Les dentistes assurent le maintien des soins pendant le confinement

Written By Sara Rosso

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L’Ordre National des Chirurgiens Dentistes a institué une nouvelle filière de soins. Il demande au gouvernement la fermeture temporaire, par décret, des cabinets libéraux.

Volets baissés, commerces fermés, restaurants fermés… Au début de sa deuxième semaine de confinement, lundi 23 mars, l’artère principale de Noisy-le-Roi (Yvelines) était déserte. Seul le clignotement du caducée de la pharmacie semble animer la ville. Cependant, un couple de soignants est actif. Deux bénévoles, les docteurs Anne Gillet-Maire et Don Pierre Orsini, assurent une présence permanente dans la ville fantôme, celle des soins dentaires.

Les cabinets dentaires doivent être fermés. L’injonction a été rendue le 18 mars par l’Ordre national des chirurgiens-dentistes. Ces centres « ne doivent pas être un vecteur de propagation du virus. La fermeture, c’est pour ne pas être contaminé et ne pas contaminer nos patients alors que notre travail nous oblige à être très proches physiquement des gens, avec des gestes techniques qui provoquent des giclées de salive et de sang », explique le médecin. Guillaume Savard, médecin à l’Arpajon (Essonne).

Cependant, la continuité des soins les plus impératifs doit être assurée. « Les urgences hospitalières, le SAMU 15, ne doivent pas être encombrées de personnes qui viendraient normalement chez nous », précise Steve Toupenay, secrétaire général de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes. A partir du vendredi 20 mars l’ensemble des soins dentaires est géré par les centres départementaux de régulation des urgences bucco-dentaires. En effet, les patients retardés qui appellent leur médecin sont redirigés, si besoin, vers le dispatching (joignable au 09 705 00 205) qui leur indique où contacter les dentistes de garde. Un système établi par l’Ordre des Chirurgiens Dentistes, avec l’approbation du Ministère de la Santé.

Equipés pour six semaines d’urgences

Equipés pour six semaines d’urgences

A Noisy-le-Roi, « nous avons reçu une quinzaine d’appels téléphoniques dans la journée, témoigne Anne Gillet-Maire. C’est surtout pour rassurer les patients. Dans le contexte dans lequel nous vivons, beaucoup craignent que la douleur devienne insupportable et qu’elles ne puissent être soignées, explique-t-il. Lire aussi : Pourquoi faut-il se brosser les dents pour aller chez un dentiste à Quimper ?. Nous pouvons prescrire des antalgiques à distance. Pour six cas il a fallu intervenir en bouche pour apaiser des douleurs lancinantes intenses, pour soigner le mal de dents. « 

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Pour leur permettre d’exercer leurs soins en toute sécurité dans le cadre de l’épidémie, les soignants doivent disposer des fameux masques FFP2, charlotte, surblouses, surchaussures, gants stériles et lunettes de protection. Un équipement nécessaire qui a mis du temps à leur parvenir, « alors qu’on doit opérer le nez dans la bouche de personnes potentiellement atteintes », s’exaspère un dentiste.

« Plusieurs pratiquants ont été contaminés », précise Steve Toupenay. Il y aura des morts dans nos rangs. Ce n’est qu’entre le vendredi 20 mars et le lundi 23 mars que tous les centres départementaux de régulation ont été approvisionnés. L’ordonnance estime maintenant qu’elle est suffisamment équipée pour fournir six semaines d’urgences bucco-dentaires. Jusqu’à fin avril.

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Quelques récalcitrants

Quelques récalcitrants

Cependant, des entreprises ont poursuivi leurs activités en dehors de ce cadre sécuritaire. « Des gens inconscients », s’exaspère Patrick Solera, président de la Fédération des syndicats dentaires libéraux. Une résistance qu’explique un praticien : « Vu de l’extérieur, les Français pensent que les dentistes ont des finances solides, mais chaque cabinet a entre 10 000 et 20 000 euros de frais fixes par mois. On peut passer un mois sans activité, mais pas plus. « 

« C’est une faute éthique de continuer à travailler et de ne pas participer au système de régulation mis en place, insiste Steve Toupenay, mais l’ordre n’est pas une autorité compétente. En clair, il est incapable de contraindre le réfractaire à fermer sa boutique : « Seul le gouvernement ou le représentant de l’Etat sont habilités à le faire. Lundi 23 mars, nous avons demandé au ministère de la Santé d’imposer la fermeture des cabinets par arrêté. « 

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Cette mesure obligerait le dernier récalcitrant à déposer la roulette pendant un certain temps et permettrait d’appliquer le chômage partiel aux salariés des dentistes. Et, ainsi, alléger leurs fardeaux en cette période d’inactivité. Mercredi 25 mars, le gouvernement n’a pas répondu à cet appel.

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