Le refuge du SNPA à Rouen est saturé : « On ne supporte plus l’abandon »

Written By Sara Rosso

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Le refuge pour chiens et chats de Rouen tourne à plein régime depuis des mois. Et la période estivale n’arrange pas les choses. Il affiche « plein » en juillet 2022.

Par Mathieu Normand

Publié le 29 juil. 22 à 7:16

Pour le refuge pour chiens et chats de la Société normande de protection des animaux (SNPA), situé sur l’île de Lacroix à Rouen (Seine-Maritime), la période critique d’abandon des chiens ne se limite plus à l’été. Il affiche « plein » en juillet 2022, mais il fonctionne à un débit plus que régulier depuis plusieurs mois déjà. « Depuis que j’ai commencé ici il y a cinq ans, je n’ai pas vu ça », déclare son directeur Emilien Couturier.

« 700 chiens qui rentrent par an »

« 700 chiens qui rentrent par an »

Plus grande structure d’accueil de la région, avec 106 chiens et 60 chats parmi eux, sous la garde de 11 salariés et d’une quinzaine de bénévoles, le sanctuaire sert également de point d’attache pour la ville de Rouen et les communes environnantes, jusqu’à l’Eure. « Il y a tellement de chiens laissés sur la voie publique qu’ils doivent être mis en fourrière puis adoptés au bout de huit jours, ce que parfois je ne peux même pas abandonner depuis janvier. Sur le même sujet : Détente : misez sur le CBD pour les animaux. J’ai sept ou huit appels par jour. »

Dans le cas d’Emilien Couturier, ces nombreux abandons auraient la même raison dans bien des cas : « Les gens choisissent les animaux en fonction de leur corps et non en fonction de leurs besoins. « Educatrice et comportementaliste canine depuis 18 ans, la directrice de l’APCE recommande de prendre le temps. Il s’agit de se renseigner sur les différentes races, de voir lesquelles existent et si leurs besoins correspondent à leur mode de vie. Et dans le cas d’un achat en élevage, cela signifie choisir un éleveur sérieux qui saura accompagner les futurs propriétaires.

Les malinois sont parmi les plus grandes victimes d’abandon en France en ce moment car trop de gens n’apprécient pas ce raisonnement. Ils sont également présents au sanctuaire de Rouen, avec d’autres races de travail, mais la structure est majoritairement « inondée » par les attelages et autres molosses. Ce dernier occupe près des deux tiers des cases dans un quotidien difficile et stressant, malgré l’investissement des équipes de l’APCE.

Heureusement, près de la moitié des « 700 chiens qui rentrent à la maison par an » sont placés chez des propriétaires. Le SNPA a développé tout un écosystème de partenaires pour soigner et relocaliser les animaux (même lorsqu’il s’agit d’un cochon, d’un lama ou d’une autre arrivée insolite, en l’occurrence). « Nous travaillons aussi avec des stupéfiants. Nous détectons du potentiel chez certains chiens, que nous avons réussi à placer dans les brigades où ils s’épanouissent. »

Adopter un chien ou un chat à la SNPA

Les chiens malchanceux retournent à l’adoption. « On ne pratique pas l’euthanasie ici », confirme Emilien Couturier. Sauf en cas de maladie grave ou dans le cas de chiens « vraiment complexes ». « Ça doit être un ou deux chiens par an. Nous travaillons avec un vétérinaire, et nous nous donnons toujours du temps avec le chien, trois à six mois, avant de prendre une telle décision. »

Pour adopter un animal, il est possible de passer aux horaires d’ouverture au public. Lorsqu’il s’agit d’un chien, il faudra donner certaines informations, et prévoir au moins trois promenades en présence d’un membre de l’équipe. « Cela nous permet d’apprendre à connaître les gens et de pouvoir les orienter vers un animal qui sera compatible avec eux », précise le directeur de la structure.

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Besoin de dons pour mieux soigner les bêtes

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La SNPA est disponible pour accompagner les nouveaux propriétaires par la suite et les aider, eux et leurs animaux, à gérer la transition vers un nouveau foyer.

Pour pouvoir prendre soin au mieux de ses occupants, le SNPA tente d’améliorer leur quotidien en prenant des aménagements. « Nous sommes dans un vieil immeuble. Beaucoup de travail a été fait, mais certaines réparations restent à faire et elles coûtent cher. Elle parvient tout de même à avancer sur ce dossier, à l’image de la maison des chats qui a été ouverte il y a un mois. Il permet aux chats de s’épanouir dans des espaces plus vastes et insonorisés, et de faciliter les rencontres avec les futurs adoptants.

La Ville devrait prochainement allouer un terrain sécurisé pour le refuge par la Ville, en s’engageant à lui permettre de sortir des chiens en liberté, dans le cadre du réaménagement de l’île Lacroix. Pourtant, l’histoire est très compliquée. « L’APCE a désormais un déficit de 300 000 euros. Et la forte activité s’accompagne de coûts importants pour l’association, dont « 20 000 euros de frais vétérinaires par mois ».

Pour cette raison, elle fait appel à la générosité des gens en acceptant toutes sortes de dons. Des aliments pour chiens et chats, bien sûr, mais aussi des produits d’hygiène et tout élément lié à la facilitation de l’activité quotidienne.

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