Le Conseil des ministres de mercredi à la salle de l’Elysée, une introduction aux enjeux de la rentrée

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PARIS : Le Conseil des ministres réuni mercredi à l’Elysée inaugure le retour du pouvoir exécutif dans un contexte d’incertitudes sur la guerre d’Ukraine, le changement climatique et l’inflation, sur fond d’hostilités parlementaires qui ne reprendront qu’en octobre.

Après trois semaines au Fort de Brégançon, Emmanuel Macron rencontre son gouvernement mercredi à l’Elysée. La convention a été précédée d’un déjeuner de travail mardi soir avec la Première ministre Élisabeth Borne pour évoquer les grandes priorités de la rentrée.

L’agenda présidentiel reste largement préoccupé par les questions internationales. Ces derniers jours, Macron s’est entretenu avec les présidents ukrainien et russe, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, mais aussi avec des dirigeants américains, britanniques et allemands au sujet de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia. Et jeudi, au lendemain du Conseil des ministres, il se rendra en Algérie pour une visite de trois jours.

Mais depuis Bormes-les-Mimosas (Var), lors du discours de commémoration, Macron a aussi semblé donner le ton d’un retour en France potentiellement compliqué.

Après avoir dénoncé « l’attaque brutale » russe en Ukraine, il a appelé les Français à « affronter l’avenir, résister à l’incertitude » et « accepter le prix de notre liberté et de nos valeurs ».

Les propos étaient « extrêmement inquiétants, suscitant l’inquiétude », a estimé l’eurodéputé Les Républicains Éric Ciotti.

Présentation de la « préparation de l’avis », explique Benjamin Morel, maître de conférences en droit public (Paris II Panthéon-Assas), alors que des décisions dures sur le budget, la politique énergétique et l’inflation attendent l’exécution.

La saison estivale est aussi une succession de drames climatiques, de la sécheresse aux incendies en passant par les orages meurtriers en Corse.

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« Tout s’est mis en place cet été (…) On a tous touché à ce que le mot +climatique+ veut dire et fait dans notre quotidien », a conclu le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.

L’heure est donc à la « mobilisation universelle » sous le mot d’ordre « sobriété énergétique », selon l’entourage du président.

« Souveraineté », « Bataille pour le climat » et « Egalité des chances » sont les priorités de cette période de rentrée, que les autorités abordent « sereinement dès qu’il y a un cap clair, de la cohérence et de la cohérence dans les actions entreprises », selon la même source.

La transition énergétique prendra une place importante dans le discours du gouvernement, qui présentera à l’automne un projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables. La semaine prochaine, il y aura un séminaire gouvernemental sur l’écologie notamment, auquel le premier ministre doit également prononcer un discours à l’université du Medef.

« Il y a une volonté de montrer qu’ils sont à l’offensive » à ce sujet. « Est-ce suffisant? Ce n’est pas facile, mais ça aide à mettre les choses dans une histoire », explique Benjamin Morel.

D’autres projets de loi complexes attendent le gouvernement quelques semaines après la première session du parlement pour adopter des mesures de pouvoir d’achat, dans le contexte inédit d’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Faute de session extraordinaire en septembre, les délibérations de l’Assemblée et du Sénat ne reprendront qu’en octobre. « On va continuer sur cette voie de la concertation, c’est celle qui marche le plus » et « c’est le message que les Français nous ont envoyé lors des élections législatives », a expliqué Véran.

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Les discussions s’annoncent d’autant plus houleuses que « le programme de rentrée sera également marqué par le travail », a rappelé Macron, avec l’objectif prétendu du « plein emploi » durant le second quinquennat.

Premier volet attendu en la matière : un texte sur l’assurance-chômage, qui devrait prolonger le renforcement de l’accès aux allocations et susciter l’hostilité de la gauche et des syndicats. Le patron de la CFDT, Laurent Berger, est également attendu à partir de mercredi après-midi à Matignon.

Un autre test important se profile à l’horizon : le budget. L’épreuve pour laquelle le camp présidentiel n’exclut pas l’activation du 49-3, qui lui permet d’être adopté sans vote avec l’engagement de la responsabilité gouvernementale.