Leocare rêve d’un contrat d’assurance unique et modulable pour tous…

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Après deux levées de fonds en un an l’an dernier, l’insurtech bretonne entend poursuivre son développement à l’étranger et améliorer ses nombreux outils intelligents. Avec 42 millions de primes collectées pour 100 000 clients, Leocare s’impose comme la première néoassurance en France, et donc la plus représentative de la transformation digitale en cours dans le secteur. Nous en avons discuté avec Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare.

Quels grands principes ont animé le lancement de Leocare en 2017 ?

Notre ambition est de simplifier l’expérience client pour tous vos besoins en assurance habitation : demande de devis, gestion des contrats, demande de service, suivi des sinistres, etc. Pour tous ces besoins nous proposons un service unique. Il n’est donc pas nécessaire de trier plusieurs numéros ou formulaires de contact. La simplicité est le premier de nos principes cardinaux, avec la flexibilité et la proximité.

Les assureurs traditionnels accompagnent leurs clients depuis 20 ans, voire plus, sur toutes les assurances dont la famille avait besoin. De notre côté, nous souhaitons proposer une formule adaptée aux évolutions des modes de vie, faites de mobilités accrues et de trajectoires que nous n’anticipons pas toujours. Ceci pourrez vous intéresser : EMPLOI : Approbation définitive de la loi des mesures d’urgence liées au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi. A chaque étape, nous voulons apporter la bonne garantie, au bon moment et au bon prix.

« Nous voulons proposer une formule adaptée à l’évolution des modes de vie, faite de plus de mobilité, et de trajectoires qu’on n’anticipe pas toujours ».

Voir l’article :
L’article 3, paragraphe 4, de la directive 2009/103/CE du 16 septembre 2009…

Vous mettez également en avant votre service client

En effet, c’est la différence entre un équipement et un service. Sur mon relevé, la seule ligne qui n’a pas de sens pour les consommables est l’assurance. Nous payons une police tous les mois dans l’espoir de ne jamais en avoir besoin. Ce que nous voulons, c’est que nos assurés aient aussi des services à consommer, en plus des sinistres. En ce sens, nous proposons des dispositifs de prévention, des conseils et un service personnalisé accessible à tout moment.

C’est le cas par exemple du système TakeCare qui permet de prévenir les risques d’accidents de la route et offre une plus grande tranquillité d’esprit aux automobilistes. S’appuyant sur plus de 60 sources de données, la plupart fournies par le gouvernement (historique des accidents passés, conditions météorologiques, conditions de circulation, etc.), l’application avertit le conducteur par une notification sonore du moindre danger. Avec ce type d’outil nous voulons promouvoir un nouveau type d’approche, celle de l’assurance des consommables, même sans jamais avoir de sinistre.

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Comment vous positionnez-vous sur le marché français, en termes de croissance ? 

Nous sommes la première néoassurance en France, avec 42 millions de primes collectées pour 100 000 clients. 72% de nos contrats concernent l’assurance automobile et 20% l’habitation. Notre croissance est d’environ 25% par an et nous avons quintuplé notre chiffre d’affaires l’an dernier par rapport à 2020. Nous sommes également passés de 30 à 90 salariés.

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Avez-vous bâti un business model différent de vos concurrents ?

Nous orientons notre activité autour de trois piliers : dynamique commerciale (automatisation des processus, ndlr) attention au LTV sur le CAC (rapport entre le coût d’acquisition d’un client et sa valeur, ndlr) et loss ratio (maintien d’un montant d’indemnisation inférieur aux prix recueilli, éd.). Grâce à notre modèle économique, nous prévoyons d’atteindre un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2026.

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Au terme de vos deux levées de l’année dernière, vous souhaitiez développer des outils digitaux innovants, qu’en est-il par exemple de ClaimCare ?

Aujourd’hui 92% de nos sinistres passent par notre fonctionnalité ClaimCare, c’est donc un petit succès, même si malgré des technologies matures il y a encore une certaine résistance de la part de certains assurés, peut-être plus âgés (l’âge moyen des assurés se situe entre 32 et 48 ans, ndlr). En cas de sinistre, nous offrons la possibilité de recourir à différents services : visioconférence (en programmant un rendez-vous visio avec un expert), téléexpertise (en envoyant des photos et vidéos prises par l’assuré), et expertise classique, avec un expert qui vient à toi.

Vous aviez aussi pour ambition de vous développer à l’étranger : vers quels pays vous tournez-vous ?

Nous nous alignerons en octobre sur l’Espagne en assurance auto, ainsi que sur deux autres pays européens que nous ne souhaitons pas encore dévoiler.

Pourquoi avoir misé sur le multiproduit, à l’inverse de nombreuses assurtech focalisées sur un seul marché ?

Aujourd’hui, peu d’insurtechs sont réellement déployées sur plusieurs produits. J’y vois plusieurs raisons. D’abord, les acteurs semblent influencés par leur levée de fonds. Avec ce modèle de financement, c’est souvent le produit unique attendu des investisseurs, car la verticalité les rassure, le business model semble plus clair. Ensuite, certaines néo-assurances ont également été lancées avec pour seules idées la distribution numérique d’un produit bien connu, et la stratégie de baisse des prix. Le problème avec cette tactique est qu’elle ne dure pas. Surtout, pour devenir le leader d’un marché estimé à 35 milliards d’euros, il faut créer un vrai bouleversement de l’expérience client, et cela ne peut pas être qu’un renouveau digital : il faut viser un vrai bouleversement de la contribution des assurance-vie au client. Pour nous, cet aspect très disruptif est le contrat d’assurance unique couvrant tout le noyau familial, avec la possibilité de moduler librement ses garanties en fonction de ses besoins.

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Vos assurés ont-ils pu moduler leurs garanties à l’occasion de la crise sanitaire, par exemple ?

Au plus fort de la pandémie de Covid-19, nos assurés ont pu passer, par exemple, d’un contrat tous risques à un contrat au tiers pendant deux mois avec leur candidature. La modulation de la garantie permet donc de baisser rapidement la prime lorsqu’on sait que le véhicule ne sera pas utilisé pendant une certaine période. De même, si un enfant est, par exemple, assuré en tant que second conducteur au titre du contrat et doit se déplacer pour des raisons d’études, sa couverture est désactivée par l’application. Le même principe s’applique aux motos, et c’est particulièrement pratique si vous décidez de laisser votre deux-roues « hiberner ». L’idée est d’offrir autonomie, flexibilité et donner à nos assurés la certitude de toujours payer la bonne garantie au bon moment et au bon prix.

Peut-on aussi retrouver son niveau de couverture d’origine par la suite ?

Absolument. Pour récupérer vos garanties d’origine, nous vous demandons simplement de prendre une photo avec l’application des quatre côtés de la voiture. De cette façon, nous nous assurons qu’il n’y a pas de changement dans le risque ou la tentative de fraude.

Ces possibilités de modulation s’appliquent-elles aussi à l’assurance MRH ?

Bien sûr. Les garanties d’assurance habitation sont aussi celles qui doivent le plus évoluer avec la vie de nos assurés. Nous leur donnons donc la possibilité de diminuer ou d’augmenter leur couverture en fonction des changements de leur vie : déménagement, mariage, divorce, enfants, indépendance, etc. Dans chacun de ces cas, la valeur du bien et le nombre de personnes à assurer augmentent ou diminuent. Il est donc nécessaire que vous suiviez l’assurance, afin de ne pas vous rendre compte le jour du sinistre que vous n’êtes pas couvert à hauteur de ce que vous espériez.

Dans votre stratégie multiproduit, envisagez-vous d’entrer sur le marché de l’assurance de prêt immobilier ?

L’assurance emprunteur est un produit dont le coût d’acquisition est élevé et qui ne correspond guère à notre philosophie de consommation de services autres que les sinistres. Ce que nous voulons promouvoir, c’est toujours l’utilisation par le client. Alors la question que nous nous posons est : que pouvons-nous offrir d’autre à nos clients si nous proposons ce produit ? Il y a certes des économies considérables à réaliser sur la durée d’un prêt, mais cela ne représente généralement que quelques dizaines d’euros par mois. Il faut donc penser à des services complémentaires qui peuvent être utiles à nos assurés au quotidien. Le service VTC d’Uber, par exemple, n’est pas toujours le moins cher, mais je sais à l’avance à quelle heure j’arriverai et combien je paierai.

Vous engagez-vous comme d’autres assurtech dans la campagne présidentielle ?

Nous avons récemment envoyé une lettre à tous les candidats à la présidence. Nous offrons un certain nombre d’idées qui correspondent aux intérêts des consommateurs. C’est notre modeste contribution à cet important moment démocratique.