La « Puff », cigarette électronique jetable, de plus en plus populaire chez les…

Written By Sara Rosso

Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

La puff, cette cigarette électronique jetable, gagne peu à peu les sorties d’école. Celle qui est présentée comme une cigarette qui diffuse des arômes sucrés inquiète parents, enseignants et professionnels de la santé. Explications.

La puff, cette cigarette électronique jetable, gagne peu à peu les sorties d'école. Celle qui est présentée comme une cigarette qui diffuse des arômes sucrés inquiète parents, enseignants et professionnels de la santé. Explications.

Avec son packaging coloré, sa saveur fruitée et son prix relativement abordable, cette cigarette électronique jetable venue tout droit de Californie fait fureur auprès des ados. À première vue, il pourrait être confondu avec des bonbons. Mais ce n’est rien. Tout comme les cigarettes électroniques ordinaires, la plupart de ces bouffées contiennent de la nicotine. Ceci pourrez vous intéresser : Moustique-tigre : quatre cas de dengue autour de Perpignan, le cinquième est suspecté. A moindre dose, certes, mais ils en contiennent quand même. La dose peut atteindre 2% selon le modèle et la marque choisis.

Sa passion pour les jeunes est si grande qu’une école a décidé d’avertir les parents. En effet, la direction du Collège Cardinal Mercier de Braine-l’Alleud écrivait dans un mail il y a quelques semaines : « Nous avons été interpellés par la mère d’un élève qui nous dit que certains élèves ont connu la ‘bouffée’ (.. . ) Bien que la vente aux moins de 16 ans soit interdite, il semble très facile de s’en procurer à proximité immédiate du collège et plus généralement dans tous les points de vente de tabac ».

Christophe Butstraen, préfet du Collège, nous dit qu’il prend le problème au sérieux. Car après quelques recherches il semblerait que cette « bouffée » ait malheureusement déjà séduit de jeunes étudiants. « Il y a de jeunes consommateurs, certains très jeunes. Ça circule dans les salles de classe, chez certains étudiants de première année et lycéens, et probablement chez d’autres, bien sûr », dit-il. Avant d’ajouter : « Ça se passe autour de l’école, dans les environs, en rentrant chez soi, à certaines heures du déjeuner pour ceux qui ont une autorisation de sortie, mais à l’intérieur de l’établissement on n’a rien vu de tel. »

Avec ce message de prévention aux parents d’écoliers, Christophe Butstraen souhaite informer sur les risques que peut faire courir la « bouffée » lorsqu’elle est consommée par des enfants. « Désormais, nous avons tout à fait le droit d’avoir peur quand il s’agit de produits plus ou moins addictifs et de jeunes non avertis », plaide le préfet. En fonction de l’évolution de la situation, une sensibilisation des élèves en classe pourra être envisagée.

Mais pour le préfet, le problème vient d’abord de l’approvisionnement. « Ce ne serait pas une mauvaise chose si les détaillants faisaient attention à qui ils vendent », dit-il, admettant que les jeunes peuvent aussi se procurer des e-cigarettes par l’intermédiaire d’un adulte qui les aurait achetées pour eux.

Car la loi interdit toujours la vente de ces cigarettes électroniques aux moins de 18 ans (depuis le 1er novembre 2019, l’âge minimum a été relevé de 16 à 18 ans). La cigarette électronique jetable, dite « puff », est soumise à la même législation que la cigarette électronique rechargeable, parfois surnommée « vaporette », explique le SPF Santé publique. Depuis 2016, la Belgique interdit la vente en ligne d’e-cigarettes. Les vapoteurs ne peuvent également plus se tourner vers le e-commerce pour acheter leur matos. Les poufs peuvent être achetés dans les magasins spécialisés.

Nous n’examinons pas les effets sur la santé

Les cigarettes électroniques contenant de la nicotine doivent se conformer à un système de déclaration avant qu’un vendeur puisse les vendre sur le marché. Concrètement, les fabricants transmettent les informations sur leur produit aux autorités. « Si le dossier administratif est en ordre, il est validé. On n’examine pas les effets sanitaires », précise Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé publique.

Mathieu Capouet, expert tabac au SPF Santé publique, explique : « Ces cigarettes doivent respecter la même réglementation que les cigarettes électroniques rechargeables. Les exigences en matière d’étiquetage et de composition s’appliquent à toutes les cigarettes électroniques. » Avant d’ajouter : « Il existe des exigences accrues en matière d’étiquetage et de composition pour les cigarettes contenant de la nicotine ».

Selon l’expert, la diffusion de ces cigarettes électroniques s’est accélérée ces derniers mois. « En général, les premières cigarettes électroniques sur le marché étaient des cigarettes jetables qui ressemblaient à des cigarettes. Elles ont peu à peu disparu au profit du boom des cigarettes électroniques rechargeables et rechargeables, notamment chez les jeunes », souligne Mathieu Capouet. Cependant, aucun chiffre ne permet de déterminer objectivement la propagation.

Afin d’attirer un nouveau public, ces produits sont lancés

Le SPF Santé Publique considère que les objectifs poursuivis par les cigarettes électroniques lors de leur introduction sur le marché ne sont pas atteints ici. « Les partisans des e-cigarettes disent souvent que c’est un produit qui doit être sur le marché pour aider les fumeurs à arrêter. Il est bien évident que les techniques de commercialisation et de conditionnement utilisées pour ces e-cigarettes jetables ne s’adressent pas du tout à un public cible et ne visent pas à arrêter, mais plutôt à attirer des jeunes qui n’utilisent pas de cigarettes conventionnelles. Ces produits sont vraiment lancés pour attirer de nouveaux publics », explique le professionnel.

Compte tenu de leur popularité auprès des jeunes et des risques que peuvent représenter les cigarettes à usage unique, le SPF Santé Publique est favorable à l’interdiction de ces produits en Belgique. « Les services du SPF Santé publique préparent actuellement un dossier qui justifiera cette interdiction. Ce sont des produits qui sont utilisés au niveau européen et pour pouvoir les interdire, la Belgique doit pouvoir justifier de circonstances nationales particulières qui conduiraient à cette interdiction », conclut Mathieu Capouet.

Ananas, noix de coco, litchi… Cigarettes multi-parfums

Si l’on écoute les explications du SPF Santé Publique, la loi semble claire. Or, selon les constatations du Collège Cardinal Mercier, les jeunes de moins de 16 ans peuvent se procurer ces produits. Sur les réseaux sociaux, beaucoup se filment en train de fumer ces bouffées. Certains créent même des classements basés sur les saveurs proposées par les marques.

Comment expliquer ces écarts ? Tous les magasins spécialisés dans les cigarettes électroniques ne vendent pas de bouffées. Le vendeur de l’un d’eux nous dit : « Nous sommes contre le principe. C’est purement un phénomène ‘TikTok’ (en référence au réseau social où de nombreuses vidéos sont partagées par de jeunes fumeurs). pour arrêter de fumer. Et pourtant, ce n’est demandé que par les jeunes. »

Pour comprendre les intentions des entreprises qui commercialisent ce type de produit, nous nous tournons vers la société Liquideo. L’entreprise française se définit comme « un acteur incontournable du marché français et européen du e-liquide ». Ses produits sont importés en Belgique selon la liste SPF qui établit les produits autorisés sur le territoire belge.

Liquideo propose des feuilletés avec plusieurs saveurs. Ananas, coco, litchi, mangue, menthe fraîche, chewing-gum, glace au café, chocolat noisette, etc. Toutes ces cigarettes sont donc commercialisées légalement dans notre pays. Des packagings colorés, des designs imitant des confiseries bien connues… Cette stratégie marketing est-elle bien accueillie par l’entreprise ? Malgré nos nombreuses sollicitations, l’entreprise intervient et choisit de ne pas donner suite à nos entretiens.

Du côté de VapeBel, l’association belge des vendeurs et distributeurs de produits vapoteurs, nous sommes préoccupés par cette nouvelle tendance. « Le danger est que ces produits finissent entre les mains de mineurs. Ces e-cigarettes jetables sont souvent très colorées et sont vendues dans des dépanneurs tels que des kiosques à journaux, où la vérification de l’âge est souvent aléatoire. ‘ regrette son président, Félix Rijkers. Avant la conclusion : « Le but du vapotage, aider les gens à arrêter de fumer, est contourné. Nous tenons à ce que les non-fumeurs ou les mineurs ne soient pas incités à utiliser ces produits. »

Cela soulève des préoccupations à court et à long terme.

Car les risques sanitaires de ses produits sont réels, comme l’a rappelé Jacques Dumont, infirmier et tabacologue à l’hôpital Erasme. « Tout d’abord, il y a le danger de la dépendance à la nicotine. Il agit sur le cœur et les vaisseaux sanguins : il fait battre le cœur un peu plus vite et rétrécit les petits vaisseaux sanguins. Et à long terme, cela affecte l’immunité. Elle diminue si vous consommez de la nicotine sur une longue période », explique le professionnel. De plus, la composition de ces produits peut également avoir un effet néfaste. « La nicotine est mélangée à une gamme de produits pour obtenir une aérosolisation et ces produits sont irritants pour les voies respiratoires. Cela soulève des inquiétudes à court et à long terme », ajoute Jacques Dumont.

« Si vous commencez à 13 ans, vous avez plus de chances de devenir accro », explique le tabacologue. « Les récepteurs de la nicotine vont encore augmenter », dit-il. Selon lui, il est important de prendre des mesures préventives dès le plus jeune âge. « Il faut travailler les compétences psychosociales, gérer les émotions. On en parle de plus en plus souvent. Ça devrait pouvoir commencer à l’école primaire, peut-être même à la maternelle», précise Jacques Dumont.

Cancer du nez : les vapoteurs plus à risque que les fumeurs ?
Sur le même sujet :
Les e-cigarettes sont nées en 2005, pour permettre aux fumeurs de réduire…