Charles Caudrelier : « A un mois de la Route du Rhum, c’est de bon augure… »

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C’était votre grande première en solitaire, sans Franck Cammas (1) : comment avez-vous vécu cela ?

J’avais encore deux personnes à bord (NDLR : un équipier et un médiaman) qui me donnaient occasionnellement à manger. Le reste, je l’ai fait moi-même. Là, je n’ai pas dormi mais sur la Route du Rhum, il vous faudra arriver à dormir. Comme je n’aime pas quand le bateau n’avance pas bien, j’ai du mal à dormir. Franck Cammas n’est plus là pour barrer le bateau. Toute la difficulté du solitaire est de trouver le bon rythme, le bon réglage. Tu veux continuer à faire du sport sur ces bateaux : là, je voulais avoir dix ans de moins (rires).

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Vous gagnez à un mois du départ de la Route du Rhum…

C’est de bon augure, je suis content. Le bateau a encore progressé, je le sens, je suis très à l’aise dessus. Après, ce n’est pas le même exercice que la Route du Rhum où ce sera beaucoup plus long. Sur le même sujet : Matières premières : « Nous sommes déjà le plus gros importateur de cannabis en Europe ». J’aime ces petits formats où il faut tout donner. Ces 24H Ultim peuvent ressembler aux premières 24 heures de la Route du Rhum.

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A quoi attribuez-vous cette victoire ?

Je m’y sens bien. C’est amusant, le travail acharné porte ses fruits. Et heureusement, parce que ça fait trois ans que je ne vis que pour ça, que je ne pense qu’à la Route du Rhum avec cette équipe. Avoir trois ans devant toi ne m’est jamais venu à l’esprit. Je n’ai jamais eu de vision pendant plus de trois ans. Là, j’ai eu du temps sur un bateau bien né avec une équipe qui le développe très bien. J’avais aussi chacun qui avait Franck Cammas autour de moi pour m’initier au pilotage et à la conduite de ces bateaux. J’étais dans les meilleures conditions, je ne peux pas me plaindre.

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Vous avez fait la course en tête du début à la fin : c’était important de rester devant Armel Le Cléac’h ?

Armel est revenu quand j’ai pris un sac plastique sur la dernière étape. C’était assez galère d’ailleurs, j’ai dû faire face au vent, baisser toutes les voiles et faire marche arrière. Là, j’ai perdu 6 milles et Armel revenait fort, 40 nœuds derrière moi.

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Où avez-vous fait la différence ?

Armel n’était toujours pas loin. Ensuite, j’allais vite. Dans les manœuvres, j’ai réalisé beaucoup de choses. Je pense que j’ai passé 15 ans de ma vie à comprendre comment manœuvrer correctement la côte. Je pense que j’ai toujours été doué pour les manœuvres en solo. Quand j’ai commencé à naviguer, j’ai découvert les manœuvres moi-même, j’avais toujours des idées. J’ai réussi à utiliser mes voiles plus vite que les autres et ça fait gagner pas mal de milles.

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Dans quelle(s) domaine(s) devez-vous encore progresser ?

Dans les réglages du bateau pour trouver le bon truc pour aller vite et aller se coucher : ce sera la clé sur la Route du Rhum.

Gitana 17 a été mis à l’eau en 2017 et il reste très compétitif : comment expliquez-vous cela ?

Les nouveaux foils nous ont fait franchir un grand pas. A grande vitesse, le bateau glisse mieux, accélère moins, accélère plus vite. Nous avons encore beaucoup d’idées pour faire évoluer ce bateau. D’ici le départ de la Route du Rhum, nous allons encore faire de petites modifications, nous avons deux ou trois choses à essayer, des réglages sur les foils notamment.

(1) : arrivé en avril 2019, Franck Cammas a quitté le Team Gitana en mai dernier.

Classement des 24H Ultim :

1. Charles Caudrelier (Groupe Edmond de Rothschild) en 19 h 54’52 », soit les 493 milles à la vitesse moyenne de 24,71 nœuds.

2. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire IX) à 25’7″ du premier

3. Thomas Coville (Sodebo 3) à 1 h 30 min 32 s

4. Arthur Le Vaillant (Meilleur) à 6 h 42 min 47 s.