Comment Ginko Financial, la banque la plus célèbre de « Second Life », a échoué.

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La série « jeux » (3/5). Le monde moderne des jeux vidéo en ligne est connecté à de vrais systèmes financiers. Chaque semaine, « Le Monde » s’intéresse à ces petites entreprises, échantillons sûrs au pixel près des économistes. Cette semaine : laissez-faire.

Raph Koster, co-créateur du jeu de rôle en ligne Ultima Online, aime à dire que « le modèle économique de la liberté ne survit pas à la course » dans l’univers moderne. Le laissez-faire, dit-il, va à l’encontre de l’ingéniosité et de la cupidité des joueurs. Et Second Life, l’un des plus populaires de ces univers, peut être un exemple de cette croyance.

Lancée en 2003 par la société Linden Lab, Second Life est une plateforme où les utilisateurs peuvent créer des mondes 3D (aujourd’hui un peu visuels) et interagir librement avec eux. Non seulement c’est un lieu où l’on peut visiter le Mont-Saint-Michel en avion ou en papotant dans un café cyberpunk en costume d’ours, mais c’est aussi rapidement devenu un eldorado économique. Des promoteurs immobiliers y ont réalisé des propriétés, vendant ou louant des parcelles paysagées. D’autres ont placé des banques : la plus célèbre d’entre elles s’appelle Ginko Financial, et c’est aujourd’hui l’un des noms les plus controversés de la finance sportive.

Des contours flous

Il est difficile de retracer exactement l’origine et le fonctionnement réel de Ginko Financial, qui a été introduit de 2005 à 2007 en tant que banque d’investissement opérant dans Second Life. L’équipe de direction de Linden Lab ne fonctionnait toujours pas – du moins c’est pourquoi l’entreprise a refusé notre demande d’entretien. A voir aussi : Les nuages ​​s’amoncellent sur les côtes françaises. Nous n’avons réussi à identifier qu’un seul ancien employé de cette société financière fictive : « Hinoserm », un citoyen américain vivant au Texas, qui a d’abord accepté d’être interviewé par Le Monde, avant de ne pas nous répondre du tout.

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En 2004, sur des forums de jeux, Nicholas Portocarrero (pseudonyme), le futur fondateur de Ginko Financial, sondait les « pensionnaires » de Second Life. « Je veux lancer une sorte de banque d’investissement, où les gens peuvent déposer de l’argent à utiliser dans des entreprises rentables, puis obtenir des intérêts ou des bénéfices », a-t-il déclaré à l’époque. Les premières réponses sont mitigées. « J’ai vu beaucoup de banques dans Second Life et elles se sont toutes effondrées », a déclaré un utilisateur. Sans remettre en cause les ambitions de Portocarrero.

À l’époque, la viabilité économique de Second Life en était encore à ses balbutiements. « En 2004, Linden Lab a annoncé que les gens pouvaient échanger leurs dollars Linden [ou L$, la devise gagnée dans le jeu] contre des dollars américains. C’était une percée », a déclaré Wagner James Au, qui travaillait comme journaliste chez Linden. , et a récemment publié un livre sur le métaverse. Après cela, plusieurs échanges ont commencé et ont proposé d’acheter et de vendre des dollars Linden.

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