Mantes-la-Jolie : Malgré l’interdiction, le « cannabis light » se vend toujours dans une ambiance décontractée

Written By Sara Rosso

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Le CBD, un dérivé du cannabis en vente libre, est désormais interdit. A Mantes-la-Jolie (Yvelines) comme ailleurs en France, les professionnels du secteur résistent.

Par Renaud Vilafranca

Publié le 5 janvier 22 à 14:22

Ces boutiques ont poussé comme des champignons

Ces boutiques ont poussé comme des champignons

L’interdiction entrée en vigueur en début d’année n’effraie pas les vendeurs de « cannabis light » pour le moment. Le 31 décembre 2021, un arrêté gouvernemental autorisant la culture du CBD en France, mais interdisant sa vente, sa possession et sa consommation sous forme d’herbe ou de résine, a été publié au journal officiel. Pourtant, mardi 4 janvier 2022, ces produits désormais illégaux étaient toujours aux mains des commerçants ordinaires de Mantes-la-Jolie. Les professionnels du secteur, très remontés contre ce texte, ne semblent pas près de plier alors que le Conseil d’Etat examine aujourd’hui un recours déposé par leur syndicat.

Le produit en question ressemble exactement au haschich et à la marijuana. A voir aussi : Pourquoi les chats détestent-ils l’eau alors qu’ils savent parfaitement nager ? Vous connaîtrez enfin la réponse ! – wk-vet.fr. A la différence qu’il y a moins de 0,3% de THC (substance psychoactive présente en grande quantité dans le « vrai » cannabis). Il est concentré en CBD, ou cannabidiol, une autre molécule de cannabis à laquelle on attribue des propriétés relaxantes.

Ces dernières années, ce marché a explosé. A Mantes-la-Jolie et aux alentours, ces commerces ont poussé comme des champignons. Les bureaux de tabac, les magasins de cigarettes électroniques et les produits bio ont également fait leur entrée.

La nouvelle législation pourrait stopper ce commerce florissant qui compte 1 800 magasins spécialisés en France, pour environ 6 000 salariés. Selon certains professionnels du secteur, l’herbe et la résine représentent entre 70 et 80% du chiffre d’affaires. Le reste des ventes est constitué d’huiles, de produits cosmétiques, de produits vapeur et de confiseries dont la commercialisation est toujours autorisée.

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Réponse, mardi matin, du patron de plusieurs commerces, dont un à Mantes, pour évoquer cette interdiction : « Ils peuvent venir. Moi, je suis hors la loi alors que la législation européenne autorise la vente de CBD ? Si je dois arrêter de le vendre, je devrais arrêter. Et je suis prêt à aller au tribunal », s’indigne cet entrepreneur qui emploie une dizaine de personnes. Comme ses collègues, il n’a pas reçu la visite de la police après l’entrée en vigueur du texte. Tous les professionnels interrogés n’ont pas reçu de communication officielle sur cette affaire non plus. » On en a entendu parler dans les médias. Quelle est sa valeur ? », s’interroge l’un d’entre eux.

Par le passé, la justice a déjà tranché en faveur des revendeurs de ces produits de « bonne qualité », souvent cultivés en Italie et dans les pays de l’Est, et dont la consommation est recommandée en infusion. En novembre 2020, la Cour de justice de l’Union européenne (UE) a contesté un décret similaire émis par la France, soulignant que cette substance, qui est autorisée partout dans l’UE, ne pouvait être considérée comme un stupéfiant ou un médicament.

De quoi réaffirmer la profession, qui croit à l’annulation du décret. « Pour justifier sa démarche, l’État fait valoir que la police ne peut pas faire la différence entre le CBD et le vrai cannabis. C’est un argument qui ne tient pas. Il existe des tests dans d’autres pays qui peuvent différencier les deux en quelques secondes », a déclaré un propriétaire de magasin.

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Nous avons fait le tour des revendeurs bien connus de Mantes-la-Jolie. Mardi donc, personne n’a retiré de la vente les produits ciblés. « Ils font ce qu’ils veulent, je fais ce que j’ai à faire », déclare Khalid, qui exploite un autre magasin CBD en ville et ne semble pas enclin à stocker ses pots remplis d’herbes vertes. La plupart de mes clients sont d’anciens fumeurs de weed. Si on leur enlève cela, ils retourneront d’où ils viennent et ce n’est bon pour personne. »

Un consommateur qui l’a rencontré à la sortie d’un de ces établissements confirme : « J’ai longtemps fumé. J’ai arrêté il y a un an. Au lieu de cela, je fume du CBD, comme beaucoup de mes amis », confie cet agent de santé trentenaire, sans se soucier d’être contrôlé par la police. « Cela aide les gens à sortir des ennuis, mais Khalid n’est pas seulement en abondance. Il y a des gens qui l’utilisent contre la dépression, l’arthrose, les troubles du sommeil. »

Le référé déposé au Conseil d’Etat par le Syndicat des professionnels CBD vise à obtenir d’abord une suspension du décret, avant une nouvelle éventuelle audience sur le fond, pour tenter de l’annuler. Pour affirmer sa démarche, l’Union s’appuie sur la liberté d’entreprise et la législation européenne. Le tribunal doit rendre sa décision le vendredi 7 janvier.

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