Laurent Miclo, spécialiste de l’alimentation : Bien manger pour bien vieillir

Written By Sara Rosso

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Au début du XXe siècle, l’espérance de vie moyenne à la naissance dans le monde était de 47 ans, et 120 ans plus tard, elle était de 72 ans. Ainsi, en 2050, le nombre de personnes de plus de 65 ans sera multiplié par 4 par rapport à celui du début du XXIe siècle. En revanche, l’espérance de vie en bonne santé ne suit pas cette tendance, n’étant que de 63,1 ans, de nombreuses maladies chroniques pouvant accompagner le vieillissement, ainsi que le déclin fonctionnel lié à l’âge. La nutrition est un facteur modifiable majeur dans le maintien de la qualité de vie au cours du vieillissement. Les personnes âgées à risque nutritionnel faible ou modéré ont une meilleure qualité de vie et moins de déclins après 18 mois de suivi que celles à risque nutritionnel élevé. Au cours du vieillissement, des changements physiologiques, psychologiques et sociaux vont affecter les choix alimentaires. Comparativement aux personnes plus jeunes, les personnes âgées consomment généralement plus de calories le matin et prennent leurs repas plus tôt dans la journée avec trois repas principaux et des portions plus petites.

Une diminution du métabolisme de base

Diverses formules ont été développées pour calculer le taux métabolique de base d’un individu. Ce métabolisme correspond à la quantité d’énergie dont une personne a besoin au repos pour assurer les fonctions de base de l’organisme, comme la respiration ou la circulation sanguine. Les formules les plus précises tiennent compte de l’âge d’un individu, et à taille et poids constants, le taux métabolique basal diminue d’environ 8 %, 10 % et 12 % entre 30 ans et 60, 70 et 80 ans, respectivement. Une personne qui avance en âge pourrait donc prendre du poids tout en maintenant le même niveau d’activité physique. Le vieillissement entraîne un déclin des fonctions physiologiques, mais ce déclin affecte le métabolisme de base de manière plus hétérogène chez les personnes âgées que chez les jeunes. La diminution du métabolisme basal peut être attribuée à une diminution de la masse musculaire (diminution de la masse corporelle maigre), qui à elle seule ne peut expliquer la diminution du métabolisme basal, mais aussi du poids des organes, qui consommeront ainsi moins d’oxygène. Le poids du cerveau diminue progressivement de 45 à 50 ans (en moyenne -8,5 % entre 50 et 85 ans), avec des changements plus importants chez les hommes que chez les femmes. Voir l’article : Aperçu du marché des composés d’aliments pour volaille: par taille de l’industrie, part de marché, dernières tendances, facteurs de croissance, analyse du TCAC, principaux fabricants – Androidfun.com. Cela signifie-t-il qu’une personne devrait réduire son apport alimentaire en vieillissant ? La population âgée est plus touchée par certaines pathologies et problèmes de santé qui peuvent augmenter le métabolisme de base. De plus, la nourriture ne sert pas seulement à couvrir ce métabolisme de base, car elle fournira également de l’énergie pour couvrir les coûts de l’activité physique. Les besoins énergétiques dépendront donc du niveau d’activité physique des personnes. Cependant, l’apport alimentaire sera également affecté au cours du vieillissement. en raison de la perte naturelle de l’odorat et du goût, qui entraîne une diminution de l’appétit et une modification des choix alimentaires. Il peut également être affecté négativement par une diminution des revenus financiers, qui comprend la prise de décisions pouvant entraîner des restrictions, et la solitude, les repas pris ensemble, ce qui augmente la quantité consommée. Diverses études ont montré que les personnes âgées, malgré les mêmes paramètres de poids, de taille et d’activité physique, réduisent le cal apport énergétique par rapport aux personnes plus jeunes (16 % des personnes âgées d’une moyenne d’âge de 84 ans avaient un apport énergétique inférieur à 20 kcal/kg de poids corporel). . De plus, l’obésité est une pathologie qui diminue dans la population de plus de 75 à 80 ans.

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Quels sont les nutriments à risque lors du vieillissement ?

Les besoins en protéines sont augmentés à 1 g/jour/kg de poids corporel chez les personnes âgées (certaines sociétés éduquées recommandent un apport de 1 à 2 g/jour/kg de poids corporel). Un apport protéique correct permet de lutter contre la perte de masse musculaire (sarcopénie), qui diminue significativement après 50 ans, et préserve durablement l’autonomie. Cet apport en protéines doit être accompagné d’un exercice physique. Chez les femmes de plus de 70 ans, le déficit en protéines consommées peut atteindre 10 à 25 %. De nombreuses personnes âgées rejettent les sources animales de protéines en raison de la mastication, de la perte de goût et/ou d’odorat, ou parce que les sources animales sont globalement associées aux graisses saturées et au cholestérol, auxquelles elles veulent faire attention. De plus, si l’apport en glucides et en lipides est insuffisant, les protéines seront utilisées pour l’énergie plutôt que pour la synthèse musculaire. Il est important d’apporter des protéines à chaque repas pour une plus grande efficacité de leur utilisation. La diminution de l’apport énergétique est principalement due à une diminution de la consommation de lipides, bien que la consommation d’AGPI soit correcte (la réduction de la consommation affecte principalement les AGPI). Des preuves scientifiques associent l’apport en acides gras ω3 à un effet protecteur contre le déclin cognitif lié à l’âge, bien que les preuves ne soient pas encore concluantes quant à savoir si un apport accru par rapport aux populations plus jeunes serait bénéfique. Les personnes âgées réduisent également leur apport en fibres. Les données de 11 pays européens montrent que la consommation moyenne chez les personnes de plus de 60 ans se situe entre 16 et 20 g/jour. Néanmoins, ce chiffre n’est pas pire que celui observé pour les populations plus jeunes, et les personnes âgées se détournent de certains aliments au profit des fruits et légumes. Enfin, diverses études montrent que les apports en micronutriments diminuent avec l’âge, affectant négativement l’autonomie et la longévité. Les personnes âgées en particulier consomment trop peu de vitamine B12, dont des niveaux insuffisants peuvent conduire à la démence ou à la dépression. Ce manque de vitamine B12 peut aussi être causé par la prise de certains médicaments (antidiabétiques oraux, inhibiteurs de la pompe à protons etc.). Une autre carence en vitamines affecte la vitamine D, qui est impliquée dans le métabolisme du calcium, ce qui peut entraîner une faiblesse musculaire, une dépression et un déclin cognitif. L’apport en vitamine D est sous-optimal pour 84 % des femmes âgées et 91 % des hommes âgés. Le fer est un problème pour les minéraux et les oligo-éléments, puisque près de 50 % des personnes de plus de 65 ans vivant en institution sont anémiques. L’absorption du fer est moins efficace chez les personnes âgées qui ont besoin d’un apport plus élevé. Un état insuffisant de calcium peut entraîner une perte de masse osseuse (ostéopénie), car on sait que l’absorption du calcium est également beaucoup moins efficace chez les personnes âgées. L’absorption intestinale chez les personnes âgées de 70 à 90 ans est inférieure d’un tiers à celle des personnes plus jeunes.

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Quel régime alimentaire adopter ?

Les personnes âgées ont tendance à s’en tenir à une alimentation saine plus souvent que les personnes plus jeunes, surtout si elles l’ont pratiquée dans leur jeunesse, lorsque la personne n’était pas seule et était physiquement active. Un niveau d’éducation plus élevé facilite également le maintien d’un autre régime. Sinon, l’adhésion des personnes âgées à de saines habitudes alimentaires n’est que modérée. La retraite peut être une fenêtre intéressante pour mettre en place une éducation nutritionnelle préventive. Le régime méditerranéen a montré un effet protecteur contre la dégénérescence liée à l’âge, la sarcopénie, l’arthrose, … Il est à base de : légumes, grains entiers, huile d’olive, produits laitiers fermentés, noix, graines et herbes/épices, légumineuses et fruits de mer. d’autre part, il est difficilement transférable à des populations qui n’appartiennent pas à la culture méditerranéenne. Le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), qui comprend une forte consommation de fruits, de légumes, de produits laitiers faibles en gras et de grains entiers, est riche en protéines et faible en viande rouge. Il est associé à des effets protecteurs contre de nombreuses pathologies, dont le déclin cognitif lié à l’âge. Elle nécessite la mise en place d’une éducation nutritionnelle dans la population âgée. Enfin, de nombreuses études constatent qu’adopter une alimentation qui reflète les principes fondamentaux d’une alimentation saine et équilibrée est bénéfique pour une personne. Néanmoins, chez les personnes âgées fragiles, la quantité d’aliments apportés en termes d’énergie et de protéines affecte le risque de mortalité au même titre que la qualité de l’alimentation. Le bénéfice perçu de l’adoption d’un régime de libration sain et équilibré est susceptible d’être cumulatif tout au long de la vie. Une transition tardive d’une alimentation sous-optimale à une alimentation saine pourrait donc avoir moins d’effet. Les bonnes habitudes doivent être acquises tôt pour bien vieillir, mais en même temps ne pas abandonner si on commence tard.

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Conclusion

La nutrition est un facteur modifiable qui améliore le vieillissement en réduisant le risque de développer certaines pathologies. Il est très important de maintenir une alimentation de qualité qui assure un apport suffisant de tous les nutriments nécessaires, ce qui aura un effet synergique, afin que nous fassions attention à l’apport de protéines et de minéraux, d’oligo-éléments et de vitamines. La dénutrition chez les personnes âgées est un fléau qui peut rapidement affecter l’autonomie et la longévité. Il doit être détecté le plus tôt possible afin d’instituer un soutien nutritionnel en mettant l’accent sur les aliments riches en nutriments.

Laurent Miclo est enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine, spécialiste en nutrition.

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