Conduire des voitures de luxe : un plaisir accessible ?

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Qui ne rêve pas ou n’a pas rêvé de se pavaner dans une berline de luxe ou une GT (Grand Touring) des superlatifs ? Il est possible de réaliser ce fantasme, mais en l’assumant et en prenant quelques précautions.

Franchir le pas

Franchir le pas

Le marché de l’occasion est vaste (en moyenne 6 millions de véhicules d’occasion sont vendus par an en France, soit 3 fois plus que les neufs), et l’offre concerne aussi les voitures très haut de gamme. Il faut savoir que dès qu’une voiture est immatriculée, elle perd immédiatement son statut de véhicule neuf, et devient de facto un véhicule d’occasion. Accessoirement, son éventuel malus CO2 a été payé par son premier acquéreur. Merci à ceux qui dépensent beaucoup d’argent pour s’offrir une voiture d’exception et la remettre sur le marché à un prix impacté par une décote souvent très forte. Car, plus une voiture est chère au départ, plus sa valeur va rapidement et fortement décroître avec le temps. Sur le même sujet : Les différentes catégories de moto : le Roadster. Cela dépend naturellement des marques et des modèles, du maintien ou non de la demande, et de la rareté du véhicule. Certains modèles exclusifs (Porsche ou Ferrari par exemple) vendus en quelques dizaines d’exemplaires à des acheteurs sélectionnés, peuvent ainsi valoir plus lors d’occasions récentes s’ils sont proposés quelques mois après leur commercialisation. On assiste alors à des phénomènes de spéculation auxquels les constructeurs tentent d’échapper en triant sur le volet leurs clients, mais il y a toujours quelques entorses. Or, si l’on regarde la majorité des voitures de luxe ou de sport vendues d’occasion d’ici deux à dix ans, voire plus, on constate assez clairement qu’elles perdent 30 à 80 % de leur valeur.

Le choix est large dans la production des trente dernières années. La tentation est alors grande d’acheter une Mercedes SL cabriolet à 20-30 000 €, une Jaguar XJ berline à 10 000-15 000 € ou une Ferrari à 40-50 000 €. On trouve même des Bentley ou des Rolls des années 90-2000 à moins de 25 000 €, ou des Chevrolet Corvette dans ces tarifs. Les sites d’annonces, comme les magazines spécialisés, regorgent de ces passion cars. On les trouve aussi bien chez des vendeurs professionnels, plus ou moins spécialistes, que chez des particuliers, sans oublier le secteur des enchères qui peut proposer une sélection « haut de gamme » lors de leurs ventes, notamment des saisies. pour crédit impayé ou faillite d’entreprise. Les réseaux de marques officielles se limitent aux occasions récentes, avec de solides garanties, mais à des prix logiquement plus élevés que le prix moyen du marché. La difficulté n’est donc pas de trouver une voiture, mais de passer à l’action, du rêve à la réalité, et de choisir un modèle adapté à votre budget et à votre usage, tout en respectant quelques principes de précaution.

La première étape est de franchir le pas psychologiquement, c’est-à-dire d’assumer de devenir propriétaire et conducteur d’une voiture de luxe. Beaucoup d’amateurs ont du mal à passer de la contemplation à la possession, pensant au regard des autres, craignant les réactions de leur famille, amis, voisins, collègues, clients… autant de réticences qui peuvent conduire à renoncer ou à envisager un achat discret tout en vivant caché avec sa belle voiture. Le luxe peut aussi être intimidant, comme lorsque vous entrez dans un grand restaurant ou un palace sans y être habitué. Vous devez donc assumer votre propre vision de vous-même et le jugement des autres en vous disant que vous méritez de vous amuser et que vous ne vivez qu’une fois. Mais tout le monde n’atteint pas ce détachement et reste dans son rêve non réalisé. On peut aussi se poser des questions sur la sécurité du véhicule : besoin d’un garage, circulation urbaine… Enfin, les frais d’assurance et d’entretien peuvent aussi être un souci. Autant de « bonnes » raisons de ne pas y aller. Cependant, si l’envie est tenace et que vous êtes psychologiquement prêt à y faire face, alors le pas est franchi.

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Passer à l’acte

Passer à l’acte

La décision prise reste à mettre en œuvre. La recherche fait partie intégrante du plaisir final ; elle prodigue des émotions mêlant à la fois excitation et appréhension, et lorsqu’elle se retrouve enfin dans « sa » voiture, le moment est intense. Pour que le rêve ne se transforme pas en cauchemar, même si le risque zéro n’existe pas, il est recommandé de ne pas tenir compte uniquement de l’envie d’un modèle ou de son prix. L’envie et l’excitation peuvent vous faire perdre de vue certaines réalités qu’il faut pourtant considérer avant tout : l’état du véhicule, son coût d’utilisation et d’entretien.

Un véhicule d’occasion a un passé. Plus c’est clair (nombre de propriétaires, lieu(x) d’achat et d’utilisation, kilométrage, entretien, réparations éventuelles, etc.), mieux c’est, on parle d’historique complet ou de traçabilité. Une voiture qui n’a eu qu’un seul propriétaire qui l’a soigneusement entretenue sera toujours préférable à une voiture dont le parcours est opaque, même si elle compte moins de kilomètres. C’est l’état général qui prime et l’attention qui a été portée à l’entretien. L’effet pervers de la décote sur les voitures de luxe est qu’elles auraient pu être acquises d’occasion par des personnes qui n’avaient pas les moyens de les entretenir, alors qu’un seul propriétaire les ayant achetées neuves, l’a sans doute mieux traité du fait de ses moyens financiers . Ce n’est pas rédhibitoire dans un sens ou dans l’autre, on y voit des premières mains « rincées » par une utilisation excessive sur circuit par exemple, et des occasions bien traitées par leurs multiples propriétaires. Pour cela, un dossier d’entretien complet (factures de garage et carnet de route à jour) est un gage de confiance. Cela ne dispense pas d’un examen attentif, tant statique que dynamique, pour juger de l’état général. La propreté de la carrosserie et de l’intérieur témoigne du soin apporté. Des sièges usés ou des traces de chocs suggèrent une négligence ou une utilisation intensive. Outre les bruits parasites, la fumée suspecte des échappements, la direction floue ou le freinage imprécis sont autant de mauvais signes. L’état des pneus est aussi à prendre en compte, ils sont souvent chers sur les véhicules performants. De ce point de vue, acheter à un professionnel sécurise le projet, et le prix plus élevé peut donc être justifié par l’état et la garantie offerte. Dans le cas d’un achat à un particulier, ou aux enchères, l’acquéreur, s’il n’est pas lui-même compétent, a intérêt à s’entourer d’un expert pour examiner le véhicule convoité et évaluer les éventuels frais à prévoir, qui peut être pris en compte dans la négociation.

Comme nous l’avons dit, l’offre est large en France, et il n’est donc pas nécessaire de chercher à l’étranger sauf à viser un modèle spécifique et rare. L’achat d’un véhicule immatriculé à l’étranger présente des risques, surtout si vous ne vous déplacez pas pour le voir. Il faudra s’assurer qu’il est homologué en France, s’acquitter des taxes et frais de douanes inévitables, le rapatrier, et l’immatriculer. Au final, la facture peut vite grimper sans certitude de respect des lois françaises, et sans possibilité de recours en cas de problème. En France, il existe des professionnels dont le métier est d’importer des automobiles, et il est préférable de leur confier la mission, après avoir vérifié au préalable leur notoriété et leur solidité : une activité bien rodée et bien établie. Des forums de consultation et un examen des sites d’enregistrement des entreprises aident à sélectionner des professionnels sérieux. Leur prix sera sans doute plus élevé que celui d’un agent inconnu travaillant avec un simple ordinateur, mais la transaction apportera plus de tranquillité d’esprit.

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Il faut également ajouter au prix de vente, et aux frais éventuels, le coût de la carte grise, les frais d’assurance, de stationnement, et d’entretien annuel. Une révision chez Aston Martin, Ferrari ou Bentley peut facilement coûter plusieurs milliers d’euros par an. Les pièces de rechange ne sont pas bon marché chez les Allemands, et si le véhicule est déjà vieux, dix ans ou plus, certaines peuvent être difficiles à obtenir. Une étude préalable, via des forums de passionnés ou des revues spécialisées, apporte des informations pratiques susceptibles d’évaluer la fiabilité et le coût d’utilisation. Il est donc prudent de prévoir une enveloppe à ajouter à votre budget initial pour profiter pleinement de votre voiture.

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Profiter de sa belle auto

Dans un monde de plus en plus autophobe, conduire une voiture de luxe peut être déplacé. Cependant, il existe encore de nombreux amateurs passionnés qui aiment profiter d’un bel objet roulant tout en voyageant pour le plaisir. On le voit notamment dans le monde des voitures anciennes. Petits trajets dominicaux, ou trajets plus longs, profiter d’une voiture dont vous avez rêvé, procure un bonheur simple que vous pouvez également partager avec vos proches ou avec d’autres passionnés. Des communautés de passionnés, au travers de clubs ou d’événements dédiés, organisent des rencontres qui génèrent souvent des amitiés durables. Cependant, vous préférerez peut-être rouler seul pour simplement vous évader de votre quotidien. Quelles que soient ses motivations et sa façon de vivre son automobile, l’important est d’en profiter.

Se promener sur une jolie route départementale, traverser de charmants villages, ou rouler dans des virages alpins, prendre le temps de s’arrêter selon la beauté des sites ou la qualité d’une étape gourmande, sont autant de plaisirs simples sublimés par le plaisir de prendre le volant. d’une voiture qui plaît aux sens. L’odeur du cuir noble, le son d’un 8 ou 12 cylindres bien réglé, ou le silence feutré d’une berline cossue, le toucher d’un beau volant en bois ou la vision d’un tableau de bord en carbone ou en aluminium finement agencé, se réconcilient avec le mythe automobile et faire un instant oublier la fadeur d’un diesel ou d’un hybride aseptisé.

Pas besoin d’être millionnaire pour y goûter, quelques milliers d’euros suffisent pour avoir déjà accès à des berlines bien conservées des années 90-2000 (BMW Série 7, Mercedes Classe S, Audi A8, Jaguar XJ, etc. .). Un petit plus pour les GT ou cabriolets sportifs de la même époque (Mercedes SL, Porsche 944 ou Boxster, Jaguar XK, Ford Mustang V..). Dans une gamme de 15 à 30 000 €, nous avons accès à la plupart des berlines de luxe, et à de nombreuses sportives racées. Il en faudra plus pour des voitures très récentes ou des super-voitures (Ferrari, Lamborghini, Porsche 911), mais par rapport au prix initial du neuf, la différence reste considérable.

Au final, la satisfaction du rêve est donc accessible, mais en l’assumant, et dans le respect des précautions évoquées plus haut pour que le rêve ne se transforme pas en cauchemar.

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