« Le bilan carbone ne doit pas être la seule boussole pour le client », précise Grégori Akermann, chercheur à INRAE.

Written By Sara Rosso

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Quel regard portez-vous sur l’évolution de la consommation alimentaire ces dernières années ?

Il y a eu de nombreux changements dans les pratiques de production et de consommation alimentaires ces dernières années qui ont contribué à la reterritorialisation des aliments. Les consommateurs ont été témoins de nombreux scandales alimentaires au fil des ans (vache folle, lasagnes au cheval, bactérie E. Voir l’article : Le jeûne a-t-il des avantages pour la santé ?. Coli, etc.) qui augmentent leurs inquiétudes concernant leur alimentation et les incitent à se tourner vers une alimentation et des filières de qualité. La proximité est plus transparente.

Ce mouvement s’accompagne d’une évolution de l’offre alimentaire : en 10 ans, la part des exploitations bio a triplé, passant de 4 à 12 % et la part des exploitations vendant en circuits courts est passée de 18 % en 2010 à 23 % en. 2020. Côté distribution, on assiste depuis 10 ans à la multiplication et à la diversification des modèles alternatifs de grande distribution : au-delà des AMAP, symbole du renouveau du court-circuit dans les années 1990, on voit apparaître de nouveaux modèles, qui prennent souvent des dimensions collectives et participatives et s’appuient sur des outils numériques : magasins de producteurs, marchés de producteurs, groupements d’achats citoyens, supermarchés coopératifs, consignes installées en bout de champ, vente de produits locaux via Internet avec livraison en point relais ou à domicile… Alors que ce circuit est globalement en croissance depuis des années, et alors que la consommation en court-circuit a explosé pendant la crise du Covid et notamment lors du premier confinement, on assiste depuis quelques mois à une nouvelle dynamique plus contrastée : 4 producteurs sur 10 signalent une baisse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019, tandis que 4 sur 10 signalent une augmentation. et 2 sur 10 signalent une stagnation (Étude RMT sur les aliments locaux, 2022).

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Comment se traduit la reterritorialisation de l’alimentation à laquelle vous faites référence ?

La reterritorialisation de l’alimentation est un mouvement pour renforcer la relation entre les territoires et les aliments qui en proviennent. Cela montre l’éloignement géographique et les relations entre les acteurs de la production, de la transformation, de la distribution et de la consommation et la réappropriation du système alimentaire par ces acteurs.

Cette reterritorialisation comprend diverses initiatives portées par divers acteurs du système alimentaire : les producteurs peuvent créer des appellations d’origine, des boutiques de producteurs, des AMAP avec l’aide des citoyens, dont certains reconstruisent la filière de la production à la distribution en passant par la transformation ; les clients impliqués dans la gestion de groupements d’achat de produits locaux ou de supermarchés coopératifs ; les départements, les communautés communales, les villes mettent en œuvre des politiques alimentaires pour soutenir l’offre locale de restauration collective ou pour aider les citoyens les plus vulnérables à accéder à l’alimentation locale, etc.

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La reterritorialisation de l’alimentation a de nombreux impacts positifs : maintien de l’agriculture en périphérie, contribution à l’économie locale, revitalisation du tissu rural, renforcement de la connaissance mutuelle entre producteurs et consommateurs, accès facilité à une alimentation saine et de qualité…

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Quels sont les fondements d’un système alimentaire durable ?

Quels sont les fondements d’un système alimentaire durable ?

Le système alimentaire comprend tous les agents, services et institutions responsables de la production, de la distribution, de l’accès, de la consommation et du stockage des aliments (Pillon, 2011). La notion de durabilité est généralement définie autour de trois dimensions : viabilité économique, faible impact sur l’environnement et équité sociale.

La FAO ajoute à ces trois dimensions de la nutrition et de la sécurité alimentaire pour donner cette définition : un système alimentaire durable est un système qui garantit la sécurité alimentaire et la nutrition pour tous en ne compromettant pas les conditions économiques, sociales et environnementales nécessaires. assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des générations futures. Ainsi, un système alimentaire durable doit permettre de produire et de distribuer des aliments en quantité suffisante, bénéfiques pour la santé, bénéfiques pour les acteurs qui les produisent et les distribuent, qui ne nuisent pas à l’environnement et qui soient accessibles à tous. tout. Construire un modèle répondant simultanément à tous ces objectifs reste un enjeu majeur pour les acteurs du système alimentaire. Car réussir à produire une alimentation de qualité, à la fois bénéfique pour le producteur et accessible aux plus vulnérables semble être une équation économique impossible, à moins que l’action publique ne puisse soutenir le système le plus durable ou mettre en place des politiques inspirées de la sécurité alimentaire sociale.

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Comment le consommateur peut-il devenir acteur de ce système alimentaire durable ?

Évaluer le bilan carbone de l’assiette française n’est pas aisé, surtout si l’on cherche à mesurer le bilan des filières alternatives que sont les activités de production, de transport, de distribution, de stockage et de conditionnement moins standardisées que dans le circuit long. Beaucoup de gens pensent que l’impact carbone provient du transport des aliments.

Or, dans le système alimentaire, l’activité ayant l’empreinte carbone la plus lourde reste la production, avant qu’elle ne soit transportée ou stockée. Si, au kilo, déplacer 10kg de pélardons des Cévennes à Montpellier dans une camionnette vide produit plus de carbone que déplacer des bananes du bout du monde sur un cargo, le galop des chèvres dans les Cévennes produit infiniment moins de carbone qu’une. bananeraie. N’oubliez pas que l’étape de production est la plus impactante en évitant les raccourcis plus simples, en particulier dans le cas de la viande.

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Certes, manger moins de viande réduit l’empreinte carbone de votre assiette – comme manger moins en général, ce qu’on oublie souvent – mais une vache française nourrie au tourteau de soja brésilien aura une empreinte carbone plus élevée qu’une vache qui broute toute l’année de l’herbe. du Limousin. Enfin, l’empreinte carbone ne doit pas être la seule boussole de nos consommateurs. Dans l’idée de durabilité, les dimensions nutrition-santé, économie et culture sociale sont souvent oubliées.

En effet, du seul point de vue de l’impact carbone, cultiver des tomates en Bretagne dans une serre chauffée au printemps a plus d’impact que cultiver des tomates dans la chaleur du sud de l’Espagne. Cependant, l’utilisation de pesticides sera moins importante dans l’atmosphère contrôlée de la serre bretonne que dans la serre espagnole. Mais les conditions de travail des ouvriers du sud de l’Espagne sont-elles aussi bonnes que celles des ouvriers agricoles de Bretagne ? Et quel goût ont ces tomates ? Peut-être qu’au final, le plus simple est d’attendre juillet pour manger de délicieuses tomates locales qui sont cueillies à maturité et vendues par des petits producteurs sur le marché au lieu d’acheter des tomates bretonnes ou espagnoles vendues au supermarché dès le départ. . Mai, qui sera le meilleur pour finir au compost, sinon à la poubelle.

Manger moins, éviter le gaspillage, manger de saison et rechercher des modes de production sont autant de gestes que peuvent poser les consommateurs pour réduire l’empreinte carbone dans leur assiette. Ont-ils encore besoin de trouver suffisamment d’informations sur les méthodes de production, que les commerçants soient suffisamment transparents pour pouvoir choisir les aliments qui leur conviennent ? Au lieu de rester seuls face à l’impossibilité de concilier leurs valeurs et leurs pratiques d’achat dans l’opacité des offres alimentaires, les consommateurs ont parfois la possibilité de s’engager dans des initiatives citoyennes qui redonnent leur pouvoir à travers leurs choix d’approvisionnement : devenir adhérents d’une épicerie participative , supermarché coopératif, AMAP ou centrale d’achat. Il peut également s’approvisionner dans des magasins qui distribuent des aliments locaux et de qualité en toute transparence : magasins de producteurs, magasins de certains produits locaux, magasins bio ou épiceries en vrac. Une cartographie comme celle réalisée par INRAE ​​et Que Choisir peut les aider à se repérer : https://www.quechoisir.org/carte-interactive-circuit-court-n97688/

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