La crise alimentaire internationale et des propositions pour la surmonter – CADTM

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée depuis plus de de 15 ans. Sara vous trouve les dernières infos

Contrairement à la croyance populaire en 2022, la crise alimentaire mondiale a commencé avant l’invasion russe de l’Ukraine et la flambée spéculative des prix des céréales. Au niveau mondial, entre 2014 et 2021, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère a augmenté de plus de 350 millions, passant de 565 millions à 924 millions. La hausse a été particulièrement forte entre 2019 et 2021, touchant un peu plus de 200 millions de personnes. En 2021, environ 2,3 milliards de personnes (29,3 % de la population mondiale) étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave [1]. En 2022, tous les indicateurs sont au rouge, et le Conseil de sécurité des Nations unies s’est même réuni le 17 mai 2022 pour discuter de la manière de faire face à une crise alimentaire qui pourrait déclencher des soulèvements populaires.

Comment expliquer qu’au 21ème siècle nous soyons toujours confrontés à la faim ?

L’agriculture paysanne fournit 70% de la production alimentaire mondiale, ce qui est le résultat d’un modèle d’agro-industrie qui ne cherche pas à nourrir les gens, mais le super-profit. Ceci est beaucoup plus évident dans les pays du Sud où le FMI met en œuvre des programmes d’ajustement structurel IMFI Le Fonds monétaire international Le FMI a été fondé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son objectif était de stabiliser le système financier international en régulant les flux de capitaux. À ce jour, il y a 188 pays membres (comme la Banque mondiale). Cliquez pour en savoir plus. et la Banque mondiale La Banque mondialeBM La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été fondée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis lors de la première conférence monétaire et financière des Nations Unies. En 2011, il y avait 187 pays membres. Fondée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque dispose de capitaux apportés par les pays membres et emprunte principalement sur les marchés internationaux des capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, pour les pays du tiers monde et de l’ancien bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes : La Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD, 189 membres en 2017) accorde des prêts dans les principaux secteurs d’activité (agriculture et énergie), principalement aux pays à revenu intermédiaire. L’Association internationale de développement (AID, ou IDA selon son nom anglais, 164 membres en 2003) est spécialisée dans l’octroi de prêts à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 périodes de grâce) à taux d’intérêt. des taux d’intérêt nuls ou très bas pour les pays les moins avancés (PMA). La Société Financière Internationale onale (SFI) est une filiale de la Banque chargée du financement des entreprises ou des institutions privées du Tiers Monde. Enfin, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts, tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements nja (MIGA) cherche à promouvoir les investissements dans les pays en développement. Avec l’augmentation de l’endettement, la Banque mondiale, en accord avec le FMI, a développé ses interventions dans une perspective macroéconomique. Ainsi, la Banque impose de plus en plus la mise en œuvre de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays très endettés. La Banque n’hésite pas à « conseiller » les pays soumis à la thérapie du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne intérieure, d’inciter les investisseurs étrangers à s’y installer, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en approuvant des prêts d’ajustement structurel aux pays qui ont suivi cette politique depuis 1982. TYPES DE PRÊTS de la Banque mondiale : 1) Prêts projets : prêts classiques pour les centrales thermiques, le secteur pétrolier, l’industrie forestière, les projets agricoles, les barrages, les routes, l’adduction d’eau et l’assainissement, etc. 2) Prêts d’ajustement sectoriel ciblant l’ensemble secteur de l’économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc. 3) Prêts aux institutions qui servent à orienter la politique des institutions individuelles vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux sociétés transnationales. Ils financent également la privatisation des services publics. 4) Les prêts d’ajustement structurel, qui devraient atténuer la crise de la dette, et qui privilégient toujours les politiques néolibérales. 5) Des prêts pour lutter contre l’austérité. page : ils ont encouragé l’agriculture intensive d’exportation selon des critères de compétitivité et de rentabilité sur le marché mondial et marginalisé le secteur vivrier et l’agriculture paysanne qui pourtant assure 70% de la production alimentaire au niveau mondial [2] . La nourriture devient une marchandise sujette à spéculation Spéculation Opération consistant à prendre position sur le marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de réaliser un profit. Activité consistant à rechercher un profit sous forme de plus-values ​​en pariant sur la valeur future de biens et d’actifs financiers ou monétaires. Spéculations elles créent un clivage entre la sphère financière et la sphère productive. Les marchés des changes sont le principal lieu de spéculation. dans un marché mondial où une poignée de grandes multinationales fixent les prix.

À ce jour, il y a 188 pays membres (comme la Banque mondiale).

Fondée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque dispose de capitaux apportés par les pays membres et emprunte principalement sur les marchés internationaux des capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, pour les pays du tiers monde et de l’ancien bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes : La Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD, 189 membres en 2017) accorde des prêts dans les principaux secteurs d’activité (agriculture et énergie), principalement aux pays à revenu intermédiaire. L’Association internationale de développement (AID, ou IDA selon son nom anglais, 164 membres en 2003) est spécialisée dans l’octroi de prêts à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 périodes de grâce) à taux d’intérêt. des taux d’intérêt nuls ou très bas pour les pays les moins avancés (PMA). La Société Financière Internationale (SFI) est une branche de la Banque chargée du financement des entreprises ou des institutions privées du Tiers Monde. Enfin, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts, tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) cherche à promouvoir les investissements dans les pays en développement. Avec l’augmentation de l’endettement, la Banque mondiale, en accord avec le FMI, a développé ses interventions dans une perspective macroéconomique. Ainsi, la Banque impose de plus en plus la mise en œuvre de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays très endettés. La Banque n’hésite pas à « conseiller » les pays sous thérapie FMI sur la meilleure manière de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne intérieure, d’inciter les investisseurs étrangers à s’y installer, de libéraliser l’art. anges et récompenses. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en approuvant des prêts d’ajustement structurel aux pays qui ont suivi cette politique depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS de la Banque mondiale :

1) Prêts projets : prêts classiques pour les centrales thermiques, le secteur pétrolier, l’industrie forestière, les projets agricoles, les barrages, les routes, l’approvisionnement en eau et les égouts, etc.

2) Prêts d’ajustement sectoriel ciblant l’ensemble du secteur de l’économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.

3) Prêts aux institutions qui servent à orienter la politique de certaines institutions vers le commerce extérieur et ouvrent la voie aux sociétés transnationales. Ils financent également la privatisation des services publics.

4) Les prêts d’ajustement structurel, qui devraient atténuer la crise de la dette, et qui privilégient toujours les politiques néolibérales.

5) Prêts pour la lutte contre la pauvreté.

page:

L’agro-industrie monopolise de plus en plus les ressources en terres et en eau, détruisant les semences des agriculteurs au profit des hybrides et des OGM OGM Organisme Génétiquement Modifié Un organisme vivant (végétal ou animal) qui a été génétiquement manipulé pour modifier ses qualités, généralement pour le rendre résistant aux herbicides ou pesticides. En 2000, les OGM couvraient plus de 40 millions d’hectares, dont les trois quarts étaient du soja et du maïs. Les principaux pays producteurs étaient les États-Unis, l’Argentine et le Canada. Les plantes génétiquement modifiées sont généralement produites de manière intensive pour l’alimentation du bétail dans les pays riches. Leur existence pose trois problèmes. Problème sanitaire. Outre la présence de nouveaux gènes dont les effets ne sont pas toujours connus, la résistance aux herbicides implique que le producteur en augmentera l’utilisation. Les produits OGM (en particulier le soja américain) se sont avérés bourrés d’herbicides dont les effets sur la santé humaine sont inconnus. De plus, pour incorporer un nouveau gène, celui-ci est lié à un gène de résistance aux antibiotiques, des cellules saines sont bombardées, et le tout est cultivé en solution en présence de cet antibiotique pour que seules les cellules soient réellement modifiées. Un problème juridique. Les OGM ne sont développés qu’à l’instigation de multinationales de l’agrochimie comme Monsanto, afin de toucher des royalties pour les brevets associés. Ils continuent de cogner pour pousser la loi lacunaire devant ces nouvelles installations. Les agriculteurs deviennent alors dépendants de ces entreprises. Les États se défendent comme ils le savent, très souvent complices, et sont très impuissants lorsque la présence malheureuse d’OGM dans des semences que l’on croyait saines est découverte : la destruction du colza transgénique dans le nord de la France en mai 2000 (Advanta Seeds), pas de création de maïs transgénique sur 2 600 ha dans le Lot et Garonne en juin 2000 (Golden Harvest), retrait de la distribution des galettes de maïs Taco Bell aux USA en octobre 2000 (Aventis). Par ailleurs, lors du vote du Parlement européen sur la recommandation du 4 décembre 2000, l’amendement définissant la responsabilité du producteur a été rejeté. Problème alimentaire. Les OGM ne servent à rien au nord, où il y a une hyperproduction et où il vaudrait mieux promouvoir une agriculture paysanne et saine, ils ne servent à rien au sud, qui ne pourra pas s’offrir ces semences chères et les pesticides qui vont avec, ou il y aura un déséquilibre de toute la production traditionnelle. Selon la FAO, il est clair que la faim dans le monde n’est pas le résultat d’une production insuffisante. , généralise l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, augmente la production d’agrocarburants. Ces grandes entreprises agricoles bénéficient de subventions publiques, monopolisent de plus en plus de terres pour développer la production d’agrocarburants et de ressources en eau pour des cultures très consommatrices, détruisent les semences paysannes au profit d’hybrides et d’OGM, généralisent l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides.

À Lire  Le miel glacé, un faux allié santé devenu tendance estivale sur Tik Tok

Problème sanitaire. Outre la présence de nouveaux gènes dont les effets ne sont pas toujours connus, la résistance aux herbicides implique que le producteur en augmentera l’utilisation. Les produits OGM (en particulier le soja américain) se sont avérés bourrés d’herbicides dont les effets sur la santé humaine sont inconnus. De plus, pour incorporer un nouveau gène, celui-ci est lié à un gène de résistance aux antibiotiques, des cellules saines sont bombardées, et le tout est cultivé en solution en présence de cet antibiotique pour que seules les cellules soient réellement modifiées.

Un problème juridique. Les OGM ne sont développés qu’à l’instigation de multinationales de l’agrochimie comme Monsanto, afin de toucher des royalties pour les brevets associés. Ils continuent de cogner pour pousser la loi lacunaire devant ces nouvelles installations. Les agriculteurs deviennent alors dépendants de ces entreprises. Les États se défendent comme ils le savent, très souvent complices, et sont très impuissants lorsque la présence malheureuse d’OGM dans des semences que l’on croyait saines est découverte : destruction de colza transgénique dans le nord de la France en mai 2000 (Advanta Seeds), non -destruction de maïs transgénique sur 2600 ha dans le Lot et Garonne en juin 2000 (Golden Harvest), retrait de la distribution des galettes de maïs Taco Bell aux USA en octobre 2000 (Aventis). Par ailleurs, lors du vote du Parlement européen sur la recommandation du 4 décembre 2000, l’amendement définissant la responsabilité du producteur a été rejeté.

Problème alimentaire. Les OGM ne servent à rien au Nord, où il y a une hyperproduction et où il vaudrait mieux promouvoir une agriculture paysanne et saine, ils ne servent à rien au Sud, qui ne pourra pas s’offrir ces semences chères et les pesticides qui vont avec, ou il y aura un déséquilibre de toute la production traditionnelle. Selon la FAO, il est clair que la faim dans le monde n’est pas le résultat d’une production insuffisante.

Ce modèle de production augmente fortement la sensibilité des cultures aux chocs externes et contribue fortement au changement climatique et aux sécheresses qui affectent l’agriculture pluviale et drainent les nappes phréatiques. Elle est directement liée au système capitaliste mondial et à ses multiples crises, dont l’une des manifestations est la crise alimentaire.

Quelle est l’ampleur de la crise humanitaire ?

En Afrique, environ 60% de la population est touchée par une insécurité alimentaire modérée et 20% par une insécurité alimentaire sévère. Une personne sur 10 souffre de faim constante. Selon un critère plus large développé par la FAO et d’autres agences des Nations Unies, 30% de la population mondiale souffre d’insécurité alimentaire modérée. Si l’on se concentre sur le continent africain, toujours selon la FAO, environ 60% de la population est touchée par une insécurité alimentaire modérée et 20% par une insécurité alimentaire sévère, et ces chiffres risquent d’augmenter fortement avec l’instabilité climatique. .

En 2020, « environ 45 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient d’émaciation, la forme la plus mortelle de malnutrition, qui peut multiplier par 12 le risque de décès chez les enfants. De plus, 149 millions d’enfants de moins de 5 ans présentent un retard de croissance en raison d’un manque chronique de nutriments essentiels dans leur alimentation [3] ». 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus à la malnutrition, ce qui représente 3,1 millions d’enfants.

45% des décès d’enfants de moins de 5 ans sont dus à la malnutrition, ce qui représente 3,1 millions d’enfants » contre 27,6 % des hommes – une différence de plus de 4 points de pourcentage, contre 3 points de pourcentage en 2020 [4] ».

Selon un communiqué de l’UNICEF du 23 juin 2022 : « Dans 15 pays actuellement touchés par la crise, près de 8 millions d’enfants de moins de 5 ans risquent de mourir d’émaciation sévère s’ils ne reçoivent pas d’aliments thérapeutiques et de soins d’urgence (. .. ).Depuis le début de l’année, la crise alimentaire mondiale n’a cessé de s’aggraver, avec de graves pertes affectant 260 000 enfants supplémentaires (soit un toutes les 60 secondes) dans les 15 principaux pays touchés, notamment dans la Corne de l’Afrique et les l’Unicef ​​ajoute : « Dans le même temps, le prix des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi destinés à traiter l’émaciation sévère a augmenté de 16 % ces dernières semaines en raison de la flambée des coûts des matières premières, privant jusqu’à 600 000 plus d’enfants de ce traitement potentiellement mortel et potentiellement mortel. »

Structurellement, la majorité des personnes victimes de la faim appartiennent paradoxalement à la population rurale. Il s’agit principalement de familles de producteurs agricoles qui ne possèdent pas de biens ou n’ont pas assez de terres, ni les moyens de les développer, et qui doivent vendre la plupart des produits agricoles sur le marché, notamment pour rembourser leurs dettes, privant les famille de suffisamment de nourriture. Bien sûr, il y a aussi la population urbaine la plus pauvre.

Insécurité alimentaire modérée : niveau de sévérité de l’insécurité alimentaire caractérisé par le fait que les personnes concernées ne sont pas sûres de pouvoir se nourrir et ont été contraintes, à un moment ou à un autre de l’année, de réduire la qualité et/ou la quantité de aliments. nourriture gaspillée, par manque d’argent ou d’autres moyens. L’insécurité alimentaire modérée désigne donc un manque d’accès régulier à la nourriture, qui réduit la qualité de l’alimentation et perturbe les habitudes alimentaires normales. Il est déterminé en fonction de l’ampleur de l’insécurité alimentaire vécue.

Insécurité alimentaire grave : degré de gravité de l’insécurité alimentaire caractérisé par le fait qu’à un moment de l’année, les personnes concernées ont épuisé leurs réserves alimentaires, connu la faim et, au degré le plus avancé, se sont privées de nourriture pendant une ou plusieurs journées. Il est déterminé en fonction de l’ampleur de l’insécurité alimentaire vécue.

Malnutrition : Situation dans laquelle la consommation alimentaire habituelle d’un individu est insuffisante pour fournir l’apport énergétique alimentaire nécessaire à une vie normale, active et saine. La prévalence de la malnutrition est utilisée pour mesurer la faim.

Émaciation : L’émaciation est une forme mortelle de malnutrition qui rend les enfants maigres et faibles et les expose à un risque accru de décès, ainsi qu’à des problèmes de croissance, de développement et d’apprentissage. En 2022, plus de 45 millions d’enfants de moins de 5 ans en souffrent.

Émaciation sévère : Caractérisée par l’extrême maigreur de l’enfant pour sa taille due à un système immunitaire affaibli, l’émaciation sévère est la forme de malnutrition la plus directe, la plus visible et la plus mortelle. En 2022, plus de 13 millions d’enfants de moins de 5 ans en sont victimes.

La crise alimentaire mondiale a commencé avant l’invasion russe de l’Ukraine. Cité par le quotidien Le Monde, Émile Frison, membre du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-food), déclare : « il ne faut pas commettre l’erreur de penser que c’est uniquement à cause du covid et de la guerre en Ukraine que nous sommes assistons à une crise alimentaire et si ces problèmes sont surmontés, les choses Mathilde Gérard, journaliste au Monde ajoute : « Ces deux grands événements internationaux ont en fait exacerbé les difficultés structurelles qui les ont précédés » (Source : Mathilde Gérard, « Malnutrition : près d’une personne sur dix dans le monde souffrent de la faim, un chiffre en forte croissance depuis deux ans », Le Monde, 6 juillet 2022)

La crise alimentaire mondiale n’est pas causée par une réduction de la production de céréales ou d’autres aliments

La crise alimentaire mondiale n’est pas causée par une pénurie mondiale de production alimentaire. En effet, la production alimentaire mondiale augmente plus rapidement que la croissance démographique depuis plus d’un demi-siècle. En 2021, la récolte céréalière a dépassé le record historique.

Mais il est important de souligner qu’une part croissante de la nourriture produite n’est pas destinée à la consommation humaine. Les gouvernements des pays du Nord encouragent la production d’agrocarburants, appelés à tort biocarburants, afin de provoquer une réaction positive du public. Dans un article d’avril 2022, Jean-François Collin, haut fonctionnaire et ancien conseiller au ministère de l’Agriculture, pointe « une augmentation significative de l’utilisation industrielle de la production céréalière mondiale (…), notamment la production d’éthanol : 30 Le % d’augmentation de la production mondiale au cours des cinquante dernières années est consacré au développement de l’utilisation industrielle du grain. Cela concerne principalement le maïs, mais aussi le blé. (…) Environ 200 millions de tonnes de maïs américain sont transformées chaque année en éthanol incorporé. dans le carburant des véhicules automobiles. 10 % des céréales produites dans le monde sont aujourd’hui utilisées comme carburant. On pourrait ajouter des surfaces dédiées à d’autres cultures non céréalières, comme le colza, le soja ou l’huile de palme avec lesquelles nous produisons du diester qui est également comme combustible. Ce sont toutes les superficies qui ne sont pas destinées à la production de blé ou de riz pour la consommation humaine directe.

10% des céréales produites dans le monde aujourd’hui sont utilisées comme carburant, 35% sont destinées à l’alimentation animale. Il est également important de souligner que plus du tiers de la production céréalière mondiale, 35 % selon J-F Collin, est destinée aux exploitations agricoles comme alimentation animale.

À Lire  Améliorations de la croissance du marché de la poudre de vanilline dans la conception, la demande et l'offre de produits 2022-2030

Une poignée de sociétés transnationales contrôlent largement le marché des céréales, formant un oligopole

Oligopole

La situation d’oligopole est née de l’interdépendance entre firmes qu’il implique, « les firmes ne répondent plus aux forces impersonnelles venant du marché, mais personnellement et directement à leurs rivales » (Pickering, 1974). Un oligopole mondial est un « espace de rivalité », délimité par des relations de dépendance mutuelle du marché qui relient un petit nombre de grands groupes qui réussissent, dans une industrie (ou dans un complexe d’industries avec une technologie générique commune), à ​​acquérir et à maintenir le statut de concurrent mondial efficace. Un oligopole est un lieu de concurrence féroce, mais aussi de coopération entre groupes (Chesnais, 1996).

, et augmentent constamment leurs profits et leur richesse sur le dos du peuple. Au niveau mondial, quatre sociétés, dont trois américaines et une française, contrôlent 70 % du marché international des céréales. Ils jouent un rôle fondamental dans la tarification et l’offre. Il s’agit d’Archer Daniels Midland, De Bunge, Cargill et Louis Dreyfus, souvent désignés par l’acronyme ABCD.

Globalement, quatre entreprises, dont trois américaines et une française, contrôlent 70 % du marché international des céréales. Prenons le cas de Cargill, c’est ce qu’Oxfam International a déclaré dans un rapport récent : « Cargill est un géant mondial de l’agro-industrie et l’un des plus grandes entreprises privées au monde. En 2017, elle figurait parmi les quatre entreprises qui contrôlent ensemble plus de 70 % du marché mondial des produits agricoles. 87 % appartiennent à la onzième famille la plus riche du monde. La richesse combinée des membres de cette famille sur la liste Forbes des milliardaires est de 42,9 milliards de dollars — et leur richesse a augmenté de 14,4 milliards de dollars depuis 2020, augmentant de près de 20 millions de dollars par jour pendant la pandémie.Cette augmentation est due à la hausse des prix des denrées alimentaires, en particulier des céréales. De plus, quatre autres membres de la grande famille Cargill ont récemment rejoint la liste des 500 personnes les plus riches du monde.En 2021, l’entreprise a généré un revenu net de 5 milliards de dollars et a réalisé le plus grand d obit dans son histoire. L’année dernière, elle a versé 1,13 milliard de dollars en dividendes, dont la plupart sont allés aux membres de la famille. L’entreprise devrait renouer avec des bénéfices records en 2022, augmentant encore la fortune déjà colossale de la famille. »

La richesse de la famille Cargill a augmenté de 65 % entre 2020 et 2022 et a augmenté de près de 20 millions de dollars par jour pendant la pandémie. Oxfam ajoute : « Selon Bloomberg, Cargill n’est pas la seule entreprise à gagner de l’argent en profitant des pénuries alimentaires et de la volatilité du marché. L’un des concurrents de l’entreprise, la société de négoce agricole Louis Dreyfus Co., a déclaré en mars avoir enregistré une augmentation de 82 %. de bénéfices l’an dernier, en grande partie à cause des fluctuations du prix des céréales et des marges énormes sur les oléagineux » (Source : Oxfam, « Quand la souffrance paie. Alors que la richesse des milliardaires explose et que le coût de la vie monte en flèche, il est urgent de taxer les plus riches », publié le 23 mai 2022)

Cette mainmise sur le commerce alimentaire a permis à ces entreprises agricoles, mais aussi à de grandes chaînes de distribution comme Walmart ou Carrefour, d’imposer une hausse des prix d’environ 30 % en 2021 [5].

Les autres causes fondamentales de la crise alimentaire sont les politiques néolibérales d’ouverture des marchés, que nous analysons ci-dessous. En effet, cela a rendu les pays du Sud Global de plus en plus dépendants des importations de céréales (voir ci-dessous la critique des différentes politiques que les pays du Sud ont appliquées sous la pression d’institutions telles que la Banque mondiale et le FMI, mais aussi de leurs propres classes dirigeantes). En cas de choc externe entraînant une hausse des prix sur le marché mondial et/ou un approvisionnement difficile, les pays du Sud qui ne produisent pas assez de céréales sont directement touchés.

Parmi les facteurs récents qui ont exacerbé la crise alimentaire figurent la spéculation massive qui s’est produite sur les marchés céréaliers à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. Les prix du blé et du maïs ont augmenté de près de 50% en quinze jours alors qu’il n’y avait pas de destruction de production et de problèmes d’approvisionnement à cette époque. C’était de la pure spéculation par de grandes sociétés privées qui achetaient des stocks de céréales (y compris des récoltes futures) sur les bourses des céréales, la principale étant à Chicago. Le prix du riz a également augmenté, mais plus modérément.

Après l’invasion de l’Ukraine, le prix du blé et du maïs a augmenté de près de 50 % en deux semaines, alors qu’à cette époque il n’y avait ni destruction de production ni problèmes. Immédiatement, les grandes sociétés de commercialisation, les supermarchés, ont augmenté les prix des denrées alimentaires sans justification.

A la rédaction de ce texte fin août 2022, sur les trois derniers mois le cours du blé en bourse

Bureau de change

Le marché boursier est l’endroit où les obligations et les actions sont émises. Une obligation est un titre de créance et une action est la propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et achetées à volonté sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est le lieu où les nouveaux titres sont émis pour la première fois).

Chicago a chuté de 32 % et le prix du maïs de 22 %, mais cela ne s’est pas traduit par une baisse des prix de détail.

Les prix de détail pour les consommateurs de la classe ouvrière ont fortement augmenté et il est peu probable qu’ils baissent car les gouvernements n’appliquent pas de politiques de contrôle ou de fixation des prix. Les grandes entreprises privées sont vraiment libres de les mettre en place comme elles l’entendent.

La crise alimentaire n’a pas commencé avec l’invasion de l’Ukraine

Globalement, la situation s’est en fait aggravée depuis 2014.

Bien que nous ayons connu une très grave crise alimentaire en 2007-2008. (voir notre explication de la crise de 2007-2008) portant le nombre de personnes souffrant de la faim à plus de 800 millions, la situation s’est améliorée entre 2009 et 2013 pour se détériorer à nouveau à partir de 2014 (voir tableaux 1 et 2) .

Tableau 1 : Évolution du nombre de personnes ayant connu une situation d’insécurité alimentaire sévère (en millions)

Source : FAO, L’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde 2022, tableau 4, p. 26

Au niveau mondial, entre 2014 et 2021, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère a augmenté de plus de 350 millions, passant de 565 millions à 924 millions

Tableau 2 : Nombre de personnes ayant vécu une situation d’insécurité modérée

en 2015, 2019 et 2020 (en millions)

Source : FAO, L’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde 2022, tableau 4, p. 26

Est-il possible d’éradiquer la faim ?

Éradiquer la faim est tout à fait possible. Les solutions fondamentales pour atteindre cet objectif vital passent par un projet de souveraineté alimentaire alternatif au modèle de l’agro-industrie intensive. La souveraineté alimentaire est le droit de chaque pays de maintenir et de développer ses propres capacités de production de ses aliments de base. Cela comprend la protection des ressources naturelles, y compris la terre, l’eau et les semences. Elle place les producteurs, les distributeurs et les consommateurs de denrées alimentaires au centre des systèmes et des politiques alimentaires au lieu des demandes des marchés et des sociétés transnationales. Il vise donc à nourrir la population grâce aux efforts des producteurs au niveau local, tout en limitant les importations et les exportations.

Pour aller vers la souveraineté alimentaire, il faut remettre l’agroécologie au centre des décisions politiques des gouvernements. L’agroécologie est une alternative au modèle productiviste néolibéral. Elle garantit les droits collectifs de la paysannerie, protège la biodiversité, renforce les systèmes alimentaires locaux et valorise le travail des femmes, qui est littéralement d’une importance vitale.

Cela nous donnera une alimentation de qualité : sans OGM, sans pesticides, sans herbicides, sans engrais chimiques. Mais pour atteindre cet objectif, plus de 3 milliards de paysans doivent avoir accès à la terre en quantité suffisante et la cultiver en leur propre nom au lieu d’enrichir les grands propriétaires terriens, les sociétés agricoles transnationales, les commerçants et les usuriers. Ils doivent aussi avoir, grâce à l’aide publique, les moyens de cultiver la terre (sans épuisement).

Pour cela, il nous faut une réforme agraire, une réforme qui fait encore cruellement défaut, que ce soit au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, au Pérou, en Asie ou dans certains pays africains. Cette réforme agraire doit organiser la redistribution des terres en interdisant les grandes propriétés foncières privées et les aides publiques au travail des agriculteurs. Il doit s’opposer aux politiques agraires de la Banque mondiale, des fondations comme la Fondation Bill Gates et des multinationales qui promeuvent des opérations d’accaparement des terres à grande échelle.

Il doit préserver les forêts existantes et encourager le reboisement, arrêter la privatisation et la marchandisation des ressources en eau, éviter la monoculture

Monoculture

Une culture de produit. De nombreux pays du Sud ont été contraints de se spécialiser dans la culture de matières premières destinées à l’exportation (coton, café, cacao, arachides, tabac, etc.) afin d’obtenir des devises étrangères pour rembourser leur dette.

la cause de la dégradation des sols…