Marché : Degroof Petercam s’attend à des profits en baisse

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(CercleFinance.com) – De quoi sera faite l’année boursière 2023 ? Comme à chaque début d’année, les spécialistes de la finance esquissent divers scénarios. Lors d’une rencontre avec la presse spécialisée, Jérôme van der Bruggen, Chief Investment Officer Private Banking chez DegroofPetercam Private Banking a livré son analyse.

« Nous sommes désormais dans une ère de dé-mondialisation, accompagnée de stagnation, voire de baisse des échanges », explique le responsable.

Rien de grave pour lui. En effet, « nos institutions ont développé des outils qui peuvent permettre de faire face à cette situation, notamment en renforçant les politiques monétaires et les politiques budgétaires », indique-t-il, évoquant notamment le plan de soutien de 200 milliards d’euros. euros en Allemagne ou le bouclier tarifaire en France.

A l’inverse, le plan de mesures ultra-libérales proposé par Liz Truss aura été rapidement rejeté par les marchés : la Première ministre britannique n’aura occupé son poste que 49 jours.

Pour Jérôme van der Bruggen, une question théorique centrale se pose donc : jusqu’où peut-on aller en matière de relance budgétaire et d’endettement ? Ces plans ne seraient-ils pas finalement responsables de l’inflation ?

« Il n’y a pas de théorie économique arrêtée sur le sujet », estime-t-il, tout en reconnaissant que « le niveau de l’inflation a donné raison à ceux qui prétendent que cette politique d’aide va faire monter les prix ».

Selon le spécialiste, les budgets de relance vont désormais baisser au profit d’un ciblage « chirurgical », « un outil indispensable dans une phase de démondialisation ».

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Chez Degroof Petercam, nous pensons donc que la lutte contre l’inflation a été menée à temps et de manière suffisamment agressive par la Fed. La banque belge s’attend désormais à une baisse des taux américains au cours du 4ème trimestre. En revanche, il faudra probablement attendre encore un peu pour voir la BCE l’imiter.

« Les conditions financières resteront délicates au cours de la première partie de l’année mais s’amélioreront ensuite », a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, Degroof Petercam s’attend à une baisse des bénéfices des entreprises d’environ 10 % en 2023, et juge les attentes du consensus « trop optimistes ».

En termes d’investissement, la banque privilégie les valeurs dites « de qualité », à savoir les valeurs industrielles et la consommation de base. « Nous devrions nous repositionner sur les cycliques en cours d’année », ajoute le gérant.

« Nous avons une légère préférence pour les actions américaines mais l’Europe et les marchés émergents pourraient également bien s’en tirer si la crise énergétique ne s’aggrave pas », poursuit la banque qui pourrait également reprendre avec peu de risque sur le crédit.

Pour 2023, Degroof Petercam esquisse deux scénarios possibles : le premier – le plus plausible selon la banque – est celui d’une inflation maîtrisée avec une économie résiliente, sans hausses de taux supplémentaires : légère baisse du marché en début d’année puis accélération ensuite, avec une croissance sur les cycliques.

Le second scénario serait celui d’une inflation non maîtrisée, avec une remontée des taux qui se poursuivrait jusqu’à un taux terminal supérieur à 5%. Le ralentissement de la croissance serait alors plus sévère, avec des profits en forte baisse.