Efficacité, légalité, risques… Ce qu’il faut savoir avant d’essayer le CBD

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Huiles, e-drinks, tisanes ou encore chocolat… Le cannabidiol, ou CBD, la molécule extraite de la fleur de cannabis et sans effet narcotique, a été confirmé. Mais ça marche vraiment? Juridique? On fait le point.

CDB. Trois caractères d’une petite molécule qui a le vent en poupe depuis 2018. Issu de la plante de cannabis, il se démarque de son parent, le THC (principale molécule active du cannabis, ndlr), en promettant de guérir de nombreuses maladies. sans céder ni bloquer l’esprit du client. Du sommeil au soulagement du stress en passant par les règles douloureuses, le CBD offre ses bienfaits. Et le succès n’est pas des moindres, selon 1700 boutiques en France qui en vendent de différentes manières : e-eau, tisane, chewing-gum, spray, huile, tablette de chocolat, sucette, boisson pétillante.

Le chanteur Mika a récemment investi dans Divie, une société dédiée au CBD, et même les maisons royales s’en mêlent. Le Shangri-La de Paris propose donc des massages à l’huile de cannabidiol. Ce week-end, les 21 et 22 mai, la molécule est au salon international CBD, qui se tient à Paris Expo Porte de Versailles. Mais si ce dernier jouit d’une bonne image, sa composition, sa loi et surtout son impact sur la santé, est une question. On fait le point.

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Découverte dans les années 1960

Découverte dans les années 1960

Il s’agit d’une molécule chimique appelée « phytocannabinoïde », extraite des fleurs de certains types de cannabis, tous de la famille Cannabis sativa. Sur le même sujet : Les magasins CBD vont bientôt fermer?. Il a été découvert par le chimiste israélien Raphaël Mechoulam dans les années 1960.

En pratique, « cette molécule active le système endocannabinoïde de l’organisme (un ensemble de récepteurs et de molécules cellulaires, ndlr) et d’autres systèmes liés à l’inflammation, à la transmission de la douleur et des émotions, comme les récepteurs à la sérotonine », explique Nicolas Authier, expert psychiatre. en pharmacologie et en toxicomanie.

Contrairement au THC (ou delta-9-tétrahydrocannabinol), également présent dans la plante, le CBD n’a aucun effet euphorisant, et n’est pas narcotique. « Avec son mécanisme d’action, il continue cependant d’être considéré comme psychoactif, moins puissant que le THC, mais qui agit tout de même sur le psychisme », nuance le psychiatre, également président du Comité scientifique d’experts temporaires sur le traitement du cannabis.

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Est-ce légal ?

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Oui et non. En fait, l’ambiguïté juridique demeure, concernant la vente de cannabidiol. Jusqu’à l’année dernière, « la France suivait le décret du 22 août 1990, qui limite l’usage et l’utilisation du chanvre aux seules fibres et graines », rapporte maître Eveline Van Keymeulen, associée au sein de Healthcare & amp; Latham & amp; Watkin. Évidemment, puisque le CBD se trouve dans les fleurs et que cela est interdit, toute utilisation est totalement interdite en France.

Mais cette interdiction a été déclarée illégale par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en novembre 2020. La raison ? Le tribunal a indiqué que selon l’état actuel des connaissances scientifiques, le CBD ne semble pas avoir un « effet psychotrope ou nocif pour la santé humaine ».

Ainsi, le 30 décembre 2021, le gouvernement a publié une nouvelle loi pour répéter ce qui était considéré comme illégal. Cette dernière autorise la production de chanvre extrait à l’échelle industrielle, mais interdit l’utilisation sous leur forme brute (feuilles et fleurs). En bref : vous pouvez acheter un produit cosmétique à base d’extraits de CBD, mais vous n’êtes pas autorisé à fumer un joint ou à acheter de la tisane au CBD.

Mais c’était sans compter sur un nouveau rebondissement. Lundi 24 janvier, le Conseil d’État a soutenu les défenseurs de cet article et suspendu la décision du gouvernement. « Il existe de sérieux doutes sur la légalité de cette mesure et sur la pertinence de l’interdiction en raison de son caractère disproportionné », a déclaré le tribunal dans un communiqué. Dans l’attente d’une analyse détaillée des points soulevés, l’affaire reste pour le moment pendante.

Le client risque une amende immédiate pouvant aller jusqu’à 200 euros

Quel est le risque client ? « Sans un test rapide pour distinguer le CBD du cannabis narcotique, si un client est pris par la police en possession de fleurs de CBD (même du pot-pourri), il risque d’être accusé d’usage de stupéfiant et de recevoir une amende immédiate pouvant aller jusqu’à 200 euros, explique-t-il.L’avocat.Actuellement, cependant, il est rare d’être poursuivi et les tribunaux.

Qu’en est-il des huiles sublinguales, des boissons, des chocolats et des autres aliments au CBD ? « Tous les additifs alimentaires restent les premiers à être interdits, en attendant la fin de l’évaluation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’approbation par la Commission européenne fin 2022 ou début 2023 », précise maître Eveline Van Keymeulen.

En conclusion, aujourd’hui un seul type de produit est légal en Europe : « Les cosmétiques (crème, sérum, baume, lubrifiant, ndlr) contenant du CBD sans THC », conclut l’avocat.

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Quels sont les bienfaits ?

Quels sont les bienfaits ?

Côté santé, selon Laurent Chevallier, nutritionniste et botaniste, le CBD représente une molécule qui promet de traiter certaines pathologies. « Plus de 10 000 études ont été menées à travers le pays », rapporte-t-il. Certains prétendent qu’il peut ralentir les contractions musculaires involontaires, ce qui est intéressant pour le traitement de la sclérose en plaques et des maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson. Le médecin ajoute : « Dans une moindre mesure, les athlètes pourraient l’utiliser pour réduire l’inflammation, la douleur et ainsi éviter d’utiliser des opioïdes. » Les effets sur les schémas d’anxiété et de dépression ont également été confirmés.

Mais méfiez-vous des promesses excessives. « La seule indication scientifiquement prouvée du CBD est liée à l’épilepsie qui ne se soigne pas par des médicaments, nuance le psychiatre Nicolas Authier. Pour le reste, il n’existe aucune étude bien menée qui ait montré un autre comportement chez l’homme. effet sur la douleur ou la réception émotionnelle ne signifie pas qu’il aura un effet bénéfique. »

Le seul symptôme scientifiquement prouvé associé à l’épilepsie est résistant aux médicaments

Cependant, les témoignages d’utilisateurs de CBD « bien-être » rapportent dans une large mesure une sensation relaxante et relaxante. Sur les forums, nous parlons de réduire le stress, de dormir plus facilement et de soulager les migraines, les courbatures et même les règles douloureuses.

Pour expliquer cela, les professionnels de santé n’écartent pas la possibilité d’un effet placebo. « Ça fait partie du rituel, comme la tisane de verveine que l’on prend avant d’aller se coucher », expliquait Pascal Douek, médecin spécialiste du cannabis médical, dans un précédent article.

Côté cosmétique, parmi les supposées propriétés moléculaires à usage externe, la dermatologue Nina Roos évoque le « relâchement possible des muscles du visage », et donc une action bénéfique sur les rides dites « fortes », comme celles-ci. sur le front. « Potentiellement antibactérien, le CBD peut aussi convenir aux peaux à tendance acnéique », ajoute le médecin. C’est une théorie, mais il n’y a aucune preuve scientifique.

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Existe-il un risque pour la santé ?

Oui. En cas de mauvaise utilisation, il existe deux principaux dangers. « Des problèmes alimentaires – la diarrhée par exemple – et des troubles nerveux comme la somnolence », écrit le psychiatre Nicolas Authier. Dans certains cas rares, le CBD peut avoir un effet sur le foie. « C’est aussi une des raisons pour lesquelles une prise de sang peut être recommandée par un médecin généraliste », ajoute le psychiatre.

Cela fait partie d’un rituel, comme la tisane de verveine prise avant d’aller se coucher.

De plus, attention, « il existe de nombreuses interactions médicamenteuses avec cette molécule, publie Nicolas Authier. Elle peut améliorer l’élimination de certains médicaments au niveau du foie. Il est de la responsabilité du vendeur d’informer ses clients sur ces risques et Le médecin conseille également sur l’utilisation du CBD pour les femmes enceintes et les enfants.

Comment le choisir et le consommer ?

En l’absence de marché régulé, les professionnels de santé regrettent le manque de transparence sur la composition des huiles, sprays et autres produits au CBD. « Vous n’êtes pas vraiment sûr de ce que vous utilisez, s’il contient du CBD, ou du THC », prévient le Dr Laurent Chevallier.

Pour se protéger au maximum des indésirables, le psychologue Nicolas Authier énumère les principaux signaux d’alerte auxquels vous devez prêter attention avant d’aller faire un bilan. Des promesses impossibles surtout. « Il y a toujours du THC, on ne l’enlèvera jamais complètement du produit fini, insiste-t-il. Attention aussi si le vendeur ou le site met en avant de nombreuses allégations médicales : elles sont absolument interdites. » Et de conclure : « Si la marque fait ne vous informe pas sur les risques d’interaction médicamenteuse ou sur les risques éventuels, tout montre qu’il est mal informé et donc faible. »

Vous ne savez pas exactement ce que vous mangez, que ce soit du CBD ou du THC

Le médecin conseille de se tourner vers une pommade buccale, facile à manipuler et à prendre, qui s’avale ou se place sous la langue. Il recommande également de lire attentivement le texte et de choisir la formule la plus simple possible. Évidemment, il faut lire « Extrait de fleur de CBD », qui peut être mélangé à d’autres huiles végétales.

Les fleurs consommées sous forme de joint avec du tabac sont fortement déconseillées en raison du risque cancérigène et cardiovasculaire lié au tabagisme. « Si vous êtes légèrement dépendant au cannabis, vous pouvez réduire le risque en le fumant », dit-il.

De plus, selon le psychologue, les tisanes de fleurs de cannabis riches en CBD ne sont pas intéressantes, puisque la molécule ne se mélange pas à l’eau. En revanche, il est absorbé dans les corps gras, comme le lait.

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Concernant la posologie, Nicolas Authier invite le client à suivre les principes préconisés dans le cas d’une automédication avec des médicaments conventionnels, soit cinq à sept jours d’utilisation. « Nous devons nous demander si ce produit fonctionne vraiment et s’il existe d’autres produits non chimiques qui peuvent nous aider », dit-il.

Le shampoing ou le savon, en revanche, n’est pas intéressant.

Au rayon cosmétique, la dermatologue Nina Roos recommande de faire attention à la traçabilité des produits et de privilégier ceux de l’Union européenne. « La quantité d’extrait de CBD devrait figurer parmi les cinq premiers ingrédients de l’étiquette », dit-il. Plus la liste sera courte, avec des produits bio et sans agents d’enrobage, moins il y aura de risque allergisant.

Afin d’avoir un actif concentré, l’expert recommande de se tourner vers un sérum ou un mélange d’huiles végétales enrichi en CBD. « Le shampoing ou le savon, en revanche, n’ont besoin de rien car ils fonctionnent et seront lavés à l’eau », explique-t-il.

Dans tous les cas, le dermatologue déconseille aux personnes atteintes de psoriasis ou d’eczéma de l’utiliser, et recommande aux peaux non pathologiques de tester d’abord la tolérance du produit sur le coude et d’observer toute réaction pendant trois jours, avant de l’utiliser sur le visage ou corps. Il vaut mieux faire ce test le soir, « certains actifs de ce type de produit peuvent être photosensibilisants », ajoute le médecin.