Cryptomonnaie : quelle régulation pour la monnaie numérique après la chute de l’empire FTX ?

Written By Sara Rosso

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Fini de jouer. 10 jours plus tôt, la valorisation de FTX, le deuxième plus grand échange de crypto-monnaie au monde, atteignait 32 milliards de dollars. Coup de théâtre vendredi 11 novembre. La plateforme américaine a fait faillite, et manque de liquidités. Son patron, le désormais ex-milliardaire Sam Bankman-Fried, a été remplacé par celui qui avait géré la liquidation d’Enron puis de Lehman Brothers lors de la crise de 2008, John Ray III.

Comment le géant de la crypto a-t-il pu s’effondrer si rapidement ? D’une part, en utilisant frauduleusement les fonds de ses clients. Selon les médias américains, plusieurs milliards de dollars auraient été transférés dans les portefeuilles d’une société spécialisée dans le trading à haut risque, Alameda Research, dont le fondateur n’est autre que… Sam Bankman-Fried. Le « chevalier blanc » des monnaies numériques et grand défenseur d’une plus grande régulation du secteur aurait ironiquement utilisé l’absence d’un régulateur réglementant ses actions pour financer illégalement son autre entreprise. Le dangereux équilibre finira par s’effondrer, devant des clients réclamant des fonds désormais indisponibles.

Déjà ébranlé en début d’année par l’effondrement de la valeur d’une crypto-monnaie réputée stable, Terra Luna, le secteur a subi son deuxième choc en moins d’un an. Le bitcoin, référence en la matière, vaut désormais 17 000 dollars, soit quatre fois moins que son pic de début 2021. Selon les données de Coingecko, toutes les crypto-monnaies ont perdu 130 milliards de dollars en valeur absolue, passant de plus de 1000 à 870 milliards de dollars en 10 journées.

La cryptomonnaie, un colosse aux pieds d’argile ?

Pour certains observateurs, cette chute fulgurante donne une impression de déjà-vu. La déroute de Lehman Brothers, version numérique. Cependant, la volatilité du secteur et le manque de protection des investisseurs commencent à poser des questions. Voir l’article : Les finances se compliquent !. Le sujet n’est plus anecdotique : 8% des Français ont déjà investi dans une crypto-monnaie début 2022 selon Ipsos. Ils devraient atteindre 12 % d’ici la fin de l’année.

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Quant à l’instabilité du secteur, la déchéance de FTX en est le premier exemple. En effet, une annonce de son rival, Changpeng Zhao, PDG de Binance, a suffi à saper tout un écosystème. Le dirigeant sino-canadien a annoncé mardi dernier qu’il vendrait l’intégralité de ses tokens FTT, une crypto-monnaie directement associée à la plateforme d’échange FTX. L’effet est immédiat : des investisseurs paniqués tentent de retirer des milliards de la bourse, mais les fonds ne sont pas disponibles. L’affaire finit par prendre une tournure dramatique lorsque Binance propose de racheter FTX, avant de changer d’avis le lendemain. « J’ai foiré, et j’aurais dû faire mieux », s’est excusé le propriétaire de l’entreprise en faillite.

En France, CoinHouse, le premier courtier agréé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) en tant que PSAN (Fournisseur de Services sur Actifs Numériques) a déclaré ne subir « aucune conséquence » de la faillite du mastodonte de la crypto. Son PDG, Nicolas Louvet, a assuré sur Twitter que « les services proposés par Coinhouse, les fonds de nos clients et la gestion au quotidien de nos opérations » ne seraient pas impactés. Les tensions dans le secteur poussent les acteurs à montrer leurs lettres de noblesse : audit externe, transparence accrue, mais aussi demandes de plus de régulation.

Vers une régulation internationale ?

Face à l’ampleur de la faillite de FTX, les dirigeants de la Réserve fédérale (Fed) ont plaidé pour des « garanties réglementaires ». Un enjeu déjà bien compris en Europe, où la commission des affaires économiques du Parlement européen a approuvé début octobre le règlement MiCA. Ce dernier vise à réguler l’écosystème des crypto-monnaies dans toute l’Union européenne. Son vote aura lieu en février 2023, pour une entrée en vigueur en février 2024.

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La France, quant à elle, dispose d’une réglementation établie par l’Autorité des marchés financiers (AMF). L’institution financière accorde une licence de fournisseur de services d’actifs numériques (PSAN), après enregistrement des sociétés de crypto-monnaie. Sans sésame, impossible de lancer des produits financiers – comme la monnaie numérique – sur le marché français. Une façon de protéger l’économie, mais aussi les investisseurs. Selon Les Echos, l’AMF a déjà commencé son enquête auprès des acteurs du secteur pour connaître l’impact de la chute du FTX sur eux.

L’enjeu réside cependant dans la mise en place d’une régulation à l’échelle internationale : les plus grosses plateformes sont souvent enregistrées dans des paradis fiscaux, comme les Bahamas pour FTX. Difficile alors de leur faire respecter les multiples systèmes de réglementations et de réglementations.

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