Il est parti pour trois ans de voyage

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Ces globe-trotters, qui ont quitté la Belgique pour « des vacances indéfinies » et ont fait le tour de Dornes cet été, ont donné de leurs nouvelles. Registre.

Fin août, un tracteur agricole rouge vif avec une remorque en cèdre rouge montée sur une remorque à deux essieux est arrivé au camping municipal des Baillys à Dornes. Il s’agissait du Belge Bernard Vallibous, 63 ans, ancien cavalier international, et de l’Alsacienne Pascale Karrière, retraitée de l’enseignement et qui a quitté Namur, en Belgique, le 10 février 2022.

Le tracteur avec 70 ch sous le capot a largement remplacé les deux vieux percherons malades Vaillant et Voyou. Bernard est le pilote et Pascale, la copilote, qui utilisent GPS, casque et micro pour communiquer devant la remorque.

Tous deux avaient promis de « donner des nouvelles de [leur] voyage ». Pascale, disponible et se souvenant que Le Journal du Centre a réservé une large place à son aventure cet été, vient de nous envoyer les journaux intimes les plus importants de ces dernières semaines.

« Aujourd’hui, mi-décembre, nous sommes au cœur du Pays Basque, dans les Pyrénées-Atlantiques, à l’Abbaye de Belloc à Urt. Depuis notre départ de Belgique, nous avons parcouru 7 093 km sur de petites routes à une vitesse tracteur très raisonnable de 17 km/ h. Depuis notre rencontre à Dornes, nous avons sillonné les Pays de Loire, visité quelques châteaux et dégusté des vins locaux. A Orléans nous avons célébré le mariage de mon frère et j’ai pu voir mes trois enfants et mes six petits-enfants.

« Après toute cette effervescence, au Carrefour de la Résistance, au cœur de la forêt d’Orléans, nous avons trouvé un lieu sans filet que nous avons partagé avec les cerfs et leur assiette pendant quatre jours. Nous avons aussi passé quelques jours dans la Vienne, avec une communauté de doux rêveurs, vivant pour la plupart dans des appartements lumineux, occupés à ramener l’église au centre du village, autour de beaux projets : ferme céréalière et maraîchère bio, four à pain mobile, épicerie, bibliothèque, centre de médecine alternative, atelier bois avec regroupement d’outils. Et tout ça dans un environnement agricole, ça marche ! »

« Chaque jour, la nature nous fait de beaux cadeaux, les marais et les gens des eaux en Vendée, aux Sables-d’Olonne. Jour après jour nous suivons les migrations de milliers de grues, repérons ça et là des hérons cendrés et des hérons garde-boeuf Notre rapport à la nature a évolué, nous avons trouvé notre juste place.

« Les orages et la tempête de sable ne nous ont pas épargnés, mais sans dégâts. Quand la nature se déchaîne, on l’utilise de tous les yeux, bien protégé dans notre caravane ! Octobre était bien avancé et avec les températures estivales nous avons visité La Rochelle, l’île d’Oléron, l’île de Ré avec nos mini vélos.

« On rencontre toujours autant de monde, notre aventure fait briller les yeux de chacun… On n’hésite pas à répondre à chaque fois, on prend son temps, rien ne presse. Parfois, nous partageons même un repas avec d’autres campeurs après avoir ramassé des champignons.

« Bien sûr, il y a eu quelques épreuves mineures, comme le pare-brise du tracteur soufflé par un rocher. Mais surtout, ce qui nous a vraiment attristé, à trois reprises, dans les Landes, nous nous sommes fait virer des parcs de camping-car avec notre tracteur et remorque pour ne pas être là ! Cela rend notre vie un peu plus difficile car la plupart des campings sont actuellement fermés. »

Le duo a pris la direction des Pyrénées pour un Noël blanc, en tête-à-tête, dans la roulotte isolée chauffée par le poêle à bois. « Depuis notre arrêt d’aujourd’hui, nous pouvons déjà voir les sommets des Pyrénées. Ici, nous avons 18°. Je crois qu’une partie de la France peut nous envier. Mais tout cela, un jour à la fois, sans horaire préétabli. Vivre le présent sans se soucier de demain. Carpe Diem ! »

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