Le bois est-il indispensable à la construction verte ?

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Tours, bureaux, grands projets… rares sont les dernières réalisations emblématiques qui ne font pas la part belle au bois. Ce matériau, qui occupe déjà près de 7% du marché de la maison individuelle, est de plus en plus présent dans le groupe. Il est vrai qu’il présente bien (du moins en début de vie, lorsqu’il est utilisé en extérieur), qu’il est préféré par les utilisateurs lorsqu’il s’agit de créer une sensation de bien-être, et qu’il montre enfin de grandes capacités de stockage de CO2. , qui sont actuellement particulièrement recherchés.

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De quoi installer dans l’esprit l’idée qu’une construction respectueuse de l’environnement passerait nécessairement par l’utilisation du bois. Pour le savoir avec certitude, nous avons interrogé bon nombre de constructeurs et de promoteurs pour connaître la place de ce matériau dans leur stratégie, leurs forces mais aussi leurs faiblesses. « Le bois peut être utilisé dans tous les types de bâtiments, des piscines aux hôtels, en passant par les logements, les commerces et les bureaux », explique Diego Harari, directeur de l’innovation et du développement durable chez Vinci Immobilier. La seule vraie difficulté pour le moment concerne les immeubles de grande hauteur (IGH), une limite en dessous de laquelle on reste pour des raisons de normes plus que de matériaux. »

Des solutions mixtes

De son côté, le groupe immobilier Icade, dans le cadre de sa stratégie bas carbone, a créé un fonds pour le climat ainsi qu’une filiale dénommée Urbain des Bois, qui vise à générer 100 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2025, soit l’équivalent d’Entre 500 et 1 000 foyers. « Le bois est l’un des éléments d’une solution plus globale pour aller vers une ville décarbonée, précise pour sa part David Laurent, directeur général de Kaufman & Large. On a commencé à s’y intéresser en 2010 avec la première livraison d’une maison ossature bois en 2013. » Et la tendance n’est pas près de s’inverser face aux succès inaugurés ces derniers mois, sans parler des infrastructures liées aux Jeux Olympiques de 2024 qui donnera une place d’intérêt au bois. « Certains grands projets en cours, comme le Village des athlètes, sont portés par une ambition environnementale et une volonté politique forte de créer des précurseurs, des projets qui poussent à trouver des solutions extraordinaires », souligne Diego Harari.

Ce n’est pas Jacques Bouillot, responsable de la filière sèche et des solutions bas carbone chez Eiffage Construction, qui dira le contraire. En effet, c’est son groupe, associé à Woodeum, qui a construit la tour Hypérion à Bordeaux, une construction mixte de bois et de béton qui culmine à 57 mètres du haut de ses 17 étages. Il reconnaît aussi que ces sites sont des laboratoires très utiles. Voir l’article : La ville est fière de son tout nouveau club-house. « La réglementation a été en grande partie conçue pour la construction en béton, souligne-t-il, et nous avons des difficultés avec la réglementation liée au feu et à l’acoustique. Il faut redécouvrir tout le métier d’ingénieur du bâtiment et inventer de nouvelles solutions ».

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L’avantage d’utiliser du bois se mesure différemment selon que ce matériau est visible ou non. « Quand le bois est visible, il apporte un confort sensoriel, une dimension que l’on ne retrouve pas avec l’acier ou le béton, le béton. Et quand il est caché, c’est une question de facilité de mise en œuvre et de légèreté. » Il est vrai que le bois est apprécié pour les travaux délicats dans les grands centres urbains car la préfabrication en usine permet de réaliser des chantiers « à sec » avec beaucoup moins d’inconfort. également un matériau prisé pour les élévations grâce à sa légèreté.Une prolifération de projets qui ne doit pas faire croire qu’il n’y a pas de salut en dehors du bois.

« La structure du bâtiment correspond à un maximum de 20% de son empreinte carbone, le reste des travaux à un minimum de 30% et les derniers 50% correspondent à la durée de vie utile du bâtiment une fois livré, se souvient David Laurent. Dès lors, le point clé reste la dépense énergétique, focalisée sur la construction de bâtiments passifs et l’utilisation d’énergies décarbonées, comme la géothermie par exemple, que nous mettons en œuvre dans diverses opérations, notamment en développement ». « Le bois n’est pas le seul moyen d’atteindre ces objectifs », déclare Diego Harari. On peut aussi parler de terre crue, réduire le ciment en béton pour faire du béton décarboné, une niche dans laquelle Vinci Construction s’est engagé ».

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Nos bois séduisent les Étrangers

Au sein du groupe Verrecchia, constructeur et promoteur en Ile-de-France dont la marque de fabrique est liée à la pierre de taille, nous n’entendons pas changer de ton tant que nous nous intéressons au bois et autres matériaux. « Ce n’est pas qu’on s’oppose à quoi que ce soit, souligne son PDG, Marc Verrecchia, notre credo c’est le bon matériau au bon endroit. Nous sommes attachés à la proximité et au circuit court que nous permet la pierre, ainsi qu’à sa pérennité et son aspect patrimonial. Et cela ne nous empêche pas d’utiliser le bois pour les structures mixtes que nous développons, sans oublier les sols. Mais pour les façades, la pierre porteuse de 23 cm (sans muret béton) a nos faveurs pour son inertie et son confort hygrothermique été comme hiver. Sensible aux matériaux géosourcés, le groupe étudie également les sols et cloisons en terre crue, sans oublier les produits biosourcés innovants comme la paille de chanvre et la fibre de bois.

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Il y a un certain nombre de problèmes liés au bois à résoudre de nos jours, dont certains sont plus situationnels que d’autres. Premièrement, l’afflux de commandes a montré que l’approvisionnement pouvait être compliqué, entraînant des flambées de prix. La France est peut-être le quatrième pays européen le plus boisé, mais son secteur de transformation a encore un long chemin à parcourir. Et face à l’appétit actuel de la Chine et des États-Unis pour nos forêts, peu a été fait pour assurer la production. Outre le prix, l’absence de produits locaux pousse certains fabricants à s’approvisionner loin. Il n’est pas rare de trouver des résineux sibériens sur les chantiers, ce qui réduit considérablement leur efficacité en termes d’empreinte carbone. Il en va de même pour les panneaux de bois lamellé-croisé (CLT), qui sont souvent importés et dont les colles peuvent parfois être améliorées. Enfin, il reste encore à améliorer les techniques en termes d’acoustique. Actuellement, pour obtenir des performances satisfaisantes, il est nécessaire de rajouter beaucoup d’épaisseur, ou de créer des couches de matériaux. Dans les deux cas, la solution n’est pas optimale d’un point de vue écologique.

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Cependant, une fois les problèmes de pénurie résolus, les prix devraient revenir à la normale. Reste à savoir si le bois continuera à générer des surcoûts de construction, comme c’est le cas actuellement. « Nous sommes en train d’acquérir des connaissances dont l’objectif est de réduire les coûts, estime Diego Harari. Mais ces opérations restent complexes, et il est peu probable que l’on puisse construire rapidement au même prix que le béton. De son côté, Jacques Bouillot, chez Eiffage, est confiant. « La maison unifamiliale en bois, généralement haut de gamme, devrait quand même être un peu plus chère. Mais pour le collectif, avec la multitude de solutions qui se lancent, on devrait pouvoir se limiter à un surcoût de 5% sur un horizon de 5 ans.

Un surcoût contenu à une condition toutefois : ne pas dépasser la « troisième famille » d’immeubles (80 % des immeubles en France), ceux dont la hauteur maximale est limitée à 28 mètres. « Notre expérience et, en particulier, le site de notre village des athlètes, confirme que l’optimum pour les constructions en bois se situe en dessous de la barre des 28 mètres », note-t-il. Au-delà, la mise en place de normes augmente les coûts. En dessous, on peut former la filière bois française par la massification et activer l’amélioration continue.

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