Dordogne : Yves Guéna, un Périgourdin dans l’histoire de France

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Quel est le rôle d’Yves Guéna dans l’histoire de France ?

Bernard Lachaise Il a eu une longue carrière puisqu’il a rejoint le premier dans la France libre, sa position de gaulliste historique. Il a fait une belle carrière, quand il a su laisser sa marque dans l’histoire : il a été député, ministre, secrétaire général du parti politique UDR, président du conseil constitutionnel et bien sûr maire de Périgueux. Toutes ces fonctions lui confèrent une place non négligeable. Il est vraiment fier du pays. En Dordogne, on peut jouer au même niveau Georges Bonnet, Yvon Delbos ou Roland Dumas.

Quelles traces a-t-il laissé en Dordogne ?

Pour sa famille politique, c’est lui qui a réussi à implanter le gaullisme en Dordogne. Il a été longtemps isolé et a mis du temps à s’établir. A Périgueux, il a encore été maire pendant vingt-six ans. C’est aussi lui qui importait et imprimait Timbre (à Boulazac) lorsqu’il était ministre de l’Information.

Comment ce Breton a-t-il réussi à s’implanter dans le Périgord ?

Bref, en 1962, avec quelques voix. Il avait l’avantage d’être un Français libre. Son caractère de résistant l’aide dès le début, notamment auprès des communistes, avec lesquels il entretient des relations privilégiées. En revanche, les relations avec les communistes et les extrémistes sont plus difficiles. Il a profité du trou politique chez les gaullistes : il y avait une place à prendre. Il travaillait dur et cultivait la terre : les archives de son histoire le montrent. On entend le groupe énarque, tout est très bien préparé, il ne laisse rien de côté.

Apportez son histoire. Comment y avez-vous eu accès ?

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Il voulait qu’ils soient rendus au Service des Trésors de la Dordogne. Ils sont là depuis trois ans, à la disposition de tous les chercheurs. Ils sont très riches. Il y a même des notes manuscrites de conversations avec Jacques Chirac qui sont très intéressantes. D’autres hommes politiques, comme Robert Lacoste ou Bernard Cazeau, ont également déménagé leurs magasins à Périgueux.

Pourquoi était-il considéré comme un gaulliste de gauche ?

Il rejoint l’Union démocratique du travail (UDT), un parti gaulliste de gauche. Il prit ce titre pour se présenter en Dordogne. Il en était chargé. Il est aussi très doué pour aller dans l’aile gauche. Puis il est parti.

Quelle est sa relation avec les communistes ?

Il y a un respect mutuel hérité de la Résistance, même si parfois ils se sont battus sur le terrain. Les plaintes ont été rejetées, même avec la même idéologie. Il entretenait de bonnes relations avec Léon Lichtenberg, Roger Ranoux et Francis Colbac… C’était profond, ce n’était pas une arnaque politique.

Archives Jean-Christophe Sounalet/ »SO »

Il y a en effet des zones d’ombre dans son travail, comme quand Yves Guéna nettoyait l’ORTF en 1968…

Son livre de mai 1968, « Maintaining State », a tout dit. Ce colloque ne sera pas une hagiographie sur Saint Guéna. Mes collègues traiteront sans aucun doute de questions étonnantes. A l’ORTF, Emmanuel Guigo a eu accès à de nombreuses archives qui montrent clairement le rôle qu’il a joué lorsqu’il était ministre de l’Information.

Qu’attendez-vous de la série Great Evidence ?

Beaucoup de personnes contactées n’ont pas pu venir donner plus de lumière au politicien en évitant les histoires personnelles. Xavier Darcos, son successeur, sera là, mais en visio.

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Comment voyez-vous les gens intelligents ?

C’est un homme de plusieurs cultures. Nous avons inclus des exemples de ses discours dans l’exposition qui lui est consacrée. Il a écrit de nombreux livres sur différents sujets, tels que Lauzun ou Baron Louis; et même une pièce de théâtre, « Phèdre », réalisée à Paris. Il fait partie des hommes politiques français qui ont la culture humaine, la littérature et l’histoire, comme François Mitterrand. C’est une espèce dangereuse.

Vous qui avez interviewé et rencontré Yves Guéna à de nombreuses reprises, que retenez-vous ?