Covid-19 : mensonges et vérité

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Etrange climat en cette période qui voit la huitième vague de Covid-19 s’affaiblir… avec la publication récente d’extraits d’un journal de crise tenu par l’ancien ministre de la Santé. Agnès Buzyn y explique que ses appels à la mise en garde n’ont pas été sérieusement pris en compte au sommet de l’Etat. Désormais, il s’agit autant de médecine que de justice. En témoigne le placement de l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe, sous le statut de témoin assisté. De son côté, le Covars, qui a pris le relais du comité scientifique, a rendu son premier avis.

Enquête sur la gestion gouvernementale

Le 22 octobre, l’AFP faisait le point sur les différentes étapes de l’enquête lancée à la suite de plaintes de particuliers et de médecins, notamment, sur la gestion par le gouvernement de la riposte à l’épidémie de Covid. A voir aussi : Paniques, phobies, anxiété : comment reconnaître les troubles anxieux. -19 en France.

Premières plaintes : le 25 mars 2020, huit jours après le début du premier confinement, cinq plaintes contre des membres du gouvernement concernant leur gestion de la pandémie de Covid-19 ont été enregistrées par la Cour de justice de la République (CJR). Il est le seul organe habilité à ouvrir des poursuites contre les actes d’un ministre en exercice. Ils émanent de particuliers, de médecins, d’associations et visent le Premier ministre Édouard Philippe, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn (qui a quitté ses fonctions le 16 février pour se présenter aux élections municipales à Paris) ou son successeur Olivier Véran. Les plaignants les accusent, selon les cas, de « mise en danger de la vie d’autrui », d' »homicide involontaire », de « non-assistance à personne en danger » ou de s’être abstenus de prendre le temps de mesures pour endiguer l’épidémie.

Ouverture d’une enquête : le 7 juillet 2020, la CJR ouvre une enquête pour « non-répression d’une réclamation », neuf plaintes, parmi les 90 reçues par la CJR, ayant été jugées recevables. Leurs doléances portent sur des stocks de masques insuffisants, des problèmes d’approvisionnement, un risque épidémique sous-estimé, etc. L’enquête porte sur l’anticipation et la gestion au quotidien de l’épidémie. Les autres plaintes jugées recevables seront alors ajoutées au dossier.

Perquisitions : début septembre 2020, la Cour entame ses audiences. Le 15 octobre 2020, les domiciles et bureaux d’Olivier Véran, Édouard Philippe, Agnès Buzyn et de l’ancienne porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sont perquisitionnés. D’autres perquisitions ont lieu chez le directeur général de la santé (DGS), le professeur Jérôme Salomon et la directrice générale de Santé publique France, le professeur Geneviève Chêne.

Les plaintes se multiplient : en novembre 2020, la CJR juge irrecevable une plainte contre Jean Castex, qui a succédé à Édouard Philippe à Matignon le 3 juillet. La plainte avait été déposée par une association de victimes estimant que le gouvernement continuait de « naviguer à vue ». En janvier 2021, l’association Anticor porte plainte contre Olivier Véran pour « favoritisme » dans la gestion de l’application « Stop Covid », devenue TousAntiCovid. Le 30 mars, un collectif d’enseignants a porté plainte contre le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, accusé de « ne pas protéger les personnels au contact des enfants » qui « propagent le virus » du Covid-19.

Agnès Buzyn mise en examen : Le 10 septembre 2021, Agnès Buzyn est mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Elle est, par ailleurs, placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour « abstention volontaire de contester une demande ». Le 18 octobre 2022, Édouard Philippe est entendu par la CJR et placé sous le statut de témoin assisté.

Édouard Philippe, témoin assisté : Après avoir été entendu (le 22 octobre) dans le cadre de l’enquête sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 en France, « Édouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République qui enquête sur les responsabilités dans la gestion de l’épidémie de Covid-19″, a indiqué franceinfo. «Avec ce statut intermédiaire, l’ancien Premier ministre échappe à l’inculpation. Il est placé sous le statut de témoin assisté pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « abstention volontaire de combattre un sinistre », a précisé la radio. La convocation du maire du Havre (Horizons) était initialement fixée au 24 octobre. Le statut de « témoin assisté », propre au droit français, est un statut hybride à mi-chemin entre le témoin classique et l’accusé. Dans une récente interview au Parisien, Édouard Philippe a déclaré avoir « contesté vigoureusement les incriminations » à son encontre.

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Rejet de la plainte contre Perronne

Inattendu. Une plainte du Conseil national de l’ordre des médecins contre le professeur Christian Perronne a dénoncé ses « propos outrageants contraires à tout principe de dignité » et l’a accusé d’avoir « fait courir un risque injustifié aux patients » par sa défense de l’hydroxychloroquine. Cette plainte, qui avait été déposée en décembre 2020, a été rejetée en première instance par la chambre de discipline du conseil régional d’Île-de-France, indique l’AFP (24 octobre). Le Cnom a très vite fait appel de cette décision. Il y a près de deux ans, le Cnom avait examiné une série de plaintes ou signalements contre des médecins, pour des faits ou propos tenus publiquement sur la pandémie de coronavirus, rappelle Le Figaro. Il avait décidé de saisir les chambres disciplinaires de première instance avec plaintes, ou de se joindre à une plainte en cours contre six médecins, dont l’infectiologue Christian Perronne, alors chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts -de-Seine). Dans sa plainte, le Cnom a dénoncé ses « propos outrageants contraires à tout principe de dignité », ainsi que « plusieurs règles de déontologie médicale », et l’a accusé d’avoir « fait courir un risque injustifié aux patients » par sa défense de l’hydroxychloroquine. Des arguments balayés par la chambre disciplinaire, qui a estimé que les prises de position du professeur Perronne « ne mettaient pas en péril l’action des pouvoirs publics », ni ne favorisaient « un recours ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé ». Infectiologue controversé, Christian Perronne a été démis de ses fonctions de chef de service fin 2020 suite au dépôt de plainte du Cnom. Depuis 2020, AFP Factual et de nombreux autres médias ont consacré plusieurs articles de vérification à certaines déclarations du Pr Perronne sur la vaccination anti-Covid, dans lesquelles de nombreux scientifiques ont démenti ses propos.

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Le Covars et le masque

Le 20 octobre, le Covars (Comité de surveillance et d’anticipation des risques sanitaires) a rendu son dernier avis (le premier rédigé par cette institution) sur le Covid-19. Dans cet avis d’une trentaine de pages, le comité indique que nous sommes face à une « vague épidémique actuelle d’intensité modérée due à la même variante que celle de la 7ème vague ». Elle est d' »une gravité atténuée par l’immunité collective acquise par les vaccinations et l’exposition antérieure au virus, mais restant potentiellement létale chez les personnes fragiles à haut risque de forme sévère et notamment chez les personnes immunodéprimées qui répondent mal à la vaccination ». Covars fait également état d’un « contexte de fatigue pandémique limitant l’adhésion aux actions de prévention, de dépistage et de traitement » et d’un « contexte de santé mentale altérée dans la société dont il faut tenir compte dans les recommandations ». Cependant, la « présence de certains variants inquiétants de la lignée Omicron BA5 [sont] à surveiller avec une grande attention ». De plus, ce qui se passe en France est assez similaire à d’autres situations en Europe occidentale. Dans cet avis, Covars mentionne également le port du masque (pages 19 à 20 du document). « Dans le contexte actuel où le masque est désormais très peu utilisé, les Covars considèrent qu’il est peu probable que l’adhésion au masque suffise à stopper la croissance de l’épidémie (…) C’est en additionnant l’effet de plusieurs mesures (port masque, gestes barrières, distanciation physique, etc.), chacun apportant une petite réduction du risque d’infection, que l’on parvient à obtenir un impact significatif sur la dynamique de l’épidémie. Le port du masque a donc un rôle important à jouer dans ce type de stratégie « combinée ». Au niveau européen, l’Allemagne a rendu le port du masque obligatoire dans les transports en commun et envisage d’élargir la liste des lieux d’obligation.

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Covars et prudence

La commission de surveillance et d’anticipation des risques sanitaires a donc rendu son avis sur la situation actuelle de la pandémie. Dans son viseur notamment : la croissance rapide de la sous-variante Omicron BQ.1.1, détectée en France mi-septembre. Il représente désormais 15 % des virus détectés en France métropolitaine, et près de la moitié en Île-de-France. Cependant « le niveau d’évasion immunitaire de BQ.1.1 est incertain », prévient les Covars. Quoi qu’il en soit, le redémarrage épidémique observé en France, comme dans une partie de l’Europe, « ne semble pas être dû à l’apparition d’un nouveau variant stricto-sensu », estime-t-il, mais plutôt à un ensemble d’autres facteurs (baisse de l’immunité collective , conditions climatiques favorables à la propagation du virus, etc.) Selon l’observatoire, « l’analyse des taux de croissance des différents indicateurs épidémiologiques suggère que nous pourrions être très proches du pic épidémique ». Mais « ces signaux encourageants doivent être tempéré » en raison de « la croissance rapide du variant BQ.1.1 sur le territoire national ». Descendant de ‘BA.5’, ce ‘sous-sous-variant’ présente plusieurs mutations susceptibles de favoriser l’évasion immunitaire. « Il reste un descendant d’Omicron », qui marque une différence « moins nette que lorsque Omicron avait remplacé Delta », a expliqué le virologue Bruno Lina, l’un des 19 membres de Covars lors d’un point presse. En attendant, la vague épidémique apparue mi-septembre 2022 « a un impact hospitalier moins direct que les vagues précédentes ». Mais avant même le début de l’hiver « les capacités hospitalières restent sensiblement réduites », prévient le Covars. D’autres maladies infectieuses hivernales telles que la grippe, la bronchiolite ou la gastro-entérite pourraient également affecter le système de santé.

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Buzyn avait prévenu

Malaise. Mise en examen pour sa gestion des premières semaines de l’épidémie de Covid-19, l’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, affirme dans un témoignage publié par Le Monde (25 octobre) avoir alerté, dès janvier 2020, Emmanuel Macron et Édouard Philippe, alors Premier ministre, mais qu’elle « n’avait pas l’impression d’être entendue ». « Non seulement j’avais vu, mais averti. J’étais, de loin en Europe, le ministre le plus alerte. Mais personne ne s’en souciait », selon des propos rapportés par Le Monde, qui dit avoir eu accès à un journal rédigé par l’ex-ministre pendant la pandémie. Le quotidien rapporte de nombreux SMS adressés au chef de l’Etat et à son ancien Premier ministre, le premier le 11 janvier 2020 à propos de l’épidémie apparue en Chine, qui n’apparaissait alors « pas encore dans les médias » mais qui « peut remonter ». , » elle écrit. Malgré ces éléments – qui font désormais partie de l’instruction diligentée par la Cour de justice de la République (CJR) – « je n’ai pas eu l’impression d’être entendue », ajoute Agnès Buzyn, qui « n’a pas pu comprendre un rendez-vous » avec le président de la République, jusqu’à un entretien téléphonique le 8 février. Soit une semaine avant son départ du ministère pour remplacer au pied levé Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. « Je n’aurais jamais dû partir », a-t-elle dit, ajoutant « (elle) a été poussée au mauvais endroit au mauvais moment ». Jusqu’à sa cuisante défaite au second tour, elle n’a cessé d’alerter l’exécutif. Ainsi ce message du 29 février à Emmanuel Macron : « On perd du temps sur l’épidémie (…) Le pays n’est pas prêt ! » ou celui-ci, le 10 mars à Édouard Philippe, à qui elle enjoint « de tout arrêter, comme en Italie, le plus vite possible », prédisant que « ce sera la bérézina dans les hôpitaux ». « J’avais l’impression que je ne pesais rien et que je parlais dans le vide. Je n’étais plus en affaires et on me l’a fait ressentir », ajoute-t-elle aujourd’hui dans le quotidien.

L’OMS appelle à ne pas baisser la garde

Facile à dire. A l’approche de l’hiver, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné (24 octobre) la nécessité de ne pas baisser la garde face à la recrudescence des cas de Covid et de grippe en Europe. « Ce n’est pas le moment de se relâcher », a déclaré à l’AFP le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Europe, Hans Kluge, lors d’une conférence de presse. Au début de l’automne, la région européenne, qui regroupe 53 pays dont certains d’Asie centrale, était à nouveau l’épicentre de l’épidémie, comptabilisant 60 % des nouveaux cas de Covid dans le monde. Dans le même temps, un pic de cas de grippe saisonnière a été enregistré. Avec cette nouvelle vague de Covid, les décès et les admissions en réanimation n’augmentent que légèrement, souligne l’OMS, insistant sur le lien avec la vaccination. « La vaccination reste l’un de nos outils les plus efficaces contre la grippe et le Covid 19 », a déclaré l’agence.

Pfizer annonce une forte hausse du prix

C’est parfait! A partir de 2023, le prix de vente du vaccin Covid de Pfizer sera compris entre 110 et 130 dollars la dose. C’est environ quatre fois le rythme actuel, indique Le Figaro (23 octobre). Le géant pharmaceutique américain a annoncé jeudi 23 octobre viser un prix de vente compris entre 110 et 130 dollars (entre 112 et 132 euros) la dose, une fois l’actuel programme d’achat du gouvernement américain expiré et ses stocks épuisés, soit. à partir de 2023. Aujourd’hui, il en coûte 30 dollars (30 euros) la dose à l’administration américaine. « Avec l’urgence de santé publique Covid-19 outre-Atlantique qui devrait prendre fin l’année prochaine, l’achat de vaccins cessera d’être financé par l’État, et sera transféré au secteur privé », explique le quotidien français. Un changement qui laissera la liberté à Pfizer d’augmenter le prix de son vaccin. Cette annonce « a stimulé la People’s Vaccine Alliance, une coalition d’organisations qui plaident pour un accès facile et gratuit aux vaccins ». « C’est du vol au grand jour », s’est plainte Julia Kosgei, conseillère politique de l’organisation. Estimant, sur la base d’analyses de l’ONG Oxfam, que le coût de production du vaccin anti-Covid de Pfizer n’est que de 1,18 dollar (1,20 euro), « faire payer 130 dollars la dose représenterait une augmentation de plus de 10.000% », conclut Julia Kosgei, citée par Le Figaro. Le média américain NBC News rapporte que le prix futur estimé du vaccin de Pfizer se situe dans la fourchette de prix d’autres vaccins pour adultes (comme l’hépatite ou le zona), qui varie de 13 $ à plus de 200 $, selon le données du CDC, l’agence de santé publique des États-Unis.

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