Consommateur : C’est quoi ce délire autour de l’achat de l’aspirateur sur Amazon encore une fois ?

Written By Sara Rosso

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Si la nature a apparemment horreur du vide, ce n’est pas le cas du capitalisme. Si vous vous perdez sur Amazon, vous pouvez tomber sur la capsule « Ne rien emballer », à offrir à « ceux qui ont déjà tout », littéralement une capsule avec… rien dedans. 12,25 euros c’est quand même le prix de l’aspirateur, car bon, on peut aussi gagner de l’argent malgré tout.

Le produit, en plus de vouloir lever le premier drapeau rouge et stopper la liberté effrénée, n’est pas sans rappeler la vente de bouteilles d’air pur de la montagne et autres pépites de ce type, comme ce sac vide. Mais pourquoi les gens sont-ils prêts à dépenser dix euros pour l’espace ?

Humour cynique

Nous vous assurons que nous comprenons qu’il s’agit d’achats et de cadeaux au second degré à quelqu’un. Dominique Roux, professeur de marketing à l’université de Reims, dessine ces produits proches de l’art moderne, notamment les fameux urinoirs de Marcel Duchamp, qui sont « déstructurés et différenciés dans la société de consommation d’aujourd’hui ». sur Amazon il y a aussi. Sur le même sujet : Au conseil municipal : subventions et tarifs… des brosses de toilettes avec le logo des présidents de la République, nous dit l’expert, preuve que ce qu’on achète ici est moins vide que l’idée de détruire.

Car justement, pourquoi ne pas le vendre, sans subversion ? Pascale Hébel, directrice d’une société de conseil en marketing, note : « La productivité et la petite production sont les idées de l’époque. Il existe des produits naturels qui surfent sur cette tendance. » En plus des livres sur le renoncement ou la réduction, on trouve donc du vide : « Ça peut être socialement important de donner n’importe quoi, même ceux qui prônent la sobriété. Avant d’offrir quoi que ce soit, nous ne donnons rien.

Philippe Moati, directeur de la Veille Sociale et Consommateur, a apprécié la tournée : « Bien sûr, le client achète une seconde fois, pour dénoncer l’usage excessif. Pourtant : il n’a dépensé que 10 euros pour le vider, et le gaspillage blanc de matières premières en l’emballage, et les problèmes environnementaux de naissance.Il participe donc à ce qu’il dénonce.Vendre est une escroquerie : il n’y a pas de bon ou de mauvais achat, il y a un achat.

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Passer chez le fleuriste au lieu d’offrir les fleurs du jardin

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Elisabeth Tissier-Desbordes, professeur d’économie à l’ESCP et spécialiste du comportement des consommateurs, notait « le contrôle de la société de consommation sur les individus : il faut s’en servir pour le condamner. De la même façon qu’on vend des t-shirts du Che, on vend quelque chose pour glorifier la raison. »

Lorsque nous avons demandé pourquoi au lieu de frapper dix balles, nous ne pouvions pas simplement prendre une boîte vide et la donner à notre ami et vouloir la faire rouler, le professeur a répondu : « Parce que cela vous ferait ressembler à un scanner bon marché. . . pour investir de l’argent, investir. Donner quelque chose sans valeur est encore difficile à accepter, même quand on veut condamner le capitalisme. L’expert donne l’exemple des fleurs : on donne rarement celles de notre jardin ou de notre balcon, même si elles sont belles. Vous devez payer pour payer.

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Plaisir d’offrir et plaisir des yeux

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C’est aussi tout l’intérêt de ces emballages : offrir de la valeur et de l’appréciation, même lorsqu’il est vide. C’est le même principe que l’air de Paris est vendu en bouteille… Marcel Duchamp, sûrement toujours un bon coup marketing, ou l’air de montagne évoqué plus haut. « Bien sûr, on pourrait remplir une bouteille d’eau vide, ce serait moins cher. Mais quelle sorte de certification aurions-nous ? Même un aspirateur ou de l’air, ça doit être certifié », a demandé Elisabeth Tissier-Desbordes.

Emballage ou emballage qui lui permet aussi de donner des ressources visuelles au produit : c’est-à-dire de lui redonner de la mémoire. « Je suis sûr que personne n’a ouvert les bouteilles d’air frais », a déclaré Dominique Roux. Mais voir l’aspect du produit nous rappelle le passé, comme lorsque l’on ramène une pierre ou un coquillage de la plage. »

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Vendre à tout prix

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Comme « la vie trouve toujours un chemin » dans Jurassic Park, le marketing réussit toujours à vendre : « On le voit dans le secteur de l’aviation ou des voitures. On ne pense que rarement qu’on ne fait pas des avions ou des voitures pour des raisons environnementales, on essaie de faire un véhicule vert. Il faut le vendre régulièrement », explique Pascale Hébel.

Même constat de Philippe Moati : « Les marchés traditionnels sont pleins, il faut donc en trouver d’autres. Arrêtez de vendre des aspirateurs alors. Il cite l’exemple des NFT et du Metaverse, où il s’agit – pour le dire crûment – de vendre des choses qui n’existent tout simplement pas. « Ce qui est important, c’est la création de valeur, les ventes, le business. On a toujours besoin de nouveaux marchés, pour que la machine continue, et même grandisse », poursuit l’expert.

Y a-t-il une limite, et cela ne s’arrête-t-il pas logiquement lorsque nous finissons par vendre à vide ? « C’est l’essence du marché : nous vendre des réponses à des besoins sans lesquels nous n’aurions même pas pensé », sourit Dominique Roux. Cependant, évitez le métabolisme, prévient Philippe Moati : « En plus des exigences des extrémistes, on constate une perte d’appétit pour le shopping en Occident. La plupart des gens en ont déjà beaucoup, ça perd son sens, malgré les efforts marketing. » Après avoir acheté un aspirateur, le client peut savoir quel aspirateur acheter.

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