Djibril Cissé avec Alain Soultanian, ancien kiné des Bleus

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Vous souvenez-vous du coup de fil pour rejoindre l’Equipe de France ? 

Très bien. On était au camp préparatoire en début de saison, à Saint-Jean-de-Luz avec l’entraîneur Didier Deschamps. On devait aller jouer un match amical contre Toulouse, et pendant le goûter Didier Deschamps s’approche de moi et me pousse. Il a dit: « Avez-vous reçu l’appel? » » . Je lui dis « non ». Il a dit : « Vous n’avez pas reçu l’appel ? « . Je lui dis : « Non, Didier, sauf pour mes enfants, ma femme. Non, je n’ai pas reçu d’invitation. » Lui : « Tu vas recevoir une invitation ! » « . Je dis « bien », mais je ne demande pas de qui, de quoi. Donc ce match on va jouer à Toulouse. Enfin je remonte dans le bus, je suis à côté de mon ami Christophe Bodeau, qui est actuellement un médecin du Paris Saint-Germain. A voir aussi : Analyse du marché SWOT des systèmes d’information sur les rayonnements (RIS) en Asie-Pacifique, technologie en croissance, croissance et prévisions 2028. J’ouvre, je décroche le téléphone et j’écoute un message du Dr Fabrice Bryand qui me dit sur ma messagerie vocale : « Bonjour, je viens d’être nommé par la Fédération Française de Football médecin-chef de l’équipe Equipe de France. Hier après-midi, j’ai eu un long entretien avec l’entraîneur Laurent Blanc, qui m’a dit que je me rapproche de vous car vous êtes sa priorité. Mes mains tombent. Je tombe de haut car je suis dans une période difficile. L’OM prend beaucoup de temps. Personne ne peut comprendre à quel point c’est incroyable. Il y a très peu de temps libre, surtout pour la famille. Et je me dis  » OM/Equipe de France : comment vas-tu supporter tout ça ? « . C’est compliqué. Je laisse un message à Christophe Baudot.

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Le médecin de l’OM…

Le médecin de l’OM à l’époque, qui m’a dit : « C’est extraordinaire. Tu ne peux pas refuser ça. » Je lui ai dit : « Au moment où on se parle, Christophe, je pense que je vais refuser (…) Je ne sais même pas où je vais mettre les pieds, donc c’est déjà assez compliqué . Je ne me vois pas me mettre quoi que ce soit sur le dos. Il m’a dit : « Pensez-y, c’est un bond pour votre carrière. C’est la cerise sur le gâteau. Vous saurez des choses que vous ne pourrez jamais savoir. » . Jamais. J’étais en équipe de France de rugby. Tu es en train de passer dans une autre dimension. Tu ne peux pas refuser quelque chose comme ça.

Pendant tout le trajet, on discute et je me dis que je répondrai quand même au médecin, Fabrice Bryand. Je dis: « Je suis très flatté et honoré qu’on me le demande. » Mais je ne peux pas te répondre pour l’instant. J’ai besoin d’au moins une nuit pour réfléchir. Je vous donnerai la réponse demain à 13h au plus tard ».

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Vous parvenez à dormir la nuit qui suit ?   

Alors attend. Trajet Toulouse – Saint-Jean-de-Luz. Nous sommes arrivés. Kristof voit que je ne vais pas bien, il me dit : « Allons dans ta chambre ». Nous sommes restés jusqu’à 4h30 du matin. Je ne dirai pas qu’il m’a forcé à me bourrer la tête, mais il m’a donné tous les arguments qui allaient dans le sens de l’acceptation. Le lendemain, j’appelle ma femme. J’ai dit: « Voilà ce qui se passe, et je pense que je vais refuser. » Elle m’a dit : « Mais pourquoi, tu es fou ? (…) vous réalisez encore que c’est la cerise sur le gâteau. À propos de la carrière que vous avez eue. Tout ce dont vous avez besoin est plus! Vous ne pouvez pas refuser ». Elle m’encourage. Et après j’ai appelé le docteur Fabrice Bryand. Il était midi et demi, avant le dîner. Et je dis : « Voilà. J’y ai pensé, je dis oui. C’est un oui franc et massif. Aller « .

J’ai dit à Laurent Blanc : « Ensemble on va faire la guerre. S’il faut mourir, on mourra les armes à la main »

Et c’est le repas, et l’après-midi on nettoie. Après le match à Toulouse. Et pendant le peeling, je m’assieds sur le banc, regarde l’entraînement et le téléphone vibre. Appel inconnu. Je ne réponds généralement pas. Je ne sais pas pourquoi, je réponds ici. Et il n’y a pas de « bonjour », il y a un énorme éclat de rire au téléphone et c’était mon lolo.

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Laurent Blanc ?  

Oui, Laurent Blanc qui dit : « On va s’amuser, tu verras, c’est super, c’est bon ». Et je dis : « Ecoute Laurent, j’ai réfléchi longtemps, je dis oui. » Et si je dis oui, nous partons en guerre ensemble. Si nous devons mourir, nous mourrons les armes à la main. Alors. On commence ensemble et on va jusqu’au bout ».

On se retrouve quelques jours plus tard en Tunisie pour le Trophée des Champions contre le Paris Saint-Germain, que l’on a battu au passage. Je suis avec Christophe, toujours. Nous sommes sur la terrasse de l’hôtel. Nous buvons de la bière avant de manger. Vient ensuite José Anigo. Et José m’a dit : « Alain, nous avons reçu une demande de la Fédé vous concernant. Nous pouvons donc vous séparer pour les rassemblements de l’équipe de France. Sachez que nous avons dit oui. Première. Deuxièmement, nous sommes honorés d’avoir un de nos kinésithérapeutes qui sera en équipe de France. C’est un autre choix. Et troisièmement, émotionnellement et professionnellement, je vous dis : vous le méritez 1000 fois. » J’ai été très touchée. Et pendant le repas en Tunisie, José prend la parole et dit : « Les gars, j’ai une annonce pour vous. Olympique de Marseille a une autre sélection en équipe de France : c’est ton kiné, Alain ». Applaudissements etc

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Et alors, le premier rassemblement ? 

Des démarches sont en cours. J’ai reçu une invitation du secrétariat de l’OM, ​​avec un billet d’avion, pour le premier rendez-vous, qui était en août. Nous sommes allés jouer en Norvège. Le premier match de l’équipe de France. J’arrive donc à Clairefontaine où je rencontre des gens que je ne connais pas, sauf Henri Emile que j’ai croisé dans les couloirs du stade quand il venait voir les matchs, Philippe Tournon, Laurent Blanc. Mais je retrouve aussi Jean-Louis Gasset, qui était encore entraîneur à l’OM, ​​adjoint de Gérard Gilli, quand on était en deuxième division. Je retrouve Alain Boghossian que j’avais comme joueur. Je retrouve Fabien Barthez que j’avais comme joueur. Nous nous retrouvons en famille. Et là, j’ai découvert mes collègues, dont l’un était kinésithérapeute de Bordeaux où Laurent était coach, et l’autre kinésithérapeute d’Auxerre. Mon petit François Darras que j’adore. Alors je rencontre le Dr Fabrice Bryand, que je ne connaissais pas, et je découvre Thierry Cambon qui est l’ostéopathe de l’équipe de France, lui aussi invité par Laurent Blanc. Et avec qui ça a tout de suite collé. Nous avons vraiment les mêmes valeurs.

Laurent Blanc a dit : première personne à voir un morceau de chewing-gum pendant l’hymne national, il sort aussitôt

On est donc au mois d’août 2010, juste après la Coupe du monde en Afrique du Sud ?

C’est ça. Et interdiction à Laurent de choisir quiconque se trouvait dans ce fameux bus. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé entraîneur de l’équipe de France, sans pouvoir choisir le meilleur, il faut le dire. Nous allons en Norvège. Et pendant le repas, tout le monde s’assoit et Laurent dit : « Les gars, je vous demande une minute avant de partir vous servir au buffet. » Je veux vous dire qu’il y aura des hymnes nationaux ce soir. Nous vous donnerons un vers de la Marseillaise sur une feuille de papier. Il y a 12 lignes d’apprentissage. Vous ne serez pas autorisé à dire que vous ne connaissiez pas les paroles. Chante qui veut. Si tu ne veux pas chanter, ne chante pas, je ne force personne. Par contre, la première personne que je vois mâcher pendant l’hymne national, il sort tout de suite. C’est sérieux les gars. C’est le pays. Nous respectons ».

J’ai fait une crise cardiaque une semaine avant l’Euro 2012 !

Le début d’une aventure qui va durer deux ans, donc ? 

Deux ans ! J’ai dit à Lolo : « On vient ensemble, on part ensemble. » Mais en fait je suis parti tôt car en courant d’un côté à l’autre, il arrive un moment où le corps dit stop, et j’ai fait un infarctus, une semaine avant l’Euro 2012.

J’ai eu plusieurs signes avant-coureurs et je n’allais pas bien. J’en parle à Thierry Cambon. Et Thierry me dit : « Écoute, en fait, tu n’as pas l’air bien. Demain, je te verrai dans la salle d’ostéo. On va passer du temps ensemble. » Il m’a gardé 1h30. Il m’a touché et pressé. Il m’a beaucoup parlé et m’a fait sortir de ce que j’avais en moi. Jusqu’à ce qu’il me fâche. devant le grand écran du salon du château de Clairefontaine, pour regarder Montpellier qui va être champion, je ne me sentais pas bien et j’avais envie de vomir. J’ai dit : « Écoutez les gars, la deuxième mi-temps , je vais le regarder dans ma chambre parce que je suis fatigué. » Mais j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose. Je me couche, je transpire. Je sors du lit. J’essaie de marcher. J’ai de la fièvre dans mes jambes. Je frissonne, j’ai froid, je transpire de froid. Et là, j’appelle aussitôt Thierry Cambon. Je dis : « Thieri, mon frère, viens vite, je ne vais pas bien. » Trente secondes plus tard, il est dans ma chambre. Le docteur arrive et on va aux urgences de Rambouillet. Thierry était à l’arrière du Renault Espace. Il me tenait la main, j’ai dit : « Thieri, je vais mourir, je sens que je sens que je vais mourir ». Lui : « Mais tu ne vas pas mourir, ne t’inquiète pas, ça ira ». Nous arrivons à h urgent. Le médecin me pose des questions : « Monsieur, vous faites une crise cardiaque. Nous n’avons pas de coronographie à Rambouillet, nous allons vous transférer vous et le Samu à l’hôpital de Versailles ». Et me voilà dans un camion transporté à Versailles.

J’ai dit à Thierry Cambon : « Je vais mourir, j’ai l’impression que je vais mourir »

Intervention d’urgence avec pose de stent. Et j’entends encore le cardiologue dire : « Merde, l’artère est bouchée. » Quand je reprends mes esprits, je lui prends la main et dis : « Docteur, est-ce que je n’ai plus d’euros ? « . Je savais qu’il était mort.

De suite, vous pensez à l’Euro et l’équipe de France ?

Oui. Nous avons travaillé pendant deux ans pour aller vers cet Euro en Ukraine et en Pologne. Et je sens que je vais rester à la gare. Je me suis retrouvé à l’hôpital de Versailles après l’intervention. Puis le gérant m’appelle et me dit : « Alors, comment ça va ? » Vous regardez le match ce soir ». Parce que je pense que c’était un match amical contre la Pologne. Et là, je vois les joueurs qui sortent pour s’échauffer. Tout le monde avait des T-shirts qui disaient « Alain, on pense à toi » et j’ai craqué.

Kiné à l’OM et en équipe de France, est-ce différent ?

Déjà, aucun joueur n’a été traité différemment en équipe de France et à l’Olympique de Marseille. Il n’y a pas de différence de traitement entre un joueur blessé en équipe de France ou blessé à Marseille. Ça n’existe pas! D’autre part, vous êtes là avec l’élite. La première personne qui venait toujours à mes matchs, avant l’échauffement, c’était Karim Benzema. Et Lolo, soit dit en passant, s’amusait toujours quand elle arrivait derrière moi : « Et il est avec son bébé ? » « . Je lui dis: « Ce n’est pas mon enfant, mais nous faisons tout pour qu’il soit le meilleur. » Il m’a expliqué ce dont il avait besoin dans les massages, etc. Il voulait être fort et avait toujours une cheville, toujours la même cheville, la gauche.En plus, il a la manie, on le voit toujours avec un pansement à la main.

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Il n’y a pas de Parisiens, pas de Marseilles, pas de Lyons en équipe de France.

Et une petite anecdote à Clairefontaine. Après l’entraînement, Guillaume Hoarau s’est plaint de sa cheville. Je m’en occupe et derrière moi, sur la table derrière, c’est Steve Mandanda. Il dit : « Putain, on a tout vu. » La Marseillaise soigne le Parisien ! « . Et là je me retourne et je lui dis : « Mais sérieusement, Steve, ne déconne pas : il n’y a pas de Parisiens, pas de Marseille, pas de Lyon. Le pays est en danger. Arrête. » Et ça l’a fait rire parce que, bien sûr, il savait. Mais c’était juste pour s’amuser un peu.

L’OM, c’est déjà énorme. Mais en équipe de France, est-ce qu’il y a une pression supplémentaire ?

Marseille c’est ma ville, c’est ma vie. J’ai passé plus de la moitié de ma vie dans ce club. Avoir l’OM sur la poitrine est un honneur (…) Quand tu as un coq, tu travailles pour l’Etat. Je suis d’origine arménienne, mais je donnerais ma vie pour la France. Et que j’aie eu l’occasion de porter ce coq sur ma poitrine, c’est le plus grand honneur qu’on puisse me faire ! D’ailleurs, avec mon ami Mohamed Sanhadji qui est un grand homme, qui est le commandant de la police en équipe de France, je me souviens qu’un jour on s’est rendu compte qu’on plaisantait trop dans le vestiaire, avant le match. C’est trop détendu. Et quand les joueurs traversent le couloir pour entrer sur le terrain. On leur a dit : « Oh, les gens ! C’est ton coq, pas une pintade. Souvenez-vous toujours de cela ». Ça remet un peu les choses en place. Alors, tout ça pour vous dire que porter ce coq sur votre poitrine est un grand honneur.

C’est ton coq, pas une pintade !

Vous avez eu des grands joueurs à l’OM, des internationaux, mais des joueurs vous ont-ils impressionné, en équipe de France ?

Physiquement, non, car nous les avions à Marseille ! Quand tu avais Boli, Dessailly entre les mains, tu pouvais dire que tu avais de la masse musculaire et des monstres physiques. Ce n’est pas ce sur quoi je veux particulièrement attirer l’attention. Plutôt dans l’esprit, l’esprit du joueur. Je prends l’exemple de Patrice Evra, qui est beaucoup critiqué, mais qui est un garçon extraordinaire, qu’il faut connaître. Il faut aller chercher et gratter au plus profond de ce garçon, pour savoir ce qu’il y a dans son ventre. Et croyez-moi, c’est le cas. C’est le patron. C’est un patron qui sait dire les choses. Avec les mots justes (…) Eric Abidal aussi, c’est monstrueux !

Mais quand vous parlez de mental, c’est quoi ? La capacité à gérer la pression ?

Oui, et de faire passer le message aux autres. Ce sont des chefs d’équipe. Prenez un garçon comme Franck Ribéry. Il n’y a aucune pression sur lui. C’est une machine à sous. On l’a fait passer pour ceci ou cela, mais Franck Ribéry, sur le terrain, est une machine à jeux. Ne faites pas ce qu’il a fait à l’OM et au Bayern Munich, si vous n’êtes pas un grand footballeur ! Patrice Evra ne peut pas être capitaine de Manchester United à l’époque glorieuse de Manchester United s’il n’a pas ce qu’il faut entre les jambes ! Et Eric Abidal au Barça, avec tous les problèmes de santé qu’il a eus. Regardez quand ils ont gagné la Ligue des champions. Jusqu’à ce qu’il soit capitaine, ils l’ont fait se lever !

Et comment organisez-vous les séances, avec les joueurs ? 

Il faut s’adapter. Vous avez des joueurs qui disent : « Je dois venir juste après le dîner. Par exemple, Gameiro. Et il y a aussi une certaine hiérarchie, un peu comme dans un club où les seniors ont le droit de choisir leur horaire. Des choses comme ça. Il y avait un tableau, avec trois physiothérapeutes, des horaires et tout le monde marquait. Mais alors, vous savez, ça ne vaut même plus la peine de marquer. On savait qu’à 22h30 ou 23h00 Patrice Evra, Eric Abidal et Samir Nasri. Alors.

Le kiné a-t-il lui aussi, comme d’autres, un rôle de confident ? 

Ah oui, la salle est un confessionnal ! Totalement. S’il y a quelque chose d’important. Je dirai à l’entraîneur : « Regardez-le attentivement, s’il vous plaît. Il a un problème ». Par contre, quel est le problème, je ne dis pas. Il trompe sa femme, il ne trompe pas sa femme, je ne dis pas cela. Par contre, s’il a jeté cette nuit-là, alors il doit le savoir, parce que c’est médical. Nous ne sommes pas là pour dénoncer ou influencer. Nous sommes là pour faire bouger les choses. Et croyez-moi, quand un joueur se confie à vous, c’est parfois parce qu’il sait très bien que ça va encore arriver au coach (…) J’ai beaucoup parlé avec Karim Benzema.Beaucoup, beaucoup avec Eric Abidal.Beaucoup avec Patrice Evra.

Plus de dix ans après votre passage en équipe de France, est-ce qu’il y a des joueurs que vous recroisez ou avec qui vous êtes en contact ?

Principalement Mathieu (Valbuena) que je vois régulièrement car il a une maison à Aix. On s’appelle régulièrement, et c’est pareil avec Karim, qui est à Madrid. Qui m’envoie son maillot dédicacé par l’intermédiaire de Thierry Cambon, qui lui rend régulièrement visite là-bas. Il a dit : « Tiens, donne ça à mon frère, dis-lui que je pense à lui ». Après, parmi les anciens, Patrice Evra. On se parle, de temps en temps je lui envoie un message : « Tu me manques. J’ai lu votre livre. Tu étais formidable! « . Il me remercie et c’est tout.

Merci pour cet entretien, Alain Soultanian… 

Juste un dernier mot, qui est important pour moi. C’est que si je suis là aujourd’hui à vous parler, c’est encore grâce à mon ami Thierry Cambon. Je lui dois la vie. Et vous savez, si je devais conclure, c’est que rien dans ce sport, comme dans tous les sports, ne peut fonctionner sans les gens. Vous avez besoin d’affection. Nous devons vouloir nous défoncer l’un pour l’autre. La solidarité, l’entraide, l’envie de se voir, le plaisir de se retrouver. Tu sais quand tu vas en équipe de France, c’est quand même une bouffée d’air frais par rapport à la vie de tous les jours. Quoi qu’il en soit, même si j’aime mon travail. Mais l’équipe de France, c’est autre chose. C’est un coq. Et n’oubliez jamais : un coq n’est pas une pintade !