Ils sont toujours fatigués et satisfaits

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Aujourd’hui, 20% des Français déclarent souffrir d’insomnie. Un problème qui ne cesse de s’aggraver. Si cela est très fatigant et peut provoquer une dépression, de nombreuses personnes parviennent à gérer cette situation. Témoignages.

C’est un mal insidieux, qui touche de plus en plus nos concitoyens. 70% des Français déclarent avoir des problèmes de sommeil, selon une enquête CoviPrev de Santé Publique France, lancée en mars 2020, soit 20 points de plus qu’avant la pandémie ! Et 20% des personnes interrogées déclarent souffrir d’insomnie. En la matière, les écrans, notre incapacité à nous déconnecter, mais aussi le stress et les ruptures de rythme provoqués par le confinement. Enfin, le fait qu’ils vivent dans une société ultra compétitive en proie à la peur de la précarité joue aussi : autant ces insomniaques ont peur d’être fatigués le lendemain, de ne pas bien faire leur travail, autant ils multiplient les catastrophes scénarios dans leur tête? Et plus on a peur de ne pas dormir, moins on dort… Un cercle vicieux connu… Ainsi, en cinquante ans, les Français perdaient 1h à 1h30 de sommeil, soit 6h42 en moyenne chaque nuit, moins . à partir des 7h recommandées. Pourtant, quand on discute avec ceux qui n’ont pas dormi, on se rend compte que tout n’est pas complètement noir dans le quotidien de ceux qui fixent le plafond pendant des heures. Certains parviennent à gérer le problème, à le traiter, difficilement bien sûr, mais ils y parviennent. Cela les amène à penser la vie d’une manière différente, à regarder les choses d’une manière différente. Nous avons interrogé trois insomniaques sur leur expérience.

1/ « Une fois, j’ai repeint une armoire pendant une insomnie ! »

« Mon insomnie est liée aux périodes de l’année où je travaille dur et où je me sens stressée. En effet, mon travail est saisonnier, avec un pic durant l’été. Pendant les mois d’été, dormez mal. Seulement deux ou trois heures la nuit. Je me couche à 10h. et je me réveille deux heures plus tard avec la tête pleine de problèmes que je dois résoudre le lendemain… Et dans mon domaine d’activité, il y en a beaucoup. Il est impossible de se rendormir. Lire aussi : Cannabis : les magistrats inversés. C’est sans espoir. Alors j’écris des idées de travail – j’ai des idées très claires la nuit – je nettoie mon appartement, j’ai même repeint une armoire une fois !… Parfois je prends du Lexomil quand le manque de sommeil est trop fort. Heureusement, je suis assez résistant. Je gère le même pour assurer pendant la journée. Je n’ai pas essayé d’aller voir un médecin car je sais qu’à la fin de l’été, je vais me rendormir. J’ai appris à vivre avec. »

Oriane, 39 ans, gestionnaire de parc locatif saisonnier.

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2/ « Je n’arrive pas à dormir avec quelqu’un ou quand quelqu’un est dans l’appartement ! »

« Je souffre de divers troubles du sommeil. Outre mon insomnie « normale », j’ai du mal à dormir avec quelqu’un ou si je suis loin de chez moi. Vous pouvez imaginer à quel point cela complique mon existence ! J’essaie de me coucher vers 22h. mais je ne peux souvent pas dormir avant trois ou quatre heures du matin. Je ne prends pas de somnifères car j’ai très peur de l’addiction. Je fais de la méditation, du sport, j’évite les écrans avant de me coucher, mais ça ne m’aide pas vraiment. Au fil des années, j’ai appris à gérer physiquement ce manque de sommeil, à comprendre qu’on peut être efficace dans son travail malgré cela. Mais psychologiquement, c’est plus difficile. Je suis parfois de mauvaise humeur, irritable. Aller en thérapie m’a aidée. Aujourd’hui j’accepte l’idée que je serai toujours insomniaque, que c’est une maladie chronique qu’il faut apprendre à gérer, qui demande d’organiser sa vie autour d’elle. Ça me pousse à avoir une hygiène de vie saine, un équilibre. Parce que j’ai remarqué que pendant les périodes où je me sens bien dans ma peau, les insomnies disparaissent. Cela me donne beaucoup d’espoir ! »

Mona, 32 ans, graphiste indépendante.

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3/ « Je me suis rendue compte que quatre heures de sommeil me suffisaient largement »

« J’ai longtemps eu des idées préconçues. Je pensais que j’avais besoin de beaucoup d’heures de sommeil, que je devais me coucher tôt. Et puis j’ai eu mes enfants. Depuis que j’avais 35 ans, je suis devenu insomniaque. Et il y a une surprise ! J’ai réalisé que mes ressources physiques étaient beaucoup plus importantes que je ne l’avais imaginé. Quatre heures m’ont largement suffi. Je me suis endormi à 22h, je me suis réveillé à 2h du matin, mais ça ne m’a pas dérangé. J’ai lu, regardé des séries, écouté la radio. Moi qui étais séparée de mon mari, ma chambre était devenue mon territoire. J’ai passé le temps agréable avant le petit matin et le temps de se lever. Je me réveille toujours à 5h du matin. J’aime beaucoup ce moment de la journée, où l’on a les idées claires, où l’on est concentré, plein d’énergie. Et puis un jour, Dieu sait pourquoi, le manque de sommeil a disparu, sans qu’il y ait un événement particulier pour expliquer ce changement. Avec le recul, je dois dire que cette période d’insomnie a été une période plutôt heureuse… »

Cet article fait partie du mois ELLE Zen sur la fatigue, en partenariat avec Thalassa Sea & Spa. Tous nos articles et vidéos sont à retrouver sur zen.elle.fr

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