Des cabinets comptables détenus par des fonds d’investissement ?

Written By Sara Rosso

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Investir des fonds d’investissement dans des cabinets comptables est désormais une réalité. Doit-on s’inquiéter ou se réjouir ? La régulation professionnelle peut-elle freiner ce mouvement ? Faut-il s’attendre à une concentration sectorielle ? Quelles seront les conséquences sur la valorisation de l’entreprise ?

Gilles Bösiger, Président d’ECF Paris Ile-de-France, Damien Charrier, Vice-Président d’IFEC, et Thomas Plainchamp, Co-Fondateur et Associé d’Arc Capital, spécialisé dans la transmission de cabinets d’expertise comptable, apportent leur éclairage.

Confirmez-vous l’intérêt des fonds d’investissement pour le secteur de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes ? Quelle est la stratégie des fonds d’investissement vis-à-vis de la profession ?

Thomas Plainchamp : Jusqu’alors, les fonds étaient principalement investis dans d’autres secteurs d’activité, comme la technologie ou, plus récemment, la médecine. Ceci pourrez vous intéresser : Prévention : les Français se verront offrir trois visites médicales gratuites à 25, 45 et 65 ans. Ils s’intéressent de plus en plus à la comptabilité publique pour plusieurs raisons :

Les fonds ont une stratégie dite de « build up » : il s’agit de prendre une participation significative dans une société assez importante, entre 10 et 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, puis d’acquérir d’autres sociétés plus petites, entre 1 et 3 millions d’euros, pour augmenter ce premier objectif. Les investisseurs ciblent plutôt les cabinets d’expertise comptable, dont les clients nécessitent moins de conseils et peuvent être plus facilement gérés à distance grâce aux outils numériques. L’objectif est de créer de la volumétrie et d’industrialiser les procédés.

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Concentration et financiarisation vont-elles forcément de pair ?

Damien Charrier : Outre l’arrivée de nouveaux véhicules la favorisant, la concentration du secteur existe depuis un certain temps, à des degrés différents selon les zones géographiques. Traditionnellement, l’Ouest a des entreprises mieux structurées et donc plus grandes que dans le sud de la France, par exemple. Il existe également des différences importantes selon l’activité. Ainsi, on assiste à une consolidation plus forte du secteur de l’audit depuis la loi Pacte et le relèvement des seuils.

Gilles Bösiger : Selon moi, l’arrivée de fonds n’est pas la cause de la concentration des entreprises, mais c’est une de ses conséquences. Jusqu’à présent, nos chirurgies avaient majoritairement des coûts variables. La transformation des entreprises et les investissements nécessaires dans la communication et surtout dans les solutions numériques ont changé le modèle : désormais, nos entreprises ont de plus en plus une structure de coûts fixes. Ce nouveau modèle permet des économies d’échelle et favorise la concentration du secteur.

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Quelles peuvent être les conséquences sur la valorisation des cabinets ?

Thomas Plainchamp : Ce n’est un secret pour personne que les fonds privilégient une approche de rentabilité. Actuellement, la profession comptable utilise des multiples de revenus, généralement compris entre 0,8 et 1,2. On risque donc d’assister à un changement de méthode, et la valorisation de la rentabilité devrait automatiquement augmenter la valorisation de l’entreprise. J’ai également eu l’occasion d’échanger avec des partenaires qui anticipent ce changement et réalisent actuellement des acquisitions valorisées en chiffre d’affaires tout en ciblant des ventes futures valorisées en EBITDA, avec à la clef des plus-values ​​importantes.

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Ce grand changement ne touchera pas forcément tout le monde : les petites entreprises, entre 100 000 et 2 millions d’euros, continueront vraisemblablement à être valorisées selon une approche majoritairement basée sur le chiffre d’affaires.

Gilles Bösiger : Aujourd’hui, les entreprises sont vendues à des indépendants qui financent l’acquisition par un prêt bancaire sur 7 ans. Il existe donc en pratique une limite supérieure de valorisation de 6 ou 7 fois la capacité d’autofinancement. Les fonds n’ont évidemment pas cette limitation. Je peux monter à des niveaux beaucoup plus élevés sans aucune difficulté. L’augmentation de la demande et le dépassement du plafond bancaire entraîneront automatiquement une augmentation de la valeur.

La valorisation par le chiffre d’affaires avait du sens dans un contexte où les business models étaient très proches les uns des autres, avec des marges comparables et des taux de rémunération similaires. La différence de rentabilité provient principalement de la façon dont les partenaires sont récompensés et de leur implication dans la production. Le trafic était donc un indicateur beaucoup plus pertinent que les résultats, car il dépendait moins de ce facteur. Aujourd’hui, les entreprises sont de plus en plus différentes les unes des autres, avec des spécialisations différentes et des taux de marge différents. Il est donc normal de passer progressivement à l’appréciation de la rentabilité.

Damien Charrier : Comme toujours en évaluation, il faut voir au cas par cas. Globalement, bien sûr, nous devrions voir une augmentation de la valeur, mais tout dépendra de l’entreprise vendue. De nombreux facteurs entrent en jeu :

Je crains que les entreprises en retard dans la transformation digitale, et qui ont plus de mal à recruter que les autres, soient moins valorisées. Dans le pire des cas, il peut même ne pas y avoir de liquidité sur le marché des transferts pour ce type de structure. Aujourd’hui, il est plus difficile de fidéliser les employés que de fidéliser les clients : les entreprises qui parviennent à constituer une équipe stable et compétente ont toutes les chances de bien s’en sortir.

Quant à la méthode, il faudrait effectivement opter pour une approche basée sur la rentabilité plutôt que sur le trafic, mais l’usage professionnel est difficile et je vois mal le critère du trafic disparaître complètement. Cela deviendra probablement moins important.

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Les règles de détention des sociétés d’expertise comptable peuvent-elle empêcher l’arrivée de fonds dans la profession ?

Damien Charrier : Il existe déjà des freins réglementaires, comme le contrôle des droits de vote ou des ratios de gestion. Cependant, nous savons que les fonds peuvent concevoir des arrangements complexes pour contourner ces règles. Il faut donc trouver un équilibre entre les moyens financiers et la gestion de l’entreprise. Il nous appartient collectivement de veiller à ce que la profession ne soit pas « annexée » par des fonds, en modifiant si nécessaire notre réglementation.

Il y a aussi un élément conjoncturel qui entre en jeu : le manque d’employés. Tant que les problèmes d’emploi dans la profession ne seront pas résolus, les financements resteront prudents.

Gilles Bösiger : Je pense que la réglementation actuelle de notre profession n’est pas un obstacle insurmontable. Dans le secteur des laboratoires d’analyses, les règles de propriété sont très strictes. Cela n’a pas empêché une concentration extrêmement forte, en quelques années seulement, avec des acquisitions massives de fonds d’investissement.

Une forte intuitu personae dans les placards est aussi une protection contre les concentrations massives. Nous avons choisi le laboratoire d’analyse car il est proche de chez nous et nous ne sommes pas surpris de ne jamais rencontrer de biologiste. Cela rend ce secteur plus facile à « industrialiser ». Il en va tout autrement dans notre métier où la relation personnelle avec le salarié et le comptable est très forte.

Cependant, il faut rester prudent : le secteur du courtage, par exemple, dans lequel il y a aussi une forte intuitu personae, a connu une concentration importante, avec un modèle hybride : le back office est structuré, standardisé, industrialisé, mais le front office reste incarné par les partenaires.

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Quel est le taux horaire d’un expert-comptable ?

Le prix de l’heure d’un comptable est variable. Le montant des honoraires du comptable est convenu directement avec l’entreprise cliente. Cependant, à titre indicatif, on peut dire qu’ils oscillent entre 80€ HT et 300€ HT de l’heure.

Quel est le salaire d’un comptable salarié ? En France, le salaire d’un expert-comptable est en moyenne de 52 862 euros bruts par an.

Quels sont les inconvénients du métier d’Expert-comptable ?

Inconvénients d’avoir un comptable Il ne vous laissera rien faire. Cela a un coût car vous devez payer des frais. Elle vous oblige à respecter les délais légaux de déclaration de TVA. Il vous oblige à suivre des procédures de soumission parfois un peu contraignantes.

Quel est le prix d’un bilan comptable ?

Le coût de l’établissement du bilan annuel varie principalement en fonction de la taille de l’entreprise. Ainsi, il peut coûter à partir de 1 200 euros par an pour une TPE et peut monter jusqu’à 5 000 euros pour une plus grande entreprise.

Quels sont les risques d’un Expert-comptable ?

Les comptables du risque juridique ont des responsabilités pénales qui peuvent peser lourdement sur leur moral. En effet, vous pouvez être considéré comme complice de la faute commise par un dirigeant d’entreprise.

Quelles sont les obligations d’un expert-comptable ? Obligations des comptables

  • Garantir la qualité technique des prestations fournies.
  • Respecter l’éthique professionnelle et le code de déontologie.
  • Mettre toutes les ressources nécessaires à la disposition de l’entreprise.
  • Respectez les conditions de paiement.

Quels sont les avantages et les inconvénients du métier de comptable ?

Avantages et inconvénients : Avantages : Le comptable est en contact avec tous les services de l’entreprise et participe notamment à la mise en place de la stratégie et des projets de développement. Inconvénients : Pas de grain de folie !

Quels sont les inconvénients du métier d’Expert-comptable ?

Inconvénients d’avoir un comptable Il ne vous laissera rien faire. Cela a un coût car vous devez payer des frais. Elle vous oblige à respecter les délais légaux de déclaration de TVA. Il vous oblige à suivre des procédures de soumission parfois un peu contraignantes.

C’est quoi un OEC ?

L’Ordre des experts-comptables (OEC), actuellement présidé par Lionel Canesi depuis le 15 décembre 2020, régit la profession d’expert-comptable en France depuis sa création par arrêté du 19 septembre 1945.

Quel est le salaire d’un comptable ? Pour un expert-comptable pour son propre compte, le revenu mensuel brut au départ, après 3 années d’études, s’élève à environ 5 000 €. Il peut alors monter jusqu’à 9 000 €. Un jeune salarié débutant peut compter sur une prime mensuelle nette de 2 500 €.

Comment est appelé l’expert-comptable aujourd’hui ?

Commissaire aux comptes : définition et missions (15 octobre 2021) Le Commissaire aux comptes (CAC) est le commissaire aux comptes et commissaire aux comptes de la société.

Quel est le rôle d’un comptable dans une entreprise ?

Le comptable enregistre et classe toutes les données relatives à l’activité économique, au patrimoine immatériel, matériel et financier d’une personne morale (entreprises, associations, etc.). Le comptable fournit ensuite un récapitulatif des documents pour aider le gestionnaire.

Quelle est l’importance de la comptabilité en entreprise ? Contrairement aux idées reçues, la comptabilité n’est pas un exercice d’appariement de chiffres… C’est avant tout une technique de gestion permettant de gérer une entreprise, d’évaluer sa situation financière, d’analyser ses performances et de prévoir d’éventuelles difficultés.

Quels sont les trois rôles de la comptabilité ?

Vous avez compris les 3 fonctions de base de la comptabilité : compter, analyser et communiquer.

Quelles sont les compétences requises pour être un bon comptable ?

Un comptable doit être rigoureux, méthodique et avoir une organisation parfaite pour mener à bien les missions qui lui sont confiées. En effet, il n’a pas le droit à l’erreur dans ses responsabilités, il doit avoir le sens du travail en équipe pour pouvoir centraliser les informations dont il a besoin.