INTERVIEW. Montauban en Scènes : James BKS ou « le besoin de raconter mon histoire »

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

ce qui importe

Le fils de Manu Dibang est décédé ce dimanche à Montauban, sur la scène du Jardin des Plantes. L’artiste a notamment présenté quelques-unes des chansons de son premier album, « Wolves of Africa », qui sortira début juillet.

Pour cette quatrième et dernière soirée de concert, James BKS a emmené le public du festival dans son univers aux multiples influences. Une rencontre en coulisses, quelques heures avant de monter sur scène.

Vous avez commencé dans cet environnement en composant pour des artistes comme Snoop Dog ou Puff Daddy. Qu’est-ce qui vous a poussé à débuter en tant que James BKS ?

Après de nombreuses années de travail en coulisses, dans l’ombre, j’ai ressenti le besoin de développer une signature musicale que je ne trouvais pas en composant pour les autres. J’ai essayé de proposer des choses qui me semblaient un peu différentes : soit ce n’était pas assez tendance, soit c’était trop éloigné de ce que les artistes voulaient. A un moment, j’étais dans la trentaine et j’ai ressenti le besoin de raconter mon histoire, de m’exprimer pleinement, de laisser quelque chose derrière moi.

Qu’est-ce qui a inspiré votre musique ?

J’ai commencé à faire du rap et du hip-hop. Au début, c’était le plus accessible pour moi. Mais très vite j’ai eu envie d’explorer d’autres types de musique. Chez moi quand j’étais plus jeune, j’écoutais de tout : la version française, la soul, la musique traditionnelle du Cameroun. Toutes ces inspirations et voyages que j’ai pu faire m’ont donné l’envie de développer quelque chose qui soit vraiment le mien. A travers ma musique j’essaie de retranscrire cette fusion des cultures. Cela va de la musique afro au sens large, au hip-hop et à la variété. Il est très ouvert.

À Lire  Êtes-vous concerné par les restrictions d'eau ? Comment arroser le jardin sans alimentation en eau !

Votre père, Manu Dibango, fait-il partie de vos références ou préférez-vous le fuir ?

Si j’avais grandi avec lui, j’aurais sans doute ressenti le besoin de me séparer de son héritage. Mais, par le plus grand des hasards ou du destin, j’ai été créé dans la musique. J’avais déjà mon expérience avant de le rencontrer. Lorsque nous nous sommes reconnectés, il avait une envie de transmettre et j’étais au moment où je me cherchais. Il y avait une partie de mes racines que je connaissais peu. Il m’a beaucoup appris et apporté, même si je ne cherche pas à tout prix à suivre ses traces. Je suis fier quand les gens me parlent de mon père.

BKS signifie « le meilleur secret », le secret le mieux gardé. Ce surnom fait référence à ma personnalité. Au début, j’étais concentré sur le basket, je me voyais même comme un joueur professionnel. Plus tard, j’ai été piqué par la musique. J’avais ce côté très introverti et cette phrase « secret le mieux gardé », très familière et utilisée aux USA, me convenait bien.

Aujourd’hui résonne avec votre histoire personnelle, vous qui avez rencontré votre père biologique sur le tard…

L’histoire m’a finalement rattrapé et a fait prendre à ce surnom une autre dimension maintenant.

Vous êtes le premier artiste de la production du label Idris Elba. Comment s’est passé votre rencontre ?

J’ai sorti ma première chanson avec lui, « Kwelé », fin 2017, ainsi que quatre autres chansons par la suite via son label. C’est une personne très importante dans ma carrière. Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire d’un ami commun. Idris est tombé amoureux de « Kwelé ». La rencontre a été magique, nous nous sommes tout de suite très bien entendus et il m’a proposé de m’aider. Même si j’ai rejoint Polydor aujourd’hui, nous sommes toujours très proches.

À Lire  Engrais naturel : où trouver du terreau pas cher ?

Je sors l’album du 8 juillet « Wolves of Africa ». Pour moi, c’est l’aboutissement de ces dernières années et de tout le travail que j’ai réussi à investir dans la musique. C’est une fierté que nous puissions enfin présenter le projet à tout le public. Je sors une partie des chansons ce soir à Montauban, dont le premier single à sortir, « Jungle ».

Votre papa a déménagé à Montauban en Scènes 2018. Peut-on voir la passation avec votre arrivée aujourd’hui ?