Écoutez-vous pour mieux manger

Written By Sara Rosso

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Janvier est le moment idéal pour créer de nouveaux régimes et régimes stricts en profitant de la culpabilité des lourds repas de vacances. Au lieu d’amorcer un processus de restrictions alimentaires pouvant entraîner une prise de poids ou un trouble de l’alimentation, le groupe de recherche Loricorps de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) propose une approche intuitive de l’alimentation. Le principe de base : rejeter les interdits alimentaires et renouer avec les besoins du corps.

L’alimentation intuitive est une approche qui s’appuie sur les signes internes de l’organisme (faim, satiété) pour guider l’alimentation, à la fois dans le choix et la quantité de nourriture, plutôt que sur des facteurs externes tels que les régimes alimentaires, les règles alimentaires, les heures des repas, les croyances liées à l’alimentation. valeurs alimentaires.

« Boire et manger, c’est complexe », explique Johana Monthuy-Blanc, responsable du groupe de recherche Loricorps. Ce qui a beaucoup de sens sur le plan théorique est vite absorbé par la réalité humaine. »

Des bénéfices psychologiques importants

Pourquoi opter pour une alimentation intuitive plutôt qu’un régime strict ? Car selon Mme. Monthuy-Blanc, on ne peut pas savoir comment notre corps va réagir à une restriction alimentaire. Lire aussi : Nutrition et perte de poids : ces 9 aliments peu recommandables ne sont pas si mauvais pour la santé. « Certaines personnes vulnérables à la restriction alimentaire vont perdre le contrôle, que ce soit en termes de poids ou de confiance en soi », explique le chercheur.

« Il faut sortir du cercle vicieux des régimes, car la restriction mène à la compulsion », renchérit Émie Therrien, membre du groupe de recherche Loricorps. Il y a un délai pendant lequel une personne peut être immobilisée. Dès que la retenue cessera, la compulsion suivra avec un sentiment d’échec qui perturbera l’estime de soi. Puisque l’estime de soi est écorchée, nous aurons envie de travailler sur la satisfaction de notre corps et de commencer un autre régime, et c’est comme ça que ça roule tout le temps.

Selon les deux chercheurs, les études montrent unanimement de grands bénéfices psychologiques chez les personnes qui pratiquent l’alimentation intuitive : des comportements moins altérés liés à l’alimentation, une meilleure satisfaction corporelle, une meilleure estime de soi et un rapport à la nourriture plus sain.

Et qu’en est-il des avantages physiques? « Du point de vue de la santé physique, il n’y a aucun inconvénient à aller vers une alimentation intuitive », assure Mme. Therrien, brisant ainsi le mythe selon lequel manger intuitivement signifie manger ce que vous voulez quand vous voulez.

« On parle d’atteindre la satisfaction par une alimentation bienveillante, alors ne laissons pas de côté toutes les notions nutritionnelles qui visent à couvrir les besoins physiques. Le corps a besoin de certains nutriments pour bien fonctionner, et cela nous poussera naturellement à manger ce dont nous avons besoin », ajoute-t-il.

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Faire confiance à son corps

Bien qu’il s’agisse d’une forme de lâcher-prise, il est psychique et non alimentaire au sens d’excès. « Les études montrent très clairement que chez les personnes qui pratiquent l’alimentation intuitive de manière assez complète, il n’y a pas d’excès de poids. Cela veut dire qu’à la base, si on fait confiance à son corps, il va y avoir une homéostasie, c’est-à-dire un rééquilibrage qui va se faire au niveau du poids », explique Johana Monthuy-Blanc.

Émie Therrien précise toutefois que quelqu’un qui s’est imposé de nombreuses restrictions alimentaires au cours de sa vie pourrait traverser une période d’adaptation qui passe pour de l’excès lors de ses premiers pas vers l’alimentation intuitive. « Enfin, le fait que les aliments interdits ne le soient plus réduira fortement leur attrait et modérera les excès. Nous passons nos vies à détruire notre intuition, donc ce n’est pas un voyage qui peut se faire en quelques semaines », dit-il.

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« L’être humain naît en étant intuitif »

Si les êtres humains en sont venus à ne plus écouter les signaux que leur envoie leur corps et veulent contrôler à tout prix leur alimentation, c’est à cause de l’insatisfaction corporelle et aussi à cause de toutes les normes qui se transmettent d’une génération à l’autre.

« Ne serait-ce que finir le plat pour faire le dessert, c’est quelque chose qui est très bien ancré dans la société. Cependant, cela nous amène à surmonter nos signaux de satiété avant de nous permettre un aliment dont nous rêvons. La meilleure solution serait de laisser de la place pour le dessert, si on le veut », dit Émie Therrien.

« Les êtres humains naissent intuitifs, capables de réguler eux-mêmes leur alimentation. L’exemple des bébés allaités est toujours cité. Vous ne pouvez pas voir combien ils prennent. Ils boivent quand ils ont faim et s’arrêtent quand ils n’ont plus faim. Personne ne remet cela en question en général s’il n’y a pas de problème de santé », poursuit Mme. Therrien.

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Pourquoi manges-tu?

C’est donc dès le plus jeune âge qu’on nous apprend à ne plus écouter nos signaux de faim et de satiété, mais pas par mauvaise volonté. Réapprendre à se connecter avec notre corps est un voyage qui dure dans le temps, une recherche. « Chez Loricorps on place les aliments intuitifs au bout d’un continuum où l’on retrouve, à l’autre bout, les aliments pathogènes », explique Johana Monthuy-Blanc.

La première étape vers une alimentation intuitive est de prendre conscience de ce qui nous pousse à manger. « Mangeons-nous parce que nous avons faim ? Par habitude ? Par horaire ? Faire plaisir à quelqu’un ? Pourquoi ressentons-nous des émotions ? demande Mme Therrien.

Mise en garde des deux chercheurs : on ne peut pas être un mangeur intuitif tout le temps ! L’alimentation intuitive ne devrait pas devenir la nouvelle norme, et nous ne devrions pas nous leurrer sur le fait que nous n’avons pas été un mangeur intuitif.

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Publié le 12.01.2023 à 08:11 , mis à jour le 12.01.2023 à…

L’iceberg du trouble de comportement alimentaire (TCA)

La partie visible de l’iceberg (sommet) représente 6 % des TCA, soit les formes extrêmes (1 % anorexie et alimentation restrictive, 2 % boulimie et alimentation émotionnelle, et 3 % hyperphagie et hyperphagie boulimique). Caché sous la surface de l’eau, on retrouve 47% des personnes vivant avec un spectre plus ou moins différent de TCA.

Chez Loricorps c’est avec la partie cachée de l’iceberg que l’on travaille pour qu’il ne remonte pas vers la pointe. « Actuellement, il n’y a qu’un taux de succès de 30% après une intervention et une personne sur deux chute après une intervention. Le pronostic est assez négatif », révèle Mme Monthuy-Blanc.

Les deux chercheurs estiment que cette partie cachée de l’iceberg a été fortement affectée par l’endiguement de la pandémie pour deux raisons. Premièrement, les gens qui craignaient de ne pas avoir assez de nourriture en stock et devaient vivre avec beaucoup de nourriture facilement accessible. Le deuxième coupable est la vidéoconférence, qui a laissé les gens avec leurs images projetées toute la journée. Les résultats de leur étude sont parus en décembre dernier dans la revue Frontiers in Psychology.

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