« Du diagnostic au post-partum, comment j’aide mes patientes à vivre une grossesse en toute sécurité »

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

RECONNAISSANCE – « Au cours de mes quarts de travail et de mes visites, j’ai pu mieux comprendre les besoins, les exigences et les souhaits de plusieurs futurs parents. explique la sage-femme.

La peur de l’accouchement est normale et même souhaitable. La peur n’est pas toujours inutile, mais ici il faut être vigilant lorsque cette peur empêche les femmes de dormir, de manger ou de vaquer à leurs occupations quotidiennes.

ACCOUCHEMENT – Je suis sage-femme depuis plus de 10 ans. J’ai toujours été hospitalisée et libérale et j’ai décidé de quitter l’hôpital il y a un an. Je travaille actuellement au domicile de mes patients. Je les accompagne avant et après l’accouchement, étapes aussi importantes que le jour J. La grossesse précède et se construit jusqu’à l’accouchement. Au cours de mes échanges et de mes visites, j’ai pu mieux comprendre les besoins, les exigences et les souhaits de nombreux futurs parents. Et si personne n’est à la hauteur de ce bouleversement, il existe tout de même quelques pratiques communes et utiles pour aider chacun à traverser au mieux cette belle aventure, de la confirmation de grossesse aux premières contractions.

1er trimestre

Il existe en effet un tabou autour des 3 premiers mois, car il est souvent conseillé aux femmes d’attendre une échographie à la fin du 1er trimestre pour annoncer la grossesse. Cela m’a toujours été complètement inutile et je suis heureux que maintenant nous revenions à cette idée reçue dans les réseaux sociaux et les médias. Ce n’est pas au personnel soignant, chaque femme fait ce qu’elle veut et si elle veut le signaler immédiatement si le test est positif, ça va. Je trouve même que c’est plutôt bien car elles peuvent avoir des maux comme des nausées qui sont très dures à supporter au 1er trimestre. Lire aussi : 10% des couples français ont des chambres séparées : une vraie tendance de fond ?. De plus, en cas de fausse couche naturelle, il est également bon qu’ils puissent être portés et entourés. Je fais partie de ceux qui préfèrent tout dire. Après, bien sûr, s’ils veulent l’annoncer après l’échographie, ils peuvent le faire aussi.

Il faut juste rappeler le cadre légal : il n’y a pas d’obligation d’annoncer la grossesse en début de grossesse, il n’y a pas de « bon délai », si on veut annoncer à 7 mois, même si c’est un peu bizarre, c’est quand même possible!

Ralentir n’est pas le bon mot. Je pense qu’il ne s’agit pas tant de ralentir car vous pouvez même accélérer et il n’y a pas de problème. Dans la vie on ne s’écoute jamais, on repousse toujours nos limites, mais pendant la grossesse il ne faut pas repousser nos limites. Quand son corps nous dit d’arrêter, nous devons nous reposer. Tu n’as qu’à t’écouter, mais si tu es en forme tu peux continuer, tu n’as qu’à t’écouter.

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2e trimestre

C’est souvent un bon trimestre pour les femmes, ça dépend bien sûr, mais en général ça l’est. Tout change dans le corps, car à ce moment l’enfant grandit beaucoup. Après les nausées du premier trimestre, vous pouvez revenir, fessiers, sciatiques, reflux, mais il y a des femmes qui s’en sortent très bien. On ne peut pas dire « le deuxième trimestre est comme ça », ça dépend vraiment de chaque femme.

C’est comme l’importance de ralentir, les femmes font ce qu’elles veulent avec un peu de bon sens. Les arts martiaux sont évités, bien sûr ! Vous pouvez faire n’importe quel type de sport, je n’ai pas de limites autres que de m’écouter. S’il faut 4 jours pour récupérer d’une séance de sport, il faut l’arrêter. Mais si ça fait du bien, c’est bon pour moi !

Ce n’est pas parce que je suis sage-femme que j’ai le droit de vous dire comment faire l’amour. Vous pouvez tout faire, il n’y a pas de limites. Si cela est dû à une contre-indication médicale, comme le placenta praevia ou le risque d’accouchement prématuré, nous vous disons que si on ne vous l’a pas dit, cela signifie que vous avez le droit de faire ce que vous voulez.

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3e trimestre

Un plan de naissance est un document écrit que nous remettons aux équipes, dans lequel nous disons ce que nous souhaitons pour votre naissance et la suite de votre naissance. J’aime beaucoup le plan de naissance car il faut comprendre que c’est la seule partie du dossier médical qui émane de vous. Alors, dans ce projet de naissance, dites qui vous êtes et ce que vous attendez de la sage-femme. Les sages-femmes sont surchargées en salle d’accouchement et elles n’ont pas le temps de s’occuper de vous avec des « oignons », alors dites-leur si vous avez peur des piqûres, si votre couple ne va pas bien, en un mot, dites-leur qui vous sont et ce que vous attendez d’eux. Plus tard, vous pouvez ajouter des détails comme le désir d’avoir une péridurale ou une épisiotomie, mais ce n’est pas le plus important à mon avis.

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On prépare le retour à la maison en s’informant beaucoup : écouter des podcasts, lire des livres pour savoir à quoi s’attendre et essayer de se préparer à l’avance. On ne peut pas se préparer à un changement aussi fou, en revanche on peut prévoir les choses logistiquement. Vous devez dire au coparent que vous n’êtes pas celui qui peut gérer la femme de ménage. Si tu veux, tu peux, mais si tu ne veux pas, on ne peut pas compter sur toi. Essayez de trouver des avis, c’est bien que le coparent bénéficie d’un mois si possible. C’est pourquoi j’ai écrit un livre qui rassemble toutes les questions que les femmes se sont posées et se posent dans ma pratique depuis des années. La préparation du retour à domicile est une véritable étape qui mérite une attention tout au long de votre grossesse. Si je devais dire un message clé : au lieu de la couverture 15, demandez à vos amis ou à votre famille de l’aide pour les soins ou le babysitting !

La peur de l’accouchement est normale et même souhaitable. La peur n’est pas toujours inutile, mais il faut être vigilant lorsque cette peur empêche les femmes de dormir, de manger ou de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Il faut en parler à la sage-femme là-bas, mais c’est normal d’avoir peur. Après tout, c’est un événement inconnu : vous ne savez pas quand, ni où ni avec qui vous allez accoucher, il est donc naturel d’avoir peur.

En conclusion, respectez le signal « c’est vous le patron », du début à la fin, exprimez clairement vos souhaits d’être respectés, exprimez vos sentiments, soyez à l’aise de refuser l’examen dans des conditions inappropriées, terminez un examen inconfortable ou douloureux, respectez les souhaits allaiter naturellement ou non, et surtout, n’oubliez pas le rôle ou le lieu de coparentalité, tout élément susceptible de contribuer au calme de leurs 9 mois de grossesse et des premiers jours après l’accouchement.

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Par Sophie Serhani – s.serhani@sudouest.fr Publié le 30/10/2022 à 14h20 Mis à…