Concessionnaires automobiles | Les clients les moins bien payés se font tordre le bras

Written By Sara Rosso

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Connaissez-vous la nouvelle mode dans l’industrie automobile? Indice : ce n’est ni esthétique ni mécanique. C’est plus stratégique. Les concessionnaires refusent de vendre des véhicules plats au prix indiqué si le client n’accepte pas d’acheter autre chose en même temps.

Il peut s’agir d’une assurance pneus, d’un film de protection de peinture, d’une assurance coût de remplacement, de pneus d’hiver, d’un antivol de jante. Les clients ont également reçu une facture pour l’équipement standard.

L’Automobile Protection Association (APA) est bien consciente de cette stratégie, qui n’est pas aussi marginale qu’on pourrait le penser. Pour preuve, elle reçoit des plaintes « presque tous les jours ces temps-ci », raconte son manager, George Iny, qui parle de « porcs » et de « comportements rapaces ».

Souvent, ces ventes forcées d’accessoires et de garanties très lucratives sont imposées à ceux qui n’ont pas de véhicule d’échange.

Sébastien a été le premier à m’informer. Après le vol de sa voiture, il a dû en trouver une autre, et vite. Mais comme il n’avait pas de véhicule à vendre, le concessionnaire Honda lui a immédiatement dit qu’il n’était pas un client bien payé. Il a donc été contraint d’ajouter une série d’accessoires, ce qui a alourdi la facture de 4 000 dollars. Il se sentait pris au piège. Avec raison.

Sans véhicule d’échange également, Arthur Willett a vécu une histoire similaire chez Toyota. Il a été obligé de faire un choix : obtenir 800 $ d’options ou laisser la vente devenir un bail. Après avoir exprimé sa préférence pour le contrat initial conclu des mois plus tôt, le directeur des ventes a quitté la pièce. Il est revenu avec une pile de dossiers. « Il m’a dit que plus de 50 personnes attendaient une Corolla Cross et qu’il préférerait un autre client payant plus cher. Il a soulevé la liasse de dossiers, et il a mis le mien en dessous. »

Le vendeur rencontré par Sébastien a justifié que la commande venait d’en haut. « Il voulait me faire pleurer. Il m’a joué du violon et m’a dit que ça ne va pas bien financièrement pour les commerçants. »

George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA)

Ne vous laissez pas attendrir. Car c’est tout le contraire, argumente George Iny.

Le manque de véhicules profite aux concessionnaires. Ils ont pu éliminer les remises, réduire leur personnel et réduire considérablement le coût de financement de leur inventaire, qui est l’une de leurs plus grosses dépenses. En revanche, les temps sont effectivement plus durs pour les vendeurs. Mais ce n’est pas une raison pour prendre les clients en otage en désobéissant au contrat ou à la loi.

À la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ), le PDG Robert Poëti convient qu’il ne faut pas forcer quelqu’un à acheter quelque chose dont il ne veut pas. « C’est contre la loi. Mais il a semblé minimiser le problème quand je lui ai parlé. « Si vous ne voulez pas quelque chose, vous dites non. Cela s’arrête là. »

En théorie, c’est vrai qu’on peut toujours dire non. Mais dans la vraie vie, quand on sait qu’un « non » entraîne un certain nombre de conséquences, ce n’est pas toujours évident. Surtout en période de pénurie.

Si sa voiture est endommagée ou volée, il faudra peut-être la remplacer très rapidement. Si vous attendez depuis 6 mois la livraison de votre nouvelle voiture, vous ne voulez pas recommencer le processus en sachant que les prix (et les intérêts) ont peut-être augmenté entre-temps. Un client peut avoir peur de perdre son acompte, il peut ne pas pouvoir résister à la pression du vendeur, Lark.

L’Office de la protection du consommateur (OPC) doit donc agir plus rapidement et sévir contre des amendes plus dissuasives. Elle en a les moyens puisqu’elle délivre (depuis 2016) des permis aux concessionnaires de tramways, qu’elle peut aussi révoquer. Par ailleurs, cinq commerçants frôlent leur perte depuis deux ans (voir autre texte).

En tant que consommateur, que pouvez-vous faire pour vous protéger ? « N’achetez pas de voiture ! » suggère George Iny de l’APA. Le marché actuel est beaucoup trop biaisé en faveur des commerçants. Mieux vaut attendre que les choses reviennent à la normale, ce qui est prévu dans « un an ou deux ».

Malheureusement, il n’est pas toujours possible d’attendre. Dans ce cas, il est important que vous connaissiez vos droits et la loi. Nous pouvons aller chez le concessionnaire avec un témoin qui pourra nous aider à négocier si nécessaire. Si rien n’y fait, on récupère notre caution et on passe chez le concurrent. Aussi, nous appelons l’OPC pour porter plainte si nous constatons une pratique illégale.

Au prix que coûtent les véhicules neufs, les acheter devrait être un moment d’excitation et de bonheur. Pas de méfiance ni de frustration. C’est décidé, je vais dénuder ma vieille chatte jusqu’à l’os.

Groupe Park Avenue forcé de s’engager à respecter la loi

Groupe Park Avenue forcé de s’engager à respecter la loi

Groupe Park Avenue, l’un des plus importants et des plus prestigieux concessionnaires automobiles au Québec, avec ses 21 concessionnaires, a failli perdre sa licence de vente. A voir aussi : Ces voitures des années 90 à investir avant qu’il ne soit trop tard. Pour poursuivre ses activités, l’entreprise s’est formellement engagée auprès de l’Office de la protection du consommateur (OPC) à respecter la loi, a-t-on appris.

L’entente a été signée le 17 août dernier par Norman E. Hébert, président et chef de la direction du Groupe Park Avenue depuis trente ans et fils du fondateur.

Il n’avait pas vraiment le choix. Il a signé ou perdu sa licence de concessionnaire automobile, grosso modo.

En avril, « l’avis de suspension » a été envoyé à l’entreprise. Motif invoqué : Non-respect de la Loi sur la protection du consommateur (article 224c) et du Décret sur l’application des règles de conduite aux commerçants d’automobiles d’occasion.

Le document de quatre pages, qui se trouve sur le site de l’OPC si vous le recherchez, vous donne une idée des pratiques reprochées à Groupe Park Avenue. En fait, il comprend « la liste des choses qu’ils ont faites et qu’ils ne feront plus », résume le porte-parole de l’OPC, Charles Tanguay.

Avec cela, Groupe Park Avenue s’engage à respecter l’interdiction, en payant un prix plus élevé que celui annoncé. Les clients sont gonflés de factures avec des « frais de documentation », des « frais administratifs », des « frais d’ouverture de dossier », des « frais d’inspection » ou des frais parce que le client ne voulait pas de financement. D’autres ont également dû payer un supplément pour le transport et la préparation ou l’option « Ma sécurité ».

Des accusations similaires conduisent à des recours collectifs.

L’entreprise montréalaise s’engage également à apposer la fameuse étiquette avec toutes les informations importantes pour la vente ou le contrat de location à long terme de voitures d’occasion.

La signature de l’accord s’est faite sans « aucun consentement ni reconnaissance d’actes répréhensibles ». Son porte-parole n’a pas répondu à ma demande d’interview.

Quatre autres commerçants épinglés

Groupe Park Avenue, qui vend 15 marques de véhicules, de Kia à Porsche en passant par Jeep et Mazda, n’est pas le seul groupe qui a été retenu par l’OPC après l’analyse de 700 contrats de vente ces dernières années.

Quatre autres compagnies ont reçu un avis de suspension de permis de deux ans : Hyundai Drummondville, Chomedey Hyundai, Auto Durocher (Laval) et Autozoom. ce. Ils ont tous signé un accord volontaire pour s’y conformer.

Avouez qu’il est tout de même curieux que des entreprises titulaires de permis signent des documents dans lesquels elles s’engagent à… respecter la loi.

L’OPC promet de « suivre » pour s’assurer que les accords sont respectés, mais a refusé de dire comment il maintient sa stratégie. Si les permis ne sont pas purement et simplement annulés, c’est pour respecter « le principe de gradation des sanctions », précise le porte-parole Charles Tanguay.

« Il faut suspendre les permis »

Mais pour George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), force est de constater que l’OPC manque de mordant.

« Les pénalités sont trop faibles et arrivent trop tard pour réprimer les pratiques qui rapportent des centaines de milliers de dollars aux concessionnaires. Si je triche 500 $ par voiture, sur 1 000 véhicules par an, c’est 500 000 $. Et j’ai eu deux ans plus tard un amende de 5 000 $ ou 7 000 $. Les permis de concessionnaire devraient être suspendus.

Les permis « viennent avec des conditions, comme un permis de conduire », poursuit George Iny. « Ce n’est pas un cadeau de l’État qui permet de tricher à volonté. C’est ainsi que certains commerçants semblent l’interpréter. »

Si les vendeurs de voitures d’occasion ont perdu leur permis parce qu’ils ont reculé les compteurs kilométriques, aucun concessionnaire de véhicules neufs n’a subi le même sort depuis que l’OPC a pris en charge la délivrance des permis (2016).

En examinant les pratiques actuelles de l’industrie, il est clair que les amendes et les accusations criminelles répétées ne dissuadent pas suffisamment les pratiques abusives et illégales. Cela nuit à la fois aux consommateurs et à tous les commerçants qui respectent les règles.

La bonne nouvelle est que ceux qui recherchent un véhicule peuvent entrer dans n’importe quelle concession du Groupe Park Avenue avec une confiance accrue dans leurs pratiques commerciales. Une promesse est une promesse!

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Il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour opter pour…

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