets aux flacons d’huiles sublinguales à 200 euros pour les plus chères, mais en moyenne c’est un produit relativement cher.

Issu du monde de la grande consommation, où il a créé deux marques de confiserie, Ludovic Rachou se dit très satisfait de l’accueil réservé aux deux marques qu’il a lancées il y a trois ans avec quatre autres entrepreneurs, à savoir issus de la pharmacie : Peace & Peau en cosmétique et Kaya en bien-être (chewing-gum, huile, etc.). Des produits aux emballages colorés en jaune, rose et vert vendus à la fois sur Internet, dans des points de vente spécialisés qui ouvrent partout en France et aussi dans… Monoprix !

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Dans les rayons de la grande distribution

Dans les rayons de la grande distribution

Régulièrement à la pointe des tendances de consommation, Monoprix est la première grande enseigne à ouvrir au printemps 2021 un espace spécialisé dans ces produits dits de bien-être, notamment Harmony, l’une des premières marques lancées en France. Mais le groupe a vite été imité, que ce soit Carrefour ou, plus sophistiqué, BHV.

Ce dernier a proposé à la jeune marque française Divie d’installer un pop-up d’août à octobre au deuxième étage de son flagship parisien, juste à côté de l’escalator central, entre papeterie et loisirs créatifs. « L’opportunité de se faire une image et d’entrer en contact avec une clientèle qui n’entrerait pas spontanément dans un magasin CBD », explique Alexandre Perez, PDG et fondateur de Divie.

Le 18 octobre, veille d’un week-end qui s’annonce particulièrement ensoleillé, les badauds passent régulièrement devant le stand. Une femme de 50 ans, qui avait entendu parler du CBD dans une émission de radio, a été convaincue d’acheter une boîte d’infusions pour remédier à ses insomnies. Quant au trentenaire barbu désireux de « réduire le stress », il a l’œil sur une huile.

L’expérience du pop-up a apparemment été concluante pour le BHV, puisqu’Alexandre Perez a été contacté pour un deuxième test en novembre et décembre, cette fois à Parly 2. Les huiles, qui ont besoin de conseils, seront placées à l’entrée du magasin, tandis que les des infusions seront offertes dans la section charcuterie. Un bon coup pour une marque lancée sur le Net il y a moins d’un an. Aujourd’hui, Divie est distribuée dans 75 parapharmacies Carrefour, ses infusions dans 460 points de vente Casino et des négociations ont débuté avec Monoprix.

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L’alimentaire surfe sur la vague

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Le CBD connaît également un engouement grandissant dans l’alimentation, des eaux pétillantes aux douceurs de Philippe Conticini, auteur de Cirrus, un « cloud cake » infusé au CBD. Si les alcooliques ont commencé à se pencher sur la question il y a un an, ils attendent plus de clarté du côté réglementaire pour avancer. Plus entreprenant, le jeune David Migueres, issu du secteur du mezcal et autres spiritueux artisanaux, a lancé en 2019 une eau pétillante. Commercialisée dans les restaurants, les épiceries fines ou encore certaines grandes enseignes, Chilled devrait enregistrer des ventes de 1,3 à 1,5 million. canettes cette année. « A ces niveaux, nous sommes déjà rentables », explique son PDG fondateur.

Entre sites internet français ou étrangers, supermarchés, magasins spécialisés, buralistes et pharmacies, les consommateurs n’ont que l’embarras du choix. « En un an, plus de 1 500 magasins spécialisés ont ouvert en France, soit six fois plus qu’en 2018 », explique Aurélien Delacroix, président du Syndicat des professionnels du chanvre, devant une trentaine de professionnels venus visiter CBD Expo. Le phénomène n’est pas sans rappeler le boom des marques de vapotage il y a quelques années, avant que le marché ne subisse une sérieuse consolidation. Plus d’un créateur de boutiques CBD est issu de cette industrie, au point que certains se sont interrogés sur la pérennité de cette nouvelle tendance.

Descentes de police

La question est d’autant plus pertinente qu’il y a deux ans, il n’était pas rare que la police fasse des descentes dans les magasins pour saisir certains produits et exiger leur fermeture. Ce n’est qu’après l’ordonnance de la Cour de justice européenne en novembre 2020, sommant la France de respecter le sacro-saint principe de la libre circulation des marchandises dans l’Union européenne, que les ouvertures de magasins ont repris avec une vigueur renouvelée.

Mais il y a un réel besoin de formation et d’accompagnement. Les syndicats de secteur fournissent une assistance juridique à leurs membres sur la procédure à suivre pour éviter tout incident. Et l’université de Montpellier, en association avec Paris-Saclay, a récemment proposé un diplôme universitaire spécialisé en la matière. « Nous travaillons déjà sur la deuxième promotion », explique le médecin généraliste Pascal Douek, co-organisateur de ce cours et auteur d’un livre sur les vertus du cannabis médical (1).

© Clara Dupré pour « Les Echos Week-End »

Bien que les pays voisins autorisent depuis plusieurs années ce nouveau type de commerce, la France reste très prudente sur le sujet, tant en termes de production que de distribution, notamment en ce qui concerne les fleurs. Une fleur que les consommateurs habituels de weed ont tendance à détourner de son usage prévu, en infusion, pour la fumer.

Sans réglementation claire, le marché du CBD manque de transparence. « Les consommateurs sont les premiers à souffrir », estime un industriel. Selon une étude de « 60 millions de consommateurs » publiée en janvier 2021, 70% des huiles vendues en France ne contenaient pas le pourcentage de CBD indiqué sur l’étiquette ! Les acteurs du secteur demandent des éclaircissements, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement français traîne les pieds (voir encadré).

Encore beaucoup de pédagogie à faire

En attendant la mise en place d’une législation plus précise, les marques émergentes multiplient les promesses de qualité et de transparence pour rassurer le client dans un marché à l’image encore quelque peu subversive, où certains assimilent rapidement le CBD à un médicament. Cadre pressé et gros fumeur, Jean-Christophe testerait volontiers le CBD pour « réduire sa charge mentale » sur les conseils de sa partenaire de tennis, mais sa femme, Cécile, le lui interdit catégoriquement, de peur qu’il n’échange une addiction contre d’autres. . Il y a un gros travail de pédagogie à faire auprès d’un grand public peu familiarisé avec la complexité de la famille des cannabinoïdes qui compte actuellement une bonne centaine de composés différents.

La science elle-même n’a pas encore fini de découvrir l’étendue des propriétés et le mécanisme d’action de ces molécules (voir encadré). Identifié seulement dans les années 1970, le CBD est impliqué dans un grand nombre de réactions enzymatiques, comme l’ont montré des travaux menés dans les années 1990. « Mais pour récolter de vrais bénéfices, il faut stimuler le système endocannabinoïde et en prendre régulièrement », recommande Pascal Douek. Sur le terrain, industriels et distributeurs ont compris que pour durer, il fallait privilégier une communication plus transparente et garantir la qualité des approvisionnements.

Même les entrepreneurs ne sont pas à l’abri de la déception. Lorsqu’Alexandre Perez est entré en contact avec la célèbre marque suisse d’huiles sublinguales qu’utilisait sa mère, pour créer sa propre entreprise CBD, quelle a été sa surprise d’apprendre que le siège social de l’entreprise n’était pas situé dans la Confédération suisse, mais dans l’Est Europe. ! Du coup, l’ancien producteur d’émissions de télévision a préféré louer des terres à un agriculteur aveyronnais pour cultiver ses propres matières premières.

« La production d’huile fait l’objet de trois analyses, dont deux sont réalisées par deux laboratoires différents, pour vérifier que le THC potentiellement présent ne dépasse pas les 0,2% autorisés en France », explique ce quadragénaire. Nous appliquons le principe de précaution en interdisant l’ingestion de nos produits aux femmes enceintes et avant de conduire, car il y a toujours des traces de THC dans les produits. »

Des normes à mieux définir

A La Vilaine Graine, ouvert depuis octobre dernier rue d’Hauteville, au coeur de la Silicon Alley à Paris, le propriétaire Thomas Lebarbier s’attache à sélectionner le meilleur dans chaque type d’article plutôt que d’acheter chez le même fournisseur, n’hésitant pas à se procurer microsphères de l’anglais qui ressemblent un peu aux microsphères utilisées en homéopathie. La qualité passe aussi par l’élaboration de normes pour s’assurer que les produits ne posent pas de problème de santé publique.

Fondateur de la marque Harmony, Antonin Cohen travaille également au sein de l’association professionnelle européenne Active, en tant que directeur de la conformité, en appui aux nouvelles normes de qualité. Car l’essentiel est que la filière est potentiellement pourvoyeuse de plusieurs dizaines de milliers d’emplois pour la France qui est, rappelons-le, le premier producteur européen de chanvre (18 000 hectares) avec un vrai savoir-faire en matière d’extraction de ses principes actifs. Reste à fixer le cadre juridique pour pouvoir configurer tout ce secteur économique.

(1) Pascal Douek, « Le cannabis médical, une nouvelle chance », Solar (2020), 272 pages, 19,50 euros.

Un cadre législatif très attendu

Rien n’empêche la notification dans le code de la santé publique du décret tant attendu destiné à « étendre l’autorisation de culture, d’importation, d’exportation et d’utilisation industrielle et commerciale à toutes les parties de la plante de chanvre, y compris la fleur, à condition que sa teneur en THC ne dépasse pas 0,2% ». Bruxelles n’a pas émis d’avis circonstancié sur la version qui lui a été présentée en juillet dernier. Les fabricants de produits alimentaires et cosmétiques se félicitent, par la voix d’Uivec, de ce coup de pouce pour le marché du CBD. D’autres déplorent le maintien de l’interdiction de vente de fleurs et de feuilles brutes aux consommateurs, notamment dans les produits à fumer, les tisanes ou les pots-pourris. Pourquoi : La variété riche en CBD est difficile à distinguer de la variété riche en THC, qui est classée comme stupéfiant. En fait, de nombreux amateurs de cannabis remplacent déjà les joints fabriqués avec de la fleur de CBD séchée. Cependant, cela laisse la porte ouverte à l’importation de produits non réglementés de l’étranger. Le fait est que dans un contexte préélectoral et dans un pays aussi grand consommateur de cannabis récréatif que la France, la clarification de la réglementation sur le bien-être du chanvre et son harmonisation avec la législation déjà en vigueur depuis plusieurs années en Amérique du Sud et dans la plupart des pays européens est loin d’être une priorité.

Le cannabis thérapeutique expérimenté

Neuf mois après le lancement par l’Agence nationale de la santé d’une expérimentation sur les applications médicales du cannabis, 1 000 personnes ont été recrutées sur les 3 000 prévues. Moins rigoureuse qu’un essai clinique, cette étude testera pendant deux ans cinq combinaisons possibles de CBD et de THC dans différentes indications, premières douleurs, qu’elles soient associées au cancer ou à la sclérose en plaques. « Bien que le nombre de patients inclus ne cesse d’augmenter, il est trop tôt pour se prononcer sur l’efficacité et la sécurité du cannabis médical », note Sylvie Rostaing, vice-présidente de la SFETD, la Société française d’étude et de traitement de la douleur. Il faut attendre l’analyse qui sera faite à la fin de l’expérience. Il s’agit aussi de voir quelles sont les modalités d’approvisionnement possibles en France. Cependant, les autorités subissent de fortes pressions tant des associations de patients que de l’industrie pharmaceutique, qui défendent l’usage thérapeutique du cannabis déjà pratiqué dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Ce thème a également fait l’objet d’une journée de répétition cette semaine, organisée à Paris par Santé France Cannabis. Objectif : Accélérer les discussions autour de la régulation du cannabis thérapeutique en France, de la production à la fabrication des médicaments.

Les fleurs en tête des ventes

Répartition estimée des ventes de produits CBD en 2020.

Compléments alimentaires (huiles, gélules, infusions, etc.) : 20%

Source : Syndicat professionnel du chanvre

Chiffres clé

300 M€ : le marché français du CBD estimé par le Syndicat Professionnel du Chanvre dans les conditions réglementaires actuelles.

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