« En France, le nombre de femmes enceintes ou avec de jeunes enfants dans la rue sans papiers ne cesse d’augmenter »

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Dans une tribune à « Mundo », les défenseurs des droits humains s’alarment de la situation de grande précarité vécue par un nombre croissant de femmes enceintes ou accompagnées d’enfants en bas âge qui vivent dans la rue. Un « scandale » qui appelle une fin immédiate.

Publié le 27 nov. 2022 14:00 Mis à jour le 30 nov. 2022 15:08 Temps de lecture 4 min.

Parmi les indicateurs de développement humain d’un pays, ceux liés à la santé périnatale sont parmi les plus probants. Ils mesurent, à travers l’état de santé des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés, celui de la population générale et la qualité du système de santé. Pourtant, le récent rapport de Santé publique France sur la santé périnatale, qui dresse le bilan de son évolution depuis 2010, est alarmant. Elle révèle, dans un pays mondialement connu pour la qualité de ses soins périnataux, une dégradation sélective selon les territoires et principalement les populations.

En Ile-de-France, le cas des femmes étrangères et sans-papiers et de leurs bébés est extrêmement préoccupant. Plus généralement, en France, le nombre de femmes enceintes ou de femmes avec enfants en bas âge sans-papiers dans la rue ne cesse de croître. Ces femmes et leurs enfants, souvent d’origine africaine et maghrébine, sont en danger. Et nous avec.

Depuis longtemps, les services de santé alertent sur l’augmentation de la mortalité infantile et des congés maternité dans la rue. En 2012, l’Agence régionale d’Ile-de-France pointait, dans l’enquête « Réduire la mortalité infantile et périnatale », la surmortalité infantile en Seine-Saint-Denis : 4,8‰ contre 3,2‰ en France métropolitaine. L’une des recommandations issues de ces travaux est la stabilisation de l’hébergement des femmes enceintes et des jeunes mamans, au moins au troisième trimestre de la grossesse et jusqu’aux 6 mois de l’enfant. S’agissant de la réduction des inégalités précoces de santé, le rapport des « 1 000 premiers jours de l’enfant » (septembre 2020) défend le logement obligatoire jusqu’à 2 ans révolus, une prérogative des conseils départementaux. Mais la situation ne fait qu’empirer.

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Si le scandale des femmes à la rue est devenu une « grande cause régionale » depuis 2017, le dernier rapport de Santé publique France précise que la proportion de femmes sans-abri ayant accouché en Ile-de-France est passée de 5,8‰ en 2010 à 22,8‰ en 2019. Les plus exposés sont les étrangers arrivés plus récemment. En 2020, 38,75 % des femmes enceintes en situation de grande précarité prises en charge par le réseau de santé périnatale Solidarité Paris Maman (Solipam) Ile-de-France sont arrivées en France entre 2019 et 2020. Cette proportion monte à 67,5 % si l’on prend en compte ceux qui sont arrivés depuis 2018.

Errance résidentielle

Le cas de Sonia est illustratif. Travaillant, au noir, comme plongeuse dans un restaurant au début de sa grossesse, elle y dort pour être ponctuelle à son travail. A cinq mois de grossesse, épuisée, elle se tourne vers Solipam pour l’aider à trouver un logement. En raison de la pénurie de postes vacants, les professionnels sont démunis. Sonia a vécu un voyage de pèlerinage résidentiel pour le reste de sa grossesse, devant changer régulièrement d’hôtel, passant des nuits dans la rue. A Paris, le médecin hospitalier a programmé une césarienne en raison d’une grossesse à risque. Quelques jours plus tôt, Sonia entre en travail. Elle est hébergée dans un hôtel 115 [SAMU social] des Yvelines, où elle accouche, en urgence, dans une maternité qu’elle ne connaît pas, sans que l’équipe hospitalière ait accès à son dossier médical.

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