Dentisterie : lorsque les exigences des études affectent le moral des étudiants en médecine dentaire

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Par Pauline Bluteau, Publié le 15 février 2022

Un tiers des étudiants en médecine dentaire sont stressés, anxieux voire déprimés, selon une enquête de l’UNECD (étudiants en chirurgie dentaire). En particulier, l’évaluation constante des travaux pratiques que demandent les enseignants pèse sur le moral des futurs dentistes.

Comme les futurs médecins, pharmaciens, sages-femmes ou infirmières, les étudiants en médecine dentaire sont globalement stressés par leurs études. Selon l’enquête UNECD (Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire), la gêne ne s’améliore pas d’une année sur l’autre : 45 % des étudiants en médecine dentaire souffrent de troubles anxieux et un tiers serait considéré en état dépressif.

Malgré ce que l’on pourrait penser, la crise sanitaire n’a certes pas amélioré le moral des futurs dentistes, mais le malaise semble bien plus profond et inhérent à l’organisation des études dentaires.

La pression des travaux pratiques

La pression des travaux pratiques

En parlant de leurs études dentaires, Louis, Elysa et Claire* retiennent des aspects plus positifs. Au fur et à mesure de la discussion, on comprend que tout n’est pas si rose, loin de là. « TP (travaux pratiques) ? Ah oui, c’est très stressant !, commente Louis, étudiant en médecine dentaire de 20 ans à la faculté d’Aix-Marseille. Sur le même sujet : Le marché des cigarettes électroniques jetables pour voir des informations complètes avec des statistiques et des prévisions de croissance 2022-2028. En fait, les professeurs trouvent toujours quelque chose à redire alors qu’eux seuls nous montrent les gestes une fois avant qu’ils nous jugent. »

A côté des cours théoriques dont la qualité ne semble pas remise en cause, les étudiants ont également des travaux pratiques où ils pratiquent les différentes techniques sur mannequins. Cependant, ils sont constamment évalués lors des travaux pratiques sans avoir eu le temps de se préparer. Elysa, 24 ans, également étudiante en sixième et dernière année de médecine dentaire à l’université d’Aix-Marseille, se souvient de ces exercices pratiques : « Ça m’a toujours stressée parce qu’on n’avait pas le droit de ‘faire des erreurs’, résume-t-elle.

D’autant que pour la plupart des étudiants il y a aussi la peur de redoubler en raison de leurs mauvais résultats dans la pratique, premier facteur de stress selon l’UNECD. Nombreux sont ceux qui parviennent à obtenir l’année grâce à des études de rattrapage.

À Lire  Comment consulter un dentiste en urgence pendant le confinement ?

« On s’inquiète pour les professeurs car ils ont beaucoup de pouvoir sur nos résultats », explique Claire, 21 ans, étudiante en quatrième année de médecine dentaire à l’université Côte d’Azur. « On a l’impression qu’il y a des abus de redoublements, certaines décisions ne semblent pas justifiées… donc la pression autour des redoublements est très présente », confirme Louis.

Un dentiste prend sa retraite à Mayet, un remplaçant est recherché
Lire aussi :
A Mayet, le seul dentiste de la ville prend sa retraite après…

Des études d’odontologie aux lourdes responsabilités

D’autant plus que la peur de faire du mal est bien connue chez les étudiants en santé où les responsabilités leur incombent très tôt, dès leur entrée à l’externat en quatrième année. « Petit à petit, ce stress s’intensifie parce qu’on a de vrais patients, on a tous envie de bien faire », justifie Elysa.

Louis, de son côté, a commencé les stages extérieurs cette année et voit déjà la différence avec les travaux pratiques à l’université : « A l’université, c’est très académique, on nous présente le cas parfait alors qu’en réalité, on fait surtout comment on peut, avec le manque de matériel, l’annulation des traitements… On a la santé des malades entre nos mains, je pense que c’est aussi normal, on se sent responsable et même si on est là pour apprendre, quand notre les actes ont des conséquences, c’est le ‘loose’, ‘joue avec ma morale en tout cas’.

« Quand tu arrives à l’hôpital, ce n’est pas le même stress, il y a d’autres facteurs à prendre en compte et surtout la communication avec le patient, parfois on a des chaises qui ne marchent pas, il faut changer la place du patient, on perdons en crédibilité et nous sommes moins susceptibles de nous souvenir des étapes pour réaliser l’acte lui-même », estime Claire.

Cet été en Mayenne : "Ne vous rendez pas aux urgences sans tarder"
Lire aussi :
Face au manque d’effectifs des services d’urgence en Mayenne, il faudra systématiquement…

Les quotas cliniques, une autre source de stress en dentaire

Les quotas cliniques, une autre source de stress en dentaire

Mais le risque de redoubler persiste jusqu’à la fin de la formation. Après les labos, les étudiants sont soumis à des « quotas cliniques » : ce sont des actes qu’ils doivent accomplir sur les patients. Plus les actes sont variés et plus ils en font, plus ils gagnent de « points » pour valider leur année. Ces quotas ont même été une source de stress supplémentaire avec la crise sanitaire. Ils ont vu moins de patients, donc moins de pathologies, alors que les quotas n’ont pas bougé.

À Lire  30 Meilleur test d'hôpital Playmobil en 2022: après avoir recherché des choix

Résultats : Un étudiant sur deux déclare avoir vu son bien-être mental et physique se détériorer depuis son entrée en médecine dentaire, et le nombre d’étudiants ayant déjà vu un professionnel de la santé mentale a augmenté de 2,5 points depuis 2018. Plus inquiétant, l’usage de stupéfiants ou de psychotropes a multiplié par six en l’espace de trois ans à cause du stress.

Chaleur : nos conseils pour rester en bonne santé
Lire aussi :
En voiture « Si le logement ne peut pas rester froid, vous devez…

Devenir dentiste, une vocation pour les étudiants

Enfin, quelques mois seulement après avoir obtenu son diplôme, Elysa ne se sent pas prête à exercer son métier. « Je pense qu’on ne se sent jamais prêt à 100%, on s’est tous demandé ce qu’on faisait là pendant une période stressante mais on aime trop ce qu’on fait. Sans passion on ne pourrait pas ne pas faire ces études.

Car comme Louis et Claire, Elysa ne regrette pas une seconde d’avoir choisi la dentisterie. Selon la CNUED, près de 97 % des étudiants ont suivi ce cours par choix. Mais si 72 % des étudiants du premier cycle (deuxième et troisième année) sont satisfaits de leurs études, seuls 54 % des étudiants du deuxième cycle sont satisfaits.

C’est le cas de Louis qui a toujours voulu être dentiste depuis son stage de troisième. « Je voulais un métier que je pourrais exercer en tant que libéral, un métier manuel, d’assistance médicale à la personne, je ne suis pas déçu de mon choix », confie-t-il. L’arrivée de Claire à l’externat lui a aussi permis de confirmer son choix. Parmi les autres atouts de ses études de dentisterie, la jeune femme met en avant une formation courte, un travail précis et concret, au contact des patients très tôt.

Crise sanitaire ou pas, l’UNECD entend tout mettre en œuvre pour améliorer la qualité de la formation dans son ensemble, notamment en créant des cellules d’écoute afin que les étudiants puissent exprimer leurs attentes et leurs besoins.

Voici un faux pas déco qui, selon les architectes d'intérieur, devrait être évité en 2022 !
Lire aussi :
Les idées fausses en matière de décoration ne se limitent pas à…