Législatives : Revivez la nuit électorale du second tour avec « Libé »

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Rédactrice passionnée, Sara vous présente les nouveaux faits d'actualité 

Dossier élections législatives 2022

Après les résultats très serrés de dimanche dernier entre la majorité présidentielle et les Nupes, « Liberazione » fait vivre ce dimanche le second tour des élections législatives jusqu’à la désignation des 577 futurs députés de l’Assemblée nationale.

A l’Elysée-Montmartre, lors de la soirée des résultats du second tour des législatives, dimanche 19 juin. (Denis Allard / Libération)

par Matthieu Écoiffier, AFP, Romain Métairie, Margaux Lacroux et Gwénaëlle Fliti (montage photo)

Une majorité relative et étroite, dans un contexte d’abstention massive. Après une campagne fatigante et terne, la République en marche et ses alliés parviennent à obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Selon les premières estimations d’Ipsos à 20 heures, le parti présidentiel serait représenté par 234 députés au Palais-Bourbon. Malgré les espoirs suscités ces dernières semaines, la gauche unie sous l’étiquette Nupes n’a finalement pas réussi à envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon et aurait remporté 141 députés. Le Rassemblement national a enregistré un tournant historique, multipliant par dix le nombre d’élus, avec 90 députés.

Sandrine Rousseau se porte bien à Paris. Le second tour des élections législatives a semblé être une promenade de santé pour Sandrine Rousseau. L’écoféministe a obtenu 58,05% des voix, après le score déjà très élevé du premier tour (42,9%). Avec le label de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), elle représentera donc la 9e circonscription de Paris à l’Assemblée nationale, qui s’étale sur une grande partie du 13e arrondissement, dans le sud-est de la capitale. . Derrière elle, le candidat d’Ensemble et député LREM sortant, Buon Tan, vilipendé pour ses prises de position pro-chinoises, prend du retard avec près de 41,95 % des suffrages. Notre article.

Clémence Guetté, coordinatrice du programme Mélenchon, a été élue adjointe. Rejoint la jeune garde LFI à l’Assemblée nationale. A 31 ans, Clémence Guetté, coordinatrice du programme de Jean-Luc Mélenchon, a été facilement élue députée dans la deuxième circonscription du Val-de-Marne face au député LREM sortant Jean François Mbaye. Libé avait peint son portrait en mars dernier.

Quatre départements 100% RN. Les Pyrénées-Orientales, l’Aude, la Haute-Saône et la Haute-Marne – onze circonscriptions au total – envoient… onze députés du Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

« Le mot utilisé par Marine Le Pen pour « tsunami » n’est pas trop fort pour désigner ce qui vient de se passer. » C’est l’analyse du politologue Jean-Yves Camus pour nuancer le résultat obtenu par le parti d’extrême droite ce dimanche au second tour des élections législatives, avec 90 sièges. Lisez notre entretien.

En Seine-Saint-Denis, grand chelem pour les Nupes. Une vague de Nupes dans le 93. Les candidats soutenus par l’alliance de gauche remportent 12 sièges dans le département populaire d’Ile-de-France. Dans ce département emblématique de l’ancienne périphérie rouge, la gauche comptait déjà sept circonscriptions dans la législature sortante. La coalition s’est mise en grève, entraînant sur sa route les trois députés LREM sortants, un député LR et le président UDI Jean-Christophe Lagarde. Les électeurs séquoio-dionysiaques avaient placé Nupes à la tête de tout le département dès le premier tour, marqué par une forte abstention (plus de 61%).

Député élu Aymeric Caron, antispéciste à l’Assemblée nationale. Pari gagné pour Aymeric Caron : l’ancien journaliste entre dans l’arène politique. Quatre ans après avoir lancé son parti, la Révolution écologique pour le vivant (REV), le militant anti-espèces a été élu à l’Assemblée nationale sous les couleurs de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). . Dans le 18e arrondissement de Paris, il a obtenu 51,65 % des suffrages exprimés. Son adversaire, Pierre-Yves Bournazel, le député sortant qui représentait la majorité présidentielle, a recueilli 48,35 % des suffrages. Ce résultat n’est pas surprenant, même s’il est plus serré que prévu : Aymeric Caron était nettement devant au premier tour, avec 45,05 %, contre 35,57 % de son concurrent, qui misait sur sa bonne présence locale. Notre article.

Merci aux 18645 électeurs qui m’ont fait confiance. C’était un immense honneur d’avoir été député de Paris. Toute ma gratitude et ma reconnaissance aux habitants.

Je poursuis mon engagement au service des Parisiens. Félicitations républicaines à @CaronAymericoff. À bientôt!

Dans le Val-de-Marne, Laurent Saint-Martin, autre pilier de la majorité battue. « A la fin d’une belle campagne dans #circus9403, je n’ai pas obtenu le nombre de votes nécessaires pour gagner. » Sur Twitter, le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale a annoncé sa défaite face au jeune candidat du Nupes, Louis Boyard. Figure majoritaire au Palais Bourbon, Saint-Martin s’incline légèrement, avec 49,65% des voix selon les résultats partiels. Face à lui, le jeune étudiant en droit de 21 ans, ancien président du syndicat des lycéens de l’UNL, a obtenu 50,35 % des suffrages. « J’ai ce soir l’immense honneur d’être élu député de la 3e circonscription du Val de Marne, a-t-il réagi. Avec Tematai Le Gayic on devient les 2 plus jeunes députés de l’histoire de la République ». Notre article.

Quatennens revient. Le député sortant et tête d’affiche de La France insoumise, Adrien Quatennens, s’apprête à passer encore cinq ans au Palais Bourbon. Sur la base de résultats encore incomplets, il obtient plus de 65 % des suffrages dans la première circonscription du Nord.

Braun-Pivet largement réélu. Députée sortante aux couleurs de la LREM, Yaël Braun-Pivet, récemment nommée ministre des Outre-mer, a remporté le second tour des législatives dans la cinquième circonscription des Yvelines, devant la candidate Nupes Sophie Thevenet. Il a obtenu 64,62% ​​des voix. Notre article.

Cédric Villani battu avec 19 voix. Dans la cinquième circonscription de l’Essonne, le député sortant Cédric Villani, passé de la Lrem au Nupes, s’incline devant Paul Midy, un ancien de McKinsey soutenu par la majorité présidentielle. Ce dernier a obtenu 50,03% des voix, obtenant seulement 19 voix de plus que son adversaire.

Borne demande de « construire une majorité d’action ». Le Premier ministre, élu dans la sixième circonscription du Calvados, a réagi ce dimanche soir aux résultats du second tour. « L’Assemblée nationale n’a jamais connu une telle configuration sous la Ve République, a déclaré le chef du gouvernement Matignon. Cette situation représente un risque pour notre pays, compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés, tant au niveau national qu’international ». Après la défaite du camp présidentiel, loin d’obtenir la majorité absolue, Elisabeth Borne assure que ce vote doit être « respecté ». Se posant comme la « force centrale » de la nouvelle Assemblée nationale, le Premier ministre a également déclaré : « Nous travaillerons dès demain pour construire une majorité d’action. Il n’y a pas d’alternative. »

A Bobigny, la rebelle Raquel Garrido fait tomber le baron Lagarde. Surprise ce dimanche soir en Seine-Saint-Denis : la candidate du Nupes Raquel Garrido a remporté le second tour face au député Udi sortant Jean-Christophe Lagarde au terme d’une campagne tendue. « Les électeurs de Drancy, Bobigny et Le Bourget ont choisi aujourd’hui un nouveau député pour les représenter à l’Assemblée nationale », a écrit sur Twitter celui qui a siégé au Palais Bourbon sans interruption pendant 20 ans. Dans la 5e circonscription du département, le candidat moyen de Nupes (33,41 %) termine premier devant le maire sortant de Drancy (37,9 %).

Rachel Keke est en route pour l’Assemblée. Dans le sixième arrondissement du Val-de-Marne, la gouvernante de l’hôtel Ibis Batignolles Rachel Keke vise la victoire sur l’ancienne ministre Roxana Maracineanu. Alors que 93% des bulletins sont dépouillés, il recueille actuellement 51,38% des suffrages.

La première page du premier numéro de Libé ce lundi.

Pour les supporters de Clément Beaune, suspense, incertitude, puis cris de joie. Dans le VIIe arrondissement de Paris, divisé en trois arrondissements (IV, XI et XII), on s’est longtemps mangé les ongles, les yeux rivés sur les écrans de télévision. Les premières estimations avaient annoncé le ministre délégué à l’Europe devant la tête baissée de 21, aucun des cinquante premiers militants n’ayant osé faire le moindre commentaire. Seul un quinquagénaire aux cheveux grisonnants se laisse aller, le sourire aux lèvres et un verre de vin à la main : « C’est vraiment bon signe. Honnêtement, je n’y croyais pas. » A 22 heures, lorsque sa victoire sur la candidate Nupes Caroline Mecary (50,7 % – 49,3 %) a été confirmée, tout le monde a explosé de joie. Étreintes, poings levés, refrain « on a gagné » : l’élection de le ministre de 40 ans et son maintien au gouvernement ont été fêtés avec chaleur, comme si la déception du parti d’Emmanuel Macron à l’échelle nationale n’était déjà plus qu’un lointain souvenir.

La ministre Amélie de Montchalin vaincue. L’ancien président du conseil départemental de l’Essonne, Jérôme Guedj (Nupes), annonce sa victoire dans la sixième circonscription du département face à la ministre de la transition écologique, Amélie de Montchalin, également députée sortante. Parti à dix points du premier tour, le diplômé d’HEC n’a pas réussi à inverser la tendance, malgré une omniprésence sur le terrain entre les deux tours. Elle devrait céder sa place à la Transition écologique, selon la règle tacite annoncée par l’Elysée. On résume ici les ministres battus à l’issue de ce second tour.

Chez LR, deux lignes se heurtent déjà. Avec un nombre plus élevé que prévu et une majorité très relative de la macronie, beaucoup voient déjà les Républicains comme un groupe pivot potentiel qui pourrait peser sur le second quinquennat d’Emmanuel Macron. Et à cet égard, deux lignes coexistent déjà au sein du festival de la rue de Vaugirard. D’un côté, il y a ceux, comme Jean-François Copé, qui demandent un accord de gouvernement avec le parti présidentiel. Et de l’autre, il y a ceux qui sont farouchement opposés à toute alliance comme le numéro 3 du parti Aurélien Pradié. « Ce n’est pas à nous de sauver Emmanuel Macron », a déclaré le député Lot récemment réélu sur France 2. Les prochains jours s’annoncent mouvementés à droite. En témoigne le tweet du jeune patron LR Guilhem Carayon : « Jean François Copé soutient un pacte gouvernemental avec Emmanuel Macron. Il réapparaît chaque soir d’élection pour tenter de se vendre. Il ne représente en rien les militants : au nom des Jeunes LR je lui demande de quitter Les Républicains.

Ancienne porte-parole des Amis de la Terre Alma Dufour élue en Seine-Maritime. Il est une figure de la bataille contre les projets d’entrepôt d’Amazon. La militante écologiste Alma Dufour, qui s’était lancée la première en campagne électorale durant cette législature, l’a emporté dans la 4e circonscription de la Seine-Maritime avec le label Nupes. Le militant a obtenu 53,72% des suffrages, face au RN Guillaume Pennelle (46,28%). Elle a été condamnée en 2019 pour avoir abattu un portrait d’Emmanuel Macron, un geste de protestation contre l’inertie de l’exécutif en matière d’écologie. Lire son portrait, publié en mai.

Gabriel Attal largement en tête dans les Hauts-de-Seine. Après avoir pris la tête du premier tour dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, avec plus de 50 % des voix, le ministre des Comptes publics a obtenu ce dimanche 62 % des suffrages selon les premières estimations. Lourd du quinquennat précédent, l’ancien porte-parole du gouvernement s’est imposé face à son adversaire du Nupes, Cécile Soublet. Réagissant aux résultats nationaux de la seconde, et notamment à la poussée historique de l’extrême droite, Attal a reconnu une « situation inédite » qui « contraindra » le camp présidentiel « à dépasser [ses] certitudes, [ses] divisions » .

Discours de Jean-Luc Mélenchon à la sortie de l’Elysée-Montmartre, lors de la soirée des résultats. Par notre photographe Denis Allard.

Discours de Jean-Luc Mélenchon à la sortie de l’Elysée-Montmartre, lors de la soirée des résultats (Denis Allard / Libération)

Les travers d’Emmanuel Macron. « Le président échappe certes à l’horrible cohabitation que lui promettait Jean-Luc Mélenchon, mais pas à la situation très inconfortable de ne pouvoir compter que sur une majorité relative bien plus importante que prévu. Le chef de l’Etat méditera longuement sur les fautes commises lors de cette double campagne présidentielle et législative. Et notamment sa stratégie d’esquive que les Français n’ont visiblement pas appréciée. Et donc sanctionné. Lire l’éditorial de Libération.

Worth revient… pour la cinquième fois. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a remporté les élections législatives dans la 4e circonscription de l’Oise, devançant Audrey Havez, la candidate du Rassemblement national avec 54,35 % contre 45,65 % au second tour. Les électeurs n’ont donc pas tenu tête à Eric Woerth pour son changement d’étiquette. Il a quitté Les Républicains en février pour rejoindre Emmanuel Macron. A 66 ans, Woerth entamera son cinquième mandat consécutif. Notre article.

Méthode Coué pour Veran. Le ministre des Relations avec le Parlement, réélu en Isère, assure sur TF1 que le camp présidentiel « construira très vite une majorité pour qu’elle devienne absolue à l’Assemblée nationale », sachant que « d’autres formations nous permettront d’obtenir le quota de voix suffisantes pour présenter les réformes et faire adopter les textes ».

Une majorité indisponible ? Alors que le parti présidentiel ne dispose pas de la majorité absolue à la future Assemblée nationale, Christian Jacob, le patron des Républicains, semble fermer les portes à Emmanuel Macron. « Nous sommes dans l’opposition, nous resterons dans l’opposition », a-t-il déclaré dimanche.

Olivier Véran sauve son poste au gouvernement. Comme prévu, le nouveau ministre délégué aux Relations avec le Parlement, également chargé de relancer « la vie démocratique », s’installe tranquillement dans la 1ère circonscription de l’Isère. Avec 57,7% des voix, selon le ministère de l’Intérieur cité par TF1, la neurologue de formation, devance nettement la jeune représentante de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), de La France insoumise, Salomé Robin et est la 42,3 %. Dans les cinq prochaines années, sa position sera d’autant plus stratégique que le gouvernement n’aura pas la majorité absolue à l’Assemblée et devra donc composer avec des députés d’autres familles politiques. Monsieur le ministre Véran, c’est votre adjoint, le président du réseau Loisirs pluriels Servane Hugues qui siègera au Palais-Bourbon.

La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire en tête dans sa circonscription parisienne. En 2017, le randonneur avait détrôné l’adjoint au maire titularisé LR du XVe arrondissement de Paris, Philippe Goujon. Selon nos informations, la nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, devrait conserver son siège dans le 12e arrondissement de la capitale, qui comprend une partie du 7e arrondissement et la partie nord du 15e. Après avoir survolé le premier tour (39,51%), le communicant a confronté la candidate Nupes Céline Malaisé. Cette terre traditionnellement de droite avait placé Emmanuel Macron bien avant le premier tour de la présidentielle.

Dans la Somme, François Ruffin est facilement réélu. Le passage de deux pour François Ruffin. Le rapporteur adjoint a été élu pour la deuxième fois (57,01 %) dans la 1ère circonscription de la Somme, qui comprend une partie d’Amiens (nord et est) et, notamment, la commune d’Abbeville. Face à lui, Nathalie Ribeiro-Billet, candidate du Rassemblement national, a obtenu 42,99 % des suffrages. Au premier tour, ce jeune agriculteur (22,58%) est tombé loin derrière les insoumis (40,09%). Néanmoins, il espérait profiter des scores importants de Marine Le Pen sur ce territoire lors des élections présidentielles. Au premier tour, le candidat d’extrême droite avait obtenu 30,2% des voix, bien mieux qu’Emmanuel Macron (27,6%) et Jean-Luc Mélenchon (22,1%). Notre article.

Olivier Dussopt change de label mais garde sa place. Le ministre du Travail, qui a fait campagne discrètement, a été reconfirmé pour un quatrième mandat dans son fief ardéchois. Largement élu ce dimanche, au second tour des législatives dans le 2e arrondissement de l’Ardèche, Olivier Dussopt a obtenu près de 59% des suffrages, devant Christophe Goulouzelle, un commercial du secteur alimentaire investi par l’Union populaire nouvelle avec plus de 17 écologique et social (Nupes). Il s’est présenté pour la première fois avec l’investiture du camp présidentiel. Notre article.

Dans le Loir-et-Cher, Marc Fesneau a carte blanche. Facilement. Le nouveau ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, s’est facilement imposé dans la 1ère circonscription du Loir-et-Cher. Ce cher ami de François Bayrou, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale au tout début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, a recueilli 56,47 % des suffrages face au candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) du La France insoumise, Reda Belkadi (43,53%). L’ancien ministre chargé des Relations avec le Parlement des gouvernements d’Edouard Philippe et de Jean Castex était arrivé bien en avance sur le premier tour dans cette circonscription qui comprend notamment la ville de Blois. Notre article.

Au siège de Nupes, Mélenchon sur son nuage. Une situation « inattendue » et « inouïe » : Mélenchon se téléporte à son quartier général avant de prendre sa retraite. « Nous constatons une fois de plus que nous aurons été sous-estimés », perd en préambule l’ancien candidat à la présidentielle, non sans satisfaction. Il insiste : pour l’instant les résultats ne sont toutefois pas définitifs : « C’est une situation tout à fait inattendue, absolument inconnue », irradie-t-il, indiquant un « cap » pour le parti présidentiel. Selon lui, les résultats témoignent d’un « échec électoral de la macronie », évoquant les défaites de Blanquer ou encore du « régleur Castaner ». Un froncement de sourcils de désapprobation apparaît soudain sur son visage : « Sur 65 rencontres en tête-à-tête entre les Nupes et le RN, les enseignants de la macronie n’ont pas été en mesure de donner des consignes claires dans 52 cas », observe-t-il sous les sifflets de la foule. Devant lui flotte un drapeau du LFI, derrière lui un V lumineux, celui de la victoire, est projeté sur les rideaux noirs de la scène. Avec émotion il conclut : « Quant à moi, je change de position de combat mais mon engagement est et restera aux premiers rangs jusqu’à mon dernier souffle si cela ne vous dérange pas. » Les militants devant crient : « Bien sûr ! » Et un V tracé sur les doigts quitte la scène devant un public à l’index et au majeur également dressés. Par Élise Viniacourt

Jean-Luc Mélenchon veut toujours croire à une majorité de gauche à l’Assemblée. Alors que les Nupes devraient obtenir 149 sièges selon les estimations, le chef rebelle espère toujours que la gauche formera le « premier groupe » à l’Assemblée. Le candidat à la présidentielle a prononcé ses premiers mots à l’issue du second tour de cette élection, notamment lors du discours des quelque 90 députés LFI déjà élus : « Les défis les plus incroyables vont s’accumuler devant vous : le changement climatique, la crise financière. lève un instant l’ambition d’être celui qui gouverne un pays et l’emmène vers un autre horizon […]. Ne doute pas de toi, ne cède jamais à l’impatience […]. Plus le bouleversement est grand, plus l’opportunité est grande. Ne méprisez jamais notre peuple, écoutez toujours tout ce qu’il dit. Demain matin peut-être vous réveillerez-vous avec la majorité des Nupes à l’Assemblée, ou avec le premier groupe. Aucun bidouillage, aucun accord ne nous privera de cette possibilité. Et s’il n’est pas le cas, alors vous regarderez d’abord le formidable pouvoir que vous avez accumulé.

Dans le Finistère, Richard Ferrand a décollé du perchoir. Mauvais coup pour Emmanuel Macron. Richard Ferrand, président sortant de l’Assemblée nationale, est battu par son adversaire de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), Mélanie Thomin, dans la 6e circonscription du Finistère : 50,67 % contre 49,33 % des suffrages exprimés, selon près de résultats complets. Le frisson du 1er tour – un résultat très serré avec 33,65% des voix contre 31,16% – se transforme en choc pour les macronies : très proche du président sortant, fidèle parmi les fidèles qui ne ratent pas un rendez-vous stratégique autour du Président de la République, Ferrand est chassé du perchoir alors qu’il avait l’intention de s’enrôler à nouveau. Notre article.

Le Pen se réjouit d’avoir le « plus grand groupe de l’histoire » de sa « famille politique ». Dans une brève allocution, Marine Le Pen s’est félicitée que le Rassemblement national obtienne « un groupe parlementaire très puissant à l’Assemblée nationale ce dimanche soir, devenant ainsi un peu plus national », promettant d’incarner une opposition « ferme », « sans collusion » mais « responsable ». Le candidat à la présidentielle, confortablement élu dans le Pas-de-Calais, rappelle que ce groupe, estimé composé de 89 députés, sera « le plus important de l’histoire » de sa « famille politique ».

A Saint-Brieuc, euphorie de courte durée pour les militants de gauche. La salle des mariages de la mairie de Saint-Brieuc est pleine, les militants du Nupes sont en force pour la soirée électorale. A 20 heures, avant les premières séances de France 2, qui attribuent 149 places à la coalition de gauche, la foule n’a pas réagi. « Un peu déçu », Dominique, sympathisant rebelle, tente de se rassurer : « C’est trop tôt. A la présidentielle, entre le début et la fin de soirée, ça avait évolué. Au niveau local, le suspense continue pour première circonscription des Côtes d’Armor, où la bataille est serrée : la candidate du Nupes Marion Gorgard est arrivée légèrement en tête au premier tour (27,49), devant Modem Mickaël Cosson (24,81 %). de la ville, qui a donné 57 % à Nupes, la foule crie de joie. Mais l’euphorie est de courte durée : à l’échelle du cirque, c’est Mickaël Cosson qui l’emporte. Par Matilde Frenois

Eric Ciotti annonce sa réélection. Quatrième mandat pour Eric Ciotti. Le député LR des Alpes-Maritimes annonce sa réélection dans un message posté sur Twitter. « Je suis heureux d’annoncer ma réélection. Merci du fond du cœur aux Niçois pour leur extraordinaire fidélité », a-t-il écrit. Le député a voté pour (31,7 %) contre le jeune (29 ans) candidat majoritaire à la présidence Graig Monetti (25,92 %), soutenu par le maire de Nice Christian Estrosi.

La ministre Brigitte Bourguignon a été légèrement battue dans le Pas-de-Calais. Le ministre de la Santé a reconnu sa défaite, avec 56 voix, face à la candidate du Rassemblement national, Christine Engrand, qui a obtenu 50,06 % des suffrages. Toute personne ayant été député de la 6e circonscription du Pas-de-Calais depuis 2012 devra donc quitter le gouvernement, selon une règle tacite réaffirmée par l’Elysée.

Élu dans l’Ain, le ministre Damien Abad sauve la tête. Décidément, être accusé de viol n’est pas un obstacle. Le ministre des Solidarités visé par plusieurs allégations de violences sexuelles depuis sa nomination le 20 mai a de nouveau été visé cette semaine par une femme qui a témoigné dans Mediapart. Damien Abad s’est imposé dans son fief de l’Ain avec 57,9% contre 42,1% face à son adversaire de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), Florence Pisani. Notre article.

Christophe Castaner a été expulsé de son siège des Alpes-de-Haute-Provence. La Macronie tremblait pour Christophe Castaner, il avait raison : le patron du groupe La République en marche (LREM) et figure du mouvement présidentiel, membre du premier cercle d’hommes politiques autour du président de la République, s’incline avec 48,51 % des voix Vote contre 51,49% pour son concurrent de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), Léo Walter. Notre article.

Dans le Doubs, le boulanger Stéphane Ravacley salue le candidat macroniste. La surprise créée au premier tour n’a duré qu’une semaine. Ce dimanche Stéphane Ravacley, le boulanger qui s’est fait connaître en 2021 avec la grève de la faim contre le renvoi de son apprenti, a terminé premier dans la 2e circonscription du Doubs, avec un bon score de 32,5 %. A terme, le candidat Nupes ne pourra pas passer l’épreuve. Il a obtenu 47,74% des voix. Son prétendant à la majorité présidentielle, le député sortant Eric Alauzet – élu pour la première fois en 2012 sous l’étiquette écologiste – est reconduit avec 52,26 %. Lisez notre article.

Attal : « loin de ce qu’on attendait », il va falloir « surmonter nos clivages ». Le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a réagi aux résultats du second tour des élections législatives. « Si ces résultats se confirment, c’est loin de ce que nous espérions. Evidemment les Français n’ont pas donné la majorité absolue, sans l’attribuer à une autre formation politique. Ce qui se dessine, c’est une situation inédite dans la vie politique et parlementaire, qui va nous obliger à dépasser nos certitudes, nos clivages », a déclaré Gabriel Attal à TF1.

Percée historique du RN, garantie d’avoir un grand groupe à l’Assemblée. Progrès historique. De huit députés lors de la dernière législature, le RN a multiplié le nombre d’élus par plus de dix, obtenant 89 députés selon l’estimation Ipsos de 20 heures. Jusque-là, il n’avait jamais pu former de groupe à l’Assemblée nationale, à l’exception de celui obtenu en 1986 grâce à une élection à la proportionnelle (35 députés). Malgré une campagne amorphe, la formation lépéniste a su profiter de l’érosion du front républicain et de l’aide du parti présidentiel dans sa recherche continue de dé-diabolisation. A peine passé le premier tour, plusieurs figures des macronies n’ont pas hésité à renvoyer les deux extrêmes que constitueraient le Nupes et le RN. Du pain bénit pour le parti de Marine Le Pen, largement réélue dans son fief d’Hénin-Beaumont.

La Marine se félicite de sa poussée. Le président par intérim du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a salué dimanche soir un « tsunami » pour son parti qui compterait entre 80 et 100 députés. « C’est une vague marine à travers le pays. La leçon de ce soir, c’est que le peuple français a fait d’Emmanuel Macron un président minoritaire », jubilait-il dans TFI.

Au siège de Nupes, « je suis très content mais en même temps très déçu ». Poutres métalliques ornées bloquant le plafond, parquets au sol, escaliers majestueux en amont… Le décor des chambres de l’Elysée Montmartre ressemble à un Titanic. Mais l’ambiance à l’intérieur n’a rien à voir avec un naufrage. En arrière-plan, le plateau de BFM – projeté sur grand écran – crache un vacarme incompréhensible… Jusqu’au moment du décompte des résultats pendant lequel le silence s’installe. 5,4,3,2,1…. La salle disciplinée compte dans le cœur et crie de joie au moment des résultats : « Union populaire, union populaire », chante-t-il à tue-tête. Rires, câlins, câlins… Au milieu de l’euphorie, Gisèle applaudit chaque résultat électoral en faveur de Nupes et siffle les résultats en faveur d’Ensemble. « Je suis très heureuse mais en même temps très déçue », nous colle-t-elle tant bien que mal aux oreilles. La raison ? Le tournant du RN. « Ils ont profité d’un affaiblissement de la droite et de l’abstention », a-t-il dit. S’arrêtant, il poursuit : « Mais au moins Macron n’a pas la majorité absolue, c’est tout ce que je voulais, même si j’espérais 200 places pour le Nupes ».

Abstention inférieure à celle de 2017, mais toujours historiquement élevée. Près de 54% des électeurs inscrits ne se sont pas rendus aux urnes pour le second tour, selon les premières estimations. Un chiffre en baisse d’environ 3 points par rapport à 2017, mais qui reste l’un des plus élevés depuis 1958. Lire notre article.

Al Calvados, premier mandat du Premier ministre Elisabeth Borne. Le Premier ministre, investi dans un territoire favorable au camp présidentiel, n’a obtenu que 52 à 53 % des suffrages selon les premières estimations, juste devant Noé Gauchard, un jeune militant écologiste, investi par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. (Nupe). Lisez notre article.

La Macronie perd la majorité absolue, coincée entre le Nupes et le RN. Une majorité relative et étroite qui va grandement compliquer la tâche du Président. Sur fond d’abstention massive. Après une campagne fatigante, la République en marche et ses alliés du Modem, d’Agir et d’Horizons parviennent à obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Selon les premières estimations d’Ipsos, le parti présidentiel est représenté par 224 députés au Palais Bourbon. Contrairement à 2017, où LREM obtenait à elle seule la majorité absolue avec plus de 300 élus, la maison commune n’a pas réussi, cette fois, à franchir la barre des 289 sièges. Sa majorité n’est donc que très relative. Malgré les espoirs suscités ces dernières semaines, la gauche unie – Nupes – n’a finalement pas réussi à envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Ni d’augmenter son assise en mobilisant jeunes et abstentionnistes au second tour. Selon Ipsos, 149 députés auraient gagné.

C’est l’extrême droite qui a le plus progressé entre les deux législatures. Le Rassemblement national ne parvient pas à devenir la première force d’opposition tant espérée, mais il a de quoi être plus que satisfait. Selon les estimations, le parti lepéniste compte 89 députés. De huit députés lors de la dernière législature, voici le RN qui multiplie son nombre d’élus par plus de dix. Lisez notre article.

A Lille, la musique monte au siège des Quatennens. « C’est la fête là-bas », crie une petite fille en sautant. Un peu plus loin, sur le trottoir de la rue d’Arras, dans le quartier des Moulins à Lille, des amplis crachent des notes de guitare électrique. En chemin, une affiche de Mélenchon, collée sur un mur de briques rouges, voudrait le voir devenir Premier ministre. Une voiture passe devant le numéro 165. Devant le bureau électoral d’Adrien Quatennens, député sortant devenu une star politique dans la métropole lilloise, le son monte peu à peu. La voiture ralentit. Bonne série de corne. « Tout de suite ! En avance, ce n’est pas le moment ! », tempère un militant drapé d’un drapeau aux couleurs du Nupes. Il reste une trentaine de minutes à l’annonce officielle des résultats. Le son demande quelques décibels de plus. Dans une pièce cachée, Adrien Quatennens se métamorphose. Élu pour la première fois cinq ans plus tôt dans l’anonymat, le voilà la locomotive locale et leader national d’une gauche unie qui parvient à se qualifier dans dix des onze collèges de la métropole lilloise. Dehors sur le trottoir, la musique monte d’un cran, frites et houmous sont de sortie. Par Sheerazad Chekaik-Chaila, notre correspondante à Lille

Lorsque les médias violent la période de réservation. Alors que la loi interdit aux médias de diffuser « tout message à caractère de propagande électorale » les week-ends électoraux, divers contenus problématiques ont été signalés sur les réseaux sociaux. Lisez notre article.

Au siège de Nupes, plus de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur. Alors que dans la fraîcheur de l’Elysée Montmartre (Paris), domicile des Nupes pour ce second tour des législatives, les journalistes de la télévision filment les caméras dans une salle de concert presque vide, la foule gonfle dans l’humidité extérieure. Quand les militants pourront-ils entrer ? « C’est exactement la question que nous nous posons », s’amuse un bénévole. Anna, Lily et Merwam, toutes les trois étudiantes en management politique sont venues tenter leur chance avec le slogan « We will win ». Merwan, chemise ouverte, est positif. La campagne, explique-t-il, a été « difficile »: « On nous a beaucoup insultés, on nous a accusés de vouloir la dislocation de l’Etat ». Ont-ils des pronostics ? « Evitons de parler de chiffres… », commence Anna, sérieuse. En riant, Merwan l’interrompt : « Je dis 250 pour Nupes, et une alliance imminente entre LR et LREM ». Par Elise Viniacourt, au siège de Nupes

Les républicains préfèrent voir le dos à moitié plein. Alors qu’il devrait voir son groupe à l’Assemblée sévèrement réduit, le parti de droite rêve d’être une force pivot, indispensable à la macronie s’il perd la majorité absolue. L’analyse de notre journaliste Dominique Albertini.

A La Réunion, deux candidats frôlent l’égalité parfaite. De gauche à droite, tous les candidats clament depuis des semaines que chaque vote compte. Ce ne sont pas Thierry Robert (Divers centre) et Perceval Gaillard (Nupes) qui disent le contraire. Les deux candidats en lice pour le second tour dans le 7e collège de La Réunion auraient été, selon les premières estimations, publiées à 20, heure de Saint-Denis, en parfaite égalité (50-50). Finalement, au fur et à mesure que le décompte progresse, Perceval Gaillard semble gagner la tête courte. Si ce résultat se confirmait, les Nupes obtiendraient un quasi Grand Chelem à La Réunion, avec six députés élus sur sept possibles.

Pour le RN, enfin et les moyens. Le parti d’extrême droite devrait pouvoir constituer un groupe à l’Assemblée. Ils sont au moins quinze élus. Une première depuis 1986 et l’entrée au Palais-Bourbon de 32 parlementaires du Front national accompagnés de trois proches du Centre national des indépendants et paysans. De quoi changer la donne dans l’hémicycle. L’analyse de notre journaliste Nicolas Massol.

En Gironde, Jean-Claude le chasseur affronte le duel Nupes-RN : « Entre les extrêmes, personne ne me convainc ». Jean-Claude est agacé. Dans la 5e circonscription où il vote – Le Médoc, territoire enclavé, parent pauvre de la Gironde -, le duel se joue entre le RN avec Grégoire de Fournas (28,55 % des voix) et le candidat Nupes, Olivier Maneiro (25, 92 % des voix). ). Au soir du premier tour, seuls 1500 voix séparaient les deux hommes. Ensemble ! il a été éliminé dans un mouchoir de poche, portant le poids de la candidature dissidente du député sortant (ex-LREM) Benoît Simian qui a obtenu 3,68% (soit 2.150 voix). « Entre les extrêmes, personne ne me convainc aujourd’hui. J’ai besoin de gens réalistes qui ne sont pas là pour nous faire rêver. Mais comme je voyage toujours pour aller voter, mon vote sera blanc », confie le sexagénaire. Chasseur de père en fils « depuis plusieurs générations », Jean-Claude le reconnaît sans mal, au premier tour il cherchait avant tout un candidat qui n’était pas « anti-chasse ». Une ligne de programme importante dans le département qui compte la plus grande fédération de chasse de France avec 40.000 adhérents. Pourtant, pour lui, nul doute qu’il tombe dans la caricature, déplore le récent discours du président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, qui a insinué que la canicule est une « manipulation » des Nupes aux législatives. « J’ai honte, je suis terrifié et scandalisé, notre Fédération se désolidarise de cette type d’observation » a également réagi Henri Sabarot, président des chasseurs girondins, sur le plateau des « Grandes Gueules » (RMC) Par Eva Fonteneau, notre correspondante à Bordeaux

Ces prétendants déjà à l’Assemblée. On rappelle que cinq candidats ont été élus au premier tour, quatre pour Nupes et un pour la majorité présidentielle sortante Ensemble !. Les quatre députés de gauche qui n’ont pas eu besoin de croiser le fer ce dimanche sont tous en poste en Ile-de-France : il s’agit des Insoumis sortants de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière (7e) et de Paris, Danièle Obono (17e), ainsi que deux nouvelles adjointes LFI à Paris, Sophia Chikirou (6e) et Sarah Legrain (16e). De son côté, Yannick Favennec-Bécot (64 ans), ancien UDI qui a rejoint les Horizons, a réussi à se faire réélire pour un 5e mandat (57,13 %) dans le collège 3e Mayenne.

Face à LFI, LREM a l’alerte en vue. Loin d’avoir la certitude d’avoir la majorité absolue, la coalition Ensemble regarde la situation avec angoisse. Il devra sans doute essayer de trouver des appuis dans l’opposition (lire l’analyse de nos journalistes Jean-Baptiste Daoulas et Laure Equy). L’historien Christian Delporte met cependant à mal l’idée de « désordre » en cas de majorité relative à l’Assemblée et assure qu’elle permettrait au contraire d’apaiser la vie politique grâce à la culture du compromis et de la ré -oxygénant. Notre entretien.

Quelques triangles au menu. Ce dimanche il y aura sept « truels » (pour ceux qui ne connaissent pas les westerns, c’est comme un duel mais à trois), contre une seule triangulaire il y a cinq ans. Quatre circonscriptions opposeront un candidat d’Ensemble !, de la gauche et du RN : le 3e de la Dordogne, le 2e du Lot-et-Garonne, le 2e de la Nièvre et le 2e du Tarn. Dans deux circonscriptions des Hauts-de-Seine, la 2e et la 3e, la triangulaire opposera LR à Nupes et Ensemble. Enfin, dans le 2ème du Loto, il y aura un candidat PS dissident contre Nupes et Ensemble !. Une huitième triangulaire était prévue dans la 1ère circonscription du Lot-et-Garonne, mais la candidate Nupes Maryse Combres a appliqué avec rigueur le Front républicain et s’est retirée pour laisser place à un duel Ensemble ! / RN.

A Saint-Brieuc, face au duel Nupes-Ensemble : « Ce sera match nul ». Claudine n’a pas pu choisir entre le Nupes aux « promesses sociales insoutenables » et le camp présidentiel qui permet aux « riches de s’enrichir ». « Quand je suis arrivé dans l’isoloir, j’avais les deux bulletins devant moi et je n’ai pu en mettre aucun : je les ai déchirés en 2 et j’en ai mis la moitié dans l’enveloppe. Ce sera un match nul, mais au moins je suis venue, parce que je vote toujours », confie cette femme de 62 ans, abritée sous son parapluie, à la sortie de l’école de l’Etablette, dans un quartier populaire de Saint- Circonscription de Brieuc : la candidate du Nupes Marion Gorgard est arrivée légèrement en tête au premier tour (27,49 %), devant Modem Mickaël Cosson (24,81 %). A l’Etablette la participation est similaire à celle du premier tour (61, 83 %). La semaine dernière, on s’est dit que c’était à cause du beau temps. Mais ce n’est ni le soleil ni la pluie qui sonnent », observe Sandrine, l’une des secrétaires du bureau. Par Elodie Auffray, notre correspondante en Bretagne

Au stade Vélodrome de Marseille : « Honnêtement, je me suis senti exclu des débats. » C’est la foule des grands jours sur la place du Vélodrome. En quelques heures, après un stade déjà bien garni la veille, Soprano le refait devant des milliers de spectateurs qui affluent de toutes parts en fin d’après-midi. Carine bombe le torse : oui, elle a voté tôt ce matin, « tais-toi » sourit la jeune femme. Ses deux amies regardent leurs pieds. « Je suis de Metz, et elle est de Paris, nous sommes arrivés hier soir donc forcément on ne pouvait pas… » Un couple de vingt ans s’excuse : « On était sur la plage, on pensait avoir le temps avant le concert mais avec des embouteillages… » Plus tard, assis au bar avec sa famille, Patrick, la quarantaine, se fâche pour des faux : « Eh bien non, je n’y suis pas allé, mais la dernière fois j’y suis allé, et personne m’a dit qu’il avait posé la question ! » Puis, sérieusement : « Honnêtement je me suis senti exclu des débats. On manque d’information, d’éducation et les jeunes c’est encore pire. Quand on ne vérifie pas son vote, ce n’est pas motivant. » Une dame active la marche, le spectacle commence à 18h. « Je suis de là-bas, certes, mais comme tout le monde, non ? » A Marseille, à 17h, la participation était de 29,09% (38,11 au niveau national) contre 30,03% la semaine dernière Par Stéphanie Harounyan, notre correspondante à Marseille

Dans le 11e arrondissement de Paris, « la clé sera frappée » entre les Nupes et le Modem. La socialiste Olivia Polski et l’actuelle députée Modem Maud Gatel ont terminé le premier tour des élections législatives en tête-à-tête. L’issue du vote dépendra avant tout du report des voix de LR, plutôt en faveur des sortants. La gauche s’attend à une mobilisation des abstentionnistes. Notre analyse.

A Lyon : « Les fonds dédiés au Covid ne sont pas tous parvenus au petit artisan du quartier, je trouve ça dégueulasse ». A Lyon, la participation à 16 heures était de 35,29 %, soit quelques dixièmes de moins qu’au premier tour. Dans le 3e arrondissement un après-midi tranquille dans les deux fauteuils aménagés à la Maison des associations, rue Lacassagne. Thomas (1), 40 ans, espère voir la « cohésion » mise en avant à l’issue du second tour de ces législatives, plutôt que le « séparatisme » et le « populisme ». « Très opposé » à l’union de la gauche « qui vient trop tard », cet analyste financier se mesure sur le budget de la majorité présidentielle : « Il y a quelque chose de positif avec plus de concurrence économique, de compétitivité, mais aussi de négatif quand ça penche vers le libéralisme ». illimité, explique Thomas. Les plus aisés ont gagné beaucoup d’argent parce que les fonds dédiés au Covid n’ont pas tous atteint le petit artisan du quartier, je trouve ça dégueulasse. Par Maïté Darnault, notre correspondante à Lyon

54% d’abstention estimée pour le second tour. Selon les premières estimations de trois instituts électoraux, l’abstention sera finalement de 54 %. Plus qu’au premier tour (52,5%) mais moins qu’au second tour en 2017 où 57,4% avaient déserté les urnes, un record depuis 1958. Dans le détail, Ipsos/Sopra Steria pour FranceTV/RadioFrance/France24/RFI/LCP, Ifop pour TF1/LCI et Elabe pour BFMTV/LEXPRESS/RMC estiment l’abstention finale à 54%, tandis qu’OpinionWay pour CNews et Europe1 la mesure à 53,5% et Harris interactive pour M6 et RTL à 53,9%.

38,11% de participation à 17h Alors que les bureaux de vote ferment à 18h, voire 20h pour les grandes villes, la participation à 17h était de 38,11%. Un chiffre en baisse par rapport au premier tour, où 39,42% des électeurs s’étaient présentés au même moment aux urnes, mais en hausse par rapport au second tour de 2017. A midi ce dimanche la participation a encore augmenté à 18,99% selon au ministère de l’Intérieur, une très légère augmentation (0,56%) par rapport à la première équipe il y a une semaine et par rapport à la deuxième équipe en 2017, où elle avait atteint 17,75%. Lisez notre article.

En Lot-et-Garonne, deux triangles provoquent larmes, trahisons et peur du RN. Les Nupes, parti d’extrême droite et à majorité présidentielle, sont au second tour dans deux circonscriptions du département, celles de Marmande et d’Agen. Mais si d’un côté la gauche s’est retirée pour battre le RN, de l’autre le candidat LREM a décidé de se maintenir, malgré la dissolution de son parti. Deux cercles, deux ambiances. Notre relation.

A Marseille, autour du duel LREM-RN : « J’ai fait un collage en découpant et mélangeant les deux bulletins et je l’ai mis dans l’enveloppe ». Le président du bureau de vote n’est pas si désespéré : « En tout cas, j’ai l’impression que les gens sont venus, en tout cas presque comme la semaine dernière ». Ce qui n’était pas brillant, l’abstention est montée à 82% au premier quart de travail dans ce bureau du 1153 à Air Bel, une commune à l’est de la ville. Dimanche dernier, le candidat du Nupes, sorti largement en tête à ce poste avec près de 56%, avait été éliminé au niveau de la circonscription, la 1ère à Marseille où le duel du second tour s’oppose donc ce dimanche à la RN chez LREM. Les électeurs, non plus démobilisés cet après-midi, ont-ils répondu aux appels à un barrage républicain ? En tout cas, pas le jeune homme qui sort de l’école après avoir déposé son bulletin dans l’urne. S’il a bougé malgré la chaleur torride, c’était pour voter pour une égalité. « Je m’abstiens habituellement au second tour dans ce type de situation, car voter pour moi, c’est donner confiance et ce n’est pas possible là-bas. Mais ce matin j’ai été inspirée : j’ai fait un collage en découpant et mélangeant les deux cartes et je l’ai mis dans l’enveloppe. » Par Stéphanie Harounyan, notre correspondante à Marseille

A Roubaix, la poussée du Nupes a suspendu la participation des jeunes. « On a vu tellement de jeunes venir voter lors des élections présidentielles, mais on ne les a pas vus la semaine dernière », regrette Virginie Carbon, présidente du bureau de vote 206 à Roubaix. En milieu d’après-midi, la participation était de 23,20% dans la ville contre 23,07% la semaine dernière. « Une légère amélioration », se rassure-t-il. Dans la 8e circonscription du Nord, l’abstention est montée à 67,39 % au premier tour. A son arrivée, le candidat du Nupes David Guiraud a pris la tête devant la députée macroniste sortante Catherine Osson. Ce poids lourd de La France insoumise, originaire de Seine-Saint-Denis, a été envoyé dans le Nord pour soutenir les excellents scores de Roubaix de Mélenchon à la présidentielle. Le pari a payé au premier tour où il a battu son principal adversaire par 3417 voix. Si l’écart persiste, David Guiraud pourrait inverser l’axe Roubaix-Wattrelos dans une métropole lilloise où la gauche retrouve un peu de couleur. A la sortie de la salle Pellevoisin, Josiane, 87 ans, garde pour elle ses pronostics et son vote. Il n’a jamais raté un vote et ne comprend pas les abstentions : « Ce qu’ils font n’est pas bien. Et puis ils vont gémir ! » Par Sheerazad Chekaik-Chaila, notre correspondante à Lille

Que peut-on (ou pas) faire dans un bureau de vote ? Si vous voulez voter avec un T-shirt « Vote Poutou », signer la liste de présence avec un stylo à quatre couleurs, prendre un selfie dans l’isoloir, réfléchir à deux fois… Le spécialiste de droit constitutionnel et professeur de droit public à l’Université Université de Lille Jean-Philippe Derosier détaille pour Libé les règles à respecter entre les quatre murs du bureau de vote. Notre entretien.

Les douze circonscriptions à suivre de près. Ministres aux bulletins de vote défavorables, échanges de boules puantes, percée du RN ou enjeux cruciaux pour la gauche unie… Le focus de Libération sur les duels qui seront les plus scrutés dimanche.

Tematai Le Gayic, le plus jeune député de France. A tout juste 21 ans, le séparatiste Tematai Le Gayic (Tavini-Nupes) s’est imposé dans la 1ère circonscription de la Polynésie française avec 50,88% des suffrages. Elle a devancé Nicole Bouteau (Tapura-Ensemble), largement devant au premier tour (41,9% vs 20,1%). Il devient ainsi le plus jeune député de l’histoire de la Ve République. Si Louis Boyard (LFI), 21 ans, gagne ce soir dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, les deux hommes se partageront le titre. Jusqu’ici Marion Maréchal, élue en 2012 à 22 ans, détenait le record.

Seuls finalistes au monde. Aussi curieux que cela puisse paraître, certains candidats n’auront pas d’adversaires, leurs rivaux, qualifiés pour le second tour, ayant finalement choisi de jeter l’éponge. Trois candidats de l’alliance de gauche Nupes se retrouvent seuls en lice et donc assurés de l’emporter : Clémentine Autain (2e de Seine-St-Denis), Soumya Bourouaha (4e de Seine-St-Denis) et Elie Calife (4e de Guadeloupe ).

A Lyon : « Je ne suis pas du tout pour l’extrême droite, j’ai voté contre ce blocage. » A quelques rues des campus Lyon-II et Lyon-III, Fanny et Louanne, 23 ans, se retrouvent pour une vente spéciale dans une friperie. Ces étudiants de l’école d’ingénieurs et de management du sport n’ont pas voté au premier tour des législatives, mais ils ont voulu se rattraper ce dimanche. N’ayant pas fait le changement d’adresse à temps, ils ont confié une procuration aux parents. « Je me suis un peu blâmée, c’est un droit, voire un devoir, surtout en tant que femme », explique Fanny. Je ne suis pas du tout pour l’extrême droite, j’ai voté contre ce blocus. Plutôt centriste, la jeune femme est réservée face à l’union de la gauche, « plus stratégique » qu’autre chose, selon elle. « Mieux vaut tard que jamais, dit Louanne, mais je l’attendais pour le premier tour de la présidentielle. » La priorité des deux amis est l’urgence écologique. Et puisque « les députés nous représentent directement, dans notre quotidien », souligne Louanne, elle espère que la question sera abordée de front à l’issue de ces élections. Par Maïté Darnault, notre correspondante à Lyon

« Libélysée » épisode 21 : qui espère quoi au second tour des législatives ? Ce nouvel opus du podcast Libération analyse les enjeux de ce second tour, entre coups bas, déclarations incendiaires et abstentions. Ecoute maintenant.

Au lendemain du premier tour des législatives, où Mathilde Panot accueillait les premiers députés Nupes élus dès le premier tour (Danièle Obono, Sarah Legrain, Sophia Chirikou et Alexis Corbière) à l’Assemblée nationale, à Paris, le 13 juin 2022. Denis Allard / Libération)

Participation de 15,67 % à midi en Gironde. C’est un peu mieux que dimanche dernier (14,82%) mais bien moins qu’en 2017 où le taux tournait autour de 20%. Dans la 11e circonscription qui comprend le vignoble du Blayais, un électeur sur deux n’est pas allé voter la semaine dernière. Les abstentionnistes pourraient peser dans le duel entre la candidate de la majorité sortante Véronique Hammerer – qui a terminé deuxième avec 23,72 % des voix – et Edwige Diaz (RN), qui a grimpé loin devant avec 40 %. « Sur le papier les astres sont alignés, mais on sait que l’électorat est instable et peut être distrait par la météo ou la fête des pères », répond la porte-parole de Marine Le Pen lors de sa visite du bureau. Profitant d’un sentiment de « fracture sociale », elle pourrait devenir la première adjointe RN du département dans ce cirque historiquement de gauche. Par Eva Fonteneau, notre correspondante à Bordeaux

Emmanuel Macron a voté au Touquet.

Au Touquet, Emmanuel Macron signe une jambe dans le plâtre avant d’aller voter. (Michel Pinler/AFP)

« Il deviendra [peut-être] une des stars de l’Assemblée » : Rachel Keke, de l’hôtel Ibis des Batignolles aux législatives. La gouvernante de l’hôtel Ibis Batignolles, confrontée à la lutte victorieuse pour exiger de meilleures conditions de travail, a de bonnes chances d’être élue députée ce dimanche dans le Val-de-Marne. En face, l’ancienne ministre Roxana Maracineanu appelle au « blocage ». Notre relation.

Le député sortant Matthieu Orphelin recycle. L’écologiste Matthieu Orphelin, qui a refusé de se représenter dans sa première circonscription du Maine-et-Loire, s’envole pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO). L’homme, 49 ans, ingénieur environnement de formation, « a décidé de quitter la politique pour s’engager concrètement dans la protection de la nature et de la biodiversité », précise un communiqué publié ce jour du second tour des élections législatives. Il prendra ses fonctions de PDG le 1er novembre 2022 à Rochefort et succèdera à Yves Verilhac, qui a occupé ce poste pendant neuf ans.

💚 Grande joie et honneur de rejoindre @LPOFrance en tant que Directeur Général. Une des plus belles ONG ! J’ai hâte de faire campagne et de travailler avec le président Allain Bougrain-Dubourg, les équipes et les 8 000 bénévoles. Transition avec Yves Verilhac jusqu’à la fin de l’année pic.twitter.com/xsn6WvWBcW

A Hénin-Beaumont où Le Pen est ultra favori : « J’espère que ça ira bien ! Les abstentions gâchent la merde… », écarte Hervé, ingénieur thermohydraulique de 55 ans. La semaine dernière, les députés de la 11e circonscription du Pas-de-Calais étaient si nombreux qu’ils ont empêché Marine Le Pen de l’emporter au premier tour, malgré 54 % des voix en sa faveur. Dans ce second tour, qui semble évident, Hervé est allé voter tôt. En quittant leurs bureaux, les électeurs réclament des salaires plus élevés, une retraite anticipée et un meilleur pouvoir d’achat. Les conquêtes sociales ici incarnées par Le Pen qui se présente comme le seul rempart de l’extrême gauche. « Si je suis à l’extrême gauche, on est mal en point », a plaisanté l’écologiste Marine Tondelier, son adversaire au Nupes, à sa sortie de l’isoloir. Après sa défaite au premier tour, la candidate macroniste avait renvoyé les deux Marines en annonçant qu’elle voterait blanc, ouvrant la porte à un tour intermédiaire particulièrement brutal face à Tondelier. Dans un tract grossier, l’élu de l’opposition municipale et membre d’Europe Écologie depuis sa création est accusé de soutenir l’islam et d’être antisémite. « Les gens qui me connaissent se demandent ce qu’est cette histoire. Quand je fais du porte à porte, on me dit « Êtes-vous Mme Tondelier ? Mais tu n’as pas l’air fou ! » Par Sheerazad Chekaik-Chaila, notre correspondante à Lille

Marine Tondelier, opposante à la NUPES de Marine Le Pen, vote ce dimanche à Hénin-Beaumont. (Stéphane Dubromel / Hans Lucas pour la Libération)

Pour les macronies, la fin d’un hémicycle. Nouveau big bang en vue à l’Assemblée nationale, après la rafle des marcheurs en 2017. Au bout d’une semaine entre deux tours qui ne permettra pas de relever le niveau de la campagne législative, les Français sont appelés aux urnes pour la quatrième fois en dix semaines. Sans prédire le résultat de dimanche, il est d’ores et déjà certain que la composition du Palais-Bourbon va sensiblement changer, avec une majorité sortante pour marquer le pas, un latéral gauche qui deviendra la principale force de l’opposition s’il ne – sauf bouleversement – s’impose. une coexistence, une extrême droite qui franchit un seuil avec la très probable constitution d’un groupe parlementaire et une droite qui tentera de sauver ce qui peut l’être… et qui pourrait, enfin, aussi se trouver en position d’être le soutien de la force d’Emmanuel Macron. Quel que soit le verdict des urnes, la nouvelle Assemblée sera moins monolithique et donc potentiellement moins docile que la précédente, ravivant une vitalité parlementaire largement oubliée dans un régime extrêmement présidentiel. Lisez notre analyse.

Deux Femen demandent la « démission » de Damien Abad devant la mairie d’Oyonnax. Deux jeunes femmes seins nus qui se revendiquent Femen ont manifesté dimanche matin devant la mairie d’Oyonnax (Ain) pour exiger la « démission » du ministre des Solidarités Damien Abad, mis en cause pour agression sexuelle, nous a-t-on appris. sources. Claquant sur les pots, les deux jeunes femmes ont chanté « Abad, si tu ne sors pas les pots, on s’en occupe », comme le montre une vidéo postée sur Twitter par le mouvement féministe Femen. « Tant que la classe politique ignorera » les pots au cul de ses candidats « n (on) tapera sur l’inox, hist. (Story) pour faire du bruit contre l’impunité et pour (pour) que l’hypocrisie et les dénégations cessent ! #FEMEN CUISINE #ABAD ! », écrit le mouvement. La présence des deux manifestantes vers 9h devant la mairie, qui sert dimanche de bureau de vote pour les législatives, a été « très rapide », selon un policier. source et le vote de Damien Abad, dans une école d’Oyonnax, environ deux heures plus tard, n’a pas été perturbé, selon l’AFP sur place.

A Andel, dans les Côtes d’Armor, « on sait à peu près qui doit passer ». Il est midi quand Isabelle et Philippe quittent la mairie d’Andel, petite commune rurale proche de Lamballe. Le couple de 50 ans est venu voter avant la fête de famille, entre la fête des pères et les anniversaires. « C’est très important, autant que la présidentielle voire plus », assure Isabelle. Dans le 3e arrondissement des Côtes d’Armor, « on sait plus ou moins qui doit passer », précise Philippe. Le républicain Marc Le Fur est bien placé pour remporter un sixième mandat, avec 41,69 % au premier tour, loin devant Nupes (22,66 %). Dans ce terreau fertile, l’un des seuls rescapés de LR en Bretagne « a un très bon score, décode Philippe. C’est une personne facile à vivre. Il est toujours présent, pas seulement au moment des élections, et très assidu à l’Assemblée ». Un non-match qui ne décourage pas Pierre. Cet éleveur de moutons de 30 ans aimerait « changer », notamment en matière d’environnement et d’agriculture. « Nous sommes trop dépendants, nous subissons la hausse des prix, les risques climatiques… » Par Elodie Auffray, notre correspondante en Bretagne

Chez les catholiques de la presqu’île lyonnaise : « Voter contre, ce n’est pas très drôle ». Les cloches de la basilique de San Martino d’Ainay sonnent à la fin de la messe. Anne et Stéphane, 63 ans, se dépêchent de quitter les lieux pour aller voter. « C’est important, ça guide les choix techniques, moraux, économiques, éthiques », explique Stéphane, un jeune retraité « très attaché aux valeurs familiales, à la défense de la vie ». Pour ce second tour il regrette « de ne pas avoir plus de choix » dans sa circonscription : « Je voterai contre, ce n’est pas très drôle mais c’est le jeu de la démocratie ». Dans la 1ère circonscription du Rhône, Anne Prost, la candidate LR, n’a terminé qu’à la quatrième place dimanche dernier, derrière la candidate Nupes (la LFI Aurélie Gries), le député sortant de la majorité présidentielle Thomas Rudigoz et le candidat du RN. Les pools de voix de Gries semblent faibles, tandis que Rudigoz pourrait bénéficier du report de la droite traditionnelle. Par Maïté Darnault, notre correspondante à Lyon

Edward Snowden invite les Français à se rendre aux urnes. « Allez voter. Si vous êtes jeune, si vous souffrez, ne laissez pas le système vous ignorer. Voter! Le pouvoir ne vous sera jamais simplement donné, il doit être mérité. Pour votre avenir, et l’avenir du monde, allez voter ! » Dimanche, l’informateur américain invite les Français à se rendre aux urnes. L’informaticien semble suivre de près les élections législatives françaises : vendredi, il a retweeté la promesse de Jean-Luc Mélenchon pour naturaliser et décorer Julian Assange, si jamais le chef des Insoumis était élu Premier ministre. « Bonne chance. Le monde en a besoin », a réagi Snowden sur Twitter.

Allez voter. Si vous êtes jeune, si vous souffrez, ne laissez pas le système vous ignorer. Voter! Le pouvoir ne vous sera jamais simplement donné, il doit être mérité. Pour votre avenir, et l’avenir du monde, allez voter ! #législatives2022

Mélenchon sur sa participation à Marseille : « Ça s’annonce mieux que dimanche dernier ». Jean-Luc Mélenchon vient d’arriver devant son bureau de vote du centre après un bref tour de scrutin pour évaluer la participation. « Ça s’annonce mieux que dimanche dernier », rapporte-t-il à Manuel Bompard venu l’accueillir. « Là aussi les édiles disent que cette fois-ci quelqu’un est venu qui n’avait pas voté au premier tour », répond celui qui brigue sa succession dans le 4e arrondissement de la ville. En fin de matinée il n’y a pas de queue à l’intérieur de l’école, là où les caméras sont venues capter la chute de l’enveloppe. « Tiens, Mélenchon, regarde à droite ! demande l’un d’eux. « Ne disons pas à droite, disons de l’autre côté, pas de propagande le jour du vote ! rigole ce que le député marseillais ne fera plus ce soir. Bientôt il partira pour Paris, en compagnie de Manuel Bompard, également attendu sur plusieurs télévisions. La nouvelle Marseillaise devrait être bientôt de retour : dans son cirque, il avait terminé tout premier au premier tour avec 56% des suffrages. Par Stéphanie Harounyan, notre correspondante à Marseille

Jean-Luc Mélenchon vote au second tour des élections législatives à Marseille, le 19 juin 2022. (AP)

La gauche a obtenu 16 sur 20. Additionnant les résultats du premier tour à ceux déjà tombés ce dimanche matin dans les circonscriptions d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Polynésie, Saint-Pierre-et-Miquelon), les forces de gauche (Nupes et Divers sur la gauche) pointe en tête avec seize députés sur vingt connus, contre trois pour la majorité présidentielle, et un élu parmi les Républicains.

A midi, 18,99% de participation, une légère hausse par rapport au 1er tour. La participation au second tour des élections législatives a atteint 18,99% dimanche midi selon le ministère de l’Intérieur, un chiffre en légère hausse (0,56%) par rapport au premier tour d’il y a une semaine où elle s’élevait à 18,43%. Il est également en hausse par rapport au second tour des législatives de 2017, où il avait atteint 17,75 % à midi. En baisse par rapport au second tour de la présidentielle du 24 avril (26,41%).

Infographie : participation à 12 à la deuxième session législative

Stéphane Ravacley, le candidat boulanger Nupes dans le Doubs, a voté. « Un boulanger à l’Assemblée » ? Le slogan pourrait bientôt devenir réalité. Dans la 2e circonscription du Doubs, le candidat Nupes Stéphane Ravacley choque ses adversaires par sa droiture et sa sincérité à toute épreuve. Celui qui n’a pas la langue dans sa poche entend renverser le député sortant Eric Alauzet. Au premier tour, Ravacley est sorti en tête (32,5%), devant le candidat de la majorité (31,36%). Mais dimanche la marche s’annonce haute. Ravacley avait acquis peu de notoriété en 2021 en menant une grève de la faim en soutien à son apprenti, Laye Fodé Traoréiné, menacé d’expulsion. La campagne a parfois été abjecte. Comme le 2 juin, lorsqu’il a découvert des étiquettes racistes et une croix gammée sur une de ses affiches de campagne. S’il est élu député, Stéphane Ravacley le promet : il luttera sans relâche contre la retraite à 65 ans.

La participation des jeunes, clé du second tour. L’abstention record du premier tour, qui risque d’accentuer le manque de représentativité de l’Assemblée, peut être contrée par une repolitisation de la campagne, estime Céline Braconnier dans un entretien à Libération. Pour le politologue « le second tour des élections législatives se jouera sur la participation des jeunes ».

Puis-je voter sans ma carte de vote ? C’est l’éternelle question quand on se rend dans son bureau de vote à chaque scrutin : la carte tamponnée au moment du vote est-elle obligatoire pour déposer un bulletin dans l’urne ? Libération vous répond.

A Bordeaux, Hugo vote « pour que notre cher président n’ait pas les pleins pouvoirs ». « A mon âge je n’espère plus rien, confie Fatima, 75 ans, sortant d’un bureau de vote de l’hypercentre de Bordeaux. Mais j’habite ici depuis cinquante-cinq ans et je n’ai jamais failli à mon devoir civique. Je prie seulement pour qu’un candidat puisse améliorer le quotidien de nous tous ». Pour Hugo, 30 ans, une seule raison l’a fait sortir du lit ce dimanche : « Je veux juste que notre cher président n’ait pas les pleins pouvoirs pour faire ce qu’il veut », pique le jeune informaticien. Dans la 2e circonscription de Gironde, le candidat Vert Nicolas Thierry a obtenu la meilleure note des douze cirques pour Nupes. A 45,12 %, sa confortable avance lui permet d’espérer prendre la place de la députée sortante Catherine Fabre (LREM) qui a terminé deuxième avec 32,83 %. Par Eva Fonteneau, notre correspondante à Bordeaux.

Les électeurs guyanais ont choisi le renouveau (à gauche). Dans le premier arrondissement, qui comprend la préfecture de Cayenne, c’est Jean-Victor Castor qui endosse le costume de député. Militant du Mouvement pour la décolonisation et l’émancipation sociale (MDES), dont il est l’un des fondateurs, il est un fervent partisan de l’évolution statutaire du territoire. Dans la deuxième circonscription, Lénaïck Adam, qui était soutenu par la majorité présidentielle, a été démis de ses fonctions de député par Davy Rimane. Le syndicaliste, soutenu par LFI, a obtenu 54,12 % des suffrages exprimés. Au second tour, l’abstention a diminué dans les deux circonscriptions.

A la Martinique, Nupes envoie trois nouveaux députés au Palais Bourbon. Jiovanny William, Marcellin Nadeau et Johnny Hajjar, soutenus par LFI, découvriront les bancs de l’Assemblée nationale pour la première fois de leur carrière politique. Ils ont été élus respectivement dans les première (Centre), deuxième (Nord) et troisième (Fort-de-France) circonscriptions de la Martinique. Jean-Philippe Nilor a été élu pour la troisième fois consécutive dans la quatrième circonscription (Sud). Il devance largement son prédécesseur et ancien mentor Alfred Marie-Jeanne. La formation politique de l’ancienne présidente du Conseil de gouvernement de la collectivité territoriale de Martinique, le Gran Sanblé, a également été battue dans toutes les circonscriptions de l’île lorsqu’elle est parvenue à qualifier ses quatre candidats pour le second tour des législatives. Plus élevée qu’au premier tour, la participation est restée très faible puisque seul un quart des électeurs s’est rendu aux urnes (25,71%, en hausse de 4 points par rapport au premier tour).

En Guadeloupe, le RN ne transforme pas l’épreuve présidentielle. Dans la troisième circonscription, le candidat du parti d’extrême droite Rody Tolassy n’a pas remporté de mandat parlementaire alors que c’est dans l’archipel que Marine Le Pen a réalisé son meilleur score (près de 70 %) au second tour de la présidentielle. Le député sortant Max Mathiasin (SE), deuxième du premier tour, l’a donc finalement emporté dans ce second tour (52,12 % des voix).

En Guadeloupe, Justine Benin, secrétaire d’Etat à la Mer, battue. La Guadeloupe reste à gauche : seule candidate macroniste aux élections, la secrétaire d’État à la Mer et la députée sortante Justine Bénin a été battue, tandis que trois députés élus sur quatre étaient soutenus par le Nupes. L’abstention a de nouveau été très élevée avec une participation inférieure à 28,23 %. Dans la deuxième circonscription, Christian Baptiste, candidat du Nupes, a été élu avec 58,65% des voix face à la députée sortante Justine Bénin. Selon la règle édictée par Emmanuel Macron, tout ministre vaincu devra démissionner.

270 duels sans merci entre les Nupes restants et les Macronistes Ensemble. Au second tour, les duels les plus fréquents opposeront un candidat de l’Ensemble à un rival du Nupes. La majorité sortante et l’alliance de gauche s’affronteront dans 270 circonscriptions sur 577. Ensemble, elles affronteront le RN dans 108 d’entre elles. La question du barrage de l’extrême droite se posera également dans les 62 circonscriptions où le parti de Marine Le Pen affrontera les Nupes dirigés par Jean-Luc Mélenchon. Il y aura aussi 25 duels entre le RN et Les Républicains, qui affronteront également le Nupes dans 24 circonscriptions et Ensemble dans 18.

Yvette, toujours la première à voter à l’école des Fontaines de Dinan. Comme à son habitude, Yvette est la première à déposer son bulletin dans l’urne du lycée des Fontaines de Dinan. « J’ai toujours été ici à 8 heures, car j’avais le droit de voter », a déclaré la dame de 85 ans. Qui est désolé : « Dommage que tant de gens n’aillent pas voter. Ça ne va pas du tout, il n’y a pas assez de discipline, il n’y a plus de repères », confie cet ancien éducateur spécialisé. Marty, 25 ans, est le deuxième après Yvette. L’aide-soignante, qui a démissionné, est venue voter avant d’aller se coucher. Il espère « qu’on aura une opposition au président. » Le suspense est mince dans la 2e circonscription des Côtes-d’Armor, où le champ présidentiel a récolté l’un de ses meilleurs scores au premier tour. , l’une des régions qui lui est la plus favorable Le jeune député sortant Hervé Berville a obtenu 36,91 % des voix, devant le candidat Nupes Bruno Ricard (25,83 %).Par Elodie Auffray, notre correspondante en Bretagne.

Qui sont les candidats du second tour pour moi ? Pour naviguer dans les 577 circonscriptions, Libé a créé un moteur de recherche précis et fluide qui permet de retrouver sa circonscription à partir de son adresse postale, de retrouver des informations sur son député sortant et les scores des différents partis aux dernières élections présidentielles. législation précédente. De quoi avoir un aperçu complet de tous les candidats en lice ce dimanche et être bien renseigné avant de faire son choix. Notre moteur de recherche.

Le point sur ce second tour en chiffres. Ce dimanche, 1 148 candidats sont en lice pour la députation, contre 6 293 au premier tour dimanche. On est encore loin de l’égalité puisqu’il y a 655 hommes et 493 femmes parmi eux. Parmi les prétendants, il y aura 370 titulaires, dont 70 ont mordu la poussière au premier tour. Les candidats de la majorité sortante (LREM, Modem, Horizons et Agir) sont les plus nombreux (415), devant l’alliance de gauche Nupes (380), sans compter trois dissidents socialistes qui ont refusé de rejoindre cette coalition. Quant au Rassemblement national, il classe 209 candidats au second tour et Les Républicains 71 (en plus de cinq UDI et 14 DVD).

Il est temps d’aller voter. Nous y voilà. Il est huit heures et les quelque 70 000 bureaux de vote du pays ont ouvert leurs portes en même temps pour ce second tour des législatives. Sauf, bien sûr, ceux des circonscriptions qui ont vu des députés élus au premier tour. Les bureaux resteront ouverts jusqu’à 18h et également jusqu’à 19h voire 20h dans les grandes villes. Si vous n’êtes pas sûr de l’heure de fermeture, vous pouvez généralement trouver l’information sur le site Web de votre mairie. Mais la meilleure façon de le garder en sécurité est de voter tôt le matin si vous le pouvez !

Récapitulons les législatives. Près de deux mois après le scrutin qui a vu Emmanuel Macron être réélu pour cinq ans, et une semaine après un premier tour serré entre la majorité présidentielle et l’alliance des gauches, le second tour des législatives aura lieu ce dimanche. Élit les 577 députés de l’Assemblée nationale. Quelles sont les règles de ce scrutin ? Laquelle s’appliquera aux eurodéputés ? Libé fait le point.

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