L’accès à la nourriture est un autre problème si vous avez un handicap Tenir

Written By Sara Rosso

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Des étagères inaccessibles dans les supermarchés aux comptoirs trop hauts à la maison, les barrières physiques auxquelles sont confrontées les personnes handicapées sont l’un des principaux obstacles à la sécurité alimentaire de cette population.

Lorsque la nutritionniste-diététiste Karine Pelletier travaille auprès des clients du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, elle constate un scénario récurrent : des personnes handicapées reçoivent des soins à domicile pour lutter contre la malnutrition.

Ce sont des gens qui ont maigri à cause de ça, explique-t-elle. Parfois la préparation des aliments est difficile, l’accès aux courses est difficile, la manipulation en cuisine reste impossible, la fatigue ralentit l’exécution des tâches demandées, la douleur chronique empêche de cuisiner des recettes élaborées ou encore la dysphagie oblige à l’adaptation des textures.

Barrières physiques et financières

Ces barrières physiques ne sont pas isolées. Ils forment un mur de séparation avec les difficultés financières qui plombent le garde-manger de cette population. Voir l’article : Tomojo x the Woof Run 2022 : un partenariat tout en douceur ! – SportBuzzBusiness.fr. Une étude de l’Université de Toronto (Nouvelle fenêtre) publiée en 2019 montre que les personnes handicapées vivant dans la ville reine sont plus à risque de souffrir d’insécurité alimentaire que le reste de la population en raison de barrières physiques et économiques.

Les obstacles physiques à la mobilité ont été localisés dans la maison, les quartiers, les systèmes de transport et les endroits où manger, selon les recherches de Naomi Schwartz. Un revenu limité entraîne souvent de plus grands obstacles physiques à l’accès à la nourriture (par exemple, un logement ou un transport inadéquat) et une capacité réduite à surmonter ces mêmes obstacles physiques.

Après un article sur la littérature scientifique (Nouvelle fenêtre) sur le handicap et la précarité alimentaire paru dans Health & En 2019, les défis liés aux courses alimentaires et à la préparation des repas poussent les personnes vivant avec un handicap à acheter des aliments ultra-transformés plus chers et moins nutritifs que les aliments ordinaires pour répondre à leurs besoins.

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La difficulté de manger santé

La coordonnatrice adjointe de l’Institut national pour l’égalité, l’équité et l’inclusion des personnes handicapées (INÉÉI – PSH), Maude Massicotte, constate une escalade des problèmes découlant des obstacles à la sécurité alimentaire.

Maude Massicotte est la directrice de DéfPhys Sans Limite, un organisme pour les jeunes de 18 à 30 ans, basé à Montréal, qui offre du soutien à l’extérieur et de la formation aux entreprises pour mieux accueillir les personnes handicapées. | Photo : Gracieuseté de Maude Massicotte

« Les gens se tournent vers des régimes alimentaires insuffisants ou basés sur la consommation de produits ultra-transformés. Cela peut leur faire développer d’autres problèmes de santé. C’est un cercle vicieux où la vie saine prend le dessus. »

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Julie refuse d’opter pour des produits en conserve ou déjà préparés, comme elle l’explique sous couvert d’anonymat. Les aliments frais, cuisinés selon les recettes qu’elle concocte depuis l’enfance, restent la base de son alimentation. Les séquelles de la poliomyélite l’ont empêché de se déplacer sans béquilles pendant 2 ans. De son quartier d’adoption de Côte-des-Neiges, elle peine à parcourir la distance qui la sépare des épiceries qui stockent les aliments qu’elle veut manger.

Ce n’est pas facile parce que venant d’un autre pays… il y a des aliments qu’on ne peut pas manger, comme les conserves. Je dois voyager loin pour obtenir ce que je veux. Les transports restent compliqués. – Julie

Mère célibataire, elle peine à trouver des solutions pour faire ses courses à l’autre bout de la ville. Elle n’a pas les places nécessaires pour emmener ses enfants en transport adapté et n’a pas assez de soutien social pour se faire aider par ses proches. Julie parvient à remplir en même temps les assiettes de sa famille, mais l’énergie dépensée pour y arriver la désespère de plus en plus.

Malek Batal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les inégalités en nutrition et en santé, se demande pourquoi ce segment de la population est surreprésenté parmi les victimes de l’insécurité alimentaire. Plus une personne est pauvre, plus elle est susceptible de souffrir d’insécurité alimentaire. Pour le volet économique, il faut se demander : constate-t-on une accumulation de vulnérabilités ? Ou une accumulation d’inégalités ?

Selon la professeure au Département de nutrition de l’Université de Montréal, l’accès physique est au cœur de la lutte contre la faim. Il cite la définition formelle (nouvelle fenêtre) du concept, qui a été adoptée lors du Sommet mondial de l’alimentation à Rome en 1996 : la sécurité alimentaire existe lorsque chaque personne à tout moment a la possibilité physique, sociale et économique d’obtenir une alimentation suffisante, sûre et nutritive aliments. alimentaires pour répondre à leurs besoins nutritionnels et à leurs préférences afin de mener une vie saine et active.

La possibilité physique. Elle est souvent associée aux problèmes liés aux déserts alimentaires, mais très peu à ceux des personnes handicapées, selon M. Batal.

Il soutient le travail scientifique. Bien que ces personnes soient plus susceptibles de souffrir d’insécurité alimentaire que la population générale, celle-ci est rarement mentionnée lors des discussions sur les problèmes liés à la faim.

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Une aide alimentaire physiquement inaccessible

Selon un récent rapport de l’ONU, 9,8 % de la population mondiale souffre de la faim. | Photo : Gettyimages/istockphoto/Aleksandr_Vorobev

L’éléphant dans la cuisine reste la discrimination et la stigmatisation sociale inhérentes à l’accès à la nourriture pour les personnes handicapées. Selon une recherche publiée (Nouvelle fenêtre) dans la revue scientifique Health & amp; Au lieu de cela, de nombreux services, tels que les avantages sociaux et les programmes d’aide alimentaire communautaire, sont stigmatisés, ce qui affecte quand et comment cette population y accède.

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Maude Massicotte s’est penchée sur l’aide alimentaire accessible. Il est clair que de nombreux endroits où la nourriture est distribuée ne sont pas adaptés aux personnes handicapées.

Les banques alimentaires sont encore difficiles car elles se trouvent souvent dans des endroits non accessibles aux personnes à mobilité réduite ou en fauteuil roulant, notamment les sous-sols des églises, dit-elle. Ensuite les bénévoles ne savent pas toujours accueillir notre clientèle et s’adapter à ses besoins.

Corinne Lajoie, philosophe et étudiante à la maîtrise à Penn State University, aux États-Unis, estime que les défis d’accessibilité de cette population trouvent leurs racines dans l’organisation capacitiste de nos sociétés.

« Le capacitisme, comme d’autres systèmes d’oppression, est un système très ancré dans le fonctionnement de nos sociétés. La dévalorisation des personnes âgées et handicapées est un phénomène que nous voyons encore beaucoup. »

Le monde de l’alimentation ne fait pas exception. La façon dont nous achetons et consommons notre nourriture est très individualiste, dit-elle. Il est imaginé pour une personne non handicapée qui dispose d’un véhicule pour se rendre à l’épicerie, qui a le temps de réfléchir et de préparer son alimentation.

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Pour une société plus accessible

L’une des conclusions de Naomi Schwartz et de son équipe de recherche est que l’insécurité alimentaire des personnes handicapées peut être réduite en augmentant leurs revenus avec une allocation d’invalidité et un revenu de base supplémentaire.

En juin 2022, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi pour créer la Prestation canadienne d’invalidité (Nouvelle fenêtre). De nombreuses associations, comme Le Handicap sans Armut (Nouvelle fenêtre), militent pour l’accélération de leur adoption. Le projet de loi C-22 vise à fournir des prestations mensuelles aux personnes handicapées âgées de 19 à 64 ans.

Cet automne, le Plan d’action national pour l’inclusion des personnes handicapées (nouvelle fenêtre) a été dévoilé par Ottawa. Selon ce document, l’un des quatre piliers de l’initiative exige des actions visant à éliminer les barrières physiques, de communication et d’attitude qui empêchent les personnes handicapées de participer pleinement à leur communauté et à la vie. « Économie. Le nouvel avantage canadien fait également partie des actions ciblées par le gouvernement fédéral.

Selon Corinne Lajoie, il demeure impératif de voir les handicaps comme des caractéristiques indissociables de l’existence humaine plutôt que comme des anomalies.

Nous avons tous des limites et notre corps n’est jamais quelque chose que nous pouvons contrôler complètement, dit-elle. L’idée du corps comme outil de performance est inculquée dès le plus jeune âge. Il y a ensuite, bien sûr, voir le handicap comme quelque chose qu’il faut éviter à tout prix. Mais cela fait partie de l’expérience humaine. Il doit être considéré comme tel.

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