Commerce du CBD : « Le gouvernement nous a transformés en revendeurs »

Written By Sara Rosso

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« L’État nous a pris en otage. Un peu plus de deux semaines après avoir été autorisé à reprendre la vente de fleurs CBD, Julien Raud, gérant du magasin Kuch CBD, place des Lices à Rennes, n’a pas digéré la situation de ce début d’année. « Les dernières semaines ont été très stressantes, je n’ai pas beaucoup dormi. »

Si le commerce du CBD a subi un net ralentissement en janvier, c’est à la suite d’un arrêté paru au Journal Officiel le 31 décembre 2021. Ce dernier interdisait la « vente de fleurs ou de feuilles brutes sous toutes leurs formes aux consommateurs », mais aussi « leurs formes ». . la possession des consommateurs et leur consommation ». Ce qui a surtout torpillé le commerce d’environ 1 800 commerces en France dont environ 70% de leur chiffre d’affaires provient de la vente de fleurs de CBD.

Appréhendé par les commerçants du secteur, le juge en chambre du Conseil d’Etat a suspendu provisoirement le décret le 24 janvier. Une petite victoire qu’il était presque possible d’anticiper, selon Augustin Plesse, gérant du magasin rennais La Galerie du Chanvre. « Dès le début, nous savions que ce décret n’était pas légal. Les motivations du gouvernement ne sont pas légitimes. Il donne la priorité à la protection de l’ordre et de la santé publique, sous prétexte qu’on a peu de chances de faire la différence entre un produit chargé en THC et un produit CBD. Pourtant, il existe des tests qui font facilement la différence entre les deux produits. »

« Servir les intérêts de l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique »

Interdire la fleur, c’est aussi « empêcher la mise en place de circuits courts proposant des produits de qualité » selon Augustin Plesse. Comment jouer indirectement le jeu des industriels ? « Pour moi, il est clair que cette interdiction sert les intérêts de l’industrie alimentaire et pharmaceutique. Lire aussi : La Louisiane ajoute des fleurs à son programme de cannabis médical. Le seul avenir demain pour le chanvre avec une réglementation comme celle-ci, ce sont les débouchés industriels.

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En dehors des motivations de l’Etat, c’est la manière dont les commerçants n’ont pas du tout réussi. « Le gouvernement a voulu dire au monde du CBD qu’il n’en voulait pas en France, ce qui fait comprendre qu’il s’agit d’un abus de pouvoir », explique Julien Raud, gérant de la boutique Kuch CBD. « Cela nous faisait ressembler à des trafiquants de drogue, c’était très inconfortable. »

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Une image à reconstruire

En trois semaines de baignade, les dégâts sur les magasins CBD sont très importants. « On a eu une grosse perte de chiffre d’affaires », s’est écrié Julien Raud. « J’ai une boutique à Quimper, Angers et Rennes et j’ai enregistré une perte d’environ 15 000 € à cause du décret. Je me demande si nous ne devrions pas déposer le bilan.

Dans ce cas, le discrédit de l’image du CBD auprès du grand public est susceptible d’avoir le plus grand impact à ce jour. « Beaucoup de nos clients pensaient que le CBD était complètement illégal, c’était très mal expliqué », explique Mario Cavecchi, gérant du magasin GreenBee à Rennes. « Cela nous a fait beaucoup de mauvaise publicité, il y a des sentiments blessés. Depuis trois ans, nous nous battons pour essayer de faire comprendre aux clients que notre démarche est saine, que nos produits contribuent au bien-être. Aujourd’hui, c’est toute une image qui est à reconstruire. »

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