Itinérants cachés, très présents dans la Baie-des-Chaleurs

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Environ 1 000 personnes seraient considérées comme des sans-abri dans la Baie-des-Chaleurs, estime Dominique Bouchard, responsable du centre d’aide et d’hébergement du Centre Accalmie à Pointe-à-la-Croix. Cependant, ce chiffre ne peut être confirmé en raison d’un manque de données. Le CISSS régional travaille à dresser un portrait de la situation afin de pouvoir mieux agir.

L’organisme précise que ce nombre ne concerne pas seulement les sans-abri vivant dans la rue, mais aussi les personnes qui doivent dormir chez des amis ou en famille et qui n’ont pas de logement permanent, c’est-à-dire l’itinérance cachée, comme l’explique Dominique Bouchard.

Ce phénomène peut également inclure des personnes qui ont besoin de louer des chalets touristiques à court terme hors saison, et même des personnes qui empruntent des camps de chasse pour y vivre.

Aux Îles-de-la-Madeleine notamment, une partie de la population devient itinérante l’été parce que les propriétaires leur demandent de sortir de chez eux pour laisser entrer les touristes, indique le directeur du Centre Accalmie, ajoutant que cette forme d’itinérance touche même les travailleurs.

Elle note également que les personnes âgées ne peuvent pas échapper à cette réalité. Les personnes âgées vivent dans leur voiture. Sa vie est dans sa voiture. […] Ils ne savent plus où aller, il n’y a pas de logement, se plaint-elle.

Des aînés en situation d’itinérance en Gaspésie faute de place en résidence

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Bon pied, bonne heure!

Dominique Bouchard constate donc un flux important et grandissant de personnes à la recherche d’un logement au Centre Accalmie. A voir aussi : Economie d’énergie : ces gestes à appliquer au quotidien pour faire baisser votre facture !. Selon lui, le phénomène est exacerbé par la crise du logement, alors que le taux de vacance est proche de 0 %.

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« Souvent en Gaspésie on dit : ‘Ah, il n’y a pas d’itinérance’. Ce n’est pas vrai. Il y en a un.

À l’approche de l’hiver, cette situation problématique pourrait devenir dangereuse pour plusieurs personnes en situation précaire, s’alarme la directrice du Centre de soins et d’hébergement de Pointe-à-la-Croix.

Il y en a qui peuvent dormir dans une congère, avoir de très graves engelures et en mourir. D’autres peuvent être frappés pour s’être tenus sur le bord de la route dans l’obscurité. Ça n’a pas de sens, je ne sais pas où on va, mais ça fait peur, explique Dominique Bouchard, qui se dit très inquiète de la situation.

Dominique Bouchard est directrice du Centre de secours et d’hébergement Accalmie de Pointe-à-la-Croix depuis 19 ans.

Photo : Avec l’aimable autorisation du Centre d’aide et d’hébergement de l’Accalmie

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Un premier portrait de l’itinérance en Gaspésie

La santé publique régionale élabore un profil quantifié de l’itinérance pour avoir une meilleure idée du nombre de personnes vivant en situation d’itinérance ou sur le point de le devenir en Gaspésie et dans les îles, indique Marie-Claude Letellier, conseillère en santé publique en santé mentale. Santé. Le CISSS de la Gaspésie aimerait donc plus de données sur l’itinérance cachée.

Marie-Claude Letellier n’a pas pu confirmer si le nombre de sans-abri dans la Baie-des-Chaleurs donné par Dominique Bouchard est exact, car il n’existe actuellement aucune donnée à ce sujet. D’autant plus que l’itinérance en Gaspésie est majoritairement cachée et donc difficilement observable, ajoute Marie-Claude Letellier.

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[Avec ce portrait] nous voulons améliorer l’accès au logement et aux services pour les personnes sans abri ou sur le point de le devenir. […] Nous n’avons pas beaucoup d’itinérance visible. Pour ceux qui mendient dans la rue, on peut s’occuper d’eux, explique-t-elle.

Pour Marie-Claude Lettelier, c’est la crise du logement qui fournit suffisamment d’indices régionaux de santé publique pour mener une première étude sur l’itinérance en Gaspésie.

Avec les informations de Louis Pelchat-Labelle et Guillaume Whalen

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